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Écrire pour se former et entrer en recherche

De
87 pages
Produit à partir d'extraits d'un journal tenu alors que l'auteure préparait un Master de sciences de l'éducation, cet ouvrage donne à voir un exemple de pratique de l'écriture s'inscrivant dans une double perspective de formation et d'entrée en recherche. Les investigations de l'auteure concernent les acteurs de l'institution scolaire (les élèves) et leur rapport à l'école et au savoir, leur orientation, la construction de leur identité.
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Collection «(Auto) biographie ∞ Éducation» Si l’éducation, à l’âge de la société de la connaissance et de la formation tout au long de la vie, est politiquement et socialement l’affaire de tous, elle est de plus en plus, dans les injonctions collectives, dans les représentations individuelles et dans la réalité des trajets de formation, l’affaire de chacun.
La collection (Auto) biographie ∞ Éducation se donne pour objet de montrer comment les parcours éducatifs contemporains se singularisent dans des histoires individuelles et comment les individus investissent biographiquement les épisodes et les expériences d’apprentissage et de formation.
Conçue pour réunir des collaborations internationales, la collection accueille des ouvrages (témoignages, essais, travaux de recherche collectifs) ouverts à la diversité des approches et des points de vue.
La collection « (Auto) biographie ∞ Éducation » est dirigée par Christine Delory-Momberger (Paris 13 Sorbonne Paris Cité) Maria da Conceição Passeggi (UFRN-Natal/Brésil) Elizeu Clementino de Souza (UNEB-Salvador de Bahia/Brésil) La collection est partenaire de la collection brésilienne Pesquisa (Auto) Biográfica e Educação aux éditions EDUFRN-Paulus/Brésil sous la même direction et de la collection argentine Narrativas, Autobiografias y Educatión aux éditions LPP-CLACSON/Argentine sous la direction de Daniel Hugo Suárez (UBA Buenos Aires/Argentine)
Anne Dizerbo Écrire pour se former et entrer en recherche
Fragments d’un journal de Master
Préface de Béatrice Mabilon-Monfils ISBN 978-2-36085-083-9
Conseil scientifique international Peter Alheit (Université Georg August/Gottingen, Allemagne) Ari Antikainen (Université de Joensuu, Finlande) Marta Maria Araujo (Université fédérale de Rio Grande do Norte, Brésil) Ana Chrystina Venancio Mignot (Université d’Etat de Rio de Janeiro, Brésil) Duccio Demetrio (Universita degli Studi de Milan Bissoca, Italie) Danielle Desmarais (UQAM, Montréal, Canada) Pierre Dominicé (Université de Genève, Suisse) Laura Formenti (Universita degli Studi de Milan Bissoca, Italie) Elsa Lechner (Centre d’études en anthropologie sociale de l’ISCTE, Lisbonne, Portugal) Victoria Marsick (Teachers College, Columbia University, New York, Etats-Unis) Maria Helena Menna Barreto Abrahao (Université pontificale catholique de Rio Grande do Sul, Brésil) Henning Salling Olesen (Université de Roskkilde, Danemark) Giorgos Tfiolis (Université de Crète, Rethymo, Grèce) Gaston Pineau (Université François-Rabelais, Tours, France) Valerij V. Savchuk (Université de Saint-Pétersbourg, Russie) Daniel Suarez (Université de Buenos Aires, Argentine) Guy de Villers (Université catholique, Louvain-la-Neuve, Belgique) Linden West (Université de Canterbury, Royaume-Uni) Christoph Wulf (Freie Universität Berlin, Allemagne)
Préface Je sors de l’écriture éprouvante d’un article scientifique, sorte de passage l’acte que je porte depuis deux ans et que j’ai fini par m’autoriser à écrire, quand je reçois la demande d’Anne Dizerbo. La science n’est pas un édifice totalement limpide et le scientifique un être rationnel de part en part, dont tous les présupposés seraient parfaitement connus et explicités et dont la méthode serait transparente. Il véhicule, qu’il le veuille ou pas, qu’il le sache ou pas, ses croyances, ses déterminations sociales et psychiques. Mon article a pour projet d’éclairer – partiellement et autant qu’il soit possible de le faire – en quoi ma part d’ombre, mon histoire intime, mon enfance m’ont mue dans mes choix d’objet autant que dans ma manière de poser les questions scientifiques… Et si l’activité de recherche était d’abord une mise en abîme ? L’ouvrage d’Anne arrive à point nommé, mais c’est ordinaire pour qui accepte les synchronicités de la vie. Les sciences sociales se sont construites, à l’ère de la raison triomphante sur l’oubli de la question éthique et de la subjectivité du chercheur. Plusieurs stratégies s’offrent au chercheur qui a saisi que les relations sujet/objet construisent le réel qu’il analyse et qui sait qu’il faut penser ce que la technique fait à l’objet. Il peut s’agir du journal de terrain de l’ethnologue qui prend acte de la manière dont les résultats sont produits en engageant son propre rapport à l’univers social souvent « exotique » sur lequel il a travaillé ; il peut s’agir de tenter d’objectiver, tel le sociologue, son rapport à l’objet en décryptant les conditions socio-économiques et politiques par une théorie de la pratique mise en acte dans une sorte de socioanalyse ; il peut s’agir de mettre à jour, ainsi que le fait Edgar 1 Morin dans sonJournal de Californie, de lire subjectivement les mutations d’une époque résonnant sur ses ressentis, lectures, expériences ; ou bien encore de proposer, tel Bruno Etienne dans sa 2 « grenade entrouverte » , le décryptage parallèle des énigmes du monde et du moi par une mise en liens complexes où se mêlent parfums du passé, sentiments du présent, reconstruction de soi et œuvre scientifique majeure, qui porte en elle-même les voies de son propre questionnement sans jamais confondre clinique sociétale et travail personnel. L’exercice n’est pas toujours aisé pour le chercheur. A fortiori pour l’accédant-chercheure qu’est une étudiante de master ! Anne Dizerbo choisit une voie originale et nous offre dans son journal de recherche,Écrire pour se former et entrer en recherche Fragments d’un journal de Master, un exercice subtil et fin qui peut être lu à plusieurs niveaux. Comme le témoignage de la vie intellectuelle intense d’une étudiante, qui se nourrit de découvertes, de questionnements, de lectures, d e doutes, d’allers-retours, mais aussi et surtout de rencontres significatives. Car ce sont les rencontres et les épreuves qui médiatisent l’accès au savoir. L’éducation ou la formation est affaire de tripes, d’affects, de relations humaines, de plaisir, de souffrances, d’ennui, de rapport à l’Autre, de rencontre à l’autre sexe, à l’autre âge, à l‘autre social, à l’autre culturel, à la différence. Ce passage marque notre personnalité. Beaucoup de rencontres significatives auront lieu pendant la scolarité et plus encore pendant la formation, qu’il s’agisse de rencontres avec des personnes, des savoirs, des œuvres et des expériences. Le savoir est aussi affaire de transfert et de contre-transfert. Les rencontres significatives sont nombreuses dans le parcours d’Anne Dizerbo : Remi Hess, Christine Delory-Momberger, Francis Lesourd et bien d’autres… Anne finit d’ailleurs par les nommer par leur simple prénom au fil de ses billets. Tout le travail du pédagogue, celui qui accompagne sur le chemin, et Anne Dizerbo de citer Machado à bon escient : « Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ». Car l’accès à l’information n’est pas le moteur de l’apprentissage. L’essentiel est le mystèr e de la quête et de la mise en chemin. Et dans cette quête, il est aussi question de risques et d’aventures : s’il est heureux, le cherchant se trouvera lui-même autant que quelques réponses ou plutôt quelques questions plus authentiques. Probablement s’ag it-il d’abord et avant tout, dans un paradoxe assumé, de partir en quête de ses propres questions avant que d’avancer pas à pas dans la mise en jeu de ses propres réponses, dans une voie jamais close. La parole, l’écriture participent évidemment de cette mise en jeu de soi qui permet de gagner en puissance d’agir : tel est le pari premier de la recherche biographique qu’Anne va investir après une rencontre avec Christine Delory-Momberger, et mettre en acte dans ce journal. Tout étudiant de master pourra donc y lire ces moments de recherche que sont les conversations autour d’un café, les conseils d’un chercheur, les débats entre étudiants, les conférences ou les lectures saillantes qui ont nourri le parcours biographique d’Anne Dizerbo et lui ont fait goûter la saveur des savoirs : « Les lectures dans le train me mettent en appétit. Je peux
ensuite passer des heures dans ma chambre d’hôtel à travailler. D’ailleurs ce que je découvre est tellement nourrissant que j’en oublie de manger ! », écrit-elle le vendredi 23 octobre. Mais on peut aussi y lire la mise en acte de la recherche biographique quand la formation des adultes intègre un travail biographique capable de métaboliser l’expérience de la mouvance et des errances fécondes que produit le savoir et de déboucher sur de nouvelles figurations de soi et sur la construction de nouvelles appétences et compétences professionnelles. Car l’étudiante en master est aussi professeure de français et se questionne sur ses propres pratiques autant que sur la fonction politique de l’école : « Être éduqué, c’est s’insérer dans une communauté qui attend de soi une certaine activité. Aujourd’hui, l’éducation n’est pas garante de l’insertion. C’est en dehors de l’école que l’on apprend le mieux […] », écrit-elle le 28 septembre. Son journal permet alors de lire, en creux, une institution vacillante, sorte de « machine à casser », lieu d’emprises où toute manifestation d’altérité est à bannir. Mais aussi et en même temps toutes les potentialités qu’elle recèle. Christine Delory-Momberger a bien montré que l’école, même si elle n’est que rarement le lieu d’une expérience directe du monde, n’en constitue pas moins un espace -temps fondamental de mobilisation et d’investissement biographique pour les sujets, un ensemble d’expériences où le biographique scolaire s’inscrit dans une histoire de vie… « Nous avons parfois un sentiment d’impuissance et d’inutilité en tant qu’enseignants parce que nous ne nous rendons pas suffisamment compte des moyens d’agir dont nous disposons. Notre liberté pédagogique est un trésor dans lequel nous puisons si peu »,écrit Anne le 28 octobre, et le lecteur de suivre pas à pas les questions de l’enseignante et les premières réponses que lui apporte l’accès aux savoirs qu’elle se réapproprie singulièrement. Et tel n’est pas le moindre des mérites de ce journal, dont la lecture est à conseiller à tous les étudiants en sciences sociales, que de nous permettre de nous penser comme sujet. Saint-Didier, le 28 août 2016.
Béatrice Mabilon-Bonfils, Professeure à l’Université de Cergy-Pontoise, directrice du Laboratoire EMA (École, mutations, apprentissages)
Introduction Quand j’ai été sollicitée au téléphone par Christine Delory-Momberger qui relayait la proposition de Remi Hess de publier mon journal de M aster, je me tenais sur la marche d’un train en gare de Rennes. Je n’en sortais pas. Je n’y montais pas non plus. Je me tenais là un instant pour prendre l’air avant qu’il ne redémarre vers ma destination finale. J’ai immédiatement été enthousiasmée par le projet et j’ai répondu oui sans hésitation. Alors qu’un autre livre, reprise de mon mémoire de recherche de Master 2, était en attente depuis quelques mois et que je me sentais prise de panique chaque fois que j’y pensais, voilà que j’acceptais sans plus y réfléchir cette autre aventure. Pourquoi me paraissait-elle plus accessible ? Parce que la matière était là ? Oui. Mais après tout mon mémoire existait bien aussi… Alors ? Cela tenait sans doute au fait que j’avais été familiarisée pendant mon cursus en enseignement à distance à Paris 8 avec la lecture de journaux de chercheurs et d’étudiants. J’avais mesuré personnellement l’intérêt et l’aspect formateur de ce partage d’expériences de lectures, de rencontres, d’échanges, de réflexions. Il me semblait naturel de nourrir ce mouvement. Il y avait aussi que ce travail de publication ne pouvait commencer qu’avec la relecture de mes journaux et que j’en sentais justement la nécessité à ce moment-là de la production de ma thèse. Je voyais là quelque chose de l’ordre d’une respiration sur la marche d’un train à quai mais loin d’être à destination… Il m’était plus facile d’exposer le cheminement de l’étudiante que j’avais été que ce que je craignais de voir considéré comme le résultat de ce cheminement, résultat provisoire, incomplet, déjà dépassé. Mais je sentais que la publication de mon journal, pouvait aussi finalement me préparer à proposer plus facilement en lecture un état des lieux de ma recherche. Mon enthousiasme a rapidement trouvé là sa justification et une fois réinstallée dans le train de la ligne Paris-Saint-Brieuc, j’ai voulu me mettre immédiatement au trav ail. C’est alors, en ouvrant le dossier « journaux » sur mon ordinateur, qu’un certain nombre de questions ont commencé à surgir. Deux années de journaux de Master représentaient tout de même près de huit cents pages… Alors, il faudrait nécessairement fragmenter puisqu’on ne résume pas des journaux. Do n c choisir. Donc renoncer. Qu’avais -je envie de rendre public ? Qu’est ce qui pouvait avoir le plus d’intérêt pour des lecteurs ? Je souhaitais partager ma passion, mes joies, mes difficultés et découragements, ces étapes et émotions constitutives de mon parcours de formation, mais aussi, me semble-t-il, de tout parcours de formation choisi délibérément. Au fil des semaines qui ont suivi, j’ai donc procédé à des relectures successives. J’ai été invitée à montrer l’évolution de ma réflexion sur les deux années de Master. Mais trancher dans l’abondance du matériau existant risquait de ne pas rendre palpable la densité for matrice dans laquelle je m’étais trouvée. Il m’a semblé que le moment de l’entrée en formation, le cheminement vers la recherche, sa question, son terrain, son champ, était l’élément qui pouvait guider ma sélection et donner son centre à cette publication. Je me suis donc finalement orientée exclusivement vers le journal de ma première année de Master. J’ai commencé par supprimer les différentes couches de commentaires effectués au cours des différentes relectures de mon journal. Puis, comme il arrivait qu’apparaissent les mêmes informations plusieurs fois – dans une prise de note, dans un post adressé sur un forum, dans une discussion relatée – j’ai supprimé les redondances. J’ai ensuite écarté certains éléments de notes de lecture parfois très développées, pour ne garder que les parties témoignant d’une entrée en dialogue avec un auteur, d’une réflexion en rapport avec l’émergence de ma question de recherche et les observations y étant liées. Ainsi n’apparaissent pas dans les fragments choisis la découverte de certains ouvrages pourtant intéressants ni certains échanges extraits des forums, très enrichissants mais restant plus éloignés de ma question de recherche, même s’ils l’ont indirectement nourrie. Enfin, j’ai aussi enlevé les passages que je jugeais trop personnels, quand ils impliquaient d’autres personnes que moi, même si mes questionnements ont nourri et se sont aussi nourris de mon quotidien de professionnelle ou de maman, par exemple. Bref, mon travail a d’abord consisté à retrancher des passages. Pour autant, ce livre ne se réduit pas à mon sens à une somme de soustractions. D’abord parce qu’il a parfois été nécessaire d’écrire quelques phrases pour lier les fragments, en résumant une lecture, un échange ou un post sur le
forum. Il m’est aussi arrivé de réécrire un passage s’il ne me paraissait pas lisible par autre que moi. Je suis néanmoins restée au plus près de mon écriture initiale et je crois son authenticité préservée. Mais ce ne sont pas encore ces quelques ajouts ou reformulations qui font de ce livre un objet nouveau, différent de mon journal brut. Cela tient davantage à la destination de cette publication. Mes journaux qui étaient, outre un outil de formation, le support d’évaluation d’une partie des cours, ont d’entrée de jeu été dirigés vers autrui, notamment des enseignants, et le cas échéant vers quelques étudiants qui souhaitaient les lire, avec qui je partageais des références et des expériences communes. Mais cela les maintenait dans un espace de proximité qui le rapprochait de l’espace privé. J’avais pris la décision en entrant en Master à Paris 8 d’y être moi avant tout et de me confronter comme j’étais et comme je pensais, malgré mes peurs, à l’expérience de la formation et à son évaluation. Me confronter à tout lecteur décidant de lire ces fragments relevait encore d’une autre démarche. J’ai franchi le cap, même si cela n’a pas été facile à certains moments. Et c’est finalement avec plaisir que je les livre aujourd’hui en partage, comme des traces d’un parcours singulier et non comme celles d’un parcours exemplaire. Je souhaite vivement au lecteur qui m’accompagnera un moment que mon cheminement l’aide à dessiner le tracé de son propre sentier, à y éprouver ses pas, comme ce fut le cas pour moi à la lecture de différents journaux de formation ou de recherche. Je commence ce journal avant même mon inscription à la fac, dès le printemps qui précède. C’est le moment auquel j’ai commencé progressivement à entrer en formation et à lire pour essayer de combler quelques lacunes et satisfaire ma curiosité sur la culture de Paris 8. 23 avril 2009 Je reviens de la fac de sciences de l’éducation de Paris 8. Je m’y suis rendue pour voir. Pour sentir. Pour me renseigner sur les conditions d’entrée en Master 1, comme je l’ai fait dans d’autres universités. J’ai respiré l’ambiance dans les couloirs. Regardé sur les tableaux les intitulés des cours. Cela me semble intéressant. Je suis passée à la scolarité et j’ai été rassurée. Je suis largement dans les délais pour une demande d’équivalence qui me permettrait d’intégrer directement le Master 1. Mon interlocuteur, Simon Weinspach, me promet de m’informer de la date du dernier rassemblement de l’année en licence afin que je puisse venir rencontrer enseignants et étudiants et met sur ma clé USB les éléments de cours de L3 dont il dispose. 25 avril 2009 J’ai lu les éléments du cours sur René Barbier. De la surprise. De l’enthousiasme. Des mots nouveaux pour moi, qui recouvrent des idées à explorer. Je m’attarde longuement à l’abé cédaire réalisé par les étudiants de licence dans ce cours et sur des citations en rapport avec le chemin, le cheminement. Cela m’éclaire sur mon propre parcours. Je suis en chemin. J’ai besoin d’apprendre à reconnaître ma route. À assumer mes pas. Pour s’en approcher, il faut, je crois, inventer son chemin, ne pas s ’égarer sur une route déjà tracée qui semble nous inviter. Un leurre, voire un piège. Y a-t-il un bonheur que l ’on n’invente pas soi-même ? « Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant », écrit Machado. Cette citation entre en écho avec une autre qu’un ami cher m’a adressée il y a quelques mois, de Kierkegaard : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais difficile qui est le chemin »… Et encore, ces quelques mots du poète Mohamed El Amraoui recueillis je ne sais plus où : « Quel que soit le chemin, les pas de l’homme sont à la mesure de ses pieds ; le chemin revendique des pas neufs, pas question de flancher ou de se dédire. » Pour que ma formation ait du sens, qu’elle soit transformatrice, j’ai à inventer et le chemin et les pas pour marcher dessus « sans flancher ni me dédire ». Avec peut-être des chaussures trop petites, des cailloux dedans. Mais j’ai pour moi de connaître le plaisir de la marche… Je vais avoi r à lire beaucoup dès cette fin d’année scolaire. Mes activités professionnelles ne me laissent pas grand temps, mais ce sera toujours cela de pris et je suis trop impatiente pour ne pas commencer maintenant. 23 mai 2009