Anthologie Ce que sont devenues nos villes, hommage A orwell
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Français

Anthologie Ce que sont devenues nos villes, hommage A orwell

Description

A la fin des années 80, dans le concert des appels à la responsabilité et à la modestie du savoir-faire, la voix de Koolhaas dissonait en clamant l’idée d’une Babel (presque) heureuse. La mondialisation néolibérale n’était pas encore « l’horizon indépassable de notre temps » (la formule avait été appliquée par Sartre au marxisme en 1957), mais la nouvelle prophétie était en bonne voie. Qu’en est-il aujourd’hui du mythe de Babel ? Les trois essais rassemblés sous le titre du dernier, Junkspace , récemment réédité, apportent quelques réponses :

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Date de parution 01 avril 2011
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Langue Français

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Anthologie Ce que sont devenues nos villes, hommage A orwell

1. Babel est urbaine. C’est la « Ville générique », horizontale/verticale, étendue et dressée, comme la mer. « La Ville Générique quitte l’horizontalité pour la verticalité. Le gratte-ciel sera, semble-t-il, le type ultime, définitif. Il a englouti tout le reste. » (p. 56). Le « type ultime » est l’archétype océanique puisqu’il a déjà tout « englouti » (Babel compris ?). D’ailleurs, l’auteur « nous » voit tous « condamnés à une immersion perpétuelle dans l’arbitraire » (p. 81).

2. Babel est la ville générique « libérée de l’emprise du centre, du carcan de l’identité » (p. 49). Babel s’accomplit, comme il se doit, dans la confusion ou suppression des noms. Les villes sont débaptisées. Mais « générique » semble pointer surtout l’emprise du design quand l’auteur remarque : « Parfois une ville ancienne, singulière, comme Barcelone, en simplifiant à l’excès son identité, devient Générique. » (p. 50).