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Ethique et développement et économie générale pour BTS 2

De
182 pages
Ce livre présente le cours d'éthique en économie et de développement comme tout ce qui traite du bien et du mal dans les valeurs et les comportements des individus ou communautés. Toutefois, il insiste sur les relations entre les hommes face aux biens et services d'une part, et les rapports entre les hommes eux-mêmes regroupés en associations, clubs, et mutuelles de développement d'autre part.
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Éthique et développement

et économie générale pour BTS 2

Collection « Cours et Manuels »
Harmattan Cameroun
Sous la direction de Roger MONDOUE
et Eric Richard NYITOUEK AMVENE

La plupart des élèves et étudiants africains achèvent leur
cycle d’apprentissage sans avoir accès directement aux sources des
savoirs reçus. Les cours et/ou manuels de leurs enseignants sont
alors les seuls ou rares outils pédagogiques disponibles. Il devient
donc urgent de publier et diffuser ces cours et manuels, afin
d’assurer l’accès du plus grand nombre d’apprenants à une
éducation de qualité.
La collection
Cours et Manuels
est ouverte aux enseignants
de toutes les disciplines de l’enseignement maternel, primaire,
secondaire et universitaire, dont le souci majeur est de relever le
niveau d’éducation et de promouvoir le développement tant
escompté sur le sol africain.
Théophile MBANG, Thierry Stéphane NDEM MBANG,
La
chimie dans les grandes écoles et classes scientifiques
préparatoires
, 2011.
Emire MAGA MONDESIR, Eliezer MANGUELLE
DICOUM, Gilbert MBIANDA,
L’indispensable
mathématique pour les études en physique. Premier cycle
universitaire. De l’angle au champ
, 2011.
François FOTSO,
De la pédagogie par objectifs à la
pédagogie des compétences
, 2011.
Joseph TANGA ONANA,
Dissertation et commentaire en
histoire
, 2010.
Oscar ASSOUMOU MENYE,
Mathématiques financières,
outils et applications
, 2010.

Déjà parus

Lucas

Pony
Éthique et développement
et économie générale pour BTS 2

Annales BTS et épreuves corrigées

Du même auteur
1.
Économie de transition
, éd. CEDRES, Yaoundé, 1997
2.
Éthique éducative. La place des langues locales dans le
microfinancement des projets de développemen
t, éd. NKÀ,
revue pluridisciplinaire, FLSH-Université de Dschang, 2006
3.
Plan de localisation urbaine au Cameroun. L’éthique
microfinancière qui en découle. Le cas du C2D
, éd. IRD, Paris,
01024. www. cidegef.refer.org/douala/pony_lucas.doc
5. www. Thierrytene.com/25-categorie-2343570.html.
6.
Les acteurs de l’indépendance en Afrique. Quelle éthique
relative à la gouvernance ?
, éd. ASEAF-ASSO. Paris, 2010
7.
Les acteurs de la démocratisation des biens publics au
Cameroun
, éd. ISMP, Aix-en-Provence, France, 2011
8.
Créer une entreprise en Afrique. Itinéraire et business plan
, éd.
L’Harmattan, Paris, 2011
9.

Les acteurs de la gouvernance financière et RSE. L’éthique
microfinancière qui en découle. Cas des EMF
, éd. UCAC,
Yaoundé, 2011

5-7, rue de l’©E cLo’leH-aProlmyattetcahnn, i2q0u1e2, 75005 Paris
hdtitfpf:u//siwown.wh.alirbmraatitriaenh@arwmaanttaadno.oc.ofrm
harmattan1@wanadoo.fr
ISEBAN N: :9 7978-822-2299669-6946549549

-4

Remerciements

A- Monsieur le Professeur Fouda Séraphin Magloire,
université de Yaoundé II-Soa
xuA- Pr Njomgang Claude
- Pr. F.R. Mahieu
A Messieurs
- Fogué Victor Honoré, Administrateur Civil. CE
- Fosso Elias en France
- Fogué Ngounou Chancel en France
A ma mère Tchoungoum Marthe à Manjo
A Mon père Feu Ngounou Robert
A
mes sœurs

- Mme Tchuenkam née Nomgne Ernestine
- Mme Kamdem née Kamgue Elise
A ma hiérarchie à :
-
l’u
niversité de Dschang
- l

École supérieure de commerce et de gestion des
entreprises à Yaoundé
- l

ISSTN de Dschang
A tous ceux qui de près ou de loin ont apporté une
contribution à l’élaboration de ce livre, particulièrement à
mon épouse, à mes enfants et à ma communauté paroissiale
EEC de Dschang-
Ville où je suis Ancien de l’Eglise.

5

Liste des figures

Figure 1 : Courbe de maximisation du profit en courte
période

Figure 2 : Théorie moderne de distinction entre coûts fixes et
coûts

Figure 3 :
Courbe de mesure de l’élégance et de solidité

Figure 4 : Courbe de la moralité chez A. Laffer

Figure 5 : Schématisation de la sortie des marchandises

7

CT : Court terme

Liste des abréviations

DSA :
Dimension sociale de l’ajustement structurel

ELECAM : Elections Cameroon

NEPAD : New partnership for Africa development

OMC : Organisation mondiale du commerce

ONG : Organisation non gouvernementale

TDIeCveAloDp : menTto kyo

international

Conference

rof

Africa

9

Introduction générale

1- Les préliminaires
a- Considération idéologique relative à la notion de
bien et de mal : les déséquilibres régionaux entraînés
par la croissance
La croissance est un terme ambigu, souvent associé,
confondu, parfois avec des termes de sens voisins :
développement, progrès économique qu’il importe de préciser.
La croissance « se traduit sous la forme d’un plus par
référence à un moins ». Au sens de
Gaston Le Duc
, préface de
l’ouvrage de
W.A. Lewis :

La théorie de la croissance économique
(trad. française, Payot, 1963, p.6), « la croissance d’une
économie nationale se définit comme l’augmentation soutenue
sur une longue période du produit national brut (un indicateur
de dimension) ou, si l’on préfère, du revenu national par
exemple ». La croissance d’une économie nationale entraîne
inévitablement des modifications profondes (bien ou mal) dans
les structures (structures économiques / sociales et mentales,
cadre institutionnel, habitudes d’esprit).
Au sens de
G. Le Duc (
Op. cit., p.6), elle se traduit par
« une série d’adaptations et de transformations des structures
sans laquelle la croissance s’en trouverait bloquée ».
C’est là, définir la notion de développement qui englobe et
dépasse, partant, celle de la croissance proprement dite.
Sans doute enfin, le développement des sociétés industrielles
s’est-il accompagné, depuis plus de deux siècles, de progrès
économiques. Mais on pourrait imaginer la croissance et le
développement d’une économie précise si l’élévation des
ressources disponibles n’était que proportionnelle à celle de la
population. Le progrès économique est un accroissement
continu du produit réel moyen, du revenu national réel moyen
et de la consommation réelle moyenne par tête.

1 3

Au sens de
R. Barre
,
Économie politique
, (tome1, P.U.F, 5
e

édition, 1963, p.91), on la définira comme « une croissance des
ressources disponibles plus que proportionnelle à celle de la
population ». On la basera sur une amélioration constante de la
productivité du travail humain.
On fera enfin une distinction très nette entre le progrès
économique et les progrès économiques (voir
André
eMarschall
,
Systèmes et structure
, 4 année de Licence, 1958-1959
2
e
édition, Cujas).
Jusqu’à
André Marschall
, les notions de développement,
croissance, ont cessé d’être considérées comme des synonymes.
A ce sujet, il disait : « nous tâcherons d’aborder les problèmes
de la croissance et du développement considérés comme
synonymes dans les termes les plus généraux, en nous référant
le plus souvent possible aux économies jeunes ou pays
émergents, qu’elles soient ou non capitalistes. La principale
difficulté provient de ce que les économies capitalistes évoluées
ou pays du G8 sont les seules à fournir une documentation
statistique utilisable ». Mais, il ajoutait : « de cette distinction
entre la notion de développement et celle de la croissance, nous
retiendrons ce que dit
M-Bye
qui est fort important, à savoir
que « le développement des sous-développés ou pays émergents
pose des problèmes très différents de ceux que pose la
croissance des développés ou pays du G8 » » (
André Marschall

Op. cit.). Le pas important venait donc d’être franchi et la
distinction entre croissance et développement s’amorçait.
Il fallait attendre François Perroux (
L’économie du 20
e
siècle,

Paris, PUF, 1961, p.408, note 1) qui, dans la conceptualisation
définitive de ces concepts, distingue 4 niveaux :
- l’expansion qui est l’accroissement temporaire et réversible
des quantités économiques liées aux mouvements courts de la
conjoncture, aux fluctuations aujourd’hui, aux cycles autrefois ;

41

- la croissance qui est l’augmentation poursuivie en longue
période des quantités significatives et dont la poursuite implique
fondamentalement des modifications des structures
économiques ;
- les changements des systèmes complexes cohérents ou
ensemble d’institutions qui, en leurs rapports réciproques,
conditionnent l’accomplissement des fonctions économiques
fondamentales ;
- des progrès qui sont les avances d’une économie ou d’une
de ses parties vers un but considéré comme souhaitable.
Rostow précise que le développement commence par cinq
étapes à savoir :
- la société traditionnelle ;
- le démarrage ;
- le décollage ;
- la maturité ;
- la société de consommation de masse.
b- Les inégalités du développement à l’échelle
mondiale

Paul Valéry
définissait l’histoire et l’évolution de la terre
vivante par « un système d’inégalités entre les régions habitées
de sa surface ». Ainsi, les développements du progrès technique
et les nets accroissements de productivité dans les nations
industrialisées ont élargi de plus en plus ce fossé qui les séparait
depuis plus d’un siècle des économies restées au stade de
l’artisanat et accru les disparités de l’« inégalité ». Vers 700, toute
la structure économique anglaise commença à subir des
mutations très rapides ; ce que les historiens ont appelé à juste
titre, la révolution industrielle débutait. Puis, graduellement,
cette révolution gagne presque tous les pays du continent
européen et traverse même l’Atlantique avec les émigrants

51

anglais qui apportent ainsi la semence de ce qui sera dès la fin
du XIX
e
siècle, la plus grande puissance économique du monde.
Pendant ce temps, les trois quarts de l’humanité qui étaient
restés à l’écart de la révolution industrielle subissaient les effets
indirects de cette résolution, notamment en raison de la
colonisation qui, graduellement, s’étendait à la presque totalité
du Tiers-monde.
Certes, la colonisation est antérieure à la révolution
industrielle… Mais il faudra attendre le milieu du XIX
e
siècle
pour que les effets indirects de la révolution industrielle soient
ressentis par l’ensemble des sociétés traditionnelles.
L’écart de niveau de vie entre les deux groupes de pays
devenait en conséquence si important qu’il commençait à friser
le scandale.
En effet, vers 1950, le revenu moyen par habitant du Tiers-
monde était neuf fois plus faible que celui des pays développés
ou pays du G8 et cet écart était de l’ordre de 1 à 27 entre l’Asie
et les USA.
L’industrialisation a progressé rapidement et
l’analphabétisme a reculé sensiblement. Mais ces progrès ont été
lents, le niveau de vie s’est élevé en moyenne de 2,3% par an au
maximum, ce qui signifie que la moyenne du niveau de revenu
par habitant des pays sous-développés ou pays émergents
mettrait, si elle maintenait ce rythme, 130 ans pour atteindre
(donc au XXII
e
siècle) le niveau des USA de 1970.
L’écart qui sépare le Tiers-monde des pays développés ou
pays du G8, n’a fait que s’accroître d’année en année (sauf
pendant les rares années de récession relativement sévère des
pays industriels ou pays du G8 : 1952, 1958 et 1967).
En 1970, l’écart entre le revenu moyen par habitant du Tiers-
monde et celui des pays développés ou pays du G8 est passé de
1 à 14, contre 1 à 9 vers 1950. Et entre l’Asie sous-développée

61

avec des pays émergents et les USA, cet écart est même de
l’ordre de 1 à 42.
Cinq siècles après la révolution de l’écriture (imprimerie)
l’ordinateur a plus accru cet écart entre pays développés ou pays
du G8 et pays sous-développés ou pays émergents. Combiné à
l’Internet, on constate que, de la colonisation à nos jours, en
passant par l’industrialisation (révolution industrielle),
l’imprimerie, le Tiers-monde a toujours battu le record de
l’inégalité de développement et du faible niveau de vie par
rapport aux pays développés. D’où la nécessité de l’émergence
d’une évolution de l’éthique et du développement.
2- Éléments notionnels relatifs à l’éthique
L’éthique traite du bien et du mal dans les valeurs et les
comportements des individus ou des communautés
(institutions) dont les individus font partie.
En effet, les problèmes politiques et moraux en économie
existent depuis l’époque d’
Aristote
(384-322 avant J.C). Dès
cette époque, Aristote appliqua son puissant esprit à
l’économie, faisant ainsi surgir les questions du genre :
-

qu’est-ce que le prix d’une marchandise ?
-

qu’est-ce que la monnaie ?
-

qu’est-ce que l’intérêt ?
Il permit de distinguer ainsi, non pas production et
distribution, mais utilisation et profit ; suscitant ainsi le bien et
le mal causés par l’introduction de la monnaie et de l’intérêt en
économie.
x

de l’Antiquité au VI
e
siècle avant J.C, la pratique d’une
économie de troc excluait la réalisation des gains
économiques pouvant provoquer tout le bien et le mal
dans la société.
Aristote
analyse l’échange et les fonctions
ede la monnaie. Ainsi, du XV siècle, au Moyen Âge, deux

71

situations comportementales face à la monétisation de la
vie sociale et économique étaient à prendre en
considération pour réfléchir aux problèmes politiques et
moraux donc éthique (bien et mal) en économie ;
x

le système féodal au Moyen Âge.
La seigneurie, c’est-à-dire cette vaste étendue de terre
appartenant à un seigneur laïc ou religieux, protecteur, juge,
chef de service, de police et administrateur était une véritable
source de réflexion et des problèmes politiques et moraux
relatifs aux rapports entre les hommes d’une part, et aux
rapports entre les hommes et les biens et services d’autre part.
Le seigneur féodal était maître de nombre de ceux qui
vivaient sur sa terre. Les serfs (vilains), bien qu’ils ne fussent pas
des esclaves, étaient à bien des égards la propriété du seigneur
comme l’étaient leurs maisons, leurs troupeaux ou récoltes,
leurs familles. Il générait ainsi tout le bien et le mal donc
éthique, relevant des rapports entre le seigneur féodal et les
serfs d’une part, et les biens et services d’autre part.
x

Économie féodale. A la différence du système féodal, elle
avait pour base une production agricole statique,
contrastant avec l’anti coutume en vigueur dans les
seigneuries. Un nouveau droit des marchands
réglementait l’activité commerciale, avec l’avènement de
la foire qui était une sorte de marché itinérant se tenant à
date fixe dans certaines localités bien déterminées. Les
grandes foires qui se tenaient le plus souvent une fois l’an
étaient des évènements très importants, l’occasion de
réjouissances publiques, de la fête religieuse et surtout
d’une activité économique intense. Elles suscitent ainsi un
comportement de gain social face aux rapports entre les
hommes d’une part, et entre les hommes et les biens et
services d’autre part. Le troc fait place ici à l’échange
marchand ;

81