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Formation, travail et professionnalisation

De
212 pages
Cet ouvrage met au jour les questions posées au sujet des démarches de professionnalisation et saisit les processus à l'oeuvre dans les dispositifs ayant pour intention de professionnaliser des individus (développement des compétences et des identités professionnelles). Sont évoqués le rapport théorie/pratique dans ces dispositifs, les savoirs en jeu, les espaces et dispositifs de production/verbalisation de ces savoirs... dans des champs professionnels différents : médecine générale, enseignement, formation personnalisée.
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Formation, travail et professionnalisation
Ouvrage issu du Symposium « formation, travail, professionnalisation », proposé lors du 5ème congrès international d'actualité de la recherche en éducation et en formation, septembre 2004

Action et savoir Collection dirigée par J.-M. Barbier, P. Caspar, O. Galatanu et G. Vergnaud
Une collection d'ouvrages de recherche s'adressant particulièrement à des professionnels et à des chercheurs intéressés par la théorisation de l'action dans les champs de pratiques contribuant explicitement aux transformations identitaires individuelles et collectives, notamment dans les domaines de l'enseignement, de la formation et du développement des compétences. Elle s'intéresse notamment à l'analyse des processus, des pratiques, des dynamiques de changement et à toutes les questions scientifiques, épistémologiques et méthodologiques qui leur sont liées. Elle est construite sur l'hypothèse de rapports étroits et réciproques entre engagement de l'action et production de savoir.

Dernières parutions Maryvonne SOREL et Richard WITTORSKI (Coord.), La professionnalisation en actes et en questions, 2005. J.-M. BARBIER et O. GALATANU (coord. par), Les savoirs d'action: une mise en mot des compétences ?, 2004. Jean-Marie BARBIER (dir.), Valeurs et activités professionnelles,2003. M.-P. MACKIEWICZ (coordonné par), Practicien et chercheur, 2001. B. MAGGI (sous la direction de), L'atelier de l'Organisation, Un observatoire sur les changements dans les entreprises, 2001. G. RACINE, La production de savoirs d'expérience chez les intervenants sociaux, 2000. J.-M. SALANSKIS, Modèles et pensées de l'action, 2000. E. BOURGEOIS et Jean NIZET, Regards croisés sur l'expérience deformation, 1999. F. CROS, Le mémoire professionnel en formation des enseignants, 1998. J.-F. BLIN, Représentations, pratiques et identités professionnelles, 1997. R. WITTORSKI, Analyse du travail et production de compétences collectives, 1997.

Ouvrage coordonné par Richard WITTORSKI

Formation, travail et professionnalisation

s. Briquet-DOOazé, E. BOOot, L. Cosnefroy, S. Debris, C. Leclerc, C. Renoult, P. Tavignot, R. Wittorski

L'Harmattan 5-7~rue de I~École-Polytechnique ; 75005 Paris FRANCE
L'Harmattan Hongrie Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso

Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16
1053 Budapest

Fac..desSc. Sociales,Pol.et Adm.; BP243,KINXI
Université de Kinshasa - RDC

ViaDegliArtisti,15 10124Torino
ITALIE

1200logements villa 96 12B226O
Ouagadougou 12

www.1ibrairieharmattan.com e-mail: harmattan1@wanadoo.fr (Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9126-3 EAN : 9782747591263

INTRODUCTION: ENJEUX ET DEBATS AUTOUR DE LA PROFESSIONNALISA TION (Richard Wittorski)

Cet ouvrage constitue les actes d'un symposium! qui a eu lieu lors du congrès de l'AECSE (Association des Enseignants et Chercheurs de Sciences de l'Education) au CNAM en septembre 2004. Les contributions au symposium ont porté sur le thème de la professionnalisation qui rencontre aujourd'hui un vif intérêt tant dans les milieux industriels que dans les milieux de l'éducation et de la formation. Les raisons de cet intérêt sont probablement multiples: évolution des formes de travail et appel à de « nouvelles » compétences, enjeux de définition des contours de nouvelles activités et/ou de redéfinition des contours d'activités existantes, développement de nouvelles formes de formation plus articulées avec les situations de travail, apparition de discours institutionnels différents... Ces raisons nous conduisent à constater que la professionnalisation relève avant tout d'une intention sociale, notamment d'une intention d'adaptation plus rapide des individus aux évolutions du travail et d'augmentation de l'efficacité de l'effet formation. Nous partirons, dans cet ouvrage, d'une première «conception de travail» du mot professionnalisation articulée aux pratiques d'éducation et de formation. Nous considérons que la professionnalisation des individus relève d'une intention sociale de transmission, construction, développement et évolution du «système d'expertise » (compétences, capacités, savoirs et connaissances) caractérisant la profession concernée, et, dans le même temps, de développement de l'identité professionnelle des personnes. Cette première approche sera probablement à relativiser, à enrichir et à questionner.
Symposium «travail, formation et professionnalisation» proposé au titre du Centre de Recherche sur la Formation du CNAM, réunissant les auteurs du présent ouvrage. 1

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D'une part, le système d'expertise ne préexiste pas toujours, notamment lorsque les dispositifs de professionnalisation ont précisément pour double intention de professionnaliser les activités (constituer une profession) et de professionnaliser les individus. Les dispositifs existants remplissent alors parfois plusieurs fonctions (professionnaliser les individus mais aussi conjointement professionnaliser les activités voire l'organisation). D'autre part, si la professionnalisation est de l'ordre d'une intention sociale comment devient-elle, dans les travaux disponibles, un enjeu et un objet théorique? A un niveau plus «micro », qu'en est-il des savoirs et des enjeux de savoirs dans les dispositifs observés ? Voici quelques-unes des questions qui seront explorées dans cet ouvrage.

Avant de présenter avec plus de détails le contenu de cet
ouvrage, il nous semble utile d'introduire les débats théoriques qui animent les auteurs qui ont travaillé sur la thématique de la professionnalisation de manière à en faire, en quelque sorte, un état des lieux pour le lecteur qui cherche à en saisir les contours. Nous nous inspirons ici du repérage réalisé par notre équipe de recherche «professionnalisation des enseignants» de l'IUFM de Rouen2 à partir de la lecture d'ouvrages anglo-saxons (courants de la sociologie des professions) et européens (notamment les travaux de synthèse de Dubar et Tripier (1998) et de Bourdoncle (2000)).

2 Cette équipe est composée de Maryse Avice, Sophie BriquetDuhazé, Eric Buhot, Nathalie Barq, Laurent Cosnefroy, Claude Leclerc, Patricia Tavignot et Richard Wittorski (coordonnateur). 10

1 Quelques travaux significatifs à propos du terme profession
Selon les précurseurs (notamment Flexner en 1915), les professions traitent d'opérations intellectuelles associées à de grandes responsabilités individuelles. Leurs matériaux de base sont tirés de la science et d'un savoir théorique comportant des applications pratiques, utiles et transmissibles par un enseignement fonnalisé. Par ailleurs, les professions tendent à l'auto organisation dans des associations et leurs membres ont une motivation altruiste. On constate une origine religieuse des professions: professer signifie «porter en avant par la parole », déclarer publiquement sa foi religieuse ou ses opinions politico-religieuses; la profession est de l'ordre du langagier, du déclaratif, quelque chose qui s'énonce publiquement et qui est lié à des croyances politicoreligieuses. Pour autant, les définitions sociologiques classiques insistent sur l'idée qu'une profession est une occupation par laquelle on gagne sa vie, une activité rémunérée, il s'agit de la profession liée à un emploi. Dubar et Tripier (1998) montrent qu'il y a un triple enjeu des professions: -un enjeu politique: «formes historiques d'organisation sociale, de catégorisation des activités de travail » ; -un enjeu éthique culturel: «formes historiques d'accomplissement de soi, cadre d'identification subjective et d'expression des valeurs d'ordre éthique ayant des significations culturelles » ; -un enjeu économique: « fonnes historiques de coalitions d'acteurs qui défendent leurs intérêts en essayant d'assurer et de maintenir une fenneture de leur marché du travail, un monopole pour leurs activités, une clientèle assurée pour Il

leur service, un emploi stable et une rémunération élevée, une reconnaissance de leur expertise ». Selon Durkheim (1950), les groupes professionnels englobent toutes les activités économiques et toutes les catégories de travailleurs et s'inscrivent dans la continuité des corporations à la française. TIsont pour enjeu de tisser du lien social en constituant des groupes intermédiaires entre l'individu et l'état (dans une société d'individualisme destructeur et d'anomie : affaiblissement de la conscience des normes et du lien social), ils permettent de retrouver le sens de la règle, la manière d'agir obligatoire, d'assurer l'ordre et la cohésion sociale, ils constituent un pouvoir moral seul capable de contenir les égoïsmes individuels et d'entretenir la solidarité. Les corps professionnels sont au cœur de la régulation sociale, de la cohérence et de l'organisation sociale, ils développent et maintiennent une conscience morale collective. Selon Carr-Saunders (1928), les professions se distinguent des occupations, des emplois des salariés ordinaires et ne concernent que les experts (indépendants et salariés diplômés) produisant un service, organisés en associations reconnues (les professions au sens anglais sont des activités de service organisées sous la forme d'associations professionnelles volontaires et reconnues légalement, réclamant une formation longue et spécialisée, nécessitant une autorisation d'exercer, sur la base d'un diplôme). L'autonomie des professions à l'égard de l'état constitue ici un critère important. Selon Parsons (1939, «père» de l'approche fonctionnaliste), les professions doivent se justifier face au modèle libéral dominant à l'américaine, dans lequel 12

elles se distinguent, en tant qu'organisations autonomes autant du monde des affaires (« business ») et de l'administration (« government ») que des emplois ordinaires (<< occupations »). Le professionnel rend des services performants sans être engagé dans la poursuite de son profit personnel, il se réfère à la légitimité scientifique, il œuvre pour la collectivité de façon désintéressée (le médecin est un modèle de professionnel). Le modèle professionnel de Parsons est donc le modèle libéral, le modèle optimiste de « la main invisible ». Selon la sociologie interactionniste (Hugues (1958)), la « licence » (autorisation d'exercer), le «mandate» (mission), la «career» (cycle de vie, carrière, parcours professionnel), les «segments professionnels» (selon Bucher et Strauss, une profession est un conglomérat de segments en compétition marqués par des conflits d'intérêts) et un ordre négocié (la dynamique des relations entre individus et groupes, selon Strauss) caractérisent les professions et les groupes professionnels: - les groupes professionnels sont des processus d'interactions qui conduisent les membres d'une même activité de travail à s'auto organiser, à défendre leur autonomie et leur territoire et à se protéger de la concurrence; la vie professionnelle est un processus biographique qui construit les identités tout au long du déroulement du cycle de vie, depuis l'entrée dans l'activité jusqu'à la retraite; - les processus biographiques et les mécanismes d'interaction sont dans une relation d'interdépendance. La dynamique d'un groupe professionnel dépend des trajectoires biographiques de ses membres, elles-mêmes

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influencées par les interactions existant entre eux et avec l'environnement; - les groupes professionnels cherchent à se faire reconnaître par leurs partenaires en développant des rhétoriques professionnelles et en recherchant des protections légales. Tous aspirent à obtenir un statut protecteur. Avec Weber (1904) et les nouvelles théories des professions (à partir des années 1960), la sociologie des professions aux USA change, le débat entre fonctionnalistes et interactionnistes laisse place à de nouvelles approches (théories wébériennes) donnant un rôle plus important aux mécanismes économiques de contrôle des marchés. Les professions sont maintenant celles qui sont parvenues à monopoliser un segment du marché du travail, à faire reconnaître leur compétence juridique et à légitimer leurs privilèges sociaux, elles produisent un système de justifications qui s'appelle le professionnalisme. C'est une stratégie politique et non une exigence fonctionnelle. Weber adopte donc une entrée de type « dynamique historique des activités professionnelles ». Alors qu'à l'origine l'enjeu des professions était la monopolisation des voies du salut (origine religieuse), l'enjeu devient la monopolisation des chances de gains sur un marché. Apparaissent les figures de l'expert, du savant et de l'homme politique accompagnant la rationalisation économique. On distingue, dans les travaux anglo-saxons et européens, plusieurs modèles de la profession: - le modèle du corps d'état qui fait de la profession un corps, sacré/profane, statut/pas de statut, théorique/abstrait, concret/empirique. Les différents corps sont hiérarchisés et légitimés par l'état; 14

confrérie c'est-à-dire le modèle collégial (profession indépendante, héroïque et morale). La profession devient communauté de pairs qui se dote de ses propres règles sans intervention de l'état, il s'agit d'un modèle horizontal, égalitaire et consensuel. La démocratie est directe, le groupe est indépendant, autonome et désintéressé; -le modèle libéral en prise avec le marché et régulé par lui. L'intérêt est porté sur les moyens plus que sur les fins. A. Smith parle ici de «la main invisible », mécanisme de l'échange marchand autorégulateur, négation de la notion de profession au sens de l'acquisition d'un statut par le travail (modèle des corps, orientation corporative) ou de l'accomplissement de soi par une vocation (modèle collégial, orientation expressive), car il s'agit d'un «travail instrumental » dans ce modèle (moyen d'acquérir un revenu) ; -l'intellectuel révolutionnaire (Lénine, Gramsci), l'intellectuel de profession devenu intellectuel collectif (appareil du parti), assurant une médiation entre la classe ouvrière et la nouvelle science de 1'histoire. Il conjugue la figure du prêtre et celle du prophète. Il est doté d'une mission hautement pédagogique et d'un nouveau type de savoir: un savoir stratégique qui fonde la justesse des décisions politiques. «L'intellectuel révolutionnaire doit être un représentant totalement au service de ceux qu'il prétend éduquer politiquement» (Gramsci (1935».

- la profession

2 Le mot professionnalisation
Le mot professionnalisation traduit le passage des occupations aux professions, le passage des connaissances empiriques aux connaissances scientifiques. Selon Merton 15

(1957), la professionnalisation désigne le processus historique par lequel une activité (occupation) devient une profession du fait qu'elle se dote d'un cursus universitaire qui transforme des connaissances empiriques, acquises par l'expérience, en savoirs scientifiques appris de façon académique et évalués de manière formelle sinon incontestable. Hoyle (cité par Dubar et Tripier (1998)) distingue deux sens dans le mot professionnalisation. D'une part, il s'agit du processus d'amélioration des capacités et de rationalisation des savoirs mis en œuvre dans l'exercice de la profession, ce qui entraîne une plus grande efficacité. D'autre part, le mot professionnalisation ne signifie pas seulement les connaissances et capacités qu'exigent la pratique mais aussi la stratégie et la rhétorique déployées par le groupe professionnel pour revendiquer une élévation dans l'échelle des activités. Il désigne alors le processus d'amélioration collective du statut social de l'activité. Bourdoncle (2000) ajoute un troisième sens: en France, il désigne à l'échelle de l'individu l'adhésion à la rhétorique et aux normes établies collectivement. Les 5 « objets » de la professionnalisation (notamment à partir des travaux de Bourdoncle (2000» sont: - la professionnalisation de l'activité: quand de gratuite, faite par des amateurs bénévoles ou militants elle devient rémunérée et exercée à titre principal. Professionnaliser l'activité c'est faire en sorte qu'elle s'enseigne à l'université, cela suppose que des individus du métier se consacrent autant et même plus à l'accumulation des savoirs qu'à leur pratique professionnelle (ils sont amenés à expliciter, formaliser et rationaliser les savoirs). Dans ce sens, la professionnalisation d'une activité passe par l' «universitarisation» de sa formation 16

professionnelle. Cela entraîne la rationalisation de la pratique grâce à l'acquisition, par les praticiens, des savoirs de haut niveau produits par les universitaires de la profession; - la professionnalisation du groupe exerçant l'activité qui passe par la création d'une association professionnelle, par l'apparition d'un conflit entre les anciens et les jeunes qui veulent faire progresser la profession, par la compétition entre ce groupe professionnel et les groupes qui exercent des activités voisines, par l'activisme politique pour obtenir un monopole légal et par la diffusion des règles ou la création d'un code de déontologie propre à la profession. Les sociologues et économistes critiques (Weber, Schumpeter, Collins) sont allés plus loin. Selon eux, les professions sont des activités qui réussissent à réguler en leur faveur les conditions du marché (monopole) ; - la professionnalisation des savoirs: les savoirs professionnels ont tendance à être abstraits et organisés en un corps codifié de principes, ils sont applicables aux problèmes concrets, ils sont crédibles quant à leur efficacité, ils sont en partie créés, organisés, transmis et, en cas de conflits, ils sont arbitrés par l'instance professionnelle. TIssont suffisamment sophistiqués pour ne pas être accessibles à I'homme ordinaire; - la professionnalisation des personnes exerçant l'activité: c'est un double processus d'acquisition de savoirs et de compétences professionnelles en situation réelle et de construction d'une identité par identification à un rôle professionnel. C'est ce qu'avec Merton on a tendance à appeler la socialisation professionnelle: le processus par 17

lequel les gens acquièrent les valeurs et attitudes, les intérêts, capacités et savoirs, bref, la culture qui a cours dans les groupes dont ils sont ou cherchent à devenir membre; - la professionnalisation de la formation: il s'agit de construire la formation de manière à ce qu'elle rende apte à exercer une activité économique déterminée. Après ces détours théoriques non exhaustifs (largement empruntés à l'ouvrage de Dubar et Tripier (1998)) mais qui présentent le mérite, nous l'espérons, de «planter le décor» en ce qui concerne tant les définitions proposées dans la littérature que les débats théoriques ouverts (notamment entre fonctionnalistes et interactionnistes), il nous revient de présenter le contenu de l'ouvrage. Ce dernier rend compte d'un symposium qui s'est déroulé au CNAM en septembre 2004, il pour objectif de mettre au jour les questions posées au sujet des démarches de professionnalisation et de saisir les processus à l' œuvre dans les dispositifs ayant pour intention de professionnaliser des individus (développement des compétences et des identités professionnelles) et/ou des activités à partir de recherches récentes. Seront notamment évoqués les enjeux et débats théoriques qui entourent la thématique de la professionnalisation (le rapport théorie pratique dans les dispositifs professionnalisants, les savoirs en jeu (savoirs théoriques-savoirs d'action), les espaces et dispositifs de production/verbalisation de ces savoirs (notamment l'analyse de pratiques), ) dans des champs professionnels différents tels que la médecine générale, l'enseignement, la formation personnalisée.

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Ainsi, l'ouvrage est structuré en quatre parties distinctes. Chacune rend compte de travaux empiriques ou de réflexions théoriques sur des aspects différents de la professionnalisation. La première partie sera consacrée à l'étude des effets professionnalisants de deux dispositifs de formation différents, à savoir l'analyse de pratiques (R. Wittorski) et la formation personnalisée (Atelier de Pédagogie Personnalisée, C. Renoult et R. Wittorski). La seconde partie s'intéressera aux savoirs en jeu dans les dispositifs de professionnalisation à la faveur de deux exemples: l'un concerne l'étude de groupes de pairs réunissant des médecins généralistes (S. Debris), l'autre concerne les rapports de visite de stage des professeurs des écoles stagiaires (S. Briquet-Duhazé et E. Buhot). La troisième partie développera deux questions particulières posées aux démarches de professionnalisation dans le milieu enseignant (celles-ci sont posées par leurs auteurs comme des préalables à l'introduction de dispositifs pro fessionnalisants à destination des enseignants). La première question est celle de l'efficacité de la pratique enseignante (L. Cosnefroy), la seconde porte sur la professionnalisation des formateurs d'enseignants (C. Leclerc). Ces contributions diverses ont pour intérêt de mettre en lumière à la fois la diversité des dispositifs de professionnalisation existants mais aussi la diversité des questions qui sont posées à la professionnalisation. L'étude de ces questions sera particulièrement reprise dans la dernière partie de cet ouvrage (par P. Tavignot), conçue comme un chapitre d'ouverture proposant des pistes de réflexion concernant la thématique retenue à partir, notamment, des échanges qui ont eu lieu au moment du symposium « formation, travail et professionnalisation ».

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Références bibliographiques: -Bourdoncle, R. (2000). Autour des mots: professionnalisation, formes et dispositifs. Recherche et Formation, 35, 117-132. -Carr-Saunders, A.M. (1928). Professions: their organization and place in society. Oxford: Clarendon Press. -Dubar, C. et Tripier, P. (1998). Sociologie des professions. Paris: Colin. -Durkheim, E. (1960, 4ème édition). Les formes élémentaires de la vie religieuse. Paris: PUP. -Durkheim, E. (1950). Leçons de sociologie. Paris: PUP. -Flexner, A. (1915). Is social work a profession? School and Society, 1, 26. -Gramsci, A. (1935). Quaderni di carcere (carnets de prison). Milan: Reuniti. -Hugues, E.C. (1958). Men and their work. Glencoe: The Free Press. -Merton, R.K. (1957). The student physician. Introductory studies in the sociology of medical education. Cambridge: Harward University Press. -Parsons, T. (1939). Eléments pour une sociologie de l'action. Paris: Plon. -Weber, M. (1904, réédité 1962). L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme. Paris: Plon.

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PREMIERE PARTIE: PROFESSIONNALISATION, DISPOSITIFS ET EFFETS?