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Jeunes générations en Europe : regards croisés Est-Ouest

158 pages
Comment comparer la jeunesse française et la jeunesse roumaine des années 1980 alors que toutes les caractéristiques qui les définissent (calendriers, modes de vie, "idéologies") sont présentées ou pressenties comme radicalement différentes ? Depuis la levée du rideau de fer, l'espace européen - compris au sens large (un espace intégrant pleinement les pays d'Europe centrale et orientale) - apparaît désormais comme un champ de recherche légitime. Au-delà de la variété des situations nationales, cet espace européen révèle à plusieurs niveaux une étonnante unité et cohérence. Une contribution à la compréhension des grandes transformations sociales et culturelles à l'oeuvre dans l'Europe contemporaine.
Voir plus Voir moins

Agora, évolution riser

après

plus

de dix ans

d'existence,

amorce

une valo-

tout en confortant d'un lectorat sur les

le projet large

de la revue:

auprès

les travaux

de recherche pour

les plus soutenir collective, contribuer

récents la vitalité

questions

de jeunesse, étayer

de la recherche, entre le débat renouvelé La structuration chercheurs social.

la réflexion et

le dialogue à animer

et praticiens de rédac-

Le comité ouvert

tion a été en partie velles disciplines.

et s'est

à de nouchange

des numéros
«

pour plus
aussi pour

affirmer loin
celle explorer
»

l'importance
»

des thématiques d'un complément notes
régimes auront de recherche hors

à travers pour aller
-

des « dossiers
des

enrichis
articles

(bibliographie,
d'autres Les

de lecture...)
d'écriture accès,

mais
et

dossier (entretiens, grâce

reportages...).

lecteurs

à la

rubrique récents
plète, vrages, les choix lecture travail,

«

Actualité
s'agisse

», à des comptes
notamment des

rendus
»

de livres très comd'ouintéressant

ainsi qu'à une « veille informative
qu'il des informations des études, sur les événements des Nous aussi rapports espérons offrir

parutions

lecteurs, de sites

officiels, ainsi faciliter outil

des la de

Internet... mais

de la revue de réflexion

un véritable

et de débat

à nos lecteurs.

L'équipe Chantal Francis Apolline de Linares Lebon

de rédaction (rédactrice en chef)

(rédacteur (secrétaire

en chef adjoint) de rédaction)

de Lassus

LES OUBLIÉS DE DEMAIN

Entretien avec Lou

Chauvel, réalisé par Jea de

Au cours de cet entretien, Louis Chauvel, interrogé sur la place des jeunes dans la campagne présidentielle et au-delà, au sein de la société, note une sorte de ccretournement» de la part des jeunes qui prennent conscience de la situation qui leur est faite. Malgré cela, la France, et c'est une spécificité nationale, fait peu de place aux jeunes diplômés et aucune aux jeunes sans qualification. Cette question de l'avenir menacé des générations nouvelles est un enjeu politique majeur qu'il est urgent de prendre en compte.
Louis Chauvel Professeur des universités à l'institut d'études politiques de Paris, membre de l'Observatoire sociologique du changement, chercheur associé à l'Observatoire français des conjonctures économiques IEPIDSC 27, rue Saint-Guillaume 75007 Paris Courriel : louis.chauvel@sciences-po.fr Site Internet: louis.chauvel.free.fr

6

tions,

Agora: Louis Chauvel, vous avez publié un ouvrage', Le destin des généraqui a eu beaucoup d'écho auprès de ceux qui réfléchissent sur la situation des jeunes et à la relation de ces derniers à la société. Aujourd'hui, nous souhaitons vous demander comment vous évaluez la place qu'ont occupée les jeunes dans la campagne présidentielle et, au-delà, la place réelle qui est faite aux jeunes dans la société actuellement. Louis Chauvel : Maintenant que nous disposons des résultats dire que les jeunes se sont mobilisés massivement le reste de la population française, leur vote s'est
même dire que le gradient de vote gauche/droite

du second tour,
pour voter et porté à gauche. selon l'âge

pouvons que, plus que Nous pouvons

nous

retrouve le même degré qu'en 1981. Ce gradient a fortement décliné jusqu'en 1995 lorsque le candidat Jacques Chirac avait promis aux jeunes la suppression du service militaire et que le candidat Lionel Jospin semblait penser que le vote jeune était structurellement une rente socialiste. Notons aussi qu'en 1981, on avait souligné que si Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas donné le droit de vote aux 18-21 ans en contraire: en droit de vote un test pour abaissant réutilisant au-dessus mesurer la majorité, il aurait été réélu. Aujourd'hui, c'est un peu le par exemple les chiffres d'IPSOS, si l'on avait supprimé le de 68 ans (mesure que je ne prône pas, c'est simplement l'ampleur des écarts), Mme Royal serait assise à l'Élysée; de 1981, où les de 2007 aurait les jeunes
z ëi
== .... CI .... CI Cf.) '.... :::; D:I ::I CI Cf.) .... ....

autre façon de dire cela: avec la forme de la pyramide des âges plus de 65 ans étaient moins représentés, le résultat de l'élection été différent. étaient dans En réalité, la grande le camp des vainqueurs. différence avec 1981

est qu'alors

En termes d'analyse, rapport au retrait politique

quels sont les résultats? des jeunes depuis vingt

On sent un retournement par ans. Les émeutes de fin 2005,

les mobilisations contre le CPE ont été des étapes importantes en ouvrant ces questions: quelle place pour les jeunes dans la société française? comment faire en sorte qu'ils soient plus qu'une variable d'ajustement des difficultés du reste de la société française? Ce débat a fait irruption dans tous les esprits, dans les institutions traditionnelles et aussi, bien au-delà, de la Jeunesse ouvrière chrétienne à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), Animafac ou à Génération précaire. La participation venue un enjeu. Ce qui est le plus notable, c'est le début jeunes. Cette prise de conscience, c'est celle de leur absence de la réflexion et de la prise trophique et qui dure depuis très longtemps à la Confédération étudiante, à politique des jeunes est redepar les politique,

d'une prise de conscience de leur absence du débat de décision maintenant. sur l'avenir Différents

qui est catasgroupes s'in-

téressent désormais à cette question. Il existe aussi un vrai débat. Voilà dix ans, quand j'écrivais Le destin des générations, certains travaux laissaient penser que les jeunes vivaient sans difficultés ou sans risques et que la jeunesse était une petite maladie sans gravité dont on se remet tôt ou tard. De telles idées ne passent plus: la situation est grave et beaucoup de jeunes ne se remettent pas

1

On se reportera aux ouvrages de Louis Chauvel (2002
circulation des articles accessibles

et 2006). On peut aussi consulter
pour des lecteurs non universitaires:

son

site où sont en libre http://louis.chauvel.free.fr

N° 45 AGORA OÉBATS/,IEU~IESSES

7

de leurs difficultés. Mais en même temps, il ne suffit conscience; il faut que la réalité bouge aussi... Agora: Avez-vous
repéré des signes précis

pas de voir changer

la

de ce « retournement))

?

Louis Chauvel : Pendant la précampagne, une série d'ouvrages a servi de caisse de résonance aux débats du CPE : je pense à trois ouvrages assez visibles sur l'ensemble de la problématique intergénérationnelle, celui de Patrick Artus et de Marie-Paule Virard2 Comment nous avons ruiné nos enfants, celui de Denis Jeambar, le président des éditions du Seuil, et de Jacqueline Rémy3 Nos enfants nous haïront et enfin au PapV Krach de Bernard Spitz4, ce dernier étant dans une tonalité parallèle, dans la veine de « qu'est-ce que nous laissons derrière nous du point de vue de l'État-providence, de la social-démocratie, de l'intégration des jeunes? ». Les questions n'étaient pas toujours très bien posées d'ailleurs, dans la mesure où il s'agissait trop souvent d'un débat centré sur la dette, qui a souvent raté le constat de l'existence de deux types de dettes: si on investit pour améliorer le sort des jeunes, en investissant dans le campus de Nanterre, par exemple, pour soient à la hauteur des prétentions une dette d'investissement dont le futurs. S'il s'agit au contraire de dépenses de santé ou de retraites avons plutôt une « mauvaise absent; les jeunes risquent

que

les outils

de travail

de l'université

françaises, nous avons une « bonne dette», poids est plus que compensé par des produits payer une pure consommation, comme des non gagées sur des cotisations sociales, nous qui chasse la bonne. Ce débat précis ce double poids: pour réduire la dette, est on

dette» de payer

n'investit plus, mais on laisse filer la partie de la dette qui ne sert en rien le bonheur des jeunes. En fait le frémissement de la campagne, c'est cette interrogation sur le long terme, sur la place que trouveront les jeunes; on peut espérer que les questions de l'investissement d'avenir, du développement intergénérationnel soutenable, une espèce d'écologie sociétale plus que naturelle, une sorte de traduction des questions environnementalistes dans des questions plus sociales autour de l'État-providence adviendront bientôt. C'est l'aboutissement, on peut le souhaiter, de ces « frémissements» bien réels.

Agora: Avez-vous eu l'impression pendant cette campagne d'un renouvellement de la classe politique?
Louis Chauvel : Il peut exister une lecture en termes de classes d'âge, voire de générations, de la dynamique politique depuis vingt ans. Les jeunes quadras du milieu des années 1980 perçaient déjà sous des générations plus anciennes,

2

Artus, Virard, 2006. Jeambar, Rémy, 2006. Spitz, 2006.

3

4

8

celle de la Résistance

qui était au bout

de la guerre d'Algérie qui, une place. Ces quadras-Ià en 1968 (Gérard Longuet, commun), ont bénéficié député à 30 ans, Laurent

du rouleau dès les années 1970, et celle à l'instar de Michel Rocard, a toujours peiné à se faire sont ceux qui, à droite comme à gauche, ont eu 20 ans Alain Madelin, Serge Blisko ou Henri Weber ont cela en d'une arrivée précoce en politique (Bertrand Delanoë Fabius plus jeune premier ministre de la France) et ont

conservé un prestige savamment reconstruit de période en période, faisant valoir tout à la fois leur expérience dès 25 ans et leur jeunesse à 60. Que s'est-il passé en 2007 ? À droite comme à gauche, les appareils et les circonstances ont choisi les plus jeunes. Alors que 2002 a vu s'affronter une génération qui a eu 20 ans dans les années 1950, la génération politique, a vu lui échapper 2007.

1968, pourtant
Mais les figures

massivement secondaires

représentée en restent encore

aujourd'hui avant tout de jeunes seniors de 55 à 65 ans. La génération Rocard est maintenant « drossée» et la génération du babyboom commence à jouer sa fin de carrière même si l'avenir reste ouvert puisque, aujourd'hui encore, la plupart des membres de l'Assemblée nationale nés aux alentours de 1947 peuvent envisager dix années de carrière de législature, voire un peu pius.

Agora: Vous avez évoqué tout à J'heure J'importance qu'a pu avoir la lutte contre le CPf, pourriez-vous préciser en quoi cette période du CPf a pesé dans ce « retournement» que vous évoquez?
louis
jeunes jeunes,

Chauvel : La

lutte

contre

le CPE

a, avant

tout,

marqué

les

esprits

des

et des moins jeunes. Elle a permis ce n'est pas simplement celle d'un

de comprendre groupe d'âge,

que la question des mais celle d'un proces-

sus qui se déroule singulièrement mal en France. Le CPE, précédé par les émeutes de novembre 2005, a rendu évident à tous la double diversité de la jeunesse, sous deux rapports. La première dimension relève avant tout de la hiérarchie: la jeunesse « in » des grandes écoles, la jeunesse « out» des émeutes de banlieue et, entre les deux, les jeunes de l'université qui ne savent où sera leur place et leur avenir. La seconde dimension est celle de l'avancée du processus. Lorsque tout le monde était casé à 25 ans, il n'existait qu'une période de jeunesse conçue comme une période de test avant installation. Avec l'allongement de la jeunesse, la première période d'études et de dépendance prolongée est devenue parfaitement normale, mais elle a fait oublier la suivante et ses souffrances, lorsque les potentialités se transforment souvent en illusions déçues et en lutte pour la vie. Il y a deux jeunesses unies en termes de catégories d'âge: une première jeunesse, lycéenne et estudiantine, et puis une deuxième, de gens qui peuvent avoir entre 25 et 40 ans pour les plus attardés, qui essaient de se trouver une place dans la vie. Cette deuxième jeunesse n'a guère de consistance culturelle, aucune présence pas de syndicat ou visibilité politique, aucune pour en défendre les intérêts. organisation Une classe politique et sociétale, d'âge en creux. C'est

c w c CIO -w ::::ï CC! :::I CI CIO W ....

z Cë :::!! w

un vrai problème dans la démocratie plus l'âge et le statut d'étudiant Confédération
française, comme

française! En fait, une fois que les gens n'ont pour être représentés par l'UNEF, par la iis disparaissent
numériquement,

étudiante
un

ou autres,
groupe marginal

de

la vie
un

institutionnelle

épiphénomène.

La

11I°45

AGORA DÉBATS/JEUNESSES

9

difficulté

est que ce groupe

est en même

temps

massif:

derrière et chômeurs

les deux

millions de

d'étudiants, 40 ans sont

les trois millions de travailleurs plus qu'un épiphénomène. à votre avis,

précaires

de moins

Agora: Mais quelle place, cratique et politique?

occupent

les jeunes

dans

la vie démo-

Louis Chauvel : Ce qui est vraiment inquiétant, me semble-t-il, c'est que ces jeunes de la deuxième jeunesse, en cours de socialisation dans le monde du travail, deviendraient assez rapidement dans tout autre pays des membres des syndicats ou des partis standard, même si les contrats aujourd'hui, cette deuxième jeunesse, et a fortiori populaires, se retrouve dans une sorte de non-être sont plus flexibles.

celle des catégories
démocratique.

En France, les plus Et dans cette en très qui, en

désespérance et cette anomie politique, vécues surtout par les jeunes grande difficulté d'insertion entre 25 et 35 ans, émerge un groupe social termes jeunes de préférences partisanes, hésite entre le néant et le pire. que nos politiques sont tentés de cibler par des politiques

Ce groupe de appropriées

n'est pas seulement des jeunes formant un groupe social clos, ce sont les adultes de demain. En ratant leur socialisation, nous ratons notre avenir collectif. Je crains que lorsque le Front national aura disparu avec son leader actuel, cette masse anomique dont une partie est prête pour la radicalité puisse suivre d'autres aventures 15 % de politiquement dangereuses. Autrefois, les sans-diplômes représentaient

la population qui peinaient à trouver leur place. Aujourd'hui, les sans-bac, qui représentent 38 % de la population des nouvelles générations, se retrouvent relégués dans des difficultés semblables qui s'étendent aussi bien au-delà du bac, parce que la machine économique française exige des diplômes sans cesse plus élevés. Il restera toujours un tiers de la population qui aura moins de diplômes que les deux tiers qui en ont le plus, même avec 80 % de la population au niveau master. Comment refaire une place pour tous, comme à l'époque des années 1970 où la employait 96 % de ses illettrés et alcooliques, a été une question de la campagne. Comment retrouver une représentation politique des de la moitié la moins confortable de la population, en particulier au sein des nouvelles générations, c'est là le plus grand défi. Naguère, le mouvement social et syndical permettait de faire monter des jeunes issus de la base pour en faire des leaders de leur groupe social d'origine. Aujourd'hui, dans le personnel politique de moins de 45 ans, les rares qui n'ont pas fait une grande école de premier rang ont hérité d'une circonscription familiale, lorsque ce ne sont pas les deux. Dans Paris intra-muras, et bien au-delà, les jeunes présents en politique sont issus de milieux sociaux cumulant toutes les dimensions du prestige culturel, des ressources économiques, voire de la domination politique héritée. Le système politique aujourd'hui ne peine pas simplement à représenter le peuple, les 60 % d'employés membres de classes et d'ouvriers, mais moyennes standard, aussi la tranche suivante de 30 % de situées idéalement autour de 2000France absente intérêts

2600 euros net par mois. En raison de ces réserves, je peine à parler de retour massif des jeunes en politique. Mais il faut souligner ce paradoxe: ce que je viens de vous dire est tout à la fois une vérité évidente pour les jeunes d'aujourd'hui, une vérité politiquement

10

révoltante lorsqu'elle est exprimée crûment, et courant large de solidarité entre les jeunes qui il n'en résulte rien. Ce constat a été clairement trois jours organisé par Animafac avec vingt toutes appartenances éducatives, statutaires,

en outre capable y font face. Mais mis en évidence jeunes de toutes ethniques. Pour

de développer un en même temps, dans un focus de origines et de tous, le constat

qu'une part croissante d'entre eux est appelée à ne pas être stabilisée à 35 ans suscite une exigence de retour au politique, pour construire un autre avenir. Cette exigence et cette vitalité politique, je constate qu'aucun leader politique n'a su s'en emparer. Après vingt-cinq ans de chômage de masse, il est temps de se poser cette question-là! Les jeunes des quartiers populaires, ou de relégation, vivent un vrai enferme ment sociétal. Ils sont en même temps peu armés pour verbaliser ce qu'ils vivent personnellement avec mal compensé par Internet et les actualités de Yahoo. La radio, la télévision sont utilisées tant que les jeunes ont encore de bonnes relale déclin massif de la lecture dé la presse

une
avoir, il y a une génération, le tissu z ;;;;:
:e IoU CI IoU CI
CI:) 'IoU :::;

tions avec leurs parents: ils regardent le journal de 20 h pour voir ce qui se passe. Mais le rôle que pouvaient

associatif, les maisons des jeunes et de la culture, l'éducation populaire, tout cela a totalement disparu. Toutes ces occasions de débat collectif, de verbalisation du vécu personnel, avec l'aide d'un travailleur social, d'un professionnel ou d'un bénévole associatif, le rôle des Francas par exemple, tout cela n'existe plus. Ce rôle d'éducation populaire (que les mairies communistes ou le christianisme social contribuaient à généraliser dans les banlieues populaires), ce mode de socialisation de la jeunesse des années 1970 ont été drossés par le changement social des dernières décennies. Résultat: des jeunes de milieux peu favorisés, plutôt en difficulté, qui ne font plus le service militaire, grand lieu de rencontres des jeunesses dans leur diversité, ne peuvent plus bénéficier de ces occasions d'expérience du vécu de l'autre, à travers des échanges sur les conditions de vie des uns et des autres; tout cela a complètement disparu. Au contraire, la jeunesse en université, la jeunesse des facs, est une jeunesse qui connaît une vraie, une forte socialisation collective: les universités sont les derniers établissements versité est l'une des qualifiés, désocialisés grandes expériences où 10000 personnes se rencontrent régulièrement -l'unidernières grandes industries. Au contraire, les jeunes non par rapport au monde du travail, ne connaissent plus ces de masse, sauf les intérimaires tels que décrits par Stéphane

::::> CI CI:) IoU -'

ca

Beaud et Michel Pialoux à Montbéliard5. Il en résulte accessoirement un vrai défaut de socialisation politique. On peut essayer de se rassurer en se disant que le bac, c'est 60 % d'une classe d'âge et que par conséquent une bonne moitié de la population française des nouvelles générations va se retrouver sur les bancs de la fac. Mais, faute de réfléchir collectivement en France au passage du monde de

5

Beau d, Pialoux,

1999

et 2003.

N° 45 AGORA DÉBATS/JEUNESSES 11

l'éducation à celui du travail, de nombreux être drossés sur les récifs des premières

acquis politiques des jeunes expériences du travail.

en fac vont

Agora:
conscience l'origine Louis

Vous des

avez difficultés d'un

tout

à l'heure
des jeunes.

évoqué
Est-ce

le CPE qui a opéré
que la lutte contre des jeunes dans

une prise de
le CPE a été à la réalité?

également Chauvel

changement

de la situation

: Une fois retiré le CPE, voilà un an, que s'est-il passé du côté

de la jeunesse? Du point de vue objectif, rien! C'est-à-dire qu'il ya toujours 25 % de taux de chômage dans les douze mois à la sortie des études, cinq fois plus qu'en 1968... Les jeunes n'ont à peu près rien gagné à l'issue de l'épisode du CPE. Est-ce que le CPE aurait été pire? Il Y avait plusieurs vices irrémédiables dans la façon dont le CPE était rédigé: la limite d'âge et l'absence de motivation dans la rupture du contrat, par exemple. Mais en même temps, il y avait de vraies contreparties et des aménagements étaient susceptibles d'être trouvés, avec un vrai donnant-donnant. Parmi le million de jeunes manifestants d'hier, nombreux sont ceux qui, maintenant à la recherche d'un emploi, voient que dans les conditions actuelles la société leur refuse une première expérience et une place. Beaucoup iront à Londres ou au Québec trouver une forme de CPE... Tant que nos entrepreneurs auront peur d'embaucher, le stage abusif à 350 euros par mois restera un mode standard de travail des jeunes, mode qui avantage les héritiers qui peuvent vivre des mois au crochet de leurs parents. On peut s'étonner de l'absence de mouvement de grande ampleur contre cette situation. On peine à saisir pourquoi les syndicats étudiants ne prennent pas en charge l'avenir de leurs adhérents, près de 100 % d'entre eux devant être des travailleurs dans les cinq ans. Ce grand problème est celui de la désarticulation des temps sociaux et de la discontinuité actuelle de la jeunesse: pour beaucoup de jeunes étudiants, leurs intérêts à 22 ans ont peu à voir avec leurs intérêts à 25 ans

lorsqu'ils sont hors de l'université. Parfois à l'échelon individuel et souvent collectif, le premier nuit aux intérêts du second. La raison relève pour l'essentiel d'un manque d'information: la principale chose que l'on propose à un étudiant de 21 ans, c'est
ensuite, de passer le diplôme suivant, les unités de valeur du semestre, et bien. La jeunesse en France est pour l'essentiel divisée en petites mal articulées où tout est fait pour ne pas poser la question de l'après, dans il verra la responsabilité de l'ensemble des

étapes

un éternel « on verra plus tard ». Cela engage acteurs du système. Cela m'évoque un livre sorti récemment:

Félicitations du jury".

C'est l'histoire

d'un étudiant qui soutient sa thèse, avec la plus haute mention, et qui, le soir même du pot, comprenant qu'il a tout raté, que tout le monde l'a trompé sur un échec certain, s'ouvre les veines. Treize ans plus tôt, en fin de lycée, bon mais

6

Buono,

2007.

12

sans vocation, à la question d'un conseiller d'orientation, il répondit: « Je veux devenir chercheur. » Il emprunte alors la voie bien droite de l'excellence universitaire pour constater à la trentaine, avec un CV parfait sur le papier, qu'il est totalement décalé y compris par rapport aux besoins réels de l'université. Il a été instrumentalisé, exploité pendant six ans d'inscription en thèse. Mais toutes les portes se ferment: si chaque membre du jury de thèse est un employeur potentiel (poste, « post-doc », poste à l'étranger...). le pot de thèse est enfin le moment de découvrir que tous les espoirs d'avenir sont vains: il n'a pas ici sa place et n'a plus qu'à partir. Malheureusement, cette caricature du sort des doctorants a une part de vérité dans l'ensemble du système scolaire. Faute d'un regard un peu lucide et extérieur, enseignants, parents, étudiants se contentent de se raconter des rêves pendant des années, surévaluant les hypothèses de salaires d'embauche et le prestige des emplois escomptés. Qui paye au bout du compte pour ces erreurs collectives, sinon les jeunes qui, à l'entrée du monde du travail, reviennent douloureusement de nombreuses illusions perdues?

Agora: Vous pensez vraiment
politiquement?

que ces éléments

ne sont pas pris en compte

duel,

Louis Chauvel : L'essentiel du personnel politique est conscient en privé, de la plupart de ces dimensions-là. Malheureusement, à l'entrée dans la vie, dans les premiers emplois,

à titre indivila gravité des l'objet

difficultés

n'a pas fait

d'une prise de conscience. Bien peu en voient les conséquences à long terme: sacrifier les jeunes, ce n'est pas porter tort à un groupe social aujourd'hui, c'est désespérer la France de 2025. Il s'agit bien de notre avenir collectif. Et cette visionlà, tournée vers l'avenir, n'est pas très présente. Je me rappelle avoir participé il y a cinq ans à un groupe de réflexion autour d'une ancienne ministre du Travail et des Affaires sociales sur les questions tion sur les difficultés de la jeunesse, de concepts tels que: « Les jeunes, mère. » Quelle politique construire de la jeunesse. Alors que j'attirais l'attennombreux étaient ceux qui se gargarisaient c'est la glisse, le zap, la culture de l'éphébases?

CI LU CI CI) 'LU :::i r::a :::) CI CI) LU .....

z Ci ::!: LU

sur de telles

Agora:

Quelles sont à votre avis les principales difficultés que rencontrent ces

nouvelles générations?
Louis Chauvel : Entre 1998 et 2002, le chômage a baissé, en particulier pour les jeunes. Mais malgré tout, dans le contexte d'une reprise économique qui a été aussi forte que celle du boom Internet, douze mois de la sortie des études passer de 30 % de taux de chômage dans les à plus de 18 % à l'étiage du plus haut de la croissance encore en 2000-2001, qu'est-ce que ça veut dire sur la capacité de la société française à faire une place à ses jeunes, alors qu'on était à 6 % de taux de chômage en 1973 ? Ces questions-là se discutent au niveau international, notamment à l'échelle européenne, à la Commission, récemment, avec le président José Manuel Barroso et le commissaire Vladimir Spidla. Ce discours d'exigence d'avenir et de long terme, que les jeunes représentent plus que n'importe qui, passe mieux aujourannées. Mais on avance si lentement conceptuellement ! d'hui qu'il y a quelques C'est à désespérer du processus! Je suis étonné de l'intensité des dénégations.

N° 45 AGORA DÉBATS/JEUNESSES

13

Neuf ans après Le destin des générations, qui date de 1998, nous sommes en 2007 dans le scénario le plus noir imaginé alors. On s'est chaque fois rassuré à peu de frais, parce qu'en 1998-2000, on a cru la croissance de retour pour trente ans. On a espéré qu'en se laissant porter, en se payant de mots... mais il faudrait autre chose, des faits et des actes! Car nous serons toujours rattrapés par le long terme. Un élément central dans les émeutes de fin 2005 est que les jeunes nés vers 1985-1990 sont les enfants de la génération née entre 1955 et 1960, la première qui a vraiment raté son entrée dans le monde du travail, au début des années 1980, dans la première explosion du chômage de masse. Le sacrifice de ces jeunes des années 1980, c'est la génération même de leurs enfants qui en subit les conséquences, et la société dans son entier qui le paye aujourd'hui. Quel modèle de resocialisation peut nous permettre de rattraper long terme, arrive beaucoup plus vite qu'on trente années ne le croit. d'incurie? L'avenir, le

Agora: Et ailleurs? Si l'on compare avec d'autres pays les générations montantes rencontrent-elles les mêmes difficultés?
Louis Chauvel : En comparaison internationale, le cas français est quand même assez exceptionnel. Non seulement nous ne faisons pas de place à nos jeunes, mais en plus nous faisons beaucoup d'enfants. En France, ainsi, nous aurons toujours des problèmes de jeunes en 2025 ! On en est certains. En Italie et en Espagne, en Allemagne aussi, avec 1,1 enfant par femme en moyenne dans de nombreuses régions, depuis maintenant environ vingt ans, les problèmes de la jeunesse sont souvent résolus. Mais d'autres questions viendront avec la garde du quatrième âge. À Milan, de nombreuses familles bourgeoises ont plus de centenaires que de moins de 40 ans. La comparaison internationale avec les pays de l'Europe nordique, le Québec,

les États-Unis montre que la voie sociale-démocrate nordique ou la voie néolibéraie anglo-saxonne présentent l'avantage l'une et l'autre d'offrir plus de place aux jeunes. Ce qui n'est pas le cas en France. Dans le modèle de développement anglosaxon, il est vrai que chaque nouvelle génération de jeunes rentre avec un degré d'inégalité économique supérieur à celui de \a génération précédente: une espèce de boucle quasi autoentretenue d'augmentation des inégalités enclenchée. Tôt ou tard, de gros problèmes de développement ront : les plus riches peuvent payer à leurs enfants les meilleures et public schools pour lations plus défavorisées les préparer aux meilleures universités, peinent à enseigner à leurs enfants économiques est humain en résultegrammar schools alors que les popules rudiments. Mais

en même temps, l'ambiance est généralement plus optimiste, avec raison, car la notion française d' « inflation des titres scolaires» n'a pas lieu d'être aux États-Unis, en Europe centrale, et ailleurs. En France, notre capacité à faire peu de place aux jeunes diplômés, et aucune aux jeunes sans diplôme, défie l'entendement humain.

Agora: En conclusion?
Louis Chauvel : Compte tenu de l'indicateur conjoncturel de fécondité que nous venons d'évoquer, la France continuera pendant longtemps à avoir des problèmes de jeunes, des problèmes de prolétariat au sens étymologique. À l'origine,

14

le prolétariat, ce n'est pas simplement la classe de Rome qui fait des enfants, ce sont des déclassés, les anciens esclaves affranchis mais souvent issus des bourgeoisies et des élites locales des pays conquis. Le prolétariat, c'est avant tout un sentiment de déclassement, pour le relever. de dénégation existentiel, radical nous dit Arnold Toynbee, comme

si ce déclassement
ration suivante cité collective d'existence vingt-cinq plus que

et le dépassement

de ce défi entraînaient

Et en même temps, je trouve sur l'évolution des niveaux

à désirer une généétonnante notre capade vie, des niveaux

en France. Les salaires des moins de 40 ans ont reculé au cours des dernières années, alors que le prix au mètre carré d'un quartier donné a doublé sur la même période. Il en résulte un problème d'appauvrisse-

ment d'autant plus fort que la hausse de la natalité ne peut qu'amplifier le mallogement des jeunes parents. Les jeunes en âge de s'installer sont de plus en plus obligés d'habiter loin, c'est le cas au moins en Île-de-France. Avec la nécessité d'avoir alors deux voitures, deux assurances, deux budgets de consommation d'essence pour que le couple puisse travailler; ils perdent en temps de transport le temps gagné par les 35 h. Il ya certes des avancées, mais si peu! Donc il y a un problème « indéniable» qui fait l'objet de très nombreuses dénégations. Malgré le CPE, les capacités des jeunes à verbaliser leurs conditions d'existence laissent à désirer. Génération précaire a fait un travail autonome, mais c'est un groupe numériquement très faible. Chez les jeunes diplômés, le livre Les intellos précaires' a eu un fort impact, certes. Mon livre sur la dérive des classes moyennes a touché aussi cette partie de la population qui s'est reconnue (intellectuels précaires, jeunes journalistes pigistes à vie). parce qu'elle appartient à une génération concernée. Cette génération comprend pourtant, peu à peu, qu'en la sacrifiant, on ne fait le bien de personne: en ne faisant pas de place aux jeunes, on détruit la capacité de la société à organiser cette chaîne de très long terme qui relie les bébés d'aujourd'hui aux vieillards de la fin du XXle siècle, et à leurs descendants.

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N° 45 AGORA DÉBATS/JEUNESSES 15

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,

Le groupe Europes : terrains d'enquêtes est une équipe de recherche interdisciplinaire localisée à l'université Victor Segalen/Bordeaux-II, dans le département de sociologie, et accueillie par le LAPSAC (Laboratoire d'analyse des problémes sociaux et de l'action collective). Animé par Caroline Dufy, Élisabeth Gessat-Anstett et Ronan Hervouet, ce groupe fédére des chercheurs en sciences humaines et sociales rattachés à des universités et des laboratoires de recherche de l'Europe tout entière.

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