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La mobilité étudiante en Europe, mythe ou réalité ?

249 pages
Cet ouvrage s'attache à comparer les développements et les changements récents survenus en France et au Royaume-Uni dans l'enseignement supérieur, dans les politiques de recrutement et les pratiques de chacun concernant la reconnaissance académique des diplômes. La mobilité n'étant pas encore une pratique culturelle établie, l'ouvrage s'attache également à repérer les obstacles et les barrières à la mobilité des étudiants, ainsi que les façons d'y remédier au niveau des institutions et des gouvernements.
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LA MOBILITE ETUDIANTE EN EUROPE,
MYTHE OU REALITE?
COMPARAISON FRANCE

- ROYAUME-UNI

Education et Sociétés Collection dirigée par Louis Marmoz
La collection Educations et Sociétés propose des ouvrages, nés de recherches ou de pratiques théorisées, qui aident à mieux comprendre le rôle de l'éducation dans la construction, le maintien et le dépassement des sociétés. Si certaines aires géographiques, riches en mise en cause et en propositions, l'Afrique subsaharienne, l'Europe du Sud et le Brésil, sont privilégiées, la collection n'est pas fermée à l'étude des autres régions, dans ce qu'elle apporte un progrès à l'analyse des relations entre l'action des différentes formes d'éducation et l'évolution des sociétés. Pour servir cet objectif de mise en commun de connaissances, les ouvrages publiés présentent des analyses de situations nationales, des travaux sur la liaison éducation-développement, des lectures politiques de l'éducation et des propositions de méthodes de recherche qui font progresser le travail critique sur l'éducation, donc, sans doute, l'éducation elle-même... Déjà parus Reine GOLDSTEIN, Université et société, 2003 H. BEZILLE, L'autodidacte, 2003. E. GELPI, Travail et mondialisation. Regards du Nord et du Sud,2003. P. LADERRIERE, L'éducation comparée: un outil pour l'Europe, 2003. M. HERMINE, Les poulettes de la République, 2003. G. BERTIN, Développement local et intervention sociale, 2003. S.T. BALIMA et M.S. FRERE, Médias et Corn. sociales au Burkina Faso, 2003. F. V ANIS COTTE et P. LADERRIERE, L'école: horizon 2020, 2002. A. MOUGNIOTTE, La démocratie: idéal ou chimère. Quelle place pour une éducation ?, 2002. F. MUHIMPUNDU, Education et citoyenneté au Rwanda, 2002. L. MARMOZ (dir.), L'entretien de recherche en sciences sociales et humaines, 2001. L. MARMOZ et M. DERRIJ (dir.), L 'interculturel en questions.

L'autre, la culture et l'éducation, 2001.

Sous la direction de Francine VANISCOTTE, Aude HOUGUENAGUE et Anne WEST
en collaboration avec Apostolis Dimitropoulos,
Elizabeth Murphy-Lejeune

. !!plce

et Eleanor

Stokes.

LA MOBILITE ETUDIANTE EN EUROPE,
MYTHE
COMPARAISON

OU REALITE?
FRANCE

- ROYAUME-UNI

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

INSTITUT EPICE L'Institut Européen pour la Promotion des Innovations et de la Culture en Education (Institut EPICE) est une association loi 1901 qui veut développer, à l'échelle européenne, les liens entre culture, éducation et formation professionnelle afm de contribuer à la formation des citoyens. Pour cela, il repère, analyse et diffuse les innovations majeures qui caractérisent l'évolution des relations entre éducation et culture, tant dans les domaine des politiques que dans celui des pratiques. L'Institut EPICE effectue des recherches et des études. Il organise des séminaires et des formations. Il contribue à la mise en réseaux des différents acteurs qui participent à ses projets. Il développe un programme de publications, sous la responsabilité de Pierre Laderrière. http://www.institut-epice.org

Centre de Recherche en Education, London School of Economics and Political Science Le Centre de Recherche en Education fait partie du Département de Politique Sociale de la London School of Economics and Political Science. La recherche en éducation intéresse de nombreux thèmes. Les principaux domaines traités sont les suivants: politique et réforme de l'éducation y compris l'évaluation des programmes d'éducation; fmancement de l'éducation et politique d'éducation en Europe. Le projet de recherche sur lequel repose cet ouvrage a été conduit grâce à un fmancement de la Commission européenne, Direction Générale de la recherche, et a été coordonné par Anne West, professeur de Politique d'Education à la LSE.
http://www.1se.ac.uk

@ L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-5603-4 EAN : 9782747556033

INTRODUCTION

VUE D'ENSEMBLE DE LA MOBILITE ETUDIANTE
Anne West & Apostolis Dimitropoulos
1

La mobilité étudiante n'est pas un phénomène nouveau. Toutefois, il y a eu ces dernières années un intérêt croissant dans ce domaine - à un niveau national autant qu'international. Cet ouvrage s'oriente plus particulièrement sur la mobilité étudiante dans deux des pays européens les plus étendus, le Royaume-Uni et la France. TI examine à la fois la mobilité étudiante et ce qui en découle, l'accès des étudiants à l'enseignement supérieur dans ces deux pays. Les données exposées proviennent pour une large part du projet de recherche ADMJT2, financé par la Direction Générale de la Recherche de la Commission européenne, projet qui a été mis en œuvre entre 1998 et 2001. A l'intérieur du Royaume-Uni, l'attention se porte sur l'Angleterre plutôt que sur le Pays de Galles, l'Ecosse ou l'Irlande du Nord. TIest cependant important de garder à l'esprit que même s'il existe des similitudes entre les quatre régions par exemple en ce qui concerne l'accès aux études - il existe également des différences, particulièrement en ce qui concerne le financement des institutions et la charge des frais de scolarité. Nous avons été attentifs tout au long de l'ouvrage à bien différencier ce qui a trait à l'ensemble du Royaume-Uni et ce qui concerne uniquement l'Angleterre.

-

L'ouvrage est structuré de la façon suivante: après une introduction, une première partie s'intéresse aux perspectives des étudiants, à la réalité de la mobilité étudiante. Nous explorons une étude française établissant pourquoi des étudiants français étudient à l'étranger et pourquoi des
1- Les textes d'Anne Papillon. West, Apostolis Dimitropoulos et Eleanor Stokes ont été traduits par

2- ADMIT: Higher education admissions and student mobility within the EU. Ce projet portait sur cinq pays de l'Union européenne: Allemagne, France, Grèce, Royaume-Uni et Suède. Voir p. 29.

étudiants issus d'autres pays européens choisissent d'entreprendre des séjours en France. En ce qui concerne le Royaume-Uni, nous présentons des résultats sélectionnés d'une enquête sur les motivations des étudiants de l'Union européenne choisissant d'étudier au Royaume-Uni - que ce soit pour toute la durée de leur cursus ou pour des échanges d'étudiants. Nous portons particulièrement notre attention sur les raisons données par les étudiants français de choisir d'étudier au Royaume-Uni, et les caractéristiques de ces étudiants. Dans cette partie nous cherchons également à comparer et opposer les résultats des études françaises et du Royaume-Uni avec leur méthodologie complémentaire qualitative et quantitative.

-

La seconde partie étudie le contexte politique de la mobilité étudiante et l'accès aux études à la fois au niveau européen et national, en France et au Royaume-Uni (particulièrement en Angleterre). Cette partie s'intéresse aux réponses institutionnelles face aux obstacles à la mobilité et trace également les contours de certaines barrières politiques et administratives à la mobilité étudiante. La dernière partie conclut l'ouvrage et nous y examinons les moyens par lesquels il est possible de sunnonter les obstacles à la mobilité.

Dans cette introductio~ notre objectif est de fournir une vue d'ensemble des questions associées à la mobilité étudiante dans un contexte européen, ainsi que des infonnations sur l'état actuel de la mobilité étudiante en France et au Royaume-Uni. Nous présentons ensuite les positions des gouvernements français et britannique3 vis-à-vis de la mobilité étudiante. Puis nous mettons en lumière certains résultats de recherches antérieures avant de traiter du projet ADMIT et de conclure cette introduction par un

bref exposé des misons pour lesquelles nous avons choisi, dans cet ouvrage, de nous intéresser spécifiquementà la France et au RoyaumeUni.

3- Nous utilisons le tenne "britannique" dans l'acception suivante: "qui se rapporte à la Grande-Bretagne et à l'Irlande, au Royaume-Uni". Nouveau petit Robert (1996). Dans notre ouvrage, il s'agit, pour l'Irlande, uniquement de l'Irlande du Nord.

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La première question à laquelle nous devons repondre est: pourquoi s'intéresser au domaine de l'enseignement supérieur en général, et en particulier à la mobilité étudiante à l'intérieur de l'Europe ? La raison principale est que le secteur de l'enseignement supérieur à l'intérieur de l'Union européenne a un rôle clé à jouer pour satisfaire les besoins en hauts niveaux de compétence de l'Europe. Avec le marché intérieur vu dans une perspective politique européenne, il est crucial que l'Europe non seulement maintienne, mais également accroisse les opportunités pour les citoyens de l'Union européenne. C'est seulement en s'assurant d'une base de compétences élevée que l'Europe aura la capacité de concurrencer efficacement les autres grandes régions, l'Amérique du Nord ou l'Asie de l'Est et du Sud-Est. En outre, eu égard aux contextes mouvants du marché du travail en Europe, avec moins de sécurité d'emploi, les jeunes gens comme les adultes ont besoin d'avoir des niveaux de compétence élevés et d'être en mesure d'aller d'un employeur à un autre et d'un pays à un autre. L'accès à l'enseignement supérieur est donc d'une importance cruciale et la mobilité peut optimiser les possibilités d'emploi. Dans les sous-sections qui suivent, nous allons évoquer, à l'intérieur du contexte européen, les trois questions clés qui ont motivé la conduite de cette étude: l'importance des connaissances et de la mobilité, la question de la cohésion sociale et les connaissances de base sur la mobilité étudiante qui fournissent l'anière-plan de cette étude.

1.- CONNAISSANCES ET MOBILITÉ L'importance de l'acquisition des connaissances a été le sujet de nombreux débats à l'intérieur de l'Union européenne. Par exemple, en 1994, la Commission européenne obseIVait : "Dans une société basée davantage sur la production, le transfert et le partage des connaissances que sur l'échange de marchandises, l'accès à des connaissances théoriques et pratiques doit nécessairement jouer un rôle considérable. " (Commission européenne, 1994, p.133) Il

Plus récemment, elle observait: "Perfectionner les connaissances (...) devrait être la priorité numéro un". (Commission européenne, 1996 ~ p.53) Au cours des dernières années, les écrits politiques se sont beaucoup intéressés à l'importance des connaissances. "Agenda 2000" (Commission européenne, 1997 a) note:
"les politiques des savoirs

formation (p. 19).

- sont

- recherche,

innovation,

enseignement

et

d'une importance décisive pour l'avenir de l'Union"

Par ailleurs, le traité d'Amsterdam énonce la détennination de l'Union européenne à "(..) promouvoir le plus haut niveau de savoirs pour sa population à travers un large accès à l'enseignement. " Les directives pour l'action future de la Communauté dans les domaines de l'enseignement, la fonnation et la jeunesse, présentées dans "Towards a Europe ofKnowledge" (Commission européenne, 1997 b) énoncent: "La compétitivité économique, l'emploi et l'accomplissement personnel des citoyens de l'Europe ne sont plus essentiellement basés sur la production de biens matériels... La véritable création de richesses sera désormais associée à la production et à la diffusion des savoirs et dépendra d'abord et avant tout de nos efforts dans le domaine de la recherche, de l'enseignement et de laformation, et dans notre capacité à encourager l'innovation. C'est pourquoi nous devons façonner une véritable 'Europe des savoirs'." (p.1) Pour construire une Europe des savoirs~ "un champ pédagogique européen ouvert et dynamique" est proposé (p.3). Une part significative de celui-ci concerne la mobilité physique des étudiants dont la reconnaissance mutuelle dans les cursus d'étude est un aspect dominant. Dans "Agenda 2000" (Commission européenne, 1997 a) l'importance des projets d'échanges est mise en évidence, et il est noté que le succès de projets comme le programme Erasmus" devrait conduire à de nouvelles initiatives pour encourager la mobilité transnationale des citoyens européens" (p.19).

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2- COHÉSION

SOCIALE

La cohésion sociale a une grande importance politique dans l'Union européenne, et l'enseignement a un rôle primordial à jouer pour assurer que cette cohésion sociale soit réalisée. Ainsi que l'a constaté le Groupe d'Etude sur l'Enseignement et la Formation (1997), il y a en Europe deux objectifs concernant l'enseignement et la formation: "Premièrement, l'enseignement devrait être démocratique, c'est-àdire facilement accessible (aussi peu onéreux que possible, s'il n'est pas gratuit) à un aussi grand nombre de gens que possible. Deuxièmement - mais c'est un objectif moins unanimement partagé l'enseignement devrait fournir des "opportunités égales"... " (p. 91). Une partie de ces caractéristiques est en train de commencer à changer à l'intérieur de l'Europe, particulièrement mais pas seulement au Royaume-Uni où des droits d'inscription pour l'enseignement supérieur ont été introduits. En outre, pour les étudiants qui souhaitentémdier à l'étranger, même s'il y a des dépenses à supporter, l'importance des bourses d'études, des allocations et des prêts pour faciliter la mobilité est incontestable.

3- CE QUE NOUS SAVONSSUR LA MOBILITÉ ÉTUDIANTE La question de la mobilité étudiante est au cœur des recherches actuelles. Si elle doit être encouragée, nous avons besoin d'en savoir davantage au sujet des politiques et pratiques courantes, de manière à définir quels changements sont nécessaires, et à éclaircir les barrières à la reconnaissance mutuelle des diplômes relativement à l'accès à
l'enseignement supérieur.

3.1- Le contexte politique et juridique étudiante dans l'Union européenne

de la mobilité

La mobilité étudiante dans les pays de IUnion européenne se situe dans un contexte politique et juridique à plusieurs niveaux. Au niveau actuel du développement de la Communauté, les actions politiques européennes à 13

tous les niveaux de l'enseignement et de la fonnation professionnelle sont limitées par le principe de subsidiarité. Comme le précisent les articles 127 et 128 du Traité sur l'Union européenne (Traité de Maastricht), le rôle des politiques européennes dans l'enseignement est complémentaire à celui des autorités et aux objectifs nationaux pour promouvoir la coopération et le développement d'une dimension européenne dans les systèmes éducatifs des Etats membres de l'Union européenne. Par conséquent, les initiatives et actions politiques européennes sont
essentiellement des programmes politiques plutôt que directement des lois

et règlements pour l'enseignement. Les programmes de l'Union
européenne, Socrates, Leonardo da Vinci et Tempus, incitent à des actions de coopération entre les institutions d'enseignement et les industries en Europe. Erasmus fait notamment partie (depuis 1995) du progrnmme Socrates dans lequel les activités des institutions de l'enseignement supérieur ayant une dimension européenne sont encouragées. A l'intérieur du cadre d'Erasmus, l'Union européenne favorise l'établissement et les opérations des réseaux intra-européens d'institutions de l'enseignement supérieur. Des échanges d'étudiants s'accomplissent dans de tels réseaux. Le Programme "Host Fellowship", qui a remplacé le programme "Formation et Mobilité des Chercheurs", encourage les politiques européennes de recherche à la mobilité des étudiants en Doctorat. Un contexte juridique européen pour la mobilité des étudiants européens à travers les pays de l'Union européenne a cependant été mis au point graduellement. Ce fut essentiellement un résultat des décisions de la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE). Il résulte notamment des jugements de la CJCE dans les cas Gravier, Blaizot, ou dans le cadre de Cornett ou Erasmus l'existence d'une obligation juridique de traiter les étudiants ressortissants de l'Union européenne de la même manière que les nationaux en ce qui concerne l'accès aux cursus de l'enseignement supérieur dans les institutions européennes d'enseignement supérieur. Le droit à un accès identique n'inclut cependant pas les mêmes conditions financières (par exemple: allocations, prêts). En outre, les étudiants européens (et leurs conjoints) ont le droit de résider dans un autre pays européen pendant la durée de leurs études sous réserve de certaines conditions, principalement qu'ils ne deviennent pas à charge du système de sécurité sociale du pays d'accueil. Par conséquent, 14

préalablement au début de leur cursus, les étudiants peuvent être interrogés sur leur capacité fmancière à suivre leur cursus (De Groof, 1994). Les études supérieures entreprises dans un pays de l'Union européenne sont reconnues, sur le plan professionnel, à travers la Communauté. La reconnaissance professionnelle des études dans les professions réglementées (professions médicales, ingénierie, architecture, droit) est fixée par des directives sectorielles et se base sur la comparnbilité et l'hannonisation des cursus de formation. Une directive introduisant un système universel de reconnaissance professionnelle pour les études de l'enseignement supérieur a également été adoptée (en 1998). L'idée centrale du système universel est qu'un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne détenant un diplôme obtenu après au minimum trois années d'études dans une institution d'enseignement supérieurd'lID Etat membre est, en principe, qualifié pour exercer cette profession dans n'importe quel autre pays de l'Europe communautaire. Dans les cas où de grandes différences dans les cursus de fonnation sont décelées, des mécanismes compensatoires peuvent être appliqués, y compris la
validation de l'expérience professionnelle, une période d'adaptation ou des

tests d'aptitude. La reconnaissance universitaire (c'est-à-dire la
reconnaissance des périodes d'études faites dans un autre pays de l'Union européenne) n'est pas encore soumise aux règlements européens. Il existe cependant une obligation de reconnaissance par les institutions coopérantes des périodes d'étude à l'étranger effectuées dans le cadre du programme Emsmus. Ceci est favorisé par l'introduction du système ECTS (European Credit Tmnsfert System) pour la reconnaissance des périodes d'études à l'étranger. La reconnaissance universitaire des diplômes d'un bout à l'autre des pays européens est encoumgée par des conventions non-obligatoires (voir Conseil Européen, 1995, 1996) adoptées par des organisations internationales telles que l'UNESCO et le Conseil de l'Europe, ainsi que par des initiatives politiques telles que le "Diplôme Supplément" (en coopémtion avec l'Union européenne) et la création et la mise en œuvre de NARIC, réseau de centres nationaux pour la reconnaissance universitaire des études.
S'il y a reconnaissance du programme Emsmus à tmvers l'ECTS, c'est à la suite de l'agrément obtenu par des organisations d'étudiants (home and

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prospective host) sur le cursus suivi à l'étranger. Il s'agit donc d'un accord entre institutions spécifiques et non de reconnaissance officielle. Dans ce contexte, il est intéressant de noter que dans les pays scandinaves, à la suite d'un traité, tous les étudiants qui remplissent les conditions pour accéder à l'enseignement supérieur dans leur pays d'origine ont les mêmes droits pour accéder à l'enseignement supérieur dans les pays voisins (Strmn, 1996). Ceci est particulièrement significatif étant donné que les systèmes d'enseignement des second et troisième cycles universitaires sont différents dans les pays concernés; il y a donc, en dépit des obstacles, une volonté de reconnaissance officielle.

3.2- Qu'entendons-nous par mobilité étudiante en Europe?
Lorsque nous parlons de mobilité étudiante, nous devons avoir conscience qu'entre les pays, il existe d'importantes différences dans leur défmition même de la mobilité étudiante. Dans certains pays, la notion de "nationalité" est d'une grande importance et est utilisée dans les statistiques officielles. Dans d'autres, la préoccupation prépondérante concerne la notion de "résidence". Ce sont des différences fondamentales. Une autre zone d'ombre, en relation avec
les informations statistiques, concerne le type de mobilité - étudiant effectuant un séjour à l'étranger dans le but d'y obtenir un diplôme ou pour une période déterminée. Il est actuellement impossible d'effectuer des comparaisons entre les pays en ces termes.

Du fait des difficultés conceptuelles, il est important que les statistiques internationales soient traitées avec précaution. Dans cet ouvrage, les notions qui sont utilisées se réfèrent globalement:

-

aux étudiants résidents/ressortissants

du pays en question;

-

aux étudiants résidents/ressortissants européenne; aux étudiants résidents/ressortissants

d'un autre pays de l'Union d'un pays hors de l'Union

européenne.

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Nous faisons en outre référence aux étudiants qui étudient à l'étranger dans le but d'y obtenir un diplôme et à ceux qui étudient à l'étranger pour une période déterminée - par exemple, dans le cadre d'un échange. West (2003) traite de la question de la comparabilité, notant que les notions qui définissent les indicateurs publiés par Eurostat n'évoquent pas la "mobilité" en tant que telle. Dans la plupart des pays de l'Union européenne, les indicateurs apparemment relatifs à la mobilité sont basés sur la nationalité des étudiants. De sorte que les étudiants avec une nationalité autre que celle du pays concerné sont identifiés comme "étrangers". Par exemple, les étudiants qui n'ont pas la nationalité française mais qui ont vécu toute leur vie en France sont classés comme "étrangers". La situation au Royaume-Uni est très différente. La notion sous-jacente y est celle du "domicile". Le pays de résidence permanente de l'étudiant est le facteur important, et non sa nationalité - bien que celleci puisse, de manière ironique, entrer en jeu en ce qui concerne le paiement des droits d'inscription au Royaume-Uni (excepté l'Ecosse). Eurostat (2000) observe ainsi que: ''Au (...) Royaume-Uni, les étudiants sont considérés comme nonressortissants s'ils ont leur résidence principale dans un autre pays, tandis que pour les autres Etats Membres... les étudiants nonressortissants sont ceux qui possèdent un passeport d'un autre pays. Les donnéesprésentées nefournissent donc pas une mesureprécise de la mobilité étudiante. D'un côté, le nombre d'étudiants inscrits dans un Etat européen autre que celui dont ils sont issus est sous-estimé, en partie parce que dans certains pays il est impossible de déterminer la nationalité des étudiants de certains types d'enseignements supérieurs... D'un autre côté, les données peuvent exagérer le degré de mobilité étudiante puisque les enfants d'immigrants sont inclus dans les chiffres. " (Eurostat, 2000, p.l 0) Il est donc clair que les données relatives aux étudiants "nonressortissants" ne sont pas directement comparables et que l'interprétation des indicateurs dans ce domaine est problématique.

17

Eurostat (2000) fournit des informations sur les étudiants nonressortissants sous forme de pourcentage sur le total de la population étudiante dans l'enseignement supérieur; dans le cas du Royaume-Uni, les étudiants sont considérés comme non-ressortissants s'ils ont leur résidence principale dans un autre pays, tandis qu'en France les étudiants nonressortissants sont ceux qui possèdent un passeport d'un autre pays. L'OCDE (2000) remarque que: "Dans la plupart des pays, il n'a pas été possible de distinguer les étudiants étrangers qui résident dans le pays à la suite d'une émigration antérieure (par eux-mêmes ou avec leurs parents) de ceux qui viennent dans un pays avec l'objectif délibéré d'y poursuivre leurs études" (p.178). Il est important de noter que les données englobent tous les étudiants inscrits, c'est-à-dire les étudiants inscrits dans un programme d'échange, pour un cursus sur une période déterminée, ou pour toute la durée de leurs études. De plus, pour les étudiants inscrits pour une courte période, les chiffres ne peuvent pas être très précis (OCDE, 2000). Malgré les problèmes liés aux données collectées, les statistiques internationales montrent clairement qu'un nombre relativement faible de pays accueillent la majorité des étudiants étrangers qui étudient dans la zone de l'OCDE. Les Etats-Unis sont ceux qui en reçoivent le plus grand nombre avec 32% du total, suivis par le Royaume-Uni (16%), l'Allemagne, la France et l'Australie (respectivement 13%, Il % et 8%). Toutefois, dans le cas de l'Allemagne, le nombre actuel d'étudiants nonrésidents (ou d'étudiants qui ont effectué leur scolarité secondaire dans un autre pays) inscrits dans les institutions allemandes d'enseignement supérieur représentent les deux tiers de la totalité des étudiants étrangers (OCDE, 2000). Ceci est dû à la catégorisation des "travailleurs invités" comme étrangers (phénomène qui n'a pas cours dans d'autres pays où la nationalité du pays d'accueil est plus facile à obtenir).

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3.3- La France et le Royaume-Uni dans le contexte
européen de la mobilité étudiante Malgré les problèmes mentionnés précédemment, les statistiques internationales montrent que la France et le Royaume-Uni sont parmi les pays qui reçoivent globalement le plus grand nombre d'étudiants étrangers. Le Royaume-Uni a été, ces dernières années, le pays qui a reçu le plus grand nombre d'étudiants de l'Union européenne. De manière plus précise, les données issues des offices de statistiques nationaux (voir Commission européenne, 2000a) montrent qu'en 1996/97 le nombre total d'étudiants de l'Union européenne effectuant leurs études dans un autre pays de l'Union était de plus de 200 000.. Le Royaume-Uni était le pays le plus demandé par les étudiants de l'Union européenne effectuant leurs études dans un autre pays de l'Union, suivi par l'Allemagne puis la France. En effet, plus d'un tiers du total (36%) étudiaient au Royaume-Uni contre 20% en Allemagne et 13% en France. Les mêmes données montrent que sur les 232 073 étudiants de l'Union européenne effectuant leurs études dans un autre pays de l'Union, 6% provenaient du Royaume-Uni et 13% de France. Dans l'Union européenne, le Royaume-Uni est nettement un pays "receveur" (avec un ratio de 6 étudiants entrant pour 1 sortant) tandis qu'il y a un quasi équilibre en France (1 entrant pour 1 sortant). Si l'on regarde plus précisément la mobilité franco-britannique, en 1996/97 il y avait Il 269 étudiants français effectuant leurs études au Royaume-Uni contre 3 879 du Royaume-Uni étudiant en France - soit un ratio de 3 étudiants français "mobiles" pour un étudiant britannique "mobile". Autrement dit, ces chiffres suggèrent qu'il y a eu trois fois plus d'étudiants français effectuant leurs études au Royaume-Uni que d'étudiants du Royaume-Uni venant en France. Ce qui est intéressant, c'est que la France était la destination la plus demandée parmi les étudiants du Royaume-Uni effectuant leurs études dans un autre pays de l'Union européenne, avec un étudiant sur trois privilégiant la France. Un grand nombre d'étudiants du Royaume-Uni étudie également en Allemagne (23%), en Espagne (17%) et en Irlande (13%).

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La destination la plus demandée par les étudiants français effectuant leurs études dans un autre pays de l'Union européenne était le RoyaumeUni (principalement l'Angleterre). Près des deux cinquièmes (38%) étudiaient au Royaume-Uni. L'Allemagne est également demandée par les étudiants français (21%), ainsi que la Belgique (20%) et l'Espagne (11%).

3.4- La France et le Royaume-Uni à l'intérieur d'Erasmus
Le programme Erasmus est le programme de l'Union européenne qui soutient les activités des institutions d'enseignement supérieur ayant une dimension européenne; il a été mis en œuvre en 1987/88. Depuis 1995, Erasmus fait partie de Socrates, le programme européen d'action dans l'enseignement. Dans la période qui va de 1987/88 à 1999/2000, plus de 740 000 étudiants ont étudié pendant une durée de trois à neuf mois dans le cadre d'un échange Erasmus. Le plus grand nombre d'étudiants Erasmus venaient de France et d'Allemagne (chaque pays représentant 16% du total), suivis par les étudiants du Royaume-Uni (14%) (Commission européenne,2001a). Un examen plus poussé des statistiques relatives au programme Erasmus (Commission européenne, 2001b) révèle qu'en 1998/1999 près de 100 000 étudiants ont étudié à l'étranger dans le cadre du programme Erasmus. Plus d'un cinquième d'entre eux ont étudié au Royaume-Uni (23%), et environ un sixième en France (17%). Ces deux pays les plus demandés étaient suivis par l'Allemagne et l'Espagne (chacun 14%). Au cours de la même année, il y a eu près de 10 000 étudiants du RoyaumeUni effectuant leurs études à l'étranger dans le cadre d'Erasmus et plus de 16 000 étudiants français. La destination la plus demandée parmi les étudiants du Royaume-Uni effectuant leurs études dans le cadre d'Erasmus était la France (35% des étudiants Erasmus), l'Espagne (17%), l'Allemagne (16%) et l'Italie (9%). La destination la plus demandée par les étudiants français effectuant leurs études dans le cadre d'Erasmus était - de loin -le Royaume-Uni (37% des étudiants), l'Espagne (18%), l'Allemagne (16%), l'Irlande et l'Italie (5% chacune) (Commission européenne, 2001b).

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Si l'on compare les ratios des étudiants entrants / étudiants sortants pour les années 1993/94 et 1997/98, il apparaît que pour la France, en 1993/94, ce ratio était de 1,44 (12 375 entrants pour 8 590 sortants), et en 1997/98, de 0,99 (15 193 entrants pour 15 263 sortants). La même comparaison donne pour le Royaume-Uni 1,53 (15 737 entrants pour 10 255 sortants) en 1993/94 et 1,98 (20938 entrants pour 10 582 sortants) en 1997/98 (Commission européenne, 2000b). Le nombre de places pour les étudiants effectuant leurs études à l'étranger pour un temps dans le cadre d'Erasmus a été en constante augmentation (environ 9% par an). En 1999/2000, ce nombre dépassait les 200 000 (Commission européenne, 2000b ). Toutefois, le nombre d'étudiants effectuant réellement leurs études à l'étranger dans le cadre d'Erasmus était d'un peu plus de 100 000 (Commission européenne, 2001 c). Cette différence fait apparaître que sur le total des places proposées pour étudier à l'étranger dans le cadre d'ERASMUS, 49% sont effectivement utilisées par les étudiants. Cette proportion pour l'année précédente était de 48% (Commission européenne, 2000b). Un certain nombre d'observations intéressantes peuvent être faites en ce qui concerne la proportion d'occupation by home and host country relativement à la France et au Royaume-Uni avec une proportion de 49% pour la France et une proportion pour le Royaume-Uni bien au-dessous de la moyenne européenne à 39%. En ce qui concerne l'occupation des places du pays d'accueil, la France avait une proportion de 48% tandis que le Royaume-Uni présentait le taux le plus élevé parmi tous les pays participant à Erasmus avec 66%, suivi par l'Irlande (61%) et l'Espagne (54%) (Commission européenne, 2000b).

Malgré un net déséquilibre des flux étudiants, une image différente de la participation du Royaume-Uni dans le programme Erasmus émerge si le nombre d'étudiants participant au programme est exprimé proportionnellement au nombre total des étudiants dans l'Etat membre de référence. Pour l'année universitaire 1992/93, le Royaume-Uni a envoyé à l'étranger, pour une période d'études dans le cadre d'Erasmus, 5,6 étudiants sur 1000, alors que la moyenne européenne était de 4,7 pour

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1000. La France a envoyé 4,5 étudiants pour 1000 (Socrates-Erasmus au Royaume-Uni, 1997) "Le déséquilibre de la demande a été de l'ordre de 25%, mais les données les plus fiables suggèrent que le déséquilibre actuel se situe vraisemblablement autour de 60% ou même davantage" (SocratesErasmus au Royaume-Uni, 1997, p.6). Un nombre considérable de travaux a été réalisé sur divers aspects du programme d'échange Erasmus (par exemple, Burn et al., 1990 ; Opper et al., 1990; Maiworm et al., 1991; Berning, 1992; Teichler, 1996; Commission européenne, 2000b; Beernaert et al., 2001). Néanmoins, notre objectif dans l'étude ADMIT ne portait pas spécifiquement sur ce
type de mobilité

- nous

nous

intéressions

également

à la mobilité

"spontanée", au sujet de laquelle relativement peu de recherches ont été effectuées à l'intérieur de l'Union européenne. Une exception notable est l'étude de Gordon et Jallade (1996) qui ont observé la mobilité spontanée à travers douze pays de l'Union européenne (non inclus l'Autriche, la Finlande et la Suède). Leurs analyses cherchaient à différencier les étudiants "étrangers" des étudiants "mobiles" et révélèrent que le Royaume-Uni était le pays le plus grand receveur d'étudiants mobiles, suivi par la France et l'Allemagne. En totalité, ces pays recensaient près des trois-quarts de l'ensemble des étudiants mobiles inscrits dans les universités de l'Union européenne. La Grèce était clairement le plus gros "exportateur" d'étudiants, suivie de l'Allemagne.

3.5- Attitudes des gouvernements français et britannique
La France et le Royaume-Uni ont des attitudes différentes en ce qui concerne la mobilité étudiante. Celles-ci sont exposées plus en détail dans la seconde partie de l'ouvrage. Nous mettons ici en lumière des caractéristiques importantes des attitudes des gouvernements français et britannique vis-à-vis de la mobilité étudiante. La mobilité étudiaJ\l~eest un phénomène qui occupe une position paradoxale en France et qui est en pleine évolution depuis quelques

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années. Bien que les arrivées d'étudiants étrangers en direction des établissements français relèvent d'une tradition séculaire (mobilité spontanée pour les étudiants européens ou officialisée pour les étudiants non européens), les arrivées et les départs d'étudiants à l'intérieur de l'Europe constituent une nouvelle donne. Ce phénomène a d'ailleurs fait l'objet de peu de recherches universitaires ou d'études. La nouveauté dans la politique française est "la prise en considération du fait que la formation est, sur le plan mondial, devenue un "marché" très concurrentiel et un enjeu d'influence"4, c'est-à-dire la prise de conscience politique tardive de ce marché éducatif. La France semble donc passer actuellement à l'offensive sur le marché mondial de la formation, par le biais d'une collaboration plus forte entre les ministères de l'Education nationale et des Affaires étrangères, une forte représentation dans les salons étrangers de l'Education, la création d'une agence chargée principalement de prospecter les marchés et de promouvoir l'offre française de formation (Agence Edufrance). De nombreux changements se sont donc produits en France, depuis cinq ans environ, dans le domaine de la mobilité internationale des étudiants.

Le recrutement d'étudiants de l'Union européenne et d'autres pays par les institutions britanniques de l'enseignement supérieur a une longue histoire. Les relations traditionnelles économiques, politiques et culturelles du Royaume-Uni avec le reste du monde ont joué un rôle important en cela. Attirer au Royaume-Uni des étudiants extérieurs noneuropéens est ressenti par le gouvernement britannique comme créateur de bénéfices économiques et politiques, particulièrement dans le contexte des relations internationales, et demeure une priorité dans le programme politique. En étudiant les questions apparentées à l'internationalisation et l'européanisation de l'enseignement et en s'efforçant de dresser une typologie des politiques correspondantes, Teichler (1996) a affirmé que
4- Hubert V édrine, ministre des Affaires étrangères, de l'Education nationale et des Affaires étrangères", in Label France, juillet 1998. in "Entretien avec les ministres fIançais propos recueillis par Liliane Delwasse,

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les politiques et pratiques britanniques appliquent une stratégie pour "l'internationalisation au moyen de l'importation". Une étude britannique a analysé l'impact économique des étudiants internationaux (non-européens) dans l'enseignement supérieur au Royaume-Uni (Greenaway et Tuck, 1995). Le rapport indiquait qu'il y a des motifs enthousiasmants de croire que l'accroissement des exportations à travers l'enseignement supérieur est particulièrement précieux pour l'économie. Un certain nombre d'avantages non-économiques pour les personnels et les étudiants des institutions d'enseignement supérieur étaient exposés: des évaluations de performance des standards à des fms de contrôle de qualité, une incitation à innover, un enrichissement culturel et intellectuel, et un environnement plus favorable à une compréhension mutuelle entre les différents groupes ethniques... De la même manière, il est possible d'identifier plusieurs avantages non-économiques pour le Royaume-Uni: promotion de l'anglais britannique, promotion de la culture britannique, amélioration de la compréhension entre les races. .. Il semble y avoir une grande insuffisance en matière d'information sur le suivi et l'observation des effets à long terme des programmes internationaux d'enseignement. Cependant, le gouvernement britannique n'encourage pas activement ses ressortissants à étudier dans un autre pays pour toute la durée de leurs études supérieures. La seule exception est la participation du gouvernement britannique au programme de recherche de la Communauté européenne pour promouvoir la formation et la mobilité des chercheurs (le Programme Host Fellowship de l'Union européenne), qui encourage la mobilité intra-européenne des jeunes chercheurs étudiant en Doctorat.

Les politiques françaises autant que britanniques s'intéressent donc désormais à la mobilité "importée", en particulier celle des étudiants noneuropéens. Les deux pays sont en train de trouver des débouchés pour leurs systèmes d'enseignement supérieur dans un contexte global. Les stratégies adoptées se ressemblent en termes de collaboration entre les ministères clés - notamment Ministère de l'Education et Ministère des Affaires étrangères. Globalement, leurs raisons semblent être les mêmes et leur objectif est de maximiser leur influence économique, politique et 24