Apprendre le latin. Manuel de grammaire et de littérature. Grands débutants
410 pages
Français

Apprendre le latin. Manuel de grammaire et de littérature. Grands débutants

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410 pages
Français

Description

Ce manuel s’adresse à tous ceux qui ont besoin d’apprendre le latin de manière systématique et progressive (étudiants de lettres classiques, de lettres modernes, d’histoire, de philosophie, d’espagnol, d’italien…) et à ceux qui ont envie d’apprendre cette langue par eux-mêmes ou de consolider leurs connaissances.
Il allie une présentation synthétique de la langue latine, réellement accessible au public d’aujourd’hui, à un éclairage stimulant des multiples aspects de la littérature et de la civilisation latines qui ont nourri notre culture. Une attention particulière est apportée aux genres littéraires fondateurs des littératures modernes : épopée, élégie, histoire, comédie… ainsi qu’à quelques auteurs majeurs de cette littérature. Réalisé par une équipe de cinq latinistes de l’Université Toulouse - Jean Jaurès, cet ouvrage est le fruit d’une
longue pratique pédagogique, guidée par la passion… mais aussi par le pragmatisme. Les différents chapitres peuvent servir de support à un cours universitaire ou être travaillés de manière autonome. Ils offrent une approche graduée de la grammaire, allant à l’essentiel, assortie d’exercices corrigés, et permettent aux lecteurs de découvrir « la lumière des Lettres latines » (lumen litterarum Latinarum), selon l’expression de Cicéron.
Ce manuel a été médaillé en 2017 par l’Académie pontificale de la latinité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 avril 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782340047433
Langue Français
Poids de l'ouvrage 16 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MANUEL DE GRAMMAIRE ET DE LITTÉRATURE
Apprendre
Le latin
GRANDS
▶ Syntaxe et morphologie DÉBUTANTS
▶ Extraits, littérature et civilisation
▶ Vocabulaire
Jean-Christophe COURTIL
Régis COURTRAY
Paul FRANÇOIS
Valérie GITTON-RIPOLL
Anne-Hélène KLINGER-DOLLÉ
MANUEL
DE GRAMMAIRE
ET DE LITTÉRATUREApprendre
Le latinMANUEL DE GRAMMAIRE ET DE LITTÉRATURE
Apprendre
Le latin
GRANDS
DÉBUTANTS
Jean-Christophe Cour til
Régis Courtra y
Paul Franço is
Valérie Gitton-Rip oll
Anne-Hélène Klinger-Dollé
Université Toulouse-Jean JaurèsISBN 9782340-025004
© Ellipses Édition Marketing S.A., 2018
32, rue Bargue 75740 Paris cedex 15






Avant-propos
ombreux sont aujourd’hui les étudiants de lettres classiques, lettres modernes,
histoire, philosophie, espagnol, italien…, qui ont besoin d’apprendre le latin de N manière systématique et progressive, à partir des bases fondamentales. Nombreux
sont aussi ceux qui souhaitent apprendre cette langue par eux-mêmes ou consolider leurs
connaissances. Cet ouvrage veut allier une présentation synthétique de la langue latine,
réellement accessible au public d’aujourd’hui, à un éclairage stimulant des multiples aspects
de la littérature et de la civilisation latines qui ont informé nos cultures modernes (la vie
politique, religieuse, le décompte du temps, les mythes…). Une attention particulière est
apportée aux genres littéraires fondateurs pour les littératures modernes : épopée, élégie,
genre historique, satire, roman, comédie, tragédie, fable… ainsi qu’à quelques auteurs
majeurs de cette littérature.
Réalisé par une équipe de cinq latinistes de l’université Toulouse – Jean Jaurès, il est
le fruit d’une longue pratique pédagogique, guidée par la passion… mais aussi par le
pragmatisme. Les chapitres successifs peuvent servir de support à un cours universitaire
ou être travaillés de manière autonome. Ils offrent une approche graduée de la grammaire,
allant à l’essentiel, assortie d’exercices corrigés. Ils ne prétendent pas à l’exhaustivité.
Notre approche grammaticale se fonde sur des notions éprouvées en cours comme étant
les plus propres à faire comprendre le système de la langue. Un texte latin, composé par
les auteurs pour les premiers chapitres, tiré des œuvres antiques par la suite, permet à la
fois de travailler in vivo les notions grammaticales exposées, de pratiquer les exercices
de traduction que les étudiants rencontreront dans les concours d’enseignement et de
découvrir genres littéraires, faits de civilisation, mythes ou grandes figures dont une
fiche synthétique présente les traits les plus saillants. Le latin et la littérature latine y sont
abordés dans la longue durée, avec des ouvertures sur la littérature latine chrétienne et le
néo-latin de la Renaissance. Dans la tradition des Lettres classiques, le ter- me de « litté
rature » est pris dans une large acception : une place est ainsi faite à la philosophie, à la
médecine ou encore au texte biblique de la Vulgate. En somme, cet ouvrage vise à mettre le
meilleur des Anciens à la disposition des lecteurs modernes, dans les conditions concrètes
de l’enseignement actuel.
Un ouvrage de ce type ne part pas de rien. Si nous avons ressenti le besoin de reprendre
à nouveaux frais l’entreprise menée par le manuel de Simone Deléani et Jean-Marie
Vermander I, nitiation à la langue latine et à son système, dont la première édition remonte
à 1967, nous lui sommes redevables à bien des égards, à commencer par la structuration de
nos chapitres. Nos exercices ont aussi une dette à l’égard d’une longue tradition de manuels
3
Avant-proposscolaires et universitaires. Nous nous sommes appuyés sur la Collection des Universités
de France pour les textes latins que nous proposons. Nous les avons néanmoins retraduits
systématiquement, pour permettre aux étudiants de mieux saisir le fonctionnement de la
langue dans les passages proposés.
Le résultat n’a pas d’équivalent dans le paysage éditorial français actuel. Nous espérons
qu’il aidera ses lecteurs à apprécier « la lumière des Lettres llumateinn liest te» (rarum
Latinarum), selon l’expression de CicéroTu n (sculanes I, 3, 5), et à partir en exploration
dans l’univers de ces textes qui offrent tant à découvrir.
La langue, la littérature et la civilisation latines ont légué un riche patrimoine, que
tout un chacun peut admirer dans les villes, les bibliothèques, les musées. Nous avons
voulu en donner un aperçu par les illustrations qui rythment ce livre. Certaines d’entre
elles font voyager dans l’espace (Itálica, Tunis). La plupart sont issues de deux institutions
toulousaines : le musée Saint-Raymond, musée des Antiques doté en particulier d’une
collection exceptionnelle de sculptures de l’époque impériale, trouvées dans la Villa de
Chiragan (Haute-Garonne) ; la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, riche de manuscrits
et d’imprimés anciens. Nous remercions ces deux institutions de nous avoir ouvert leurs
portes et permis de reproduire quelques-uns de leurs trésors.
Plan-type d’un chapitre
• Étude de la langue. Des exposés clairs et simples des éléments de morphologie et de
syntaxe latines allant à l’essentiel et accompagnés de rappels de noti-ons gramma
ticales en français.
• Texte d’étude. Un texte d’application simple et court, traduit (texte « inventé » pour
les premiers chapitres, puis textes d’auteurs abordables en fonction des difficultés
vues dans l’étude de la langue).
• Culture latine. Un point de culture latine (littérature ou civilisation), le plus souvent
illustré d’un texte d’auteur donné en latin et en traduction (voir Compléments 2).
• Exercices. Exercices de base (reconnaissance de formes) ; phrases à traduire du latin
au français reprenant les points abordés dans le chapitre, mais revenant aussi sur
les points difficiles des chapitres précédents ; versions. La plupart des exercices sont
corrigés en fin de volume.
• Vocabulaire à retenir. Pour faciliter l’acquisition progressive des mots les plus
fréquemment rencontrés dans les textes latins.
4Compléments sur le site de l’université Toulouse – Jean Jaurès
Nous avons élaboré un certain nombre de compléments pédagogiques que le lecteur
pourra lire et télécharger sur le site de notre département à l’adresse électronique suivante :

http://lettres-anciennes.univ-tlse2.fr/accueil-departementde-langues-litteratures-et-civilisations-anciennes/
espace-pedagogique/
• Compléments 1
– Annexe 1 : La scansion des vers en latin.
– Annexe 2 : Tableaux de synthèse des déclinaisons.
– Annexe 3 : Tableaux de synthèse des conjugaisons.
– Annexe 4 : Les principes de la conjugaison latine.
• Compléments 2
– Textes d’accompagnement pour les fiches de culture latine.
– L’exercice de la version et l’usage d’un dictionnaire (complément au chapitre 23).
– Versions et exercices supplémentaires (chapitres 20 à 24).
5
Avant-proposBibliographie
Cette brève liste n’a pour but que de suggérer aux étudiants désireux d’aller plus loin
dans leur connaissance et leur compréhension du monde romain quelques ouvrages
simples. La plupart sont au format de poche, aisément accessibles tant dans leur contenu
que par leur prix et à consulter de manière ponctuelle pour préciser tel ou tel sujet. Les
bibliographies présentes dans chacun de ces livres permettront d’accéder à des études plus
approfondies. Nous n’avons volontairement pas indiqué de dédiatitoe dn, d ’ans la mesure
où plusieurs de ces ouvrages ont connu de nombreuses rééditions.
Grammaire
• JacquesG ason, Edmond Baudiffier, Auguste Thoma, Psrécis de grammaire des
lettres latines, Paris, Magnard (colRl. «. M orisset») .
CivilisationCivilisation
• GeorgesH acquard, Jean Dautry & Olivier Maisani, Guide romain antique, Paris,
Hachette.
• Jean-Claude Fredouille , Dictionnaire de la civilisation romaine, Paris, Larousse.
• Catherine Salles , L’Antiquité romaine, Paris, Larousse (coll. « In extenso »).
• Martin Cola, sLe monde romain, Paris, Armand Colin (coll. « 128 »).
Histoire
• Bernard Lançon, L’État romain, Paris, Nathan puis Armand Colin (coll. « 128 »).
Religion
• Joël Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Larousse.
• SuzanneSa ïd, Approches de la mythologie grecque : lectures anciennes et modernes,
Paris, Les Belles Lettres.
• JohnS cheid, La religion des Romains, Paris, Armand Colin (coll. « Cursus – Histoire »).
7
BibliographieLittératureLittérature
• JacquesG aillard, Approche de la littérature latine. Des origines à Apulée, Paris,
Nathan puis Armand Colin (coll. « 128 »).
• René Martin, Approche de la littérature latine tardive et protomédiévale : de Tertullien
à Raban Maur, Paris, Nathan puis Armand Colin (coll. « 128 »).
• Pierre Laurens, Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance, Paris,
Gallimard.
• Jean-ClaudeM argolin, Anthologie des humanistes européens de la Renaissance,
Paris, Gallimard.
8Chapitre 1

Fig. 1. Lièvre croquant du raisin. Fragment de la mosaïque romaine de Lod (Israël)
autour de 300 apr. J.-C.
Introduction
1. Expansion géographique
Le latin est la langue de Rome et de son empire, et l’histoire de son expansion suit celle
des conquêtes romaines. Le latin est en effet d’abord la langue d’un petit peuple venu en
er Italie centrale, dans la région appelée Latium, vers le démbiult dlénu aiire av. J.-C. D’autres
langues étaient alors parlées en Italie, apparentées ou non au latin (grec, gaulois, étrusque,
e osque, falisque, ombrien…), mais elles se sont peu à peu effacées. Aiècu le aii pr. J.-C.
(expansion maximale de l’empire), le monde romain allait de Gibraltar à la mer Noire, et
du sud de la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne) à l’Afrique du Nord. Il était limité à l’Est
et au Nord par trois fleuves qui formaient des frontières : le Rhin, le Danube, l’Euphrate.
9Carte 1. Le Latium et la Campanie
eCarte 2. L’Empire romain au iv  siècle
102.2. Langues romanes
Lorsque l’Empire romain a perdu son unité politique (et donc linguistique) avec les
einvasions barbares (ce qui s’est fait progressivement, à par stièir dcle au vpr. J.-C.), deux cas
de figure se sont présentés :
• dans les pays romanisés depuis longtemps, la langue latine, adoptée par la population,
a été conservée et a évolué de manière différenciée, notamment sous l’influence de
la langue vernaculaire. C’est ce qu’on applealn l ge uleses romanes, qui viennent du
« romain » ,c’est-à-dire de la langue romaine : français, espagnol, portugais, italien,
catalan, occitan, roumain… Ainsi, le mot lat (in«  jieoucu »s) a donné les mots français
jeu, italien gioco, espagnol jueg , co atalan io, r coumain io, pc ortugais jogo, occitan jòc ;
• dans les pays où l’influence latine a été de moindre importance (Germanie, pays
slaves, est du bassin méditerranéen qui avait conservé le grec comme lang-ue adminis
trative), la langue d’origine a continué d’être parlée.
3. Étapes de l’histoire du latin
Toute langue tend à évoluer, comme le montrent les différences entre français écrit et
français parlé ; la langue écrite est plus conservatrice et se modifie plus lentement. Le latin
a été influencé par d’autres langues, comme le grec, l’étrusque, le gaulois…, auxquelles
il a emprunté des mots ou des tournures ; sa prononciation s’est peu à peu modifiée. La
langue de référence pour tous ceux qui apprennent le latin aujourd’hui est le latin classique
er de l’époque de Cicéron (i s. av. J.-C.).
On distingue plusieurs étapes de l’histoire du latin en tant que langue vivante. Nous
ne pouvons l’étudier, naturellement, qu’à partir du moment où cette langue est entrée
dans l’histoire, où elle a été écrite, et où les documents conservés nous permettent de la
econnaître (les premiers témoignages datent d sièu clv e av. J.-C.).
era. Le latin archaïque (jusqu’au début du i  siècle av. J.-C.)
Période républicaine, qui s’étend de 509 à 27 av. J.-C.
Auteurs principaux : Plaute, Térence (com; C édatieo)n .
er erb. Le latin classique (du i  siècle av. J.-C. au début du i  siècle apr. J.-C.)
La République se termine avec des guerres civiles et l’instauration par Auguste d’un
pouvoir de type monarchique (le Principat).
Auteurs principaux : Cicéron (art oratoire) ; Salluste, César, Tite-Live (histoire) ;
Lucrèce, Catulle, Virgile, Horace, Properce, Tibulle, Ovide (poésie).
11
Chapitre 1er ec. Le latin impérial (i et ii  siècles apr. J.-C.)
Désormais, Rome est gouvernée par des empereurs.
Auteurs principaux : Sénèque (philosophie et tragédie) ; Quintilien (rhétorique) ; Suétone,
Tacite (histoire) ; Lucain, Juvénal, Martial, Stace (poésie) ; Pétrone, Apulée (roman) ; Celse,
Pline l’Ancien (littérature scientifique) ; Pline le Jeune (littérature épistolaire).
e ed. Le latin tardif (du iii au v  siècle)
e eAu iv  siècle, le christianisme devient religion officielle. À la f sièicn dleu , l iv’Empire
romain d’Occident (de langue latine) et l’Empire romain d’Orient (de langue grecque)
se séparent.
Auteurs principaux : Tertullien, Cyprien, Augustin, Jérôme, Ambroise (littérature
chrétienne) ; Boèce (philosophie) ; Ausone, Rutilius Namatianus, Claudien, Sidoine
Apollinaire (poésie) ; Ammien Marcellin (histoire) ; Symmaque (épistolaire).
e ee. Le latin roman (du vi au viii  siècle)
Des peuples barbares se sont installés sur le territoire de l’empire.
Auteurs principaux : Grégoire de Tours (littérature chrétienne) ; Isidore de Séville
(littérature encyclopédique) ; Jordanès (histoire).
Quand a-t-on cessé de parler latin ? Certains linguistes disent que la langue latine
n’est pas morte, puisqu’il y a une évolution insensible vers les langues romanes : nous
parlons toujours latin, en quelque sorte. Plus traditionnellement, on situe la fin du latin
eau viii  siècle apr. J.-C., avec le critère suivant : c’est l’époque où le latin commence à
n’être plus compris et a besoin d’être traduit en « roman ». Un des premiers textes dans
la langue française est celui des Serments de Strasbourg, en 842, qui définit le partage de
l’empire de Charlemagne entre ses héritiers.
Cependant, la langue écrite, littéraire, s’est maintenue plus longtemps : au Moyen Âge,
elle était utilisée – avec quelques particularités lexicales, morphologiques et syntaxiques –
par l’Église et dans les administrations. Elle est la langue de la liturgie et de la théologie,
du droit, de la philosophie, des sciences, et souvent de la littérature (Abélard, Bernard
de Clairvaux, Thomas d’Aquin, les Carmina Bu …ra). À na la Renaissance, les humanistes
et écrivains néo-latins (Pétrarque, Poggio Bracciolini dit Le Pogge, Ange Politien, Érasme,
Guillaume Budé, Thomas More, etc.) revivifient l’ensemble de la culture antique, dans
une langue plus classicisante que le latin médiéval. Dans les universités, l’enseignement
een latin s’est maintenu jusqu’au x sviiiècle. Descartes a écrit en latin le Discours de la
Méthode (d’où est tirée la célèbre formule Cogito, erg) o ; csu ’em st la langue qu’ont utilisée
eles philosophes Spinoza et Leibniz. Il existait encore a sièu c xlixe un enseignement de vers
121latins dans les lycées ; les dissertations et les thèses se faisaient en c . Dete nte los angue
jours encore, la langue latine reste la langue officielle de l’Église catholique, et quelques
groupes de passionnés s’efforcent de garder une pratique de « latin vivant ».
4. Origine du latin
De même que les langues romanes ont comme source commune le latin, les linguistes
ont mis en évidence que le latin, ainsi que d’autres langues présentant entre elles certaines
ressemblances lexicales, morphologiques, syntaxiques, dérivaient d’une même source. Par
exemple, le nom du frèrees t très proche en latfirn (ater), en grec ( phrater), en sanscrit
(bhratar), en anglais (brother), en allemand (Bruder). C’est la même chose pour le nom du
père : latin pate , g rr. pater, sanscrit pitar, gotique (ancêtre des langues germaniques) fadar
(d’où sont issus l’allema Vn ated r, l’anglaifas ther). Or, les termes de parenté sont essentiels
et ne s’empruntent pas d’une langue à l’autre ; de plus, ils sont attestés sur des z -ones géogra
phiques très éloignées les unes des autres (de la Grande-Bretagne à l’Inde). À partir du
emilieu du xix siècle, les linguistes (Bopp, Saussure, Kurylowicz, Benveniste…) ont donc
supposé, grâce à la méthode de la grammaire comparée, l’existence d’une langue-ancêtre
que l’on a appelée l’indo-européen, de laquelle auraient dérivé toutes ces langues.
L’indoeuropéen devait être parlé quelques millénaires av. J.-C., avant l’invention de l’écriture,
et avant que les locuteurs se séparent en plusieurs branches, donnant naissance au grec
ancien, au sanscrit, aux langues celtiques, germaniques, italiques…
Étude de la langue
Prononciation du latin
La prononciation actuelle du latin est différente suivant les pays, bien qu’on tende à
une unité qui la rapprocherait le plus possible de celle du latin classique. En France même,
la prononciation a varié selon les époques : le jeu dAse m téroit dx s’ur le nom du camp de
Petibonum n’est compréhensible qu’avec l’ancienne prononciumati =o -n -om. Longtemps
en effet, le latin a suivi la prononciation du latin d’Église, influencée par l’italien. Depuis
les années 1950, on a adopté la prononciation dite « restituée », plus exacte, et fondée sur
les acquis de la linguistique historique et les renseignements donnés par les grammairiens
latins eux-mêmes.
1. Henri Bergson, Quid Aristoteles de loco senser, 1it889 ; Jean Jaurès, De primis socialismi Germanici lineamentis
apud Lutherum, Kant, Fichte et Hegel, 1892.
13
Chapitre 11.1. LL’alphabet’alphabet
Il comprend vingt-trois lettres, c’est-à-dire trois de moins qu’en français (J, U, W).
Toutes les lettres se prononcent, et toujours de la même façon (pas de e muet par exemple).
Lettres Phonèmes Remarques et exemples
A [a] Pas de nasalisation des voyelles : ang, « aelunsge » ; amplus, « ample ».
B [b] bene, « bien ».
C [k] Jamais sifflante : Cic, neroi chuintante : machina, « machine ».
D [d] deus, « dieu ».
E [e] respondere, « répondre ».
F [f] facio, « je fais ».
G [g] Toujours dur : Gaiu (psrénom) ; agnus, « agneau » ; generosu, « s généreux ».
wLes deux lettres pgu euvent noter une seule consonne labiovéla] ire [g
devant voyelle ang: uis, « serpent », mais aussi la syllagube - : -augurium,
« augure ».
H Ne se prononce plus en latin classihqourae (, « heure » ; pulche, « r beau »),
sauf comme aspiration (souffle) artificielle, notamment dans les emprunts
grecs (theatrum, charta).
I [i] Note une voyelle : it, « erchemin » ; Titus( prénom). Note aussi la consonne
[j] (comme dans le français ye )  u: xiuro, « je jure » ; iuueni, « s le jeune [j]
homme ». Cette consonne est parfois écrditae nsj certains manuels
scolaires et dictionnaires.
K [k] Rare (graphie archaïque) : Karthago ; Kalen.dae
L [l] lupus, « loup » ; même prononciation s’il est redouubillé la: , « ferme » ;
mille, « mille ».
M [m] templum, « temple ». Pas de nasalisation.
N [n] honestus, « honnête » ; sapientia , « science ». Pas de nasalisation.
O [o] lego, « je lis ».
P [p] pius, « pieux ». Ph se prononce [f] : philosophia ; Orpheus.
wQV, qu [k ] La lettre sq’utilise seulement en combinaison av peoc ur former la
wlabiovélaire k , consonne unique dont l’articulation change au cours de
l’émission : aqua, « l’eau » ; qu, « qi ui ».
R [r] rana, « grenouille ».
S [s] Jamais [z] : rosa, « rose », comme rosse.
T [t] Jamais [s], même dans les mots en -ti- : gratia, « grâce ».
V, u [ou] Note une voyelle : lup, « lous up ».
[w] Note aussi la consonne [w] dans les éditions universitaires modernes :
uinum, « vin » (comme dans l’anglais w)in. P ear convention, on note cette
consonneu dans les éditions universitaires modernes et v dans certains
manuels scolaires et dictionnaires.
X [ks] axis, « axe »; ne s e prononce jamais [cz] : exemplu .m
14Y [u] Cette lettre, empruntée au grec, rend dans cette langue notre son u qui
n’existait pas en latin : Py, « Pthiaythie ».
Z [z] Cette lettre, empruntée au grec, se prononçait [z] à l’époque romaine :
Zephyrus, « Zéphyr ».
Il existe de surcroît trois autres voyelles appelées dip (htuonne dguipeshtongue est une
voyelle dont le timbre change au cours de l’émission), qui se notent par la double graphie
au, ae et oe (plus une rare diphtongu).e eu
AE [ae] aequus, « égal ».
AU [aou] aurum, « l’or ».
OE [oe] moenia, « murailles » ; Poenicu, « ps unique ».
2. Les quantités vocaliques et l’accentuation des mots
Le système vocalique latin n’est pas simplement composé de cinq voyelles simples
(a, e, i, o, u) et de trois diphtongues, mais de beaucoup plus, car les voyelles peuvent être
longues ou brèves. On note la longueur par des signes diacritiques au-dessus des lettres :
ē / ĕ. La longueur d’une voyelle peut suffire à distinguer deux mo , « ts i: l vuĕinenit t » /
uēnit, « il vint » ; lĕg « it il lit » / lēg, « it il a lu », lĕui , « s léger » / lēui, « s lisse » ; rēgis«  du
roi » / rĕgis « tu diriges ».
Il existait en latin archaïque un accent de hauteur, caractérisé par une montée de la voix
(accent musical), qui frappait une syllabe plus que les autres : mu. Cltiteú t adincemcent est
edevenu un accent d’intensité à partir d  siu èciv le apr. J.-C. : la syllabe est prononcée plus
fortement que les autres. Cet accent d’intensité explique nombre d’évolutions phonétiques
dans les langues romanes : rég > femr. ro ei st accentué sur la première syllabe, qui s’est
donc mieux maintenue ; de même ún > fa r. une (e muet).
Les cas, les fonctions, la déclinaison
1. Révision : les fonctions des substantifs dans la phrase française
1Voici comment la grammaire traditionnelle analyse la syntaxe d. Een fs n roamnsçais
comme en latin, le substantif (ou nom) remplit toujours une fonction dans la phrase.
Il peut être employé comme :
• Sujet
Le sujet désigne la personne ou la chose qui fait ou subit l’action du verbe.
{ Ex. : Les enfants jouent à cache-cache. La surprise a été trouvée.
1. Nous entendons par syntaxe des noms l’organisation de ces mots dans la phrase et les rapports qu’ils
entretiennent entre eux et avec le verbe.
15
Chapitre 1• Apostrophe
L’apostrophe désigne la personne à qui l’on adresse la parole.
{ Ex. : Pierre, où vas-tu ?
• Complément du nom (CDN)
Le complément du nom complète un autre nom ou un pronom. En français, il est relié
au nom qu’il complète par une préposition (« de », « à »…).
{ Ex. : Je consulte les livres de la bibliot. hèque
• Complément d’objet direct (COD)
Certains verbes, dits tran, rsiteiçfosivent un complément d’objet direct ; le complément
d’objet direct précise sur qui ou sur quoi porte le procès (ce qui se passe, action ou état)
exprimé par le verbe.
{ Ex. : Il emprunte des livres.
• Complément d’objet indirect (COI)
Si le complément d’objet est rienldié irectement au verbe par une préposition, on parle
de complément d’objet indirect. Il est souvent introduit en français par la préposition « à ».
Ce complément indirect peut être un complément d’objet.
{ Ex. : Il pense à ses rêves.
Il peut également s’agir d’un complément d’intérêt, qui indique à qui profite (ou nuit)
l’action faite par le sujet du verbe.
{ Ex. : Il prête son stylo à un a . Il pmi répare la table pour les invités r. Il efuluse si on aide.
• Apposition
Le nom (ou groupe nominal) mis en apposition est un ajout (non nécessaire) ; il est
placé à côté d’un autre groupe nominal, dont il peut être séparé par une virgule, parfois
par la préposition « de ». L’apposition fait référence au même être ou à la même chose que
le nom près duquel elle est placée.
{ Ex. : Le poète Virgile ; Jupiter, dieu très puissant ; la ville .de Rome
• Attribut
L’attribut fait référence, par l’intermédiaire d’un verbe, au même être ou à la même
chose que le nom ou le pronom dont il est attribut. Il existe des attributs du sujet et des
attributs du complément d’objet direct.
Un nom est attribut du sujet s’il est relié à lui par un verbe d’état (être, devenir, paraître,
rester, sembler, demeurer, avoir l’air, passer pour…) ou certains verbes au passif (être élu,
être désigné…).
{ Ex. : Rome est devenue une grande ci . té
16On rencontre un attribut du complément d’objet direct après des verbes comme appeler,
croire, élire, faire, nommer, proclamer, trouver, choisir pour, tenir pour, considérer comme…
{ Ex. : Ils choisissent des étudiants pour délégués.
• Complément circonstanciel (CC)
Le complément circonstanciel est un complément non essentiel de la phrase (il peut
être déplacé ou supprimé sans nuire à la construction de la phrase).
Il indique dans quelle circonstance se fait l’action exprimée par le verbe ; c- ette circons
tance peut porter sur le lieu, le temps, la cause, le moyen, le but… On distingue ainsi,
notamment :
• le complément circonstanciel de lExie. : Ju. e pars en vacances à Rom. e
• le complément circonstanciel de temExp.  : s. Ce week-end, je vais au cinéma.
• le complément circonstanciel de man E ixèr.  : Je. e danse avec grâ.ce
• le complément circonstanciel de bExu.  : Jt. e danse pour mon plai.sir
• le complément circonstanciel de cEaxu. s: Je. ’étudie à cause de l’exam .en
• le complément circonstanciel de mo Ey xen.  : J. ’étudie avec le manu. el
• le complément circonstanciel d’accompagnemExen.  : J t’. étudie avec Manu.el
• Complément d’agent
Le complément du verbe passif désigne la personne ou la chose à l’origine du procès
exprimé par le verbe au pa. Iss l eif st introduit en français par les prépositions « par » ou « de ».
{ Ex. : La souris a été attrapée par le chat. Elle est pleurée de ses petits.
2. Différences entre le latin et le français
Dans la syntaxe, les principales différences entre le latin et le français sont les suivantes :
• Le latin n’a pas d’article. On ajoute l’article dans la traduction. Le m ot latin ciuis
peut se traduire par « le citoyen » ou « un citoyen ». Il faut évidemment employer
judicieusement l’article déflein, li (a, les) ou indéfini (un, une, des).
• En latin, le verbe contient en lui-même un sujet. La personne est marquée simplement
par la désinence verbale :  leg: «i stu lis » ; legunt, « ils lisent » ou « elles lisent »
e(3  personne du pluriel). Le sujet n’est donc pas obligatoirement exprimé.
• En français, l’ordre des mots détermine le sens de la phrase : Le loup mange nel’a gneau
signifie pas la même chose que L’agneau mange le lo. uEpn latin, ce n’est pas l’ordre des
mots qui détermine leur fonction, mais une désin seintuce ée à la fin de chaque mot.
Lupus agnum edit, « le loup (lupus) mange ( edit) l’agneau (agnum) » peut s’écrire dans
l’ordre inverse : Agnum lupus e sdi a tns changement de sens. En revanche, si l’on veut
écrire « l’agneau mange le loup », il faudra changer les déLsiun p enum aces gn: us edit.
En latin, la fonction des noms est donc indiquée par leur dés, q iuni penceorte aussi
leur genre et leur nombre. « Le loup » se dit qlu upuansd le mot est sujet au singulier,
lupum quand il est complément d’objet direct au singulier. « L’agneau » se d quit aandgnu s
17
Chapitre 1le mot est sujet au singulier, qaguniand il est sujet au pluriel. Il en est de même pour les
adjectifs et les pronoms. Le français moderne n’a pas conservé le principe de changements
morphologiques selon la fonction, sauf pour certains pr (sonu ojem t s ),: lei (l complément
d’objet direct), lu(ci omplément d’objet indirect) ; (squuijet), que (complément d’objet
direct), dont (complément du nom et complément d’objet indirect), a (ucquomelplément
d’objet indirect)…
En principe, dans la phrase latine, n’importe quel mot pourrait donc être à n’importe
quelle place. Il n’en est cependant pas ainsi, par souci de clarté et d’expressivité. Les mots
sont énoncés dans l’ordre nécessaire à la compréhension ; le verbe est souvent à la fin de
la proposition.
• La ponctuation que nous lisons dans les textes latins n’est pas originelle. Elle a été
ajoutée par les éditeurs modernes pour aider la compréhension. Les Latins écrivaient
en scriptio continua : sans espace entre les mots et sans ponctuation.
3. Défnitions
Le latin est ce qu’on appelle une langue ca, osuu elflelexionnelle, ou encore à
déclinaison (comme le grec ancien, l’allemand, le russe…), parce que les mots se déclinent,
c’est-à-dire prennent une désinence différente selon leur fonction dans la phrase (pour les
noms) ou selon leur personne (pour les verbes). On appelle lf’leen xsioemn ble de toutes
les formes que peut prendre un nom ou un pronom (pour la flexion nominale, on parle
de « déclinaison »), ou un verbe (pour la flexion verbale, on parclone d jue « gaison »). Les
catégories qui échappent à la flexion sont les adverbes, les prépositions, les conjonctions :
ces mots sont invariables.
La désinence est l’élément variable d’un mot, situé en finale, après l (e exthèem mplee :
lupu-). Dans lupus, lupum, les désinences , -s -m, indiquent les différentes fonctions de ce
mot dans la phrase.
La fonction d’un mot se définit par le rapport de ce mot à l’ensemble de la phrase ou au
verbe. Exemples de fonctions : sujet, complément d’objet direct, complément circonstanciel…
Le cas d’un nom est la forme sous laquelle il se présente, qui indique la fonction qu’il
a dans la phrase. Par exemple, le lumpout s est au cas nominatif, qui indique que ce mot
est sujet du verbe.
4.4. Correspondance entre les fonctions et les cas latins latins
Il existe en latin six cas ; un cas peut regrouper plusieurs fonctions.
Cas Fonctions Exemples
Nominatif Sujet Pierre se promène.
Petrus ambulat.
Attribut du sujet Pierre est conte. nt
Petrus laetus est.
Vocatif Apostrophe Eh ! Pierre ! O Petre !
18Cas Fonctions Exemples
Accusatif Complément d’objet direct Il lit un liv . reLibrum legit.
Attribut du complément d’objet directIl appelle son fils Pie. rre
Filium Petrum nominat.
Certains compléments circonstancielsIl va à Rome. Romam it.
Génitif Complément du nom La maison de mon père.
Patris mei domus.
Datif Complément d’objet indirect : complémenIl dt onne un livre à Pier. re
d’attribution et complément d’intérêt (pour Petro librum dat.
qui, dans l’intérêt ou au détriment de qui
est faite l’action)
Ablatif Une grande partie des compléments cir-conIl es st en Ital. iIen Italia est.
tanciels : lieu, manière, moyen… Il crie d’une voix fo.rte
Magna uoce clamat.
Il se sert d’un sty. lo
Calamo utitur.
Remarques
L e nombre des cas n’a cessé de se réduire au fil du temps, puisque l’indo-européen
présentait huit cas ; en latin, l’instrumental a disparu et le locatif n’existe plus
qu’à l’état de traces. En ancien français, il ne reste plus que deux cas (cas-sujet,
cas-régime) ; en français moderne, les cas ont disparu.
L e lo c a t, aifssez rare, sert à exprimer le complément du lieu où l’on est : Il est
à Rome, Romae est.
L e tableau ci-dessus n’indique pas la totalité des fonctions possibles, dont on verra
le détail au fur et à mesure.
Culture latine
Le genre de la fable
Le rapport d’émulation avec la littérature grecque a été un stimulant constant pour
la littérature latine antique. L’écrivain Phèdre en est un bon exemple. Cet ancien esclave,
eraffranchi par Auguste, écrit a siu ècile apr. J.-C. le premier recueil de fables en langue
latine, dans une imitation créatrice par rapport aux fables grecques qui circulaient sous
le nom d’Ésope. Un tiers de ses fables s’inspire d’Ésope, les autres sont originales ; par
ailleurs, Phèdre donne au genre de la fable ses lettres de noblesse en transposant la prose
grecque en vers. Phèdre est un maillon de la grande chaîne des fabulistes qui conduit
d’Ésope à La Fontaine, en passant par les fables de l’Antiquité tardive, par les recueils latins
ou vernaculaires du Moyen Âge et de la Renaissance. La Fontaine rendra hommage dans
sa préface à « l’élégance » et à « l’extrême brièveté » du poète latin, tout en pratiquant le
genre avec sa virtuosité propre.
19
Chapitre 1Nous reproduisons ci-dessous la fable de Phèdre Vulpes et Coruus, « Le Corbeau et
le Renard ».
« Le Corbeau et le Renard » de Phèdre
Vulpes et Coruus Le Corbeau et le Renard
Qui se laudari gaudet uerbis subdolis Qui se plaît à être flatté par de trompeuses
paroles
fere dat poenas turpi paenitentia. est généralement puni par un remords
humiliant.
Cum de fenestra coruus raptum caseum Comme un corbeau, perché en haut d’un arbre
comesse uellet celsa residens arbore, voulait manger le fromage qu’il avait saisi sur
le rebord d’une fenêtre,
uulpes ut uidit blande sic coepit loqui : un renard, quand il le vit, se mit à lui parler
ainsi avec douceur :
« O qui tuarum, corue, pennarum est nitor !« Ô corbeau, quel est l’éclat de tes p!lumes
Quantum decorem corpore et uultu geriQs !uelle beauté tu fais voir dans ton physique
et ta physionomie!
Si tu avais de la voix, aucun oiseau ne te serait Si uocem haberes, nulla prior ales foret. »
supérieur. »
At ille stultus dum uult uocem ostender Me,ais l’autre, dans sa sottise, voulant faire étalage
de sa voix,
emisit ore caseum, quem celeriter lâcha de son bec le fromage, que vite
le renard plein de ruse saisit de ses dents avides.dolosa uulpes auidis rapuit dentibus.
Tum demum ingemuit corui deceptus stupoAr.lors seulement retentit le cri de stupeur du
corbeau trompé.
Hac re probatur, quantum ingenium polleaCt  et; te histoire montre combien l’intelligence
a de pouvoir ;
le bon sens l’emporte toujours sur la bravoure.uirtute semper praeualet sapientia.
Exercices
1. Prononcez correctement les mots suivants.
facio (je fais) ; patientia(p atience) au; ris (oreille)  u; anus (vain) ; inimicus (ennemi) ;
umbra (ombre) ; bene (bien) ; laudat (il apprécie) ; insul(îa le) ; multum (beaucoup) ;
quomodo (comment) ; rex (roi) ; mensis (mois) ; iudico (je juge, décide) ; reddo (j e rends) ;
pulcher (beau) ; ingenium (intelligence) ; silu (f a orêt) ; magnu (gs rand) ; sangui (ss ang) ;
miser (malheureux) ; rat (raio ison) ; paruu (ps etit).
202. Lisez le texte de la fable de Phèdre Vulpis et coruus en prononçant correctement les mots latins.
3. Dans le texte suivant, déterminez la fonction des mots ou expressions en italique ; déduisez ensuite de
cette analyse le cas auquel ils se trouveraient en latin.
Le Corbeau et le Renareda, Jn de La Fontaine
Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bo . »is
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle vo , ix
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa pr . oie
Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsie,ur
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qu l’éicoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Vocabulaire à retenir
~ at : mais ~ multum : beaucoup
~ bene : bien ~ non : ne… pas
~ celeriter : rapidement ~ quomodo : comment
~ cum (+ indicatif) : quand, lorsque ~ semper : toujours
~ et : et ~ sic : ainsi
~ male : mal ~ tum : alors
~ mille : mille ~ ut (+ indicatif) : quand, lorsque
21
Chapitre 1Chapitre 2
ÉÉttudeude de de la la la lannggueue
La première déclinaison
Rappel Les substantifs en latin se déclinent ; les désinences qu’ils reçoivent indiquent leur fonction
dans la phrase (sujet, complément d’objet direct…), mais aussi leur nombre (singulier ou pluriel).
Découvrir la première déclinaison
Dans le texte français ci-dessous, certains substantifs ont été traduits en latin entre
parenthèses ; ces mots appartiennent tous à une même déclinaison, la première, que nous
allons découvrir dans ce chapitre. Identifiez la fonction de chacun des mots latins en vous
aidant du français, reconnaissez le cas latin correspondant et classez les substantifs dans
le tableau ci-dessous.
Une jeune fille pu (ella) cueillait des rosreosas (s) dans la forêst (ilua). Elle avait entendu
le poètepo ( etam) dire : « Cueillez dès aujourd’hui les rro osases (s) de la vie (uitae). » Mais
absorbée par la beauté de la natnuartuera (e), elle se piqua avec les épin seps (inis) des
roses (rosarum). Elle s’écria alors : « Rosreosas (e), vous êtes cruelles de me blesser ainsi.
Le poète po( eta) n’avait pas prévenu qu’il fallait faire attention arousx is) ro! » seJs eu(ne
fillepu ( ella), les charmes (gratiae) sont parfois trompeurs : il ne faut pas toujours se fier
au poète (poetae).
Cas Singulier Pluriel
Nominatif
Vocatif
Accusatif
Génitif
Datif
Ablatif
23La présentation des substantifs dans le dictionnaire
Dans un dictionnaire ou un lexique, un substantif latin est généralement présenté de
la manière suivante : rosa, -, afe. : la rose.
On donne d’abord le nominatif singulier du substroasn at)i, pf ( uis la partie finale de
son génitif singulier -ae(), et enfin son genre (f.). Il y a trois genres en latin : le masculin,
le féminin et le neutre.
En latin, il existe cinq déclinaisons de substantifs. Dans ce chapitre, nou- s ne retien
drons que les mots de la première déclinaison, mais nous proposons ci-dessous le tableau
des cinq existantes.
Pour reconnaître la déclinaison à laquelle un mot appartient, il convient de se fonder
sur le génitif singulier. Ainsi, les mots de la première déclinaison ont tous leur génitif
singulier en - ae.
Les cinq déclinaisons latines
Les substantifs de la première déclinaison ont un génitif singaeul.ier en -
Ex. : rosa, -ae, f. : la rose.
Les substantifs de la deuxième déclinaison ont un génitif singu .lier en -i
Ex. : dominus, -i, m. : le maître.
Les substantifs de la troisième déclinaison ont un génitif singu.lier en -is
Ex. : ciuis, -is, m. : le citoyen.
Les substantifs de la quatrième déclinaison ont un génitif singu.lier en -us
Ex. : manus, -us, f. : la main.
Les substantifs de la cinquième déclinaison ont un génitif singul. ier en -ei
Ex. : res, -ei, f. : la chose.
La première déclinaison des substantifs
La première déclinaison se caractérise donc par un génitif sing aeu leiter en - comporte
1essentiellement des substantifs féminins. Elle se présen :te ainsi
Cas Singulier Pluriel
Nominatif rosă rosae
Vocatif rosă rosae
Accusatif rosam rosas
Génitif rosae rosarum
Datif rosae rosis
Ablatif rosā rosis
1. Dans l’ensemble des tableaux de déclinaisons et conjugaisons, l’usage des caractères gras est destiné à
faciliter la mémorisation des formes et n’obéit pas à une logique morphologique rigoureuse.
24Remarques
1. Le locatif de la première déclinaison est eaen - : Romae (à Rome).
2. On observe dans les formes de cette déclinaison la présence d’une voyelle
récurrentea - - (qui finit le thè) mà elaquelle s’ajoutent les désinences : dans
rosam, rosa- est le thème, -m la désinence.
Parfois, la voyelale- s -e combine à la désinence : roseiss t issu de *rosais, par
1contraction de la diphtongu. e ai
3. Plusieurs formes sont similaires :
• le nominatif, le vocatif et l’ablatif singuliers se terminent tous en -a, mais
se distinguent par la quantité de cette voyelle : brève pour le nominatif et le
vocatif, longue pour l’ablatif. Cette différence ne sera cependant pas indiquée
dans les textes à venir;
• le génitif et le datif singuliers, ainsi que le nominatif et le vocatif pluriels, se
terminent tous en - ;ae
• le datif et l’ablatif pluriels se terminent en -is.
4. La plupart des substantifs de la première déclinaison sont féminins. Il existe
cependant quelques noms masculins que l’usage apprnenaudtr a a (, -ae, m. :
le marin ; poeta-, ae, m. : le poète ; agricola-,ae , m. : le paysan…) et des noms
de cours d’eau (Sequana, -ae, m. : la Seine Gar; umna, -ae, m. : la Garonne…).
5. Certains substantifs n’existent qu’au plduiuirite il (ae, -arum, f. pl. : les
richesses At; henae, -arum, f. pl. : Athènes…), comme c’est le cas en français
(« les mœurs »).
Les adjectifs qualifcatifs
Comme en français, il existe en latin des adjectifs qualificatifs qui permet-tent de carac
tériser un substantif. L’adjectif s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le substantif
qu’il qualifie : « un beau vase », « une belle coupe ».
Il existe deux classes d’adjectifs qualificatifs en latin. Nous étudierons, pour le moment,
uniquement les adjectifs dits « de la première classe », qui se déclinent sur les modèles de la
première déclinaison pour le féminin, de la deuxième pour le masculin et le neutre. Ils se
présentent pour la plupart de la manière suivante : -ad, o-cumtus , : cultivé. À la partie
invariante de l’adjecdtocif (t-) s’ajoutent les terminaison ds u mus asculin-, a du féminin
et -um du neutre. Seul le féminin retiendra ici notre attention ; la déclinaison complète
sera étudiée dans le chapitre 5.
Voici donc la déclinaison du groupe nominal « la jeune fille instruite », d:octa puella 
Cas Singulier Pluriel
Nominatif docta puelal doctae puelale
Vocatif docta puelal doctae puelale
Accusatif doctam puelaml doctas puelasl
Génitif doctae puelale doctarum puelalrum
Datif doctae puelale doctis puelisl
Ablatif docta puelal doctis puelisl
1. Le signe * indique une forme reconstruite qui n’est pas attestée dans la littérature.
25
Chapitre 2Les conjonctions de coordination
En latin comme en français, les conjonctions de coordination, toujours invariables,
unissent des mots, des groupes de mots de même fonction ou des propositions de même
nature.
Pour rappel, les principales conjonctions de coordination en français s, ouon, t : mais
et, donc, or, ni, car. En latin, on trouve des conjonctions de même sens.
1. Pour exprimer l’union, on recourt aux conjonctions copulatives suivantes :
Conjonctions Exemples
et : et Puella et poeta : la jeune fille et le poète.
atque ou ac : et Puella ac poeta : la jeune fille et le poète.
NB : On emploie généralemenat tqu e devant un mot Puella atque agricola : la jeune fille et le paysan.
commençant par une voyelle eac t devant un mot
commençant par une consonne.
-que : et Puella poetaque : la jeune fille et le poète.
NB : La particule -que est collée au dernier mot
coordonné.
neque ou nec : et… ne pas…, ni Audit neque intellegit : il entend et ne comprend
pas.neque… neque ou nec… nec : ni… ni…
Nec puella nec poeta : ni la jeune fille ni le poète.NB : On emploie généralement neq due evant un mot
commençant par une voyelle et dneevcant un mot
commençant par une consonne.
Quand on coordonne plusieurs noms en latin, on répète généralement la conjonction
et, contrairement au français :
puella et poeta et agricola, « la jeune fille, le poète et le paysan ».
En revanche, -que est énoncé une seule fois, sur le dernier terme de l’énumération :
puella, poeta agricolaque.
-que est un enclitique : il ne se trouve que soudé à la fin d’un mot.
2. Pour exprimer l’alternative, on recourt aux conjonctions disjonctives :
aut (ou uel) : ou
{ Ex. : Puella aut poeta, « La jeune fille ou le poète ».
On peut redoubler la conjonction :
{ Ex. : Aut puella aut poeta, « Soit la jeune fille, soit le poète ».
3. Pour exprimer l’opposition, on utilise les conjonctions adversatives :
at : mais
sed : mais
tamen : cependant
uero : or, mais (s’utilise pour une opposition plus faible q ) ue sed
{ Ex. : Puella non spinas amat, sed rosas, « La jeune fille n’aime pas les épines, mais les roses ».
264. Pour exprimer la cause, on utilise les conjonctions explicatives :
nam : car
enim : en effet (cette conjonction se place généralement après le premier mot de la
phrase)
{ Ex. : Poeta puellam amat. Nam pulcherrima est, « Le poète aime la jeune fille, car celle-ci
est très belle ».
{ Poeta puellam amat. Pulcherrima enim est, « Le poète aime la jeune fille. En effet, celle-ci
est très belle ».
5. Quant à la conséquence, on l’exprime au moyen des conjonctions conclusives :
ergo, igitur : donc
itaque : c’est pourquoi
{ Ex. : Cogito, ergo sum, « Je pense, donc je suis ».
6. La conjonction aute, qm ui se place généralement après le premier mot de la phrase,
peut avoir plusieurs significations : or, mais (valeur adversative), quant à (pour mettre
en valeur un mot dans la phrase, signaler qu’on s’intéresse à un autre sujet…). C’est
le contexte qui permet de traduire au plus juste cette conjonction.
{ Ex. : Puella autem ambulat, « Or, la jeune fille se promène ; mais la jeune fille se promène ;
quant à la jeune fille, elle se promène ».
7. Enfin, il existe certains tours corrélatifs qui permettent de marquer une symétrie :
non solum (ou non tantum)…, sed etiam… : non seulement…, mais aussi…
{ Ex. : Poeta non solum rosam, sed etiam puellam laudat, « Le poète loue non seulement
la rose, mais aussi la jeune fille ».
Le système verbal
Principes généraux de la conjugaison
Le verbe latin est un mot qui change de forme selon la perjes, toun, ine (l/elle, nous
vous, ils/elles), le nombre (singulier, pluriel : i)l, l / ia vls oix (actif, passif : je prends / je suis
pris), le temps (présent, futur, imparfait…), et le mode (indicatif, subjonctif…).
Les désinences personnelles indiquent la personne, le nombre, la voix s, « : fatu fci ais »
e e e(2  pers. du sg. actif), fauntci, « ils font » (3 pers. du pl. actif), faturci, « il est fait » ( p3ers. du
sg. passif). Le thèm ve erbal (faci-) peut être augmenté de morphèm q eusi indiquent le temps :
faciebat, « il faisait » (imparfait de l’indicatif) ou le mo adte , «  : qfa uc’il fasse » (subj. présent).
Mais le temps et la voix peuvent être marqués, comme en français, par une forme
composée : factus est, « il a été fait », formée du participe pafa sscé (tus) et du verbe être
conjugué au présent.
Le latin a deu mox  des personnels, dans lesquels les verbes se conjuguent à toutes les
personnes l: ’indicatif (mode du réel : fac, « io je fais ») et le subjonctif (mode de l’action
envisagée par l’esprit : ufaolo cias, « je veux que tu fasses »). L’impéra etixf prime l’ordre :
fac, « fais ! ». Le verbe peut prendre aussi des formes nominales, assimilables à des noms :
l’infinitif (facere, « faire »), le particip (e facta, « faite »), le gérondi (ffaciendo, « en
faisant »l)’,a djectif verbal, le supin, ces deux derniers sans équivalent en français. Le verbe
latin connaît aussi la catégorie du temps.
27
Chapitre 2On divise les temp dsu latin en deux grandes catégories : les tem ipns dfece tl’um et ceux
du perfectum. Les temps de l inf’ ectum (présent, imparfait, futur) expriment une action
non encore achevée : elle est en train de s’accomplir, ou pas encore accomplie pour le futur,
tandis que ceux du perfectum (parfait, plus-que-parfait, futur antérieur) montrent que
l’action est terminpéaer, faite au sens étymologiqupe e(rfectum ). C’est ce que l’on appelle
une valeur das’pect. Cette différence infect – umperfectum se traduit dans la morphologie
par des thèmes différents : ainsi pour le verbe , « amaaimreer », le thème ama- est utilisé
pour les temps de linf ’ ectum  : ama-bo « j’aimerai », ama-ba « s j’aimais », mais le thème
du perfectum est amau  : -amau-i « j’aimai », amau-eram « j’avais aimé ».
Présentation des verbes dans les dictionnaires : amo, -as, -are, -aui, -atum, « aimer »
En français, pour savoir à quelle conjugaison appartient un verbe, il suffit de citer son
infinitif  a: imer est la forme d’entrée des dictionnaires. En latin, l’infinitif ne permet pas
à lui seul de déduire la conjugaison et on a pris l’habitude de citer plusieurs formes. On
donne donc dans l’ordre :
• la première personne du singulier au présent de l’indica, « jtif : ’aamoime »,
• la deuxième personne du singulier au présent de l’indicat, « tif : amu aaismes »,
• l’infinitif présent : am, « aare imer »,
• la première personne du parfait de l’indicatif : , « jam ’aauim iai »,
• le supin, forme nominale du verbe, qui n’a pas d’équivalent en français : amatum.
Pour éviter une citation trop longue, on a coutume d’abréger ces formes. Ainsi l’énoncé :
amo, -as, -are, -aui, -atum devra être développé en amo, amas, amare, amaui, amatum.
On indique seulement les terminaisons, à partir de la voyelle finale du thème ; le début
du mot ( am-), invariant, n’est pas réécrit. Quand les formes du perfectum et du supin sont
trop différentes, on les écrit en entier : capio, -is, -ere, cepi, c , « paptruenm dre ».
Les cinq conjugaisons
Alors qu’il n’y a en français que trois modèles de conjugaisons (1. ver , 2 b. ves en erb-eers
en -ir à participe en -issa, 3nt. autres verbes), il existe cinq modèles en latin.
re• 1 conjugaison : verbes à thème terminé par un . L -ā e modèle est amo, -as, -are,
-aui -atum, « aimer ».
e• 2 conjugaison : verbes à thème terminé par un . L -ēe modèle est deleo, -es, -ere, -ui,
-itum, « détruire » (certaines grammaires donnent aussi moneo, -es, -ere, monui,
monitum, « avertir »).
e• 3 conjugaison : verbes à thème terminé par une voyelle brève alterna. nte ĕ / ŏ
À cause d’accidents phonétiques, ĕ peut se ferm,er en et ŏ en ĭ ŭ. Le modèle est lego,
-is, -ere, legi, lectum, « lire ».
e• 3 conjugaison mixte : verbes à thème terminé par u ĭ. Ln - a voyelle finale peut s’ouvrir
en -ĕ, comme dans l’infinitif cap. Oeren l’appelle « mixte » parce qu’elle semble
emprunter des éléments tantôt à la troisième conjugaison, tantôt à la quatrième.
Le modèle est capio, -is, -ere, cepi, captum, « prendre ».
e• 4 conjugaison : verbes à thème en - ī : le modèle est audio, -is, -ire, -iui, -itu, « mentendre ».
28La seule forme d’infinitif permet de déterminer le modèle de conjugaison pour la
première ( -are) et la quatrièm -e (ire) conjugaisons. Les verbes de la deuxième conjugaison
se reconnaissent à ce qu’ils présentent un vocalisme e partout au preéo,sen det le: s, del
delere. Les verbes de la troisième conjugaison ont aussi un infineireti, mf en ais l- a voyelle
est variable au présent  o : , llegegis, legunt. La troisième conjugaison mixte ne se distingue
de la précédente que par la forme de première personion (e en capio-) et non en -o (lego).
Quelques verbes n’entrent pas dans ce cadre et ont leur propre conjugaison, tels : esse
« être », uelle (« vouloir »), (ire« aller »), fer (re« porter »), fie (r« di evenir »).
TTeextxte de d’’ététuuddee
Le théâtre et les femmes
1. In Graecia, poetae comoedias multa1.s En Grèce, les poètes écrivent depuis
iamdudum scribunt. In Italia autem poetae longtemps de nombreuses comédies. Mais
fabulas recentius fingunt et Musarumen I talie, les poètes inventent des pièces de
Graecarum quasi aquam bibunt. théâtre depuis moins longtemps et boivent,
pour ainsi dire, l’eau des Muses grecques.
2. Feminarum personas paucas inducunt.2. Ils mettent en scène peu de personnages de
1Inter feminarum personas su pnutellae femmes. Parmi les personnages de femmes,
ancillaeque. Adulescentes puellas amantil  y a des jeunes filles et des servantes.
at piratae puellas aliquando rapiunt. Lenae Les jeunes gens aiment les jeunes filles,
auaritia pecuniam rogant. Adulescentesm ais les pirates enlèvent parfois les jeunes
lenis pecuniam dare debent aut puellas filles. Les entremetteuses demandent de
insidiis illiciunt. Annosae ancillae nimium l’argent par cupidité. Les jeunes gens doivent
bibunt, sicut Staphila Ain ulularia. In donner de l’argent aux entremetteuses, ou
comoediis, poetae deas clarasque feminas ils séduisent les jeunes filles grâce à un
inducere non solent. Tamen Plautus in piège. Les servantes âgées boivent trop,
pulchra fabula Alcmenam inducit. comme Staphila dans La Marm.i Dte ans
les comédies, les poètes n’ont pas pour
habitude de mettre en scène des déesses et
des femmes célèbres. Cependant, Plaute met
en scène Alcmène dans une belle pièce.
3. Romae feminis in cauea sedere licet. 3. À Rome, il est permis aux femmes d’être
Matronae domi manere non semper debent. assises sur les gradins. Les matrones ne sont
Fabulae puellis magnam laetitiam iniciunt.pas obligées de rester toujours à la maison.
Les pièces de théâtre donnent beaucoup de
joie aux jeunes filles.
1. Sunt : « sont » ; placé devant le sujet, équivaut souvent au français « il y a ».
29
Chapitre 2~ adulescentes (nom. m. pl.) : jeunes gens ~ inter (+ acc.) : entre, parmi
~ Alcmena, -ae, f. : Alcmène (mère ~ Italia, -ae, f. : Italie
d’Hercule) ~ laetitia, -ae, f. : joie
~ aliquando : parfois ~ lena, -ae, f. : entremetteuse
~ amant : ils aiment ~ licet : il est permis à quelqu’un (datif) de
~ ancilla, -ae, f. : servante faire (infnitif)
~ annosus, -a, -um : âgé ~ magnus, -a, -um : grand
~ aqua, -ae, f. : eau ~ manere : rester
~ auaritia, -ae, f. : cupidité ~ matrona, -ae, f. : matrone (femme mariée)
~ Aulularia, -ae, f. : La Marmite (titre d’une ~ multi, -ae, -a : beaucoup de
pièce de Plaute) ~ Musa, -ae, f. : Muse
~ bibunt : ils/elles boivent ~ nimium : trop
~ cauea, -ae, f. : cavea (nom donné aux ~ pauci, -ae, -a : peu de
gradins du théâtre chez les Romains) ~ pecunia, -ae, f. : argent
~ clarus, -a, -um : célèbre ~ persona, -ae, f. : personnage, rôle
~ comoedia, -ae, f. : comédie ~ pirata, -ae, m. : pirate
~ dare : donner ~ Plautus, -i, m. : Plaute (auteur de
~ dea, -ae, f. : déesse comédies)
~ debent : ils/elles doivent ~ poeta, -ae, m. : poète
~ domi : à la maison ~ puella, -ae, f. : jeune flle
~ fabula, -ae, f. : pièce de théâtre ~ pulcher, -chra, -chrum : beau
~ femina, -ae, f. : femme ~ quasi : pour ainsi dire
~ fngunt : ils inventent ~ Romae : à Rome
~ Graecia, -ae, f. : Grèce ~ rapiunt : ils enlèvent
~ Graecus, -a, -um : grec ~ recentius : plus récemment
~ iamdudum : depuis longtemps ~ rogant : elles demandent
~ illiciunt : ils séduisent ~ scribunt : ils écrivent
~ in (+ abl.) : en, dans ~ sedere : être assis
~ inducit : il met en scène ; inducun : it ls ~ sicut : comme
mettent en scène ~ solent : ils ont l’habitude de
~ inicere : insufer, donner (un sentiment) ~ Staphila, -ae, f. : Staphila (nom de
~ iniciunt : elles insufent, donnent (un personnage)
sentiment) ~ sunt : elles sont
~ insidiae, -arum, f. pl. : piège
30Culture latine
La comédie latine
La littérature latine connaît un décalage de plusieurs siècles par rapport à la littérature
grecque, puisque les premiers auteurs d’œuvres latines – qui s’illustrent pour certains à
ela fois dans les genres dramatique et épique – viviiien t s. au v. J.-C. : Naevius, Livius
Andronicus, Ennius. Plaute (v. 254-184 av. J.-C.) est le premier auteur dont certaines pièces
nous aient été conservées dans leur intégralité : vingt pièces entières, et une incomplète.
Parmi elles, on pourra mentionner par exemApul lule l ar’ ia (La Marmite, dont s’est inspiré
Molière dans L’Ava )re, les Bacchides, leM iles gloriosus (Le Soldat fanfaron dont s’est souvenu
Corneille en imaginant le MatamorL’e ildlu e sion comique). C’est là un corpus tout à fait
exceptionnel par son abondance, témoin de l’immense succès que Plaute recueillit de son
vivant, mais aussi dans les siècles suivants où son théâtre ne cessa d’être joué.
La comédie latine doit beaucoup à la comédie grecque de l’époque hellénistique que
l’on appelle « comédie nouvelle » (l)a , rNeeparésentée notamment par Ménandre (342-292
av. J.-C.). Elle se caractérise par des intrigues qui mettent en scène les amours de jeunes
gens contrariées par les pères, par des rivaux, ou encore par le statut supposé servile de
jeunes filles au pouvoir d’un (lepnoroxénète). Les personnages de la comédie latine sont
des types, repris de la comédie grecque, parmi lesquels on peut mentionner le parasite
(parasitus), le militaire imbu de lui-mêmme ( iles gloriosus), la vieille femmae (nus) ivre,
le vieillarsd (enex) ridicule… Certains de ces types ont eu une grande postérité dans le
théâtre des littératures modernes, tel l’esclsa evre ruusu cs aé (llidus), ancêtre du Scapin de
Molière ou du Figaro de Beaumarchais. En règle générale, les personnages mythologiques
et nobles sont l’apanage de la tragédie. Néanmoins, on peut mentionner une exception
remarquable Am: phitryon de Plaute, qui fait jouer à Jupiter le rôle traditioadnnuleel dscee lns ’
amoureux, et à Mercure celui du se druuévsoué aux amours de son maître, comme le fera
Molière dans la pièce homonyme.
Térence (env. 195/185 av. J.-C.-159 av. J.-C.) est l’auteur de six comédies conservées :
L’Andrienne, L’Hécyre, Le bourreau de soi-même, L’Eunuque, Phormion, Les Adelphes. Les
prologues de ses pièces, qui deviennent des lieux de débat littéraire, laissent entendre qu’il
eut du mal à les faire admettre du public (dans un premier temps du moins) et d’autres
poètes rivaux. La différence de son comique avec celui de Plaute – moins gestuel et moins
truculent, plus fin et plus psychologique – fut l’objet de comparaison dès l’Antiquité, et
edonna encore lieu à des dissertations dans la France d siu ècxlveii. Il a occupé une place
privilégiée dans l’éducation des jeunes Romains comme dans les humanités européennes,
notamment par le tour sentencieux de maintes répliques (par exemple : Homo sum, humani
nil a me alienum puto, « Je suis homme et rien d’humain ne m’est étranger »).
Le théâtre latin était ce qu’on pourrait appeler « un spectacle total », reposant à la fois
sur des parties parlées (le diuerb) eiu t cm hantées (le canticu), amccompagnées de musique
et de danse.
31
Chapitre 2Le sud de l’Italie, aussi appelé « Grande GrMèc ae g» (na Graecia), fut un lieu de contact
privilégié avec le théâtre grec. Des théâtres en pierre y furent construits à date ancienne.
À Rome au contraire, pendant très longtemps, les lieux de représentation furent constitués
d’installations provisoires : les autorités craignaient une utilisation politique de théâtres
en dur, comme ce pouvait être le cas en Grèce. Le premier théâtre de pierre fut construit,
en 55 av. J.-C., à l’initiative de Pompée, conscient de la popularité que lui vaudrait cette
entreprise. Les théâtres romains essaimeront ensuite partout dans l’empire – on peut
penser par exemple au théâtre d’Orange.
Le théâtre latin fait aujourd’hui encore l’objet de nombreux débats critiques qui
peuvent concerner des aspects matériels (l’acteur a-t-il toujours porté un masque ou
non ?) ou l’interprétation des pièces conservées. Certains lisent ce théâtre comme un
pur divertissement, sans portée morale ni idéologique. D’autres au contraire lui prêtent
aussi des intentions critiques et des prises de position dans des débats contemporains sur
l’éducation, la guerre, etc. Cette question se pose de manière plus aiguë pour le théâtre de
Térence. L’originalité des pièces comiques conservées par rapport aux « modèles » grecs
supposés (mais dont il ne reste que d’infimes fragments) fait aussi débat. Une voie critique
possible consiste à s’intéresser aux raisons pour lesquelles ces auteurs comiques latins se
sont plu à « faire grec » pour divertir leur public.
Exercices
1. a. Relevez dans le texte d’étude « Le théâtre et les femmes » les substantifs de la première déclinaison
et classez-les selon leur cas.
b. Relevez les conjonctions de coordination du texte d’étude.
2. Dans les phrases suivantes, déterminez la fonction des différents substantifs, indiquez le cas correspondant
et traduire en latin ces substantifs.
1. La route (ui,a -ae, f.) traverse la forêt (,s -iluaea, f.) à Toulouse (Tolo, s-aae, f.). 2. Le
poète (poeta, -ae, m.) célèbre la statue (sta,t -u aea , f.) de la déesse (dea, -ae, f.). 3. Grâce
à sa victoire (uictor,i -aae, f.), Rome (Roma, -ae, f.) a annexé la Sicile (Sic,i -liaea , f.).
Cette île (insu, la-ae, f.) est devenue la première province (prouin, -aeci, fa .) romaine.
4. Les richesses (diuitiae, -arum, f. pl.) de la Gaule (Gallia, -ae, f.) ont attisé la cupidité
(auaritia, -ae, f.). 5. Rome (Roma , -ae, f.) a trouvé la gloire (g, lo-raeia, f.), comme le
voulait le destin (fort, u -naea, f.). 6. Quand elles apprirent le châtiment ( , poe-aen, a
f.) de la jeune fille (pue, l-laae, f.), les femmes (femin, a-ae, f.) furent enflammées de
colère (ira, -ae, f.). 7. Nature (Natur, a-ae, f.), par l’abondance (co, pi -aea , f.) de tes eaux
(aqua, -ae, f.), tu donnes la vie (u, it -aae, f.) aux roses (ros, a-ae, f.) et aux violettes
(uiola, -ae, f.). 8. Sa puissance (potent, ia -ae, f.) a apporté la renommée (fam, -aea, f.) à
sa famille (fami, li-aae, f.).
323. Traduisez les phrases latines suivantes en vous aidant du vocabulaire fourni.
1. Pecunia auaritiam saepe gignit.
pecunia, -ae, f. : argent. auarit, i-aae, f. : cupidité. saepe, adv. : souvent. gign: enit  gendre.
2. Romae uictoria gloriam dedit.
Roma, -ae, f. : Rome. uictoria, -ae, f. : victoire. glor, ia-ae, f. : gloire. dedit: a do  nné.
3. Poeta Persarum uictoriam narrat.
poeta, -ae, m. : poète. Persae, -arum, m. pl. : Perses. uictori, a-ae, f. : victoire. narrat:  
raconte.
4. Gallia diuitiarum copiam habet.
Gallia, -ae, f. : Gaule. diuitia, e-arum, f. pl. : richesses. copi, -aae, f. : abondance. habet:  
possède.
5. Fuga puella uitam seruauit.
fuga, -ae, f. : fuite. puella, -ae, f. : jeune fille. uit, -aae, f. : vie. seruauit : a sauvé.
4. Écrire en entier les formes verbales et indiquer à quelle conjugaison elles se rattachent.
Aperio, -is, -ire, -perui, -pertum, « ouvrir ». Veto, -as, -are, -aui, -atum « interdire ».
Sentio, -is, -ire, sensi, sensum, « sentir ». Deleo, -es, -ere, -eui, -etum, « détruire ». Condo,
-is, -ere, -didi, -ditum, « fonder ». Ostendo, -is, -ere, -tendi, -tentum, « montrer ». Euenio,
-is, -ire, -ueni, -uentum, « se produire ».
5. Dans les phrases suivantes, remplacer et par -que (et réciproquement), nam par enim (et réciproquement).
1. Deae a puellis et feminis coluntur. 2. Romae gloria magna est ; clarissimas enim uictorias
reportauit. 3. Siluam altam uastamque transierunt. 4. Puella laeta est, nam pulchras rosas
inuenit legitque. 5. Fortuna potentiam et diuitias Romae dedit. 6. Nautae tuti sunt ; in
ripam enim tranquillam et quietam peruenerunt.
Vocabulaire à retenir
~ ac ou atque : et ~ etiam : même, aussi (parfois sous la form )e et
~ amo, -as, -are, -aui, -atum : aimer ~ fama, -ae, f. : réputation, bruit qui court
~ aqua, -ae, f. : eau ~ familia, -ae, f. : famille (ensemble des esclaves)
~ auaritia, -ae, f. : cupidité ; avarice ~ femina, -ae, f. : femme
~ audio, -is, -ire, audiui, auditum : entendre ~ fortuna, -ae, f. : chance, fortune
~ aut : ou bien ; soit (exclusif) ~ fuga, -ae, f. : fuite
~ autem : or, mais ; quant à ~ gloria, -ae, f. : gloire
~ capio, -is, -ere, -cepi, captum : prendre ~ gratia, -ae, f. : grâce, charme
~ copia, ae, f. sg. : abondance ; pl. copiae, -arum : ~ igitur : donc
troupes ~ ira, -ae, f. : colère
~ dea, -ae, f. : déesse ~ itaque : c’est pourquoi
~ deleo, -es, -ere, -eui, -etum : détruire ~ lego, -is, -ere, legi, lectum : cueillir ; lire
~ diuitiae, -arum, f. pl. : richesses ~ moneo, -es, -ere, monui, monitum : avertir
~ enim : en efet ~ nam : car
~ ergo : donc ~ natura, -ae, f. : nature
33
Chapitre 2~ nec ou neque : et… ne pas ~ sed : mais
~ non solum ou tantum… sed etiam : non ~ silua, -ae, f. : forêt
seulement… mais aussi ~ tamen : cependant
~ pecunia, -ae, f. : argent ~ uel : ou bien
~ puella, -ae, f. : jeune flle ~ uero : [adv.] vraiment ; [conj.] or, mais, quant à
~ -que : et ~ uictoria, -ae, f. : victoire
~ rosa, -ae, f. : rose ~ uita, -ae, f. : vie
34Chapitre 3
ÉÉttudeude de de la la la lannggueue
Le présent de l’indicatif actif
Le présent de l’indicatif actif se forme à l’aide du thème du présent, suivi de
désinences qui marquent la personne et la voix active. Ces désinences, différentes pour
chaque personne, permettent au latin de se passer de pronom personnamael s-su , jet :
« tu aimes », ama-nt, « ils aiment ». Aussi, lorsque le sujet est exprimé, il marque une
emphase : Si uales bene est ; ego ualeo. « Si tu vas bien, tant mieux ; moi je vais bien. »
(formule épistolaire).
Désinences personnelles activesactives (valant pour tous les temps de l’infectum) :) :
Sg. 1. -o ou -m (selon les temps)
2. -s : « tu »
3. -t : « il, elle »
Pl. 1. -mus : « nous »
2. -tis : « vous »
3. -nt ou -unt : « ils, elles »
Conjugaisons
e e3 conjugaison 3 conjugaison
re e e1 conjugaison 2 conjugaison 4  conjugaison
thème à voyelle mixte
thème en a thème en e thème en ī
alternante thème en ĭ
amo deleo lego capi o audio
amas deles legsi capi s audis
amat delet legti capi t audit
amamus delemus legmui s capi mus audimus
amatis deletis legtiis capi tis auditis
amant delent legunt capi unt audiunt
35Remarques
• Des accidents phonétiques ont parfois perturbé la lisibilité de ce système :
*amao, « j’aime » > amo par contraction vocalique.
• À part l’exception déjà signalée d, le’ams deuo x premières conjugaisons se
forment sans accident, par ajout des désinences au thèm- oue am delea-.
• La voyelle finale du thème de la troisième conjugaison change de timbre :
o (lego) / i (legis) / u (legunt).
• La troisième conjugaison mixte et la quatrième ont un thème ter -mini-. é par
La désinence de troisième personne du pluriel es-ut en nt et non en -nt, par
influence de legu.nt
SumSum et ses composés et ses composés
Le verbe « être » est un verbe irrégulier. En observant ses temps psrumim, iesti, fes (sse,
fui ), on peut remarquer qu’il possède deux thèmes pionfuer lctu’ m  : es- ou su-.
Voici sa conjugaison au présent de l’indicatif :
re1 pers. sg. sum je suis
e2 pers. sg. es tu es
e3 pers. sg. est il/elle est
re1 pers. pl. sumus nous sommes
e2 pers. pl. estis vous êtes
e3 pers. pl. sunt ils/elles sont
On constate que les formes ont très peu évolué du latin au français moderne.
Suivent ce modèle tous les verbes composés à partir d : ie lss sum ont formés d’un
préverbe, qui détermine leur sens, et de . L sumes plus fréquemment utilisés sont :
• adsum, -es, -esse, adfui : je suis près de, je suis présent, j’assiste à
• absum, -es, -esse, afui : je suis loin de, je suis absent
• possum, potes, posse, potui : je peux
• prosum, prodes, prodesse, profui: j  e suis utile
Si les verbes adsum et absumo nt un indicatif présent parfaitement prévisible, celui de
possum obéit à un changement de radical :
• pot- devant les formes du verbe àsum initiale vocalique
• pos- devant les formes du verbe qsumui commencent par un -.s
re1 pers. sg. possum je peux
e2 pers. sg. potes tu peux
e3 pers. sg. potest il/elle peut
re1 pers. pl. possumus nous pouvons
e2 pers. pl. potestis vous pouvez
e3 pers. pl. possunt ils/elles peuvent
36Le présent de prosum change également de radical :
• prod- devant les formes du verbe àsum initiale vocalique
• pro- devant les formes du verbe qsumui commencent par un . s
re1 pers. sg. prosum je suis utile
e2 pers. sg. prodes tu es utile
e3 pers. sg. prodest il/elle est utile
re1 pers. pl. prosumus nous sommes utiles
e2 pers. pl. prodestis vous êtes utiles
e3 pers. pl. prosunt ils/elles sont utiles
À noter enfin que tous les composés de s se cumonstruisent avec le datif, sauf absum
(en raison du préverbe -ab qui régit l’ablatif) :
• Filiae adest. « Il est auprès de sa fille. »
• Patriā abest. « Il est loin de sa patrie. »
NB : Syntaxe de sum
1. Le verbe sum placé en tête de phrase se rend souvent par le gallicisme « il y a » :
Sunt in Graecia multae statuae, « Il y a en Grèce de nombreuses statues. »
2. La possession s’exprime le plus souvent en latin par le verb et le de êtreatif :
Lyra est poetae, « Le poète a une lyre » (litt. : « Une lyre est au poète »).
Conjugaison de quelques verbes irréguliers
D’autres verbes latins présentent une conjugaison irrégulière, parmi lesquels :
• uolo, uis, uelle, uolui : « vouloir » et ses composés malo, mauis, malle, ma, lui
« préférer » (contraction de magis, «  uovlouloir de préférence ») et nolo, non uis,
nolle, nolui, « ne pas vouloir » (contraction de non ) uolo
uelle malle nolle
uolo malo nolo
uis mauis non uis
uult mauult non uult
uolumus malumus nolumus
uultis mauultis non uultis
uolunt malunt nolunt
37
Chapitre 3• fero, fers, ferre, tuli, latum : « porter, supporter »
ferre
fero
fers
fert
ferimus
fertis
ferunt
Les prépositions
En latin, comme en français, il existe des prépositions, c’est-à-dire des mots invariables
servant à introduire des compléments. En français, les principales prépositi, ons sont : à
dans, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous, sur…
Nous avons vu qu’en latin les cas servent à exprimer plusieurs types de compléments qui,
en français, nécessitent des prépositions. Il en va ainsi du génitif exprimant le complément
du nom : spina rosae, « l’épine de la rose » ; du datif exprimant le complément d’objet
indirect d: o rosam puellae, « je donne une rose à la jeune fille »… Dans ces cas, le latin
n’a pas besoin de préposition.
Toutefois, les cas seuls ne suffisent pas pour exprimer l’ensemble des fonctions ; le latin
a ainsi eu recours à des prépositions pour introduire un certain nombre de compléments
circonstanciels ; ces prépositions sont construites le plus souvent avec deux cas : l’accusatif
et l’ablatif. Nous présentons ci-dessous les prépositions les plus courantes dans leurs sens
les plus fréquents.
Principales prépositions régissant l’accusatif
• ad : vers, jusqu’à, près de. Ad uitam aeterna,m « pour la vie éternelle ».
• aduersus : en face de, contre, à l’égard de. Iniuria aduersus p, « oetuasne injustice
envers les poètes ».
• ante : devant, avant. Ante ianuam, « devant la porte » ; ante Kalen, « dasavant les
Calendes ».
• apud : près de, chez. Apud Senecam, « chez Sénèque ».
• contra : contre, en face de. Contra natura, « cm ontrairement à la nature ».
• inter : entre, parmi. Inter no, « ens tre nous ».
• ob : devant, à cause de. Ob eam causam, « pour cette raison ».
• per : par, à travers ; pendant. Per Gall, « iamà travers la Gaule » ; Per multas ho, ras
« pendant de nombreuses heures ».
• post : derrière, après. Post scriptu, « Pm S » (à la fin d’une lettre).
• propter : à cause de. Propter iram, « par colère ».
38