Créolisation, plurilinguismes et dynamiques sociales

-

Français
251 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Cette étude est un questionnement de l'ensemble des interprétations opérées sur le plurilinguisme mauricien pendant ces trente dernières années. A cet égard, elle interroge la manière dont les sociolinguistes ont conçu leurs objets de recherche, élaboré leurs outils conceptuels et choisi les approches méthodologiques pour faire "du terrain". Elle trace, par ailleurs, des pistes pour d'autres types de recherches sociolinguistiques en contexte plurilingue.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2014
Nombre de lectures 6
EAN13 9782336355443
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Rada Tirvassen
Créolisation, plurilinguismes et dynamiques sociales Conduire des recherches en contexte plurilingue : le cas de Maurice
Créolisation, plurilinguismes et dynamiques sociales
Espaces discursifsCollection dirigée par Thierry Bulot La collectionEspaces discursifsrend compte de la participation des discours (identitaires, épilinguistiques, professionnels…) à l’élaboration/représentation d’espaces – qu’ils soient sociaux, géographiques, symboliques, territorialisés, communautaires… – où les pratiques langagières peuvent être révélatrices de modifications sociales. Espace de discussion, lacollection est ouverte à la diversité des terrains, des approches et des méthodologies, et concerne – au-delà du seul espace francophone – autant les langues régionales que les vernaculaires urbains, les langues minorées que celles engagées dans un processus de reconnaissance ; elle vaut également pour les diverses variétés d’une même langue quand chacune d’elles donne lieu à un discours identitaire ; elle s’intéresse plus largement encore aux faits relevant de l’évaluation sociale de la diversité linguistique. Derniers ouvrages parus Thierry BULOT, Isabelle BOYERet Marie-Madeleine BERTUCCI, Diasporisations sociolinguistiques et précarités. Discrimination(s) et mobilité(s), 2014. Julien LONGHI et Georges-Elia SARFATI(dir.),Les discours institutionnels en confrontation. Contribution à l’analyse des discours institutionnels et politiques, 2014. Sabine GOROVITZ,L’école en contexte multilingue. Une approche sociolinguistique, 2014. Montserrat BENÍTEZFERNÁNDEZ, Catherine MILLER, Jan Jaap DERUITER, Youssef TAMER,Évolution des pratiques et e représentations langagières dans le Maroc du XXI siècle. Volumes I et II, 2013. RomainCOLONNA,Ali BECETTIPhilippe B et LANCHET (dir.), Dynamiques plurilingues pour une analyse glottopolitique, 2013. Gudrun LEDEGEN (dir.),La Variation du français. Volumes I et II, 2013.
Rada Tirvassen Créolisation, plurilinguismes etdynamiquessociales Conduire des recherches en contexte plurilingue: le casde Maurice
© L'HARM ATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03355-6 EAN : 9782343033556
REMERCIEMENTS
Ce volume est une version remaniée de la synthèse présentée pour solliciter une Habilitation à Diriger des Recherches, un genre qui est à peu près l’équivalent de ce que les Anglo-Saxons appellent unePost-doctoral thesis. Dans les pratiques universitaires françaises, cette synthèse est considérée comme un exercice réflexif visant, entre autres, à interroger les fondements épistémologiques des tra-vaux conduits antérieurement par un chercheur, ce qui limite sa dif-fusion à deshappy fews. Or, il m’a semblé que, purgée de ses traits par trop universitaires, cette étude suscite des réflexions qui peuvent intéresser tous ceux qui se penchent sur la question du langage à Maurice, c’est-à-dire quand on aborde ce phénomène dans son con-texte (inévitablement) social. En raison de la démarche meta enga-gée, elle peut aussi, on peut le souhaiter, interpeller les chercheurs en sciences sociales qui se demandent, de manière assez légitime d’ailleurs, pourquoi mener des recherches, comment le faire, quelle est la part d’influence de la posture du chercheur ou, pour aller vite, quel est l’impact de ses options épistémologiques et ontologiques sur l’univers qu’il construit ? Car cet univers, on le lègue non seulement au corps social mais aussi aux jeunes chercheurs qui voient dans les travaux de leurs collègues un peu plus expérimentés des pistes pour accomplir leurs tâches. Le ré-aménagement de la synthèse n’efface pas toutes les traces du travail original et, surtout, ne me dispense pas de m’acquitter de mes dettes envers ceux qui m’ont aidé à le réaliser. Je voudrais réitérer ma reconnaissance à Marielle Rispail et à Philippe Blanchet, mes deux co-tuteurs, pour leurs conseils judi-cieux et l’encadrement offert. Je voudrais remercier Didier de Robil-lard dont la disponibilité m’a permis de trouver des réponses à mes fréquents tourments scientifiques. Enfin, je souhaitais dire à Elsa
Clément que sa relecture patiente de mon texte, dans sa version défi-nitive, a constitué un signe particulièrement tangible de notre amitié. Bien évidemment, j’assume, seul, les points de vue que j’exprime dans les pages qui suivent.Rada Tirvassen
8
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Ce volume est consacré à une étude critique conduite sur mes travaux ainsi que sur tous ceux qui ont été réalisés sur le langage dans son versant social dans le contexte plurilingue mauricien. Pour mener à bien cette tâche, j’ai tenté de tirer profit des réflexions sti-mulantes menées par des chercheurs francophones qui interrogent les fondements épistémologiques des courants majeurs de la socio-linguistique. Ces réflexions soulignent la nécessité d’assumer l’incapacité des sciences humaines et sociales à formaliser le com-portement humain et de prendre en compte la subjectivité et les pré-jugés du chercheur. Par ailleurs, pour éviter un unique regard rétrospectif, j’ai esquissé de nouvelles perspectives pour une autre approche du phénomène linguistique : elles ont toutefois pour point de départ l’approche réflexive adoptée, une façon de dire que l’exercice de déconstruction des fondements de la recherche et l’identification de pistes nouvelles ne doivent pas être déconnectés. J’ai donc commencé mes réflexions en rendant compte de la ma-1 nière dont j’approchais mes recherches.Je suis entré dans mes études sur le langage – je pense en particulier à mes travaux socio-linguistiques mais je peux en dire autant au sujet de mes recherches, encore balbutiantes, sur l’appropriation du français par les enfants mauriciens − sans me poser de vraies questions : chaque fois que s’est présentée une occasion de travailler sur un aspect du phéno-mène linguistique dans sa dimension sociale ou dans une de ses di-mensions sociales, je me suis laissé entraîner dans la problématique en limitant mes questionnements préalables d’une part à
1  J’utilise unjemalaisé puisque j’emploie un vocabulaire et des particulièrement idées largement empruntés à d’autres chercheurs. Mais par ailleurs, je souhaiterais assumer ma part de responsabilité dans ce que j’ai fait.