Écriture de la jeunesse: mutations et syncrétismes (1990-1996)

-

Livres
332 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Depuis son indépendance, la culture congolaise est riche d’une production culturelle foisonnante et très représentative de sa société. Entre rêve de fortune, ambition sociale et exil, la jeunesse de ce pays si vaste et si multiple est un sujet sans cesse renouvelé d’une littérature en prise directe avec la réalité. Sa place dans les romans, pièces de théâtre et chansons est une porte ouverte sur le quotidien d’une société qui navigue entre universalisme et sentiment patriotique. L’approche littéraire est un angle novateur pour mieux appréhender la modernité des sociétés africaines. Au fil de son histoire, la littérature congolaise s’est saisie de tous les genres pour offrir un terrain d’expression au peuple et à sa jeunesse. Aujourd’hui de plus en plus libre et créative, elle est tout autant un vecteur d’expression de son ressenti qu’un laboratoire de sa modernité. Mais entre amour et ambition, Kinshasa et Paris, c’est surtout une littérature jeune et dynamique qui reste à découvrir.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 décembre 2011
Nombre de visites sur la page 20
EAN13 9782748371772
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0098 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Écriture de la jeunesse : mutations et syncrétismes (1990-1996)
Désiré K. Wa Kabwe-Segatti Écriture de la jeunesse : mutations et syncrétismes (1990-1996)
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0116810.000.R.P.2011.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2011
À Pierre Halen.
Introduction
20 heures : Mutoko et Azanga prirent place dans le D.C. 10 d’Air Zaïre. L’avion était plein à craquer. La plupart des passagers étaient des jeunes gens et des jeunes filles, qui fuyaient leur Patrie pour devenir « réfugiés » en Suisse, en France ou en Belgique […] L’avion décolla finalement, et le Docteur Mutoko jeta un dernier coup d’œil sur Kinshasa, capitale de son Zaïre bien-aimé. Son pays malade, potentiellement riche, et où le peuple crevait de misère. Son pays dont seuls les dirigeants et une poignée d’hommes continuaient de vivre comme 1 des Seigneurs, au-dessus des lois, de tout et de tous .
Cette scène de séparation nous plonge d’emblée au cœur des paradoxes vécus par la jeunesse congolaise : ce coup d’œil furtif jeté sur la cabine d’un vol de ligne au départ de Kinshasa vers l’Europe rassemble déjà toutes les attentes, tous les espoirs et toutes les déceptions que tentent d’exprimer les écrivains congolais. Personnages en devenir, héros ou anti-héros, et plus rarement héroïnes des intrigues, ou simples personnages secondaires, les jeunes et leur position dans la société congolaise cristallisent les situations de conflit et leur représentation constitue un des moteurs principaux de l’écriture congolaise contemporaine. Omniprésente dans le roman, la nouvelle, le conte, le théâtre ou même la poésie, la question de la jeunesse transcende les genres littéraires. Qu’ils soient dans leur
1  NZAU (A.J.),Traite au Zaïre: L’Harmattan, coll. Polars. Paris Noirs, 1984, p. 252.
9
propre pays ou à l’étranger, à Kinshasa ou dans l’arrière-pays, le quotidien des jeunes Congolais est devenu, ces dernières décennies, la matière de prédilection de la plupart des écrivains congolais. Ce quotidien est le plus souvent fonction des bouleversements socio-politiques du pays, et la quête de positionnement social de ces jeunes, à travers leurs déboires comme leurs succès, nourrit l’imagination des écrivains. D’aucuns les présentent comme des victimes du système politique, leurs itinéraires chaotiques devenant le symptôme de la crise socio-économique et politique. Tant par son comportement que par sa philosophie de vie, ce que nous appelons le personnage-jeuneest ainsi représenté comme un parfait produit de la génération dite « sacrifiée », c’est-à-dire celle qui n’a connu, jusqu’alors, que le régime dictatorial de Mobutu. Ce type de personnages fait par conséquent face, d’un côté, à des forces centripètes qui le condamnent à l’immobilisme, et de l’autre, à des forces centrifuges qui le poussent à se soustraire à la double emprise d’un pouvoir qui l’empêche de vivre ses propres expériences et d’une société malade qui ne lui offre qu’un avenir de misère.
D’autres écrivains, par contre, le gratifient d’une image résolument positive, caractérisée par un dynamisme et une créativité parfois inattendus. Mais on le retrouve aussi, plus rarement il est vrai, dans des rôles de personnage modèle, qui tranchent avec la traditionnelle image du jeune inconscient ou irresponsable. Les paradoxes de cette vision de la jeunesse dans la littérature congolaise contemporaine, vision fondée sur cette image bicéphale du personnage-jeune, constitueront le fondement de notre problématique d’ensemble. Nous tenterons ainsi de comprendre comment le personnage-jeune et, au-delà, le monde de la jeunesse en tant que projection dans l’avenir de cette société, sont pris en charge par la littérature ; et pourquoi la littérature congolaise et, au-delà, une partie de la littérature africaine, se focalisent tant aujourd’hui sur
10