La graphie créole

La graphie créole

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150 pages

Description


Ni an patjé tan moun ka matjé lang kréyol la okontrè di sa anlo adan nou pé kwè. Déjà pou yonn, adan liv rakontaj listwè, kontel ta Pè Labat oben Pè Pelleprat, kivédi nan 17è siek, nou za ka jwenn yonn-dé ti mòso fraz ki an kréyol. Titak pli ta, nan 19è siek, lè lavant sik kann pèmet sé Bétjé-a vini gwotjap, dé sèten adan yo, ki Sen-Domenng, ki Matinik, ki Gwadloup, koumansé matjé dé teks litérè adan sa yo té ka kriyé « wanni-wanna sé Neg-la ». Primié teks nou konnet sé an chanté-powem misié Duvivier de la Mahautière, éti tit-li sé « Lisette quitté la plaine », ki paret pa koté 1754 oben 1757. Apré'y, dé moun kon François Marbot (Matinik), Paul Baudot (Gwadloup), Alfred Parépou (Guiyàn) oben Georges Sylvain (Ayiti) mété déwò liv fab, poem, téyat ek jik woman.



Sé matjè 19è siek-la té ka sèvi an lékriti ki étimolojik, kivédi an lékriti ki fondasé asou lòtograf lanng fwansé. Sa té tibwen nowmal pis, nan lépok-tala, pèsonn pa té ka konsidéré kréyol kon an vré lang ek yo pa té ka wè nésésité machoké an lòtograf espésial ba'y. Men lakay an matjè kon Parépou, nou za ka wè an primié vansé-douvan asou chimen wouchaché an lòtograf natif-natal ba kréyol : i ka matjé sé mo-a ka vini di fwansé a épi lòtograf fwansé ek sé lézot mo-a épi an grafi fonétik. Pa koté mitan 20è siek, sé moun l'ACRA-a (Académie Créole Antillaise), atè Gwadloup, katjilé tou anlè an lòtograf espésial men sé atè Ayiti, an 1945, ki dé pastè pwotestan méritjen, Mc Connell épi Laubach , ki té lé tradui Labib an kréyol, mété doubout an grafi toutafetman diféwan di ta fwansé-a. Fondas sistenm&endash;yo a, sé té API (Alphabet Phonétique International). Pli ta ankò, dé langannis ayisien, Faublas épi Pressoir, mété sistenm-tala an manniè pli obidjoul.



Mé sé anni okoumansman sé lanné 1970 ki an langannis matinitjé, Jean Bernabé, katjilé anlè sa yo ka kriyé an véritab « sentaks grafik » kivédi an sistenm éti sé pa enki sé grafem-la ou ka apiyé anlè yo, men anlè rilasion ant sé mo-a andidan fraz-la tou. Ki manniè dékoupé fraz-la ? Kiles mo pou matjé bwaré ek kiles mo pou matjé débwaré ? Ki koté pou mété mak liennay (trait d'union) ? Jean Bernabé pwopozé sistenm-li a - éti moun koumansé kriyé « sistenm GEREC » - adan an bidim liv yo ka kriyé Fondal-Natal (1983). Sistem Gerec-la trapé anpil siksé ek moun vini ka sèvi'y pres toupatou oliwon latè-a. Pannan pwes trant lanné, sistem-tala woulé adan liv, jounal, piblisité, kisasayésa? ek, tanzantan, Jean Bernabé té ka fè yonn-dé ti mofwazay adan'y silon réyaksion piblik-la. Epi mi anvwala, an siek ki nef ka koumansé ek i tan pou fè an bilan. I tan pou tiré lison di lo lanné lesperyans-tala ek mété doubout an sistenm toutafetman djok : sé sa zot ké jwenn adan liv-tala, Graphie créole.

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Date de parution 01 janvier 2011
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EAN13 9782844506252
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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LA GRAPHiE CRéOLE- JEANBERNABé
avànt-propos
La crÉatIon d’UnCAPESpoUr Une dIscIplIne, qUelle qU’elle soIt, toUt à la foIs coUronne Une actIvItÉ UnIversItaIre et stImUle cette dernIère. QUand cette dIscIplIne est le crÉole, c’est-à-dIre Une langUe mInorÉe dont l’amÉ-nagement est en coUrs, l’emploI d’Un système standard d’ÉcrItUre constI-tUe Un seUIl mInImUm, à partIr dUqUel gÉrer la noUvelle donne. L’IntrodUctIon, à partIr de 1973, des ÉtUdes crÉoles aU seIn de l’UnI-versItÉ des AntIlles et de la GUyane, avaIt rendU nÉcessaIre la mIse en œUvre d’Un système d’ÉcrItUre crÉole poUvant servIr de standard aUx pra-tIqUes graphIqUes qUI ne poUvaIent pas manqUer de se dÉvelopper, fût-ce à Un nIveaU pUrement UnIversItaIre. Ce système mIs en place, à partIr de 1976, dans le cadre dUGEREC(GroUpe d’ÉtUdes et de recherches en espace crÉolophone), a eU d’emblÉe Une ambItIon IntÉgratrIce à l’Échelle des crÉoles à base lexIcale françaIse. SI on consIdère qU’Un système graphIqUe rÉsUlte, sUr la base d’Une argUmentatIon scIentIfiqUe, de choIx pUrement pragmatIqUes, on compren-dra qUe celUI retenU par leGEREC, à partIr de proposItIons argUmentÉes par moI, aIt connU dIverses retoUches avant de prendre la forme qU’on lUI connaît et qUI dÉfinIt ce qU’on poUrraIt appeler Une versIon standard. Cette versIon, UtIlIsÉe, à ce joUr, bIen aU-delà de pratIqUes UnIversItaIres loca-lIstes, n’est pas Indemne de toUte varIante notamment IndIvIdUelle. A cela, Il n’y a rIen d’Étonnant. L’observatIon d’Un qUart de sIècle d’UtIlIsatIon de ce système aInsI qUe la conjonctUre dUCAPESde crÉole ont dÉboUchÉ sUr la noUvelle mIse à joUr qUe voIcI, laqUelle constItUe la versIon standard 2 dU système d’ÉcrI-tUre proposÉ par notre groUpe de recherche, devenU, en 1996,GEREC-F (GroUpe d’ÉtUdes et de recherches en espace crÉolophone et francophone). L’adjonctIon de cette lettre n’est pas Une fiorItUre, maIs le sIgne qUe la « gUerre des langUes », ImposÉe par troIs sIècles de mInoratIon lIngUIs-tIqUe et cUltUrelle, devaIt, à notre avIs, faIre place, sInon à Un dUo, en toUt cas à Une coopÉratIon. CoopÉratIon d’aUtant plUs nÉcessaIre qUe les langUes, sont, par essence, des InstrUments de partage et de commUnIca-tIon ; d’aUtant tant plUs saIne qUe ces langUes-là (françaIs et crÉole, anglaIs et crÉole) sont des composantes de nos patrImoInes hIstorIqUes. Cette conceptIon qUI a toUjoUrs ÉtÉ en filIgrane, dans toUtes nos optIons glotto-polItIqUes (oU de polItIqUe lIngUIstIqUe) peUt s’affirmer aUjoUrd’hUI avec plUs de nettetÉ. La crÉatIon, sI longtemps et ÉnergIqUement revendIqUÉe par notre groUpe de recherches, dUCAPESde crÉole (qUI reste encore à constrUIre et à mettre aU servIce dU dÉveloppement IntellectUel et cUltUrel de nos pays) ne semble pas noUs dÉmentIr.
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GuiDES Du CAPES DE CRéOLE
SI Un groUpe de recherche ne peUt s’InterdIre d’IntervenIr dans l’amÉ-nagement d’Une langUe à la promotIon de laqUelle Il n’a cessÉ de travaIller, en revanche, Il ne doIt pas consIdÉrer poUr aUtant qUe ses proposItIons d’amÉnagement, qUelles qU’elles soIent, doIvent être « coUlÉes dans le bronze ». Cette vIgIlance, qUI n’est pas qU’IntellectUelle, rend compte, à elle seUle, de la notIon de « versIon », qUI comporte deUx ImplIcatIons majeUres : d’Une part, Il faUt proUver le moUvement en marchant (ce qUI revIent à se donner les moyens d’UtIlIser Un système permettant de faIre face aUx exIgences d’ordre acadÉmIqUe et à celles qUI, toUt natUrellement, en dÉcoUlent) ; d’aUtre part, ce système est perfectIble et doIt rester oUvert sUr l’avenIr. L’Une des donnÉes de cet avenIr, qUe leGEREC-Fn’a cessÉ d’appeler de ses vœUx, n’est aUtre qUe la rencontre, aU seIn d’Un HaUt-ConseIl de la crÉolophonIe, d’Une Instance qUI n’aUraIt rIen à voIr avec Une acadÉmIe et qUI seraIt capable de dÉboUcher sUr Un standard consensUel, à l’Échelle d’Un espace crÉole plUs qUe jamaIs oUvert sUr les InteractIons les plUs ImprÉvIsIbles. Et pUIsqUe le moUvement se proUve en marchant… Jean BERNABé JUIllet 2001
LA GRAPHiE CRéOLE- JEANBERNABé
PremIère partIe Approche thÉorIqUe d’Un domaIne pratIqUe
1.Lire et écrire : deux versànts d’une même àctivité La lectUre est le dÉchIffrage d’Un ÉnoncÉ graphIqUe tandIs qUe l’ÉcrI-tUre en est la prodUctIon. L’asymÉtrIe de ces deUx actIvItÉs est Une ÉvI-dence : le scrIpteUr (saUf cas partIcUlIer) lIt nÉcessaIrement le texte qU’Il est en traIn d’ÉcrIre, alors qUe le lecteUr, pendant qU’Il lIt, n’est pas censÉ ÉcrIre. un système graphIqUe peUt soIt favorIser celUI qUI ÉcrIt (le scrIp-teUr) et dÉfavorIser celUI qUI lIt (le lecteUr), soIt, Inversement, dÉfavorIser le scrIpteUr et favorIser le lecteUr. un système IdÉal tendraIt à ÉtablIr Un compromIs, en consIdÉrant, de manIère ÉqUIlIbrÉe, les dIfficUltÉs de l’Une et l’aUtre des partIes prenantes. C’est en vertU de cette asymÉtrIe, repÉrable dans les faIts eUx-mêmes, qUe le lecteUr est le personnage-clÉ dU scÉnarIo en qUestIon. C’est lUI qUI, en dernIère analyse, doIt être prIs en compte par Un système graphIqUe et en fonctIon dUqUel ce dernIer doIt être constrUIt (voIr à ce sUjet ce qUe dIt-CoUrsIl (2000) dU sUjet entendant de la commUnIcatIon lIngUIstIqUe). En d’aUtres termes, Un bon système graphIqUe est celUI qUI maIntIent l’ÉgalItÉ de dIfficUltÉ poUr le lecteUr et le scrIpteUr maIs qUI, en cas d’InÉgalItÉ, don-nera la prIorItÉ aU destInataIre de l’ÉcrIt, c’est-à-dIre aU lecteUr. Encore faUt-Il qUe la dIffÉrence ne soIt pas dIsproportIonnÉe et qUe le choIx pUIsse être concrètement proposÉ entre la prodUctIon dU scrIpteUr (l’encodage) et celle dU lecteUr (dÉcodage). La prIorItÉ donnÉe aU lecteUr ne peUt pas aller jUsqU’à crÉer, aU nIveaU dU scrIpteUr, Une dIfficUltÉ trop onÉreUse. PoUr ÉvIter toUte dIchotomIe, on parlera dÉsormaIs de système de lectUre-ÉcrI-tUre, leqUel permet l’actIvItÉ de lIre-ÉcrIre.
2.Les enjeux de l’écriture du créole A qUoI bon ÉcrIre le crÉole ? Telle est la qUestIon qUe se posent en toUte bonne foI nombre de gens qUI, dans les DÉpartements FrançaIs d’OUtre-Mer UtIlIsent qUotIdIennement le crÉole. il est vraI qUe ne pas ÉcrIre cette langUe ne constItUe en rIen Un handIcap poUr ces mêmes per-sonnes, car seUle la pratIqUe ÉcrIte de la langUe officIelle (en l’occUrrence le françaIs) est Une nÉcessItÉ absolUe de la vIe qUotIdIenne. Etre analpha-bète dans nos socIÉtÉs revIent donc non pas à ne pas savoIr lIre-ÉcrIre le crÉole maIs à ne pas savoIr lIre-ÉcrIre le françaIs. En d’aUtres termes, on peUt parfaItement n’avoIr jamaIs lU, nI ÉcrIt Un seUl mot de crÉole sans poUr aUtant être rangÉ dans la catÉgorIe des analphabètes. Alors, poUr de vraI, à qUoI bon ÉcrIre le crÉole ?
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