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La soif de bonheur

De
340 pages
Que cela soit dans le cadre professionnel où dans l’intimité, chaque individu tente de s’épanouir au quotidien. Cela représente néanmoins un défi permanent, car le désir d’être heureux se heurte bien souvent à une série d’obstacles. D’ailleurs, la conception de ce sentiment évolue en fonction des valeurs et des ambitions de chacun. Mario Proulx s’interroge : « Qu’est-ce qui compte le plus : rechercher à tout prix le bonheur ou simplement vivre le plus intensément possible? » À partir de ce postulat, le journaliste donne la parole à quinze personnalités, issus de différents domaines. Son objectif est d’essayer d’appréhender les diverses facettes d’une notion jugée souvent indescriptible. Car après tout, qu’est-ce qui est susceptible de nous apporter de la joie ? Fonder une famille, réussir une carrière ou être bien entouré peuvent être quelques pistes intéressantes. Mais à l’heure de la globalisation, les réseaux sociaux posent aussi la question de l’intimité et de la virtualité de certains liens. Et même s’il n’y a pas de véritable recette du bonheur, cet essai évoque des parcours de vie qui peuvent trouver échos dans l’expérience du lecteur.
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Mario Proulx la soif avec Christophe ANDRÉ de bonheur Frédérique BEDOS Robert BÉLIVEAU Christian BOBIN Louise BRISSETTE Pascal BRUCKNER RoseMarie CHAREST Boris CYRULNIK Albert JACQUARD Alexandre JARDIN Sonia LUPIEN Serge MARQUIS Chantal PETITCLERC PierreMarc TREMBLAY Theodore ZELDIN
Extrait de la publication
LA SOIF DE BONHEU
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LA SOIF DE BONHEU
Sous la direction de Mario Proulx avec la collaboration d’Eugénie Francœur
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Christophe ANDRÉ, Frédérique BEDOS, Robert BÉLIVEAU, Christian BOBIN, Louise BRISSETTE, Pascal BRUCKNER, Rose-Marie CHAREST, Boris CYRULNIK, Albert JACQUARD, Alexandre JARDIN, Sonia LUPIEN, Serge MARQUIS, Chantal PETITCLERC, Pierre-Marc TREMBLAY, Theodore ZELDIN
© Société Radio-Canada et Bayard Canada Livres inc., sous licence, pour la présente édition, 2012
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre : La soif de bonheur
Comprend des réf. bibliogr.
Publ. en collab. avec: Radio-Canada, Première chaîne.
ISBN 978-2-89579-448-6
1. Bonheur. 2. Engagement. 3. Vie – Philosophie. 4. Altruisme. 5. Amour. I. Proulx, Mario. II. Société Radio-Canada. Première chaîne.
BF575.H27S64 2012 152.4’2 C2012-940552-3
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2012 Bibliothèque et Archives Canada, 2012
Direction de l’édition : Yvon Métras Révision : Lise Lachance, Marie Juranville Mise en pages : Danielle Dugal Couverture : Quatre-Quarts Photo de la couverture : © Getty Images
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour des activités de développement de notre entreprise.
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Imprimé au Canada
978-2-89579-889-7
Préface
La soif de bonheurPréface
Qu’est-ce qui compte le plus, rechercher à tout prix le bonheur ou simplement vivre le plus intensément possible ? Et si le bonheur n’était pas un objectif réaliste, quelles seraient les aspirations que nous devrions cultiver : la liberté, le plaisir, la gaieté, la passion ? Mais vivre ses passions, c’est accepter les cycles de détresse et d’enchantement. Le bonheur n’est peut-être que cela au fond : vivre pleinement ce que l’on a à vivre, découvrir la personne que l’on est, « avoir une vie qui nous ressemble », comme l’exprime si bien la psychologue Rose-Marie Charest, intégrer dans sa vie extérieure le travail, les valeurs et les ambitions que l’on porte à l’intérieur de soi. Pour elle, l’engagement constitue l’un des principaux ingrédients du bonheur, parce que la grande angoisse de l’être humain, c’est sa finalité. Aller vers les autres et s’engager dans un projet, créer quelque chose, c’est investir dans plus grand que soi et laisser des traces de notre passage, au-delà de notre propre vie. Dans l’immédiat, c’est aussi dépasser nos limites.
Cette idée de l’engagement est aussi défendue depuis toujours par le grand humaniste Albert Jacquard. Pour lui, « le bonheur se vit forcé-ment à plusieurs, à sept milliards, tous ensemble, c’est cela qu’il faut essayer de développer ». Quelle erreur, dit-il, de lutter toute une vie pour développer un bonheur personnel qui va s’évanouir ! Il ne faut pas essayer d’être heureux soi-même, il faut participer à la recherche du bonheur collectif. L’égoïsme de « mon petit bonheur » ne sera jamais du bonheur, mais simplement une accumulation de satis-factions. À l’heure de la mondialisation et de l’écart croissant entre riches et pauvres, ce discours, en apparence utopiste, entre fortement en résonance avec celui des Indignés de Wall Street et de tous ceux qui aspirent à une plus grande fraternité humaine. Un autre grand sage,
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La soif de bonheurPréface
l’historien britannique Theodore Zeldin, nous invite à nous rendre utiles. Nous avons, dit-il, soixante-dix, quatre-vingts, cent ans à vivre, « allons-nous nous contenter d’être des touristes de passage ? »
Il y a toutes sortes de formes d’engagement. Former un couple et créer une famille en est une. Vous trouverez dans ce livre deux témoignages particulièrement remarquables sur l’engagement familial. La jour-naliste française Frédérique Bedos raconte l’histoire de sa famille constituée de dix-huit enfants, dont dix-sept ont été adoptés. Les parents Bedos ne pouvaient tout simplement pas vivre avec l’idée que certains enfants, trop foncés de peau, trop blessés, trop vieux ou trop handicapés ne puissent trouver de familles d’adoption. Elle raconte la touchante histoire de Pierre-Vincent, né sans bras ni jambes, adopté à l’âge de deux ans et demi, un enfant qu’elle n’a jamais entendu se plaindre : « Mon petit frère, il a le bonheur sur le visage. » Il est devenu champion de France au tir à la carabine aux Jeux paralympiques ! Elle décrit ses parents comme des créateurs de bonheur. Pour elle, « le secret du bonheur, ce n’est que ça : partager de l’amour. Et si on essaie de développer cela, on va vraiment voir le monde changer ».
Il y a, près de Québec, une famille semblable, tout à fait remarquable, fondée par une physiothérapeute et travailleuse humanitaire, Louise Brissette. Elle est mère adoptive de vingt-sept enfants, tous nés avec des déficiences physiques ou mentales. « La vie, c’est très simple, dit-elle, quoi attendre de plus que le bonheur des enfants ? On est heureux parce qu’on est ensemble. » On découvre qui on est, dit-elle, quand on est au service des autres. Un cas patent d’altruisme.
Les parents Bedos et Brissette sont des exemples d’un engagement extrême qui n’est pas à la portée de tous. Ils sont néanmoins de gran-des sources d’inspiration dans notre monde fondé sur l’individualisme et tellement enclin au cynisme. La quête du bonheur est devenue la grande affaire de notre époque. Il n’y a jamais eu autant de livres et de maîtres à penser pour nous guider sur le chemin du bonheur. La majo-rité de ces livres relève de la psychologie et s’adresse à l’individu.
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La soif de bonheurPréface
Le bonheur, y affirme-t-on généralement, se trouve en chacun de nous. Ce qui n’est pas totalement faux, évidemment. Mais les recettes de bonheur et, surtout, l’obligation d’être heureux feraient de nous des esclaves. C’est la thèse du romancier et essayiste Pascal Bruckner qui dénonce le fait que cette obligation impérieuse du bonheur nous oblige à avoir une santé de fer, une alimentation impeccable et des performances sexuelles éblouissantes. Nous sommes obsédés par la poursuite effrénée du vague, puisque personne n’arrive à définir ce qu’est le bonheur. Le bonheur, dit-il, « n’est pas un domestique qui arrive quand on siffle, ou un chien qui se couche à nos pieds. Il ressort de l’ordre de la grâce, fonce sur nous quand on ne l’attend pas et nous fuit dès qu’on essaye de le saisir ». Notre société de surconsommation nous promet le bonheur par l’acquisition de biens matériels, ce qui génère une angoisse causée par la peur constante de perdre ses biens. Et derrière cette inquiétude, dit encore Bruckner, se cache le fantasme de l’immortalité, d’où la nécessité de se bourrer de gélules, de vita-mines et d’anxiolytiques, pour pouvoir tenir jusqu’à cent ans. « Voilà comment une conquête se transforme en fardeau. »
Robert Béliveau, médecin, écrit : « Nous connaissons un confort maté-riel inespéré, inimaginable il y a cinquante ans, mais à quel prix ? C’est souvent au prix de nos relations, au prix de notre paix intérieure, le prix est exorbitant. » Le confort, obsession de notre époque, est très dangereux. Dans le bonheur, dit encore Béliveau, il y a aussi de l’in-confort, car il y a de la croissance : « Un peu comme dans une relation : si elle est seulement confortable, elle sera ennuyeuse et on la quittera. » Il faut accepter le changement, accepter que parfois « cela fasse mal ».
Reste qu’il ne sert à rien d’idéaliser le passé. Le grand neurologue, Boris Cyrulnik, rappelle les taux de mortalité épouvantables relevés e dans les populations jusqu’au XX siècle : les femmes mouraient en couche, les hommes à la guerre, dans un accident de travail ou dans une bagarre. Un enfant sur deux n’était pas élevé par ses parents bio-logiques parce qu’ils étaient morts. Le mot « bonheur » n’est apparu
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qu’avec la Révolution française. « Avant, on passait sur Terre entre deux vallées de larmes », creusées par les fautes d’Adam et Ève qu’il nous revenait de réparer.
Il serait impossible de parler du bonheur sans évoquer la question de l’amour. Bien sûr, il n’est pas essentiel de vivre en couple pour être heureux, mais la vie à deux contribue au bonheur de différentes façons. Et si on est seul et malheureux, et que l’on souhaite rencon-trer une personne, il vaudrait beaucoup mieux, estime Rose-Marie Charest, commencer par résoudre son malaise intérieur. Cela sera plus profitable parce que « c’est injuste, mais réel, les gens heureux sont plus attirants que les gens malheureux. Avant d’aller chez le coiffeur et de perdre vingt kilos, commençons par être heureux. » J’aime bien cette remarque. Et vous en apprendrez sans doute beaucoup sur l’importance souvent très « positive » du stress dans nos vies grâce au témoignage de Sonia Lupien, grande spécialiste de la question. D’ailleurs, elle nous éclaire sur les différences entre les hommes et les femmes dans leur réponse au stress, et sur le rôle de l’amitié quand vient le temps de diminuer les tensions.
Un peu comme l’amour, le bien-être au travail constitue l’un des élé-ments essentiels du niveau de bonheur d’une personne. À cet égard, ce livre soulève des questions importantes et apporte des points de vue éclairants. Il met en évidence les révolutions qu’il reste à faire pour atteindre un mieux-être collectif et individuel dans les milieux de tra-e vail. « Le travail tel qu’il a été inventé au XIX siècle est une relique qui ne nous convient plus, écrit Theodore Zeldin. Le bureau et l’or-dinateur sont devenus des prisons dont on veut sortir. » Passer huit heures, dix heures par jour, pendant quarante ans, au travail, ce n’est pas rien, et « il faut qu’on trouve le moyen d’associer le mot bonheur à ces heures-là, sinon où est le bonheur ? » lance Serge Marquis, médecin spécialiste en santé au travail. Il faut réinventer le travail parce qu’il y a « trop d’insatisfaction, trop de gens qui en deviennent malades ». Le problème central, dit-il, c’est la perte de sens.
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