Parlons Batak

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Description

Les Bataks constituent une ethnie de plus de 6 millions de personnes au nord de l'île indonésienne de Sumatra. Parmi les six groupes de Bataks, qui descendent tous du même ancêtre, les plus nombreux sont les Bataks Toba. Ils sont près de 2 millions. Leur alphabet, appelé surat batak, se distingue de l'indonésien et trouve son origine dans l'écriture brahmi de l'Inde antique, issue des écritures pallava et kawi. Voici une approche de cette ethnie, sa langue, son écriture, ses traditions, et sa place dans le monde moderne.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 73
EAN13 9782296478497

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Parlons batak

Parlons…
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Yetty Aritonang







Parlons batak

Lac Toba, Sumatra, Indonésie






















































© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55881-6
EAN : 9782296558816

Hommages et remerciements

Je voudrais remercier,

Michel Malherbe écrivain et auteur de plusieurs livres qui
m’a guidé tout au long mon écriture.

Mon fils Victor qui s’est toujours intéressé à sa culture
lointaine et m’a aussi poussé à approfondir ma propre
culture.

Mon oncle Binnen Van Harianja et ma tante Tiurma
Situmorang (propriétaire de Vanesha Hotel, à
TolpingSamosir) à Médan, qui m’ont aidé à vérifier la culture
Batak que j’ai écrit.

Mon cousin Daniel Jalentar Nababan, qui m’a aidé pour la
partie dictons, maximes et poèmes.

L’Ambassade d’Indonésie à Paris qui m’a toujours
soutenue.

Togi Sianturi, Pandapotan Sidabutar, Duaon Sinaga,
Ramses Hala Sinaga, Maryo Kempes Aritonang, Saut
Parulian Sitohang, et Novel Simbolonqui m’ont aidé pour
certaines traductions en langue Batak.
Toutes ces personnes s’occupent du site internet
www.gobatak.com. Ce site internet a pour objet de
promouvoir la culture Batak et de développer le tourisme
chez les Batak. Vous pouvez aussi me retrouver aussi sur
ce site.

Introduction

Les Bataks constituent une ethnie de plus de 6 millions de
personnes sur les 13 millions de la province du Nord de
l’ile indonésienne de Sumatra (source de Badan Pusat Statistik
Provinsi Sumatra utara, août 2010). On distingue parmi eux six
groupes dont les langues sont proches mais distinctes. Les
Bataks considèrent qu’ils descendent tous d’un ancêtre
commun nommé Si Raja Batak. Ces groupes sont :
les Angkola
les Dairi ou Pakpak
les Karo
les Mandailing
les Simalungun
les Toba.

LES DIALECTES DU BATAK

Les plus nombreux sont les Bataks Toba, ceux dont nous
présentons la langue ici. Ils sont près de 2 millions.
Viennent ensuite les Dairi Batak ou Pakpak, au nombre
d’environ 1.200.000, puis les Simalungun, dits aussi
Timur (ce qui signifie Nord) ou Simalungan qui sont
environ 800.000. Le quatrième groupe par ordre
d’importance numérique est celui des Bataks Karo avec
600.000 âmes. Le groupe le moins nombreux est celui des
Mandaling Batak ou Batta, qui ne sont pas plus de
500.000.

LE LACTOBA

Tano Batak, le pays batak, occupe environ 50.000 km²
autour du vaste lac Toba (Tao TobaouDanau Toba) ainsi
qu’une partie de l’arrière-pays montagneux de la province
de Sumatra Nord. Situé à environ 900 mètres d’altitude, le
lac Toba est le plus vaste lac volcanique du monde, et le
plus grand lac du Sud-Est asiatique : la superficie de son
plan d’eau d’environ 1707 km² représente près du double
de celle du lac Léman.

Dans le Nord de Sumatra, il y a plus de 74.000 ans, se
produisit l’une des plus grosses éruptions volcaniques de
la planète, celle qui donna naissance au lac Toba. Les
scientifiques ont fait toute une série de relevés et de
mesures sur les cendres de la région et tout indique que la
grosse éruption du Krakatau en 1883 n’était en rien
comparable à celle qui forma cette caldeira. L'explosion
est la plus importante jamais connue, 10.000 fois plus
importante que celle du mont St Helens en 1980,
considérée comme l'une des plus importantes. L'énergie
libérée équivaut à 1 milliard de tonnes de TNT, soit
67.000 fois la bombe d'Hiroshima.

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Le lac est ce qui reste du cratère effondré. Il mesure 100
km de long sur 31 km de large et atteint 450 mètres de
profondeur en certains endroits. Au centre, l’île de
Samosir a été créée par une éruption plus petite, il y a
environ 35 000 ans.

Le lac Toba est dominé par la chaîne volcanique du Bukit
Barisan d’où s’élève une série de sommets qui se situent à
quelque 200 mètres au-dessus du niveau de l’eau; le plus
connu d’entre eux est le mont Pusuk Buhit, berceau
mythique et Olympe du peuple batak. Selon des sources
légendaires, le tout premier village batak aurait été celui
de Si Anjur Mula-Mula situé sur le flanc ouest du mont
Pusuk Buhit.

Les mythes du pays batak disent que le lac Toba aurait été
créé à la suite de la malheureuse rupture d’une promesse
sacrée. Le châtiment divin noya tous les villages de la
région.
Il existe diverses versions de ce récit, mais elles
s’accordent généralement pour situer le peuplement
original des ancêtres des Batak (les Si Raja Batak) sur l’île
2
de Samosir, dont les 630 kmémergent dans la partie
centrale du lac Toba. De fait, Samosir est une presqu’île et
n’est devenue une île que vers le début du siècle lorsque
les Hollandais ont fait percer d’un canal le bras de terre la
reliant à la rive, afin de pouvoir en faire le tour par bateau.
Aujourd’hui une route asphaltée et un pont au-dessus du
canal permettent d’atteindre Samosir en voiture.

La population se serait ensuite développée autour de ce
centre initial, jusqu’à atteindre la côte Ouest de Sumatra,
du Nord de Barus au Sud de Sibolga, la “baie aux belle
eaux” (tapian na uliserait originaire “Tapanuli”). d’où

11

Parallèlement une population très proche des Batak
colonisait l’île de Nias au large de Sibolga et y développait
une remarquable civilisation mégalithique.

C’est principalement par cette côte et particulièrement par
la région de Barus que les Bataks ont eu très tôt des
contacts avec le monde indien, puis avec les Perses et les
Arabes et enfin avec les Européens.

Cependant ces contacts anciens n’ont pas conduit à une
pénétration en profondeur des “étrangers”, et malgré un
commerce actif dont témoignent aujourd’hui encore le
grand nombre de porcelaines chinoises utilisées
traditionnellement par les Batak, le caractère le plus frappant de
l’histoire de notre peuple est la préservation de son
isolement qui lui a permis de demeurer longtemps
pratiquement ignoré.
Cet isolement fait que le pays batak peut être considéré du
point de vue géographique et historique comme ayant
constitué une sorte “d’île intérieure” d’un type particulier.
Il s’y est développé une culture qui constitue un légitime
objet de fierté pour l’ensemble des habitants de l’archipel
indonésien.

HISTOIRE DE L’ETHNIE BATAK

L’ancêtre des Bataks, Si Raja Batak et son peuple sont
arrivés sur l’île de Sumatra il y a environ 2.500 ans, à
partir de Mongolie, Manchourie, Taïwan, Philippines et de
Thaïlande en passant par la péninsule de Malaisie. Une
fois sur l’île, ils ont décidé de s’installer sur un volcan, à
Dolok Pusukbukitau bord du lac Toba.

Des inscriptions datant de 1208 ont été retrouvées àDolok
Pusukbukitle professeur indien Nilakantisari, un par

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expert en archéologie venu de Madras. Il a expliqué que le
roi Rajendra Chola I Royaume de Chola venant de
Coromandel en Inde du Sud a attaqué le royaume de
Sriwijaya en 1017 et 1025 et a pris le contrôle de la ville
de Barus. Ce peuple du Royaume de Chola était
probablement composé de Tamouls que l’on retrouve
encore de nos jours dans la ville de Barus (on en
compterait encore environ 1.500).

Si Raja Batak aurait vécu dans les années 1250 (début du
ème
13 siècle)après J-C. Un de ses derniers descendants
historiques, Sisingamangaraja XII (Marga Sinambela), est
mort en 1907 en se battant contre les Hollandais.
Avant de fuir à Dolok Pusukbukit, Si Raja Batak était un
officier du royaume de Sriwijaya. Il siégeait dans la ville
de Barus. Le royaume de Sriwijaya contrôlait alors une
grande partie de l’ouest de l’archipel indonésien, dont la
capitale était Palembang.

Pendant l’invasion du peuple indien du royaume de Chola,
Si Raja Batak et ses combattants ont dû se retrancher à
Dolok Pusukbukit, volcan situé au sud du lac Toba.
Si Raja Batak détient son titre de roi non pas en raison
d’une descendance, mais grâce à la reconnaissance de son
peuple.
ème
Vers la fin du 13siècle, le royaume de Sriwijaya fut
également attaqué au sud par le royaume de Majapahit.

Le royaume Batak a été fondépar un roi nommé le
Sultan Maharadja Bongsusa femme etSiboru Deak
Parujarvers l'année 1280.
Le mot batak (sous la forme batech) a été employé par
Marco Polo en 1292. Il signifiait «guerriers sauvages,
polythéiste et cannibale». En effet, à cette époque, ce

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peuple n’était pas encore sous l’influence de la religion
musulmane.

Le mot batech a été aussi utilisé par la suite par le
ème ème
colonisateur hollandais aux 18et 19siècles.

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PREMIÈRE PARTIE

Description de la langue

L’ALPHABET BATAK

Aksara Batak


L'alphabet batak, ousurat batak, trouve son origine dans
l’écriture Brahmi de l'Inde antique issue des écritures
Pallava et Kawi.

Il existe plusieurs formes de cetalphabet :Toba, Karo,
Dairi, Simalungun et Mandaling.

Forme TOBA
Les consonnes :


Des signes diacritiques indiquent les voyelles :

Forme KARO
Les consonnes :

Des signes diacritiques indiquent les voyelles :

Forme DAIRI
Les consonnes :


Des signes diacritiques indiquent les voyelles :

Forme SIMALUNGUN
Les consonnes :


Des signes diacritiques indiquent les voyelles :

Forme MANDAILING
Les consonnes :

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