Parlons Bouriate
190 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Parlons Bouriate

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
190 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

La Bouriatie est l'une des 21 républiques de la Fédération de Russie. Elle est située autour du célèbre lac Baïkal. Le bouriate, langue proche du mongol, parlé par 28 % de la population d'environ un million d'habitants, est menacé par le russe, également officiel au sein de la République. Toutefois, un renouveau d'intérêt pour la culture et les traditions bouriates est nettement perceptible depuis quelques décennies.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2012
Nombre de lectures 72
EAN13 9782296488090
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

PARLONS BOURIATE
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions

Parlons shina, Karim KHAN SAKA, 2012 .
Parlons batak , Yetty ARITONANG, 2011.
Parlons kimbundu , Jean de Dieu N’SONDÉ, 2011.
Parlons taiwanais , Rémy GILS, 2011.
Parlons iaaï, Daniel MIROUX, 2011.
Parlons xhosa , Zamantuli SCARAFFIOTTI, 2011.
Parlons géorgien, Irina ASSATIANI et Michel MALHERBE, 2011.
Parlons tedim, Joseph RUELLEN , 2011.
Parlons serbe, K. DJORDJEVIC, 2011.
Parlons talysh , Irada Piriyeva, 2010.
Parlons gagaouze , Güllü Karanfil, 2010.
Parlons dogon, Denis Amadingue DOUYON, 2010.
Parlons nheengatu, Ozias AlvesJr., 2010.
Parlons tpuri, Kolyang Dina TAIWE, 2010.
Parlons sakha , Émilie MAJ et Marine LE BERRE-SEMENOV, 2010.
Parlons arabe libanais , Fida BIZRI, 2010.
Parlons fang. Culture et langue des Fang du Gabon et d’ailleurs , Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE, 2010.
Parlons amis , Rémy GILS, 2010.
Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan , Afghanistan, Tadjikistan et Chine , Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture, Kofi ADU MANYAH, 2009.
Parlons akyé bodin , Firmin AHOUA & Patrice ACHIE BROUH, 2009.
Parlons balinais , Made Windu Antara KESIMAN, Michel MALHERBE, 2009.
Parlons slovaque , Etienne BOISSERIE, Diana JAMBAROVÁ et Vlasta KŘEČKOVÁ, 2009.
Parlons néwari, Sushila MANANDHAR, 2009.
Parlons farefari, Mary Esther Kropp Dakubu, 2009.
Parlons allemand , Hervé RICHARD, 2009.
Galina DRUON

PARLONS BOURIATE

Russie-Baïkal
© L’Har mattan , 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http ://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56994-2
EAN : 9782296569942
Je tiens à remercier Bair Dambarintshinov et Bernard Druon
pour leur précieuse aide.
Chers lecteurs,

Loin en Sibérie, presque à l’autre bout de notre planète, se trouve la République de Bouriatie, le vieux sommet de la tête de l’Asie, comme on appelle notre pays. C’est une région de hautes montagnes, de puissantes rivières, d’une nature étonnante et sauvage, de lacs de toutes tailles. Les paysages ressemblent à ceux des Alpes suisses aussi bien que des steppes mongoles ou de la taïga russe. Le lac Baïkal, le plus profond du monde, est chez les Bouriates, qui le nomment la mer sacrée.
Entre la France et la Bouriatie, il y a 11 000 kilomètres, mais les deux pays sont sur le même continent, l’Eurasie. Peu importe la distance, l’archéologue sibérien Oklanikov a trouvé que les dessins des grottes de Lascaux et ceux de Bouriatie ont le même style, jusque dans les infimes détails.
Le livre Parlons bouriate ne se limite pas à la présentation de la langue, il dit tout ce que nous avons envie de dire de notre beau pays, de son histoire, de ses traditions nationales. Nous voulons vous faire rencontrer notre peuple, celui des rives du lac sacré, le Baïkal, ce peuple bien plus proche de l’Europe par bien des aspects de sa vie et de ses aspirations.
Que ce livre vous donne envie de venir chez nous, dans notre beau pays, et de parler bouriate.

Galina Druon
Introduction
LA BOURIATIE
La République de Bouriatie est l’une des plus belles régions de la Sibérie orientale. Elle surprend par la diversité étonnante de sa nature qui réunit harmonieusement la grandeur et la puissance du Baïkal, les étendues immenses de la taïga, les rivières abondantes et les cimes enneigées des Saïans. La République de la Bouriatie est située dans la partie sud de la Sibérie orientale, au sud-est du lac Baïkal. Au sud, la République jouxte la Mongolie, au sud-ouest, la République de Touva, au nord-ouest, la région d’Irkoutsk et à l’est, la région de Tchita.
C’est le pays des chamans et des anciennes légendes, dont celle du Cygne Blanc que nous présenterons dans la partie consacrée à la culture.

LA BOURIATIE EN BREF
L’une des républiques de la Fédération de Russie, en Sibérie orientale

Capitale : Oulan-Oude
Président : Viatcheslav Nagovitsine
Population : 963 492 hab. (2010)
(urbaine 60 % ; rurale 40 % / les Russes constituent 2/3 de la population, les Bouriates 28 %)
Densité : 2,7 hab./km2
Superficie : 351 334 km2
Point culminant : Mounkou-Sardyk
Мүнхэ-Һарьдаг (3 491m), en russe : Мунку-Сардык
Langues officielles : russe, bouriate
Nombre de locuteurs bouriate : 368 807 (en 2002)
Fuseau horaire : UTC+8 (cinq heures de différence avec Moscou)
Aujourd’hui, on peut estimer le nombre total de Bouriates dans le monde à 430 000 personnes. Plus de la moitié de la population bouriate vit en Bouriatie, surtout dans la capitale, Ulan-Oudé. En dehors du territoire russe, on trouve encore des Bouriates séparés de leur terre historique, en Mongolie et en Chine (Mongolie intérieure). À cela on doit ajouter une diaspora dont le nombre n’est pas connu précisément, mais il peut être estimé à 10 % du total : dans les grandes villes russes (Moscou, Saint-Pétersbourg, etc.) ainsi qu’en Europe, en Australie, aux USA.
Première partie : Description de la langue

AVERTISSEMENT
Le bouriate est une langue mongole qui, par bien des aspects, peut dérouter le lecteur français. Nous avons pris le parti de ne pas nous éloigner des concepts du français et donc de n’expliquer que très imparfaitement l’originalité de la langue. Nous recommandons vivement au lecteur de lire l’ouvrage Parlons mongol de Jacques Legrand, dans notre collection, qui expose de façon bien plus rigoureuse les principes des langues mongoles. Notre objectif, bien plus modeste, se limite à la découverte du monde bouriate, de sa langue comme de sa culture.
HISTOIRE DE LA LANGUE LITTÉRAIRE BOURIATE
La langue bouriate est la langue des Bouriates, habitant la République de Bouriatie, ainsi que l’ancienne circonscription d’Oust-Orda (aujourd’hui l’oblast’ d’Irkoutsk), ainsi que dans l’ancienne circonscription d’Aginsk (aujourd’hui dans l’oblast’ de Tchita). La langue bouriate fait partie du groupe des langues mongoles (mongol, bouriate, kalmouk…).
Dès la fin de XVII e siècle, les Bouriates ont commencé à se servir de l’écriture de l’ancien mongol. On peut trouver une riche littérature pré-révolutionnaire écrite ainsi. Pendant trois siècles, cette écriture a été celle de la littérature bouriate, mais elle n’était accessible qu’à l’élite du pays. La langue bouriate était principalement parlée et présentait plusieurs dialectes, employés dans la vie quotidienne.
Le devenir de la langue littéraire bouriate ne changea pas à la Révolution de 1917, mais à partir du début des années trente : Dès 1931, la langue bouriate était interdite en Bouriatie, résultat d’une lutte de soviétisation contre le pan-mongolisme. Les Bouriates se sont trouvés devant le problème de la création de la nouvelle langue écrite : Le dialecte songol a été choisi, les partisans de cette langue trouvaient que sa proximité avec la langue mongole permettait aux Bouriates parlant d’autres dialectes de ne pas perdre le lien avec le monde mongol, et l’alphabet latin fut choisi pour cette nouvelle écriture. Le changement radical de la langue a demandé la création de nouvelles règles de l’orthographe, la rédaction de nouveaux manuels, l’enseignement de nouvelles méthodes et la formation de professeurs de la nouvelle langue bouriate.
Cependant, cette langue avec l’utilisation de l’alphabet latin était trop éloignée de la langue parlée et ne pouvait pas exercer les fonctions publiques. Cela a amené à un nouveau remplacement de la langue bouriate.
Dès 1938, c’est le dialecte Khori qui s’imposa, et l’on remplaça l’alphabet latin par le cyrillique, qui avait le grand avantage de russifier le pays… On lui ajoutait trois lettres spéciales pour exprimer les sons de la langue bouriate qui manquent dans la langue russe. Il fallait de nouveau changer les règles, les manuels, et élaborer des nouvelles méthodes d’apprentissage.
Si cette nouvelle langue littéraire bouriate existe depuis près de soixante-dix ans, ce qui permit l’accès à de nombreuses œuvres de romans, de théatre, et de traductions de la littérature classique russe et étrangère, ainsi que de dictionnaires fondamentaux, de manuels pour les écoles et les écoles supérieures ; cette langue littéraire était entièrement exclue de la vie publique du peuple bouriate. On éloignait de la conscience du Bouriate la représentation de son appartenance culturelle et ethnique au monde mongol avec son ancienne et riche histoire.
Car, à la fin de la « Grande Guerre patriotique », comme est nommée la Deuxième Guerre mondiale en Russie, on affirmait la conception de la formation de la communauté commune : « le peuple soviétique ». Cette campagne politique ne pouvait être qu’extrêmement négative pour la langue bouriate. Dans toutes les écoles, on interdisait la langue bouriate et on introduisait le seul russe comme langue principale. La population bouriate a réagi de façon pragmatique. Les Bouriates étaient inquiets pour leurs enfants : il n’était possible de recevoir une bonne formation et d’entrer dans l’enseignement supérieur qu’à la condition de maîtriser le russe. Le bouriate littéraire était devenu inaccessible et on ne s’en préoccupait plus. En outre, à cette période, on réduisit les émissions de radio et télévision en bouriate. Pourtant, les intellectuels avaient prédit dès les années 1920-1930 que le bouriate ne pourrait survivre isolé des autres langues mongoles. Seul en face du russe, le bouriate serait inévitablement évincé. Ce pronostic s’est malheureusement confirmé. La sphère du bouriate s’est réduite depuis soixante-dix ans et atteint un point critique, car voilà déjà la troisième génération de Bouriates qui ne connaissent plus du tout leur langue. Les Bouriates, soviétisés, percevaient cette situation comme absolument naturelle, la langue russe étant devenue pour eux leur langue maternelle.
C’est la nouvelle politique de liberté d’expression et de publication d’informations, la « glasnost », introduite par Mikhaïl Gorbatchev en URSS en 1985, qui donnera un souffle nouveau à la langue bouriate. Dès 1986 s’ouvrent des écoles en langue bouriate dans la ville d’Oulan-Oude. Dès 1991,l’université bouriate d’État ouvre la faculté de la philologie bouriate, où les professeurs accomplissent une importante mission de développement et de l’enseignement de la langue bouriate.
Ces vingt dernières années, en Bouriatie, plus d’attention est donné à la propagande de la culture bouriate, ainsi a augmenté considérablement le volume des documents en langue bouriate dans les médias. Les fêtes traditionnelles sont de retour, comme l’arrivée du nouvel an bouriate « Sagaalgan » (Сагаалган) . Les nouvelles générations découvrent, ou redécouvrent, leur Histoire et leurs traditions à travers leur langue renaissante. La
République de Bouriatie a aujourd’hui deux langues officielles : Le russe, et le bouriate.
Malgré tout, en 2002, l’UNESCO a considéré que la langue bouriate était menacée et l’a inscrite « au livre Rouge ».
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA LANGUE
Le bouriate est une langue agglutinante très proche du mongol, de la famille turco-mongole qui se caractérise par de nombreux suffixes et l’ordre des mots dans la phrase sujet-complément-verbe (SOV). Plus précisément, le bouriate appartient au groupe oirat-khalkha de la famille mongole, comme le mongol et le kalmouk-oirat. On parle aussi bouriate, sous diverses formes dialectales, dans le nord-ouest de la Chine et le nord-est de la Mongolie. Le kalmouk, quant à lui, est parlé dans la république éponyme de la basse Volga.
Après une politique très volontariste de russification pendant la période soviétique, la langue bouriate est en recul, peut-être même en danger. Les jeunes ont tendance à ne parler que russe et l’on estime que 20 % d’entre eux ne parlent que le russe. Cependant, le bouriate a un statut de langue officielle à côté du russe et l’enseignement du bouriate est obligatoire à l’école primaire. On peut donc espérer une amélioration de la situation avec un plus grande unité de la langue aux dépens des nombreuses variantes dialectales.
ÉCRITURE ET PRONONCIATION
Jusqu’en 1931, le bouriate s’écrivait en colonnes verticales avec l’alphabet mongol. De 1931 à 1937, le régime soviétique tenta d’introduire l’alphabet latin, mais celui-ci fut remplacé par l’actuel alphabet bouriate, basé sur le cyrillique, qui exprime parfaitement le système phonétique de la langue. En outre, cet alphabet facilite l’apprentissage du russe. Cet alphabet est le suivant :
Аа Бб Вв Гг Дд Ее
Ёё Жж Зз Ии Йй Кк
Лл Мм Нн Оо Өө Пп
Рр Сс Тт Уу Үү Фф
Хх Һһ Цц Чч Шш Щщ
ъ ы ь Ээ Юю Яя

Les 36 lettres de l’alphabet comprennent donc 12 voyelles : а, о, у, я, е, ё, э, ө, ү, и, ы, ю ; une semi-voyelle -й et 21 consonnes б, в, г, д, ж, к, л, м, н, п, р, с, т, ф, х, һ, ц, ч, ш, щ ainsi que les deux lettres ь, ъ appelées signe mou et signe dur, qui jouent le même rôle qu’en russe.
Les lettres ө, ү, et h n’existent pas en russe.
Les lettres в, к, ф, ц, ч, ш, щ, ъ (signe dur) ne s’emploient que dans des mots empruntés au russe comme вагон, валенки, вареники, кадр, канал, капитал, касса, кино, фабрика, ферма, футбо л цирк, цемент, час, чемодан, щётка, съезд, etc. En outre, les lettres ц et ч n’apparaissent que dans des emprunts au tibétain comme Цэдэн , Чимит, etc. Les autres lettres rendent des sons qui sont purement bouriates. À noter que la lettre н rend deux sons distincts : en finale elle se prononce presque ng , alors qu’elle garde sa valeur normale en tête ou en milieu de mot.
Les voyelles
On les répartit en deux groupes, les voyelles brèves et les voyelles longues :
• voyelles brèves : а, э, ү, о, у, и ;
• voyelles longues (indiquées par le redoublement de la lettre) : оо, өө, үү, ээ, уу, ы, ии .
Les voyelles longues аа, оо, ээ, уу , après une consonne douce, s’écrivent яа, ёо, еэ, юу .
Parfois le changement de longueur de la voyelle produit un mot de sens différent : yла , semelle, et уyла , montagne ; зан , caractère , et заан , éléphant ; дара , presser , et даара , geler ; ou bien боро , gris , et бороо , pluie .

Les diphtongues
Il existe 5 diphtongues qui sont : ай, ой, уй, эй, үй .
Les sons spécifiques du bouriate
La prononciation est sensiblement celle des lettres cyrilliques de l’alphabet russe à l’exception des lettres suivantes :
• һ, ү, ө ;
• һ est un h très aspiré ;
• ү est situé entre les sons ou et u du français mais plus proche du ou . Seule l’articulation est différente. La distinction entre y et ү est l’une des difficultés de la prononciation du bouriate ;
• ө équivaut à eu en français.
Cependant, la lettre г ne correspond que lointainement à un g et se prononce un peu comme un r grasseyé mais non roulé. En finale, elle se prononce sensiblement comme k .
Ajoutons que le н en finale est instable et disparaît parfois
au contact d’une désinence. Quand il est effectivement en finale, il se prononce presque comme ng en français et jamais nasalisé comme dans les mots français an ou on .
Le lecteur se reportera au CD-ROM qui accompagne ce livre pour acquérir une bonne prononciation.
L’accentuation
L’accent, peu marqué, tombe sur la première syllabe des mots. Les linguistes ne s’accordent pas sur le rôle joué par l’accentuation en bouriate.
L’harmonie vocalique
Le bouriate, comme les autres langues turques et mongoles, respecte l’harmonie vocalique. Selon la qualité de la voyelle de la première syllabe d’un mot, les syllabes suivantes accordent leur voyelle avec celle-ci. Ainsi, si la première syllabe comporte l’une des voyelles а, и, о, у, я, ё, ю, аа, оо, уу, яа, ёо, ай, ой, уй , les voyelles des syllabes suivantes appartiendront à la même série. De même, si la voyelle de la première syllabe est э, ү, ээ, өө, үү, эй ou үй , les autres syllabes devront comporter exclusivement une voyelle de la même série.
Le groupe nominal
Le bouriate compte 7 cas qui s’expriment par des suffixes ajoutés au radical du nom :
1. Nominatif ( нэрын падеж )
2. Génitif ( xамаанай падеж )
3. Datif/locatif ( зүгэй падеж )
4. Accusatif ( Үйлынпадеж )
5. Instrumental ( зэбсэгэй падеж )
6. Comitatif ( xамтын падеж )
7. Ablatif ( гаралайпадеж )

Le nominatif
Cas du sujet, ne prend pas de désinence.
Le génitif
Peut prendre l’une des désinences suivantes :
• -ай (-эй, -ой )
• -гай (-гай, -гой) après une voyelle longue
• -ын
• -иин
• -н

Exemples :

хүн ( homme ) donne хүнэ й
класс ( classe ) donne классай
гол ( rivière ) donne голой
буу ( fusil ) donne буугай
кино ( cinéma ) donne киногой
шоссе ( grande route ) donne шоссегэй
хада ( montagne ) donne хадын
хани ( ami ) donne ханиин
үргы donne ургын
Le datif/locatif
Peut prendre l’une des désinences suivantes :
• -да (- до , - дэ ), si elle apparaît après l’une des consonnes л, м, н, ж, з ;
• -та (-тэ, -то) après les autres consonnes.

Exemples :

гал ( feu ) donne галда
эм ( médicament ) donne эмдэ
он ( année ) donne ондо
театр ( théâtre ) donne театрта
щелочь ( alcali ) donne щёлочьто
L’accusatif
Peut prendre l’une des désinences suivantes :
• -ые (-ы )
• -иие (-ии )
• -е
• -гые (-гы )

Exemples :

шара ( jaune ) donne шарые
хараа ( regarde ) donne хараае
дэн ( lampe ) donne дэнгые
L’instrumental
Peut prendre l’une des désinences suivantes :
• -аар (-ээр, -оор, -өөр)
• -яар (-еэр, -ёор)
• -гаар (-гээр, -гоор, -гөөр)
Exemples :
баха (grenouille) donne бахаар
бэхэ (encre) donne бэхээр
һургуули (école) donne һургууляар
морин (cheval) donne морёор
эхин (début) donne эхеэр
борбилоо (moineau) donne борбилоогоор
һалаа ( branche ) donne һалаагаар
Le comitatif
Peut prendre l’une des désinences suivantes
• -тай (-тэй, -той)

Exemples :

Сара – Саратай
дэмжэлгэтэй
avec le père абатай
avec la mère эхэтэй
avec la serrure замагтай
chez le médecin эмшэндэй

L’ablatif
Peut prendre l’une des désinences suivantes :
• -һаа (-һээ, -һоо, -һөө) après toutes les lettres sauf н
• -гһаа (-гһээ, -гһоо, -гһөө) après н

Exemples :

аба ( père ) – абаһаа
эжы (mère) – эжыһээ
зүн (été) – зүнгһөө
ан (bête sauvage) – ангһаа
эн – энгһээ
Le pluriel des noms
Il se forme grâce à un suffixe ajouté à la racine du mot exprimant le singulier.
Après la plupart des consonnes (б, в, г, д, з, м, н, п, с, ф, ц, х) , ce suffixe est -ууд ou -үүд choisi en fonction des règles de l’harmonie vocalique.
Après une voyelle ou l’une des consonnes ч, ш, щ, ж, л, р , ce suffixe -нууд ou -нүүд toujours en fonction des règles de l’harmonie vocalique.

Exemples :

cheval морин chevaux моринууд
médecin врач médecins врачнууд
montagne хада montagnes хаданууд
porc гахай porcs гахайнууд

Il existe cependant de nombreuses irrégularités dans la formation des pluriels.
Ainsi, les noms de profession, de membres de la famille et les pronoms personnels forment leur pluriel en -нар (-нэр, -нор) . En réalité, ce suffixe est, à l’origine, un nom qui désigne une collectivité : багша , professeur , donne багшанар (qui peut signifier le corps enseignant )
Les adjectifs
L’adjectif épithète se place avant le nom qu’il qualifie.

Exemple :

сагаан стол table blanche (blanc/table)
Comparatif et superlatif
Ils s’expriment à l’aide d’adverbes tels que маша ( très ), угаа ( très ), тон , эгээн ( le plus ), уйгаргуй

notre maison est un peu plus grande que la vôtre
манай гэр танай гэрһээ уйгаргүй ехэ
(notre/maison/votre/maison-de/ /grand)

le meilleur эгээн һайн (le plus/bon)

шангаханаар plus fort
aажамханаар plus lentement
удааншагаар plus lentement

Comparatif d’infériorité : moins fort
Parfois on exprime l’intensité d’une qualité en redoublant partiellement l’adjectif.

Exemples :

уб улаан très rouge
саб сагаан très blanc
хаб хара très noir
Postpositions
dans соо / соогуур
sous доогуур / доpo
sur дээрэ
au-dessus de дээгүүр
après / derrière һүүлдэ / хойно
avant урда
pendant дабдээрээ
pour тула / тулoo
avec шамтaй
près de хажууда / дэргэдэ
entre / au milieu de дундуур / дунда
au-dessus de дээгүүр
à côté de хажууда
en bas de доро
grâce à ашаар
à cause de дашарамдуулан
au sujet de ушараа р / тухай
avance yрагшаа

Exemples :

après la leçon хэшээлэй һүүлдэ
près de l’école һургуулиин хажууда
c’est derrière vous энэ хойнотнайбайна

On constate que le nom prend une désinence de cas quand il est suivi d’une postposition (ici - эй et - ин ) :

tout près de хойто / болоод
dans quelques jours xэды үдэр болоод
au milieu de түбииндунда

La préposition française sans se rend en bouriate par le suffixe -гүй.

Exemples :

un homme sans cheval моригүй хүн
une steppe sans eau уһагүй тала
Les pronoms personnels
je би (нам)
tu ши (шам)
il/elle тэрэ (тэрээн)
nous бидэ (-н, -нэр)
vous т а (таанар)
ils/elles тэдэ (-нэр,-ээн)
Les pronoms personnels se déclinent. Au singulier, on a :
nominatif би ши тэрэ
génitif минин шинии тэрээнэй
datif / locatif намда шамда тэрээндэ
accusatif намайе шамайе тэрээниие
instrumental намаар шамаар тэрээгээр
comitatif намтай шамтай тэрээнтэй
ablatif намһаа шамһаа тэрээнһээ

Au pluriel, on a :
nominatif бидэ та тэдэ
génitif бидэнэй танай тэдэнэй
datif / locatif бидэндэ танда тэдэндэ
accusatif бидэниие танине тэдэниие
instrumental бидэнээр танаар тэдэнээр
comitatif бидэнтэй тантай тэдэнтэй
ablatif бидэнһээ танһаа тэдэнһээ
Les possessifs
Les possessifs peuvent se présenter sous deux formes. Ils peuvent s’exprimer par des suffixes qui sont les suivants :
1 e personne du singulier ( mon/ma/mes ) - мни
2 e personne du singulier ( ton/ta/tes ) - шни
3 e personne du singulier ( son/sa/ses ) - иинь
1 e personne du pluriel ( nos ) - мнай
2 e personne du pluriel ( vos ) - тнай
3 e personne du pluriel ( leurs ) - ынь
Exemple :
mon père aбамни

On peut aussi exprimer le possessif par les adjectifs suivants :

mon / ma / mes минии
ton / ta / tes шинии
notre манай
votre танай
son /sa / ses / leur тэдээнэй

Exemples :

notre école манай һургуули
votre livre танай ном

Attention, quand le possessif se rapporte au sujet de la phrase, il prend une forme différente. C’est une distinction importante que connaît le russe. Dans la phrase il lit son livre , le français est ambigu : il peut s’agir de son propre livre ou du livre d’une tierce personne. En russe, on distingue nettement сво я книгa dans le premier cas de ег о книгa dans le second. En bouriate, on dit qu’il existe un possessif impersonnel (car la personne n’est pas précisée), équivalent de l’exemple précédent. Il s’exprime par un préfixe (ce qui est exceptionnel en bouriate)
Les démonstratifs
Comme en français, il y a deux démonstratifs :
ce…ci энэ
ce…là тэрэ

Leurs pluriels sont respectivement

ceux-ci эдэ
ceux-là тэдэ
Le verbe
La conjugaison des verbes
Les différents temps se conjuguent en ajoutant au radical un suffixe caractéristique du temps verbal auquel on ajoute une désinence correspondant à la personne du sujet. Ces désinences sont :

1 e pers. singulier -б / -м
2 e pers. singulier -ш
3 e pers. singulier --
1 e pers. pluriel -бди, -мди
2 e pers. pluriel -т
3 e pers. pluriel –д
(la troisième personne du singulier ne porte pas de désinence)
Les désinences de la 1 e personne en м sont une forme dialectale de la région d’Irkoutsk.
Le présent
Il se forme en ajoutant au radical du verbe le suffixe -на (-нэ, -но) qu’on fait suivre de la désinence de la personne.

Exemples :

j’écris би бэшэнэб
tu écris ши бэшэнеш
il / elle écrit тэрэ бэшэнэ
nous écrivons бидэбэшэнэбди
vous écrivez та бэшэнэт
ils / elles écrivent тэдэбэшэнэд
j’écris une lettre би бэшэгбэшэнэб
le professeur écrit багша бэшэнэ
le cheval va моринябана
je vois би харанаб
ils se reposent амарнад (verbe амарxa , se reposer )
l’élève s’efforce de résoudre le problème
һурагша тоогоо бодохоо оролдоно
Le passé
Il se forme en ajoutant le suffixe -ба (-бэ, -бо) au radical du verbe.

Exemples :

j’ai lu би уншабаб
tu as lu ши уншабаш
il / elle a lu тэрэ уншаба
nous avons lu бидэ уншабабди
vous avez lu та уншабат
ils / elles ont lu тэдэ уншабад

Dans le cas d’un passé éloigné, on emploie un participe avec le suffixe -нхай (-нхэй, -нхой) .

Exemples :

arrivé depuis longtemps ерэнхэй
parti depuis longtemps ошонхой
Le futur
Il se forme en ajoutant le suffixe -ха (-хэ, -хо) au radical du verbe.

Exemples :

il arrivera ерэхэ
il écrira уншаха
L’impératif
Au singulier, il se réduit au radical verbal. Au pluriel, on ajoute le suffixe - гты .

Exemples :

lis ! унша ! lisez ! уншагты !
fais ! хэ ! faites ! хэгты !
écris ! бэшэ ! écrivez ! бэшэгты !

Pour former l’impératif de la première personne du pluriel, on ajoute l’un des suffixes -я (-е, -ё) .

Exemples :

allons ! ябая (du verbe ябаxa )
partons ! ошоё (du verbe ошоxo )
arrivons ! ерэе (du verbe ерэхэ )

Pour donner un ordre à la troisième personne du singulier (ce qui se rend en français par un subjonctif : qu’il aille ), le bouriate emploie le suffixe г .

Exemples :

qu’il fasse хэг (du verbe хэхэ )
qu’il prenne абаг (du verbe абахa )
qu’il vienne ерэг (du verbe ерэхэ )

-аарай ( -ээрэй , -оорой , -өөрэй ), -гаарай ( -гээрэй , -гоорой , -гөөрэй ), -яарай , ( -еэрэй , -ёорой ), абажа.
Les participes
On trouve l’équivalent du participe présent formé avec l’un des suffixes - гша ( -гшэ , -гшо ), -ааша ( -гоошо , -гээшэ , -гөөшэ ).

Par exemple :

lisant (en train de lire) уншааша
courant (en train de courir) гүйгөөшэ

Le participe passé peut avoir plusieurs formes. La plus simple emploie le suffixe -аа (-оо, -ээ, -өө) . Sa forme négative s’obtient en ajoutant le suffixe -гүй (-дуй) .

Un participe du passé accompli se forme avec le suffixe -hан (-hэн, -hон), qui exprime que l’action a commencé et s’est achevée dans le passé. Ce suffixe s’emploie avec les verbes auxiliaires.

Exemples :

ерэһэн байна il est arrivé
һууһан байна il s’est assis

Le participe futur a pour suffixe -ха ( -хэ , -хо ).

Exemples :

ерэхэ il viendra
уншаха il lira
Les gérondifs
Ils sont assez nombreux en bouriate (une dizaine) et ont une grande importance. Ils peuvent marquer diverses nuances comme le prolongement de l’action, la succession de deux actions, la condition, etc. Les gérondifs sont des formes impersonnelles qui indiquent une action en même temps que celle du verbe principal. En français, la forme du gérondif est en disant , en chantant , etc. Le gérondif ne se trouve jamais à la fin de la phrase.

Exemple :

le printemps arrivant, il se met à pleuvoir
xабар боложо, бороооробо

Dans ce cas, le suffixe du gérondif - жа ( -жэ , -жо ) marque le lien entre deux actions. On aurait de même prenant , абажа ; arrivant , ерэжэ , etc. On peut dire que le gérondif permet de former un verbe composé où le sens du gérondif joue le rôle principal.

Un autre gérondif fait appel à la série de suffixes -аад ( -ээд , -оод , -өөд ), qui deviennent -гаад (-гээд, -гоод, -гөөд) après une voyelle longue ou une diphtongue.

Exemples :

je me suis établi en ville
би город ошоод ерээб
(je / ville / en-allant / suis arrivé)

en arrivant à la maison, je lis un livre
би гэртээ ерээд ном уншанаб
Les verbes factitifs
Ils se forment avec le suffixe дaхa(дохо /) .

Exemple :

хонходохо appeler au téléphone (faire-sonner)
Les verbes réfléchis
Ils se forment en insérant l’infixe - гда après le radical.

баригдана se construit
бариха construire
Le passif
Un procédé de dérivation verbale permet de former les passifs.
On emploie l’infixe placé après le radical verbal.

Exemple :

le mouton a été mangé par le loup
хонин шонодо эдеэлхэ
Le mot « loup » est au datif, car c’est lui le bénéficiaire de l’acte.
La négation
De nombreuses particules marquent la négation : -үдүй, -дуй, үгы, -гүй, бэшэ, бү . La particule de la négation үды (-дүй) s’emploie après le participe passé. En revanche, les particules үгы et бэшэ s’emploient dans tous les cas possibles et s’écrivent séparément. Elles peuvent traduire l’expression il n’y a pas.

Exemples :

магазинда сахар үгы байна
il n’y a pas de sucre au magasin

энэ ном шиниибэшэ
ce livre n’est pas à toi
(ce / livre / tien / n’est-pas)

энэ карандаш бэшэ
ce n’est pas un crayon

Доржодо шинии ном үгы
Dorjo n’a pas ton livre

энэ ном шинии бэшэ.
ce livre n’est pas le tien

мэдэхэгүй
ne sait pas

Доржо мүнөөдэр ерэбэгүй
Dorji n’est pas venu aujourd’hui

Pour traduire la négation française pas encore , on emploie le suffixe - дүй оu - үдүй .

Exemples :

( il ) n’est pas encore arrivé ерээдүй

temps qui n’est pas encore arrivé (c’est-à-dire le futur)
ерээдүй саг
Le verbe être et le verbe avoir
Dans certains cas, le verbe être ne s’exprime pas :

eманай гэрбулэдэ дүрбэн хүн
nous sommes quatre dans notre famille
(notre / famille-dans / quatre / personne)

La façon habituelle de rendre le verbe avoir est d’employer le cas comitatif comme dans la phrase :

намда хоёр миисгэй бии
qu’on peut traduire mot à mot : à-moi / deux / chat / est.
Le conditionnel
On le construit avec le suffixe -бал (-бэл, -бол) ajouté à la racine du verbe.

Exemples :

s’il part
ошобол

si l’élève répond bien
hурагшын һайнаар харюусабал

si tu veux avoir bonne santé
Элγγр энхэ байхаа hанаа hаа
L’interrogation
Les principaux interrogatifs sont :

qui ? хэн ?
à qui ? юугээр ?
de qui ? хэнэй ?
quoi ? юун ? / юу ?
où ? (sans mouvement) хаана ? / хаагуур ?
où ? (avec mouvement) хайша ? / хаагуур ?
d’où ? хаанаһаа ?
quand ? хэзээ ?
quand ? (à quelle date) хэдыдээ ?
quel ? ямар ?
combien ? хэды ?
comment ? хэр ?
pourquoi ? юундэ ?

Ces interrogatifs peuvent prendre les différents cas avec les désinences correspondantes. On aura, par exemple :

avec qui ? хэнтэй ?
avec quoi ? юунтэй ? юутэй ?
où l’on voit que -тай (-тэй, -той) sont les désinences du comitatif.

Si la phrase interrogative ne comporte pas l’un des interrogatifs ci-dessus (comme c’est le cas dans les phrases interrogatives françaises avec l’inversion ou la locution est-ce que ), le bouriate marque l’interrogation avec une particule interrogative placée en fin de phrase. Cette particule peut être гү , гүт ou гүш .

Exemples :

écris-tu une lettre ? ши бэшэг бэшэнэ гүш ?
lisez-vous un livre ? та ном уншана гүт ?

Si la phrase comporte un mot interrogatif, on place cependant à la fin de la proposition la particule бэ ou б .

танай багша хэн бэ ? qui est ton professeur ?
ямар шэрээр будаатайб ?
La phrase
L’ordre des mots dans la phrase, comme nous avons déjà eu l’occasion de le voir, place le sujet en tête, suivi des compléments. Le verbe est toujours à la fin de la proposition.

Le discours indirect
On fait appel au gérondif гэжэ du verbe гэхэ , dire / parler . La construction est celle de l’exemple suivant :

газаа дулаан болобо гэжэ Самбу хэлэбэ
Sambu a dit qu’il commençait à faire chaud dehors
(dehors / chaud / il-devient / en-disant / Sambu / signifie)
Les nombres
Le système de numération est décimal et régulier.

1 нэгэ(н)
2 хоёр
3 гурба(н)
4 дүрбэ(н)
5 таба(н)
6 зургаа(н)
7 долоо(н)
8 найма(н)
9 юһэ(н)
10 арба(н)
11 арбан нэгэн
12 арбан хоёр
20 хори(н)
23 хорин гурбан
30 гуша(н)
40 душэ(