Parlons Taiwanais

-

290 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La plupart des Taïwanais d'aujourd'hui descendent de populations chinoises du Fujian et du Guangdong qui auraient émigré à Taiwan dès le XVIIe siècle avec leurs langues, leurs religions et leurs traditions. La langue officielle, celle utilisée par les médias et pour l'éducation, est le chinois mandarin, mais c'est le taïwanais qui constitue véritablement le cœur et l'âme de l'identité formosane.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 107
EAN13 9782296476745
Poids de l'ouvrage 13 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème







Parlons taiwanais






















© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56513-5
EAN : 978229656135

±







Parlons taiwanais
















ǯ

Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions

Parlons iaaï,Daniel MIROUX, 2011.
Parlons xhosa, Zamantuli SCARAFFIOTTI, 2011.
Parlons géorgien,ASSATIANI et Michel MALHERBE, Irina
2011.
Parlons tedim,Joseph RUELLEN,2011.
Parlons serbe,K. DJORDJEVIC, 2011.
Parlons talysh, Irada Piriyeva, 2010.
Parlons gagaouze, Güllü Karanfil, 2010.
Parlons dogon,Denis Amadingue DOUYON, 2010.
Parlons nheengatu,Ozias AlvesJr., 2010.
Parlons tpuri,Kolyang Dina TAIWE, 2010.
Parlons sakha, Émilie MAJ et Marine LE BERRE-SEMENOV,
2010.
Parlons arabe libanais, Fida BIZRI, 2010.
Parlons fang. Culture et langue des Fang du Gabon et
d'ailleurs, Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE,
2010.
Parlons amis, Rémy GILS, 2010.
Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan,
Afghanistan, Tadjikistan et Chine, Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture, Kofi ADU MANYAH, 2009.
Parlons akyé bodin, Firmin AHOUA & Patrice ACHIE
BROUH, 2009.
Parlons balinais, Made Windu Antara KESIMAN, Michel
MALHERBE, 2009.
Parlons slovaque, Etienne BOISSERIE, Diana JAMBAROVÁ
et Vlasta KěEýKOVÁ, 2009.
Parlons néwari,Sushila MANANDHAR, 2009.
Parlons farefari,Mary Esther Kropp Dakubu, 2009.
Parlons allemand, Hervé RICHARD, 2009.
Parlons tcherkesse, Amjad JAIMOUKHA, Michel
MALHERBE, 2009.
Parlons moba, langue du Nord-Togo, Pierre REINHARD,
2009.
Parlons shanghaïen,Feng LI, 2009.


On n’habite pas un pays, on habite une langue.
Une patrie, c’est cela et rien d’autre.

Emil Michel Cioran,Aveux et anathèmes, 1987


Carte de l’archipel de Taiwan

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier toutes les personnes qui, d’une façon
ou d’une autre, ont contribué à la réalisation de ce livre, à
savoir :
Huang Fanyu (湫㡝暐), pour sa précieuse collaboration
concernant les traductions chinoises et la maquette de la
couverture.
Les prêtres missionaires de la Société des Missions
Etrangères de Paris (MEP) basés à Taiwan et tout
particulièrement les pères Yves MOAL et Jean-Pierre
RICHARD, tous deux locuteurs du taiwanais, qui m’ont
guidé lors de mes premiers pas dans l’île et beaucoup appris
sur la culture insulaire.
M. Michel MALHERBE, directeur de la Collection
Parlons… pour sa patience, sa sympathie et son travail de
relecture et de correction attentives.
Les Editions l’Harmattan, qui pour la troisième fois
consécutive me permettent de faire connaître une langue de
Taiwan à des lecteurs francophones.
Mes amis et mes proches à Taiwan et en France pour leur
soutien perpétuel et leurs encouragements.
Et surtout, un grand merci au peuple taiwanais qui
m’accueille depuis près de cinq ans et à qui je dédie tout
naturellement ce livre.
Enfin, que le lecteur veuille bien excuser les probables
lacunes ou inexactitudes que pourrait comporter ce travail.





AVANT-PROPOS

La population mondiale a récemment passé le cap des 7
milliards d’habitants. Ainsi, le nombre d’humains
augmente en même temps que leur monde se standardise et
s’uniformise toujours davantage. Cette homogénéisation
destructrice ne se fait pas seulement au détriment des
ressources naturelles mais également des ressources
culturelles. Il est donc vital de prendre conscience que la
pluralité et la diversité des cultures orales, aujourd’hui
sacrifiées sur l’autel d’un développement effrénée et
aveugle, constituent une extraordinaire richesse pour
l’espèce humaine.
Dans un monde de plus en plus globalisé, il est donc
dans l’intérêt de chacun d’élargir son horizon en se dotant
d’une meilleure compréhension des autres peuples et
cultures, en voyageant notamment mais aussi, la langue
étant la racine de toute culture, en s’initiant à une langue
étrangère.
Entreprendre l’étude d’une langue différente de la
sienne est en soi une initiative des plus fabuleuses, une
merveilleuse aventure qui permet de savoir comment les
autres pensent le monde et appréhendent la vie. Ce n’est
certes pas chose facile et on ne parle pas couramment une
langue du jour au lendemain mais ce problème n’est
aucunement insurmontable. L’approfondissement d’une
langue doit être progressif.
Avant de pouvoir communiquer avec quelqu’un dont on
ne parle pas la même langue, il est évidemment
indispensable de connaître au préalable les bases
fondamentales de l’idiome de son interlocuteur.
De nos jours, pour ce qui est du chinois mandarin ou du
japonais par exemple, les sources d’informations sont
innombrables. Les méthodes d'auto-apprentissage et autres
guides de conversations abondent sur le marché et ont tous

grandement facilité l’accessibilité de ces langues au grand
public. A l’heure d’Internet, on peut même s’avancer à dire
qu’il n’a jamais été aussi facile d’apprendre une langue
étrangère tellement la documentation y est abondante.
Cependant, il est des langues moins accessibles à un
public francophone étant donné la rareté des outils et des
publications en français sur celles-ci. C’est le cas par
exemple pour la langue taiwanaise dont traite le livre que
vous tenez entre les mains, la plupart des études
linguistiques la concernant étant presque exclusivement en
chinois, en japonais ou en anglais.
Par conséquent, cette méthode est une des premières du
genre rédigée dans la langue de Molière et est destinée aussi
bien à ceux qui possèdent des rudiments de chinois et
désirent s’initier au taiwanais qu’à ceux n’ayant aucune
connaissance de ces deux dernières langues. Articulée en
plusieurs parties, elle permet de saisir clairement les
notions de base de la prononciation et de la grammaire
taiwanaise et propose une traduction en alphabet latin et
son équivalent en caractères chinois complétés parfois par
une traduction mot à mot. Une deuxième partie propose de
nombreuses phrases utilisées dans la conversation courante
puis le chapitre suivant se présente sous la forme d’un
abécédaire consacré à la culture taiwanaise. Enfin, deux
lexiques contenant le vocabulaire essentiel de la langue
closent cet ouvrage.
En espérant que pour vous, le taiwanais ne soit bientôt
plus du chinois, je vous souhaite une bonne lecture !







10


INTRODUCTION

Géographie
2
Avec ses 36.000kmde superficie, Taiwan est une île
relativement petite mais très densément peuplée. Elle est
située géographiquement au sud-est de l’immense
continent chinois, entre le Japon au nord et les Philippines
au sud.
Avec la Chine, la Mongolie, le Japon et les deux Corées,
Taiwan fait partie de l’asie du Nord-Est, plus connu chez
nous comme Extrême-Orient.
Le pays étant en grande partie montagneux, la
population se concentre surtout dans les plaines qui
représentent à peine 30% de la superficie totale de l’île.
L’ouest de l’île est la région la plus densément peuplée à
savoir les grandes plaines alluviales deJianan(▱⋿⸛⍇)
et dePingtung (⯷ 㜙 ⸛ ⍇) au sud et les bassins de
Taichung(⎘ᷕ䙮⛘) au centre et deTaipei(冢⊿䙮⛘) au
nord. La côte orientale, quant à elle, est un Taiwan
beaucoup moins industrialisé dont la population se
regroupe principalement dans la plaine deYilan(嗕春⸛⍇)
et la vallée du rift oriental (剙㜙䷙察) entreHualien et
Taitung. Le territoire comprend plus de 1500 km de côtes.
Cinq chaînes de montagnes traversent longitudinalement le
territoire. L’immense ensemble que constitue la chaîne de
montagne centrale (ᷕ ⣖ Ⱉ 傰) englobe les chaînes du
Yushan(䌱ⰙⰙ傰) et deAlishan(旧慴ⰙⰙ傰) au sud et
deXueshan(暒ⰙⰙ傰) au nord et comprend les principaux
parc nationaux de l’île. Ces reliefs comptent de nombreux
sommets dépassant les 3500 m d’altitude, notamment le
Xueshan(暒Ⱉ), leNanhudashan(⋿㷾⣏Ⱉ), leGuanshan
(斄Ⱉ) ou encore leQilaishan (⣯厲Ⱉ). Mais le point

culminant de l’île reste le Mont de jade (䌱Ⱉ) avec ses
3952 mètres d’altitude.
Enfin, à l’est, le long de la côte pacifique s’étend une
longue cordillère littorale (Dongbu hai’an shanmai 㜙悐㴟
ⱠⰙ傰). Son point culminant, le montXingang (㕘㷗Ⱉ)
atteint à peine 1682 mètres d’altitude.

Climat
Située sur le tropique du Cancer (⊿徜㬠䶂), l’île de
Taiwan jouit d’un climat subtropical au nord et tropical au
sud. Les étés sont longs et caniculaires tandis que les hivers
sont courts et plutôt doux.
L’été, chaud et humide, commence en mai et finit vers
octobre. A cette période, le taux d’humidité atteint une
moyenne de 80% et les températures moyennes en plaine
s’échelonnent entre 25 et 30 degrés. La saison sèche s’étale
de novembre à février. En plaine, les températures
hivernales ne sont jamais négatives (environ 14 degrés en
janvier) mais l’humidité ambiante contribue grandement à
rafraîchir le climat. En haute montagne, sur les reliefs les
plus élevés, il n’est pas rare qu’il neige en hiver.
Il pleut souvent mais les précipitations se concentrent
surtout en été et dans les régions septentrionales de l’île. La
saison depluie des prunes (㠭 暐) en mai/juin apporte
beaucoup de précipitations. Il tombe en moyenne 2500mm
de pluie par an, ce qui permet aux insulaires de procéder
annuellement à deux ou trois récoltes de riz.
Enfin, les mois d’été, Taiwan est régulièrement balayé
par de violents typhons.

Population et démographie
Plus de 23 millions d'habitants peuplent l’île et la densité
moyenne de population est l’une des plus fortes du globe
2
(plus de 600 habitants au km ).

12

La population insulaire est relativement homogène car
composée en majorité de descendants de Han de langue
chinoise (97%). On distingue quatre principaux groupes
ethnolinguistiques (⚃ᾳ⣏㕷佌) :
— Les Min du Sud (Băn-lăm-lăng 救⋿Ṣ) ouHoklo
(Hoࡋh-ló-lăng 䤷ἔṢ) représentent le plus grand groupe
ethnique de l'île et constituent plus de 70% de la population
totale. Leurs ancêtres, venus du sud de la rivière Min, dans
la province chinoise du Fujian, auraient émigré à Taiwan
ème
dès le XVIIsiècle. À l’instar des Hakka, ils sont
considérés comme les Taiwanais dits de souche
(pún-tó௨-lăng 㛔 ⛇ Ṣ oupún-xíng-lăng 㛔 䚩 Ṣ qui
signifientles hommes de cette terre) et portent la
dénomination depatates douces (han-qƱ 哫 啗), ils
représentent plus de 80% de la population de l’île.
— Les Hakka (Keh-lăng ᐈே), eux aussi d’ethnie han,
sont principalement originaires de la province du
Guangdong. Ils font partie de la première vague de
migrants continentaux à avoir traversé le détroit pour
ème
s’installer à Taiwan au XIIIsiècle. Ils compteraient pour
plus de 10% de la population insulaire.
— Les continentaux (gnja-xíng-lăng ⢾ 䚩 Ṣou
gnja-tƝ-lăng⢾ ⛘ Ṣ), qui sont arrivés avec le
gouvernement nationaliste du Guomindang après que les
communistes ont pris le contrôle du continent en 1949. Ils
sont désignés par le termetaro(ǀ௨-á刳Ṽ) et représentent
moins de 15% de la population totale.
— Les aborigènes (Gǎan-cnj-bƱn ཎ ఫ Ẹ),
culturellement et racialement distincts des trois autres
groupes, représentent moins d’un demi-million de
personnes soit seulement 2% de la population taiwanaise.
Il faut savoir que les Chinois Han n’ont pas toujours été
ème
majoritaires sur l’île. Au XVIIsiècle, l’île était encore
peuplée en majorité d’aborigènes. À l’arrivée des
13

Hollandais en 1624, le nombre de Chinois Han vivant dans
l’île n’excédait pas le millier de personnes. Lorsque
Koxingaà Taiwan quarante ans plus tard, débarqua
plusieurs dizaines de milliers de Chinois peuplaient déjà
l’île. En 1680, on n’en comptait pas moins de 100 000.
ème
Au début du XIXsiècle, la population chinoise de
l’île atteignait les deux millions de personnes. Un siècle
plus tard, en 1901, les Japonais recensèrent plus de trois
millions de Chinois à Taiwan alors que le chiffre de la
population aborigène excédait à peine plus de 100 000
habitants. La population insulaire aurait doublé durant
l’occupation nippone de l’île. Ainsi, elle atteignait plus de
six millions de personnes à l’arrivée des soldats
nationalistes dans les années cinquante. Dès lors, la
population chinoise de Taiwan ne va pas cesser
d’augmenter jusqu’à aujourd’hui pour atteindre plus de
vingt millions d’âmes. En cinquante ans, la population
insulaire a donc plus que triplé.

Les langues
Le chinois mandarin (Kok-gí⚳婆) reste la seule langue
officielle de Taiwan. Cette dernière langue est la première
au monde, un terrien sur quatre la parlant.
Sous le régime de Tchang kaï-chek, parler une autre
langue que le mandarin était formellement interdit et même
durement puni. Certes, l’établissement par le Guomindang
du mandarin comme langue unique a constitué un excellent
moyen de communication intercommunautaire mais cela
s’est fait au détriment des différentes identités insulaires.
Les autres dialectes régionaux comprennent le taiwanais
et le hakka (Keh-nje ⭊ 娙). Depuis la levée de la loi
martiale en 1987, les Taiwanais sont libres de parler leur
langue natale sans risque de finir en prison.
De nos jours, une grande partie des adultes et des
personnes âgées à travers l’île s’expriment en taiwanais ou
14

en hakka y compris les hommes politiques. Il y a eu en effet
ces dernières décennies de nombreuses réformes
linguistiques et par la même occasion un grand regain
d’intérêt pour ces langues locales, auxquelles s’identifient
entièrement de nombreux Taiwanais de souche. En 2001,
l’enseignement obligatoire de ces langues a même été établi
dans les écoles primaires par l’ancien président Chen
Shui-bian mais celles-ci restent toutefois mieux comprises
que correctement parlées par les jeunes générations. D’une
manière générale, on trouve davantage de locuteurs du
taiwanais dans les régions rurales et le sud du pays et il
s’agit de personnes d’un certain âge tandis que le mandarin
est plus parlé en milieu urbain par les jeunes en majorité,
notamment dans la capitale. Dans l'inconscient collectif,le
taiwanais véhicule une image plus virile et masculine que le
mandarin et on peut dire que beaucoup de jeunes « parlent
en chinois mandarin et jurent en taiwanais ».
En période d’élections, très fréquentes à Taiwan, les
candidats utilisent davantage la langue taiwanaise que celle
de Pékin.
Anecdote intéressante : dans le métro des grandes villes
et le train, les stations sont annoncées non seulement en
mandarin mais aussi en taiwanais, en hakka et en anglais.
Dans les régions de Hualien et de Taitung, fief de la tribu
amis, il n’est pas rare d’entendre les annonces dans la
langue de cette dernière tribu à l’intérieur des gares.
Il existe en effet plus d’une dizaine de langues
aborigènes encore parlées à travers l’île. Elles
appartiennent toutes à la famille austronésienne. Si les
vieux aborigènes pratiquent encore leur langue maternelle,
celle-ci est de moins en moins familière aux nouvelles
générations, qui parlent souvent à leurs parents en
mandarin uniquement.
Avant que le mandarin ne soit décrété langue d’État par
le gouvernement nationaliste, la plupart des insulaires

15

parlaient principalement le taiwanais ou le japonais. Il n’est
pas rare d’apercevoir encore des personnes âgées parlant
mieux ces deux langues que le mandarin voire qui ne savent
pas du tout parler mandarin. Aujourd’hui, les lycéens qui
apprennent une deuxième langue étrangère choisissent
d'abord le japonais.
L’anglais enfin, a beau avoir une place de plus en plus
importante dans la société taiwanaise et être la principale
langue étrangère parlée, le taux de personnes la parlant de
manière courante est cependant très bas. Les Taiwanais
semblent éprouver une grande difficulté à lire les lettres
latines. Toutefois, dans la vie courante ou lorsqu’ils
apprennent des langues étrangères, les Taiwanais aiment
prendre un prénom étranger, le plus souvent anglais.



Femme aborigène taroko arborant un tatouage facial. (East Asia
Image Collection)

16

PREMIÈRE PARTIE
DESCRIPTION DE LA LANGUE


Qu’est-ce que le taiwanais ?
A l’instar du shanghaien, du hakka ou encore du
cantonais, le taiwanais (Tăi-ǎan-nje⎘䀋娙ouTăi-gí⎘婆)
est une langue chinoise appartenant à la famille des langues
sino-tibétaines. Elle est parlée par environ 15 millions de
personnes à travers l’île de Taiwan soit près des trois quarts
de la population totale insulaire et constitue ainsi la seconde
langue majoritaire après le mandarin. Un autre terme pour
désigner ce langage esthokkien taiwanais(en taiwanais
Tăi-ǎan băn-lăm-gú⎘䀋救⋿婆). On trouve encoreholo
(Hoࡋh-ló-nje 䤷 ἔ 娙).Băn(救) est un autre nom pour
désigner la province du Fujian alors quelămsignifiesuden
taiwanais. Littéralement,băn-lăm-gú (救 ⋿ 婆) signifie
doncla langue qui est parlée dans le sud du Fujian. En
chinois, cette langue se ditminnan.
Le minnan, dont est originaire le taiwanais, est parlé par
près de cinquante millions de personnes à travers le monde,
non seulement en Chine (dans les provinces du Fujian, du
Guangdong, dans le sud des provinces du Zhejiang et du
Jiangxi et dans l’île de Hainan mais aussi à Hong Kong,
Singapour, Brunei, en Indonésie, aux Philippines, en
Malaisie et en Thaïlande. Par ailleurs, les origines de cette
langue remonteraient à des temps encore plus anciens que
le mandarin.
Le taiwanais parlé à Taiwan est une variante du minnan,
langue importée par les premiers colons chinois, ancêtres
des Taiwanais qui, en proie à des persécutions dans le sud
du Fujian, vinrent se réfugier de l’autre côté du détroit. La
plupart des Taiwanais de souche ont pour ancêtres des

migrants fujianais originaires pour la plupart des régions de
Zhangzhou(㻛ⶆ) etQuanzhou(㱱ⶆ).
L’accent de Zhangzhou (lƗi-pǀ௨-kiuĶ ℏ 悐 僼) se
retrouve dans le taiwanais parlé par les populations de
l’intérieur de Taiwan comme celles du bassin de Taichung,
de Changhua ou de Chiayi mais c’est à Yilan qu’il est le
plus semblable.
Quant à l’accent de Quanzhou (hái-káo-kiuĶ 㴟⎋僼),
on le retrouve surtout à Lugang et plus largement chez les
habitants des régions côtières notamment celles de Penghu.
Le taiwanais parlé dans le bassin de Taipei et la région
de Hsinchu est très similaire au dialecte de Xiamen (⹰攨),
connu autrefois sous le nom d’Amoy alors que celui parlé
dans le sud, à savoir dans les régions de Tainan, Kaohsiung
et Taitung est un taiwanais standard (tong-hƱng-kiuĶ 忂埴
僼).

Écriture et prononciation
Le taiwanais utilise un même système de caractères
monosyllabiques que les autres langues chinoises.
Cependant, ce sont les caractères du chinois classique qui
sont utilisés à Taiwan (tout comme à Hong Kong) et non
l’écriture simplifiée en usage sur le continent. Bien que de
nombreux caractères soient semblables à ceux utilisés pour
le mandarin, une multitude d’autres symboles iconiques
sont propres à la langue taiwanaise.
En revanche, la langue orale diffère complètement.
Ainsi, un locuteur du taiwanais peut lire les mêmes
caractères et communiquer à l’écrit avec une personne
parlant le mandarin mais ces deux personnes seront en
revanche incapables de se comprendre mutuellement s’ils
emploient leurs langues respectives à l’oral.
Le taiwanais n’a pas une longue tradition écrite. Il faudra
ème
attendre le XIXsiècle pour que des missionnaires

18

presbytériens transcrivent la langue taiwanaise parlée en
alphabet latin. Cette orthographe latine a pour nom
peࡋh-nje-rƯ (䘥娙⫿) et sera suivie par de plusieurs autres
systèmes de romanisation comme leTăi-gí tong-iǀng
ping-im(⎘婆忂䓐㊤枛).
Notons que le système de romanisation utilisé dans ces
pages par l’auteur est une transcription phonétique
personnelle assez proche du peࡋh-nje-rƯ.

Les voyelles
La voyellease prononce comme dans le motpapa.
Leese prononceècomme dans le motmère.
La voyelle ideux prononciations différentes. S’il est a
seul ou suivi par un arrêt glotalh, lei estlong et se
prononce comme dans le motchiisme. Si en revanche la
voyelle est suivie par d’autres consonnes que leh, elle se
prononce comme unisimple comme dans le motvie.
La lettreoa elle aussi deux prononciations distinctes. La
voyelle sera longue comme dans le motzooelle est si
utilisée seule ou suivi d’unhbien alors prononcée ou
comme uno français(comme pour mot) si d’autres
consonnes la suivent.
Enfin leuse litoucomme dans le motdoux.
L’exposantĶ placéaprès une voyelle indique que sa
prononciation doit être nasale. (ex :aĶ)
Diphtongues
aise prononce comme dans le mot françaistravail.
aocomme dans le motMacao.
iacomme dans le mothiatus.
iocomme dans le motbio.
iucomme dans le motcaillou.
uacomme dans le motcouard.
uecomme dans le motvouer.
uicomme dans le motouïe.

19

Triphtongues
iaose prononce comme le mot dansniaouli.
uaicomme dans le motgouaille.

Les consonnes
Les consonnesb, k, l, m, n, p, s, et tse prononcent
comme leur équivalent en français.
Lecse prononcetscomme dans le mottsigane.
La lettregse prononce comme dans le motgorilleet leg
doublé d’unu seprononcegu commedans le mot
Guatemala.
Leh estfortement aspiré et se lit comme unr dur
comme dans le motroute.
La consonne doublengest nasale et correspond au son
ngdans le nomTanguy. Elle se retrouve souvent dans les
terminaisonsang,ingetong.
Leqse littchcomme dans le motTchad.
La lettrerest prononcéejcomme dans le motjupe.
Lex, fortement aspiré, se prononcech commedans
Chine.
Les syllabes consistent au maximum en une consonne
initiale, une voyelle, une console finale et un ton.
Exemple :personne, individu l/ӽ/ng(Ṣ)

Les tirets indiquent qu’il s’agit d’une seule et même
syllabe.
Exemple :Ombre lăng-iáĶ (Ṣ⼙)

Les tons
Le taiwanais est, tout comme le mandarin, une langue
tonale. Le sens d’un mot dépend donc de l’intonation tonale
employée pour le prononcer. Alors que la grammaire
s’avère beaucoup plus simple que celles des langues de
Molière ou de Shakespeare, les tons constituent cependant
l’un des aspects les plus complexes pour les apprenants de
20

la langue taiwanaise. De plus, le taiwanais n’en compte pas
moins de 8 au total !
Les tons se distinguent par l’ajout de signes tonaux.

Les tons et leurs signes
ton signedescription
tonal
er
1ahaut et plat, non accentué
ème
2 áhaut et tombant
ème
3 àbas et tombant
ème
4ah / akbas et court, toujours suivi par les
ap / atconsonnesh, k, pout
ème
5 ă bas et montant
ème
6 áidentique au second ton
ème
7 Ɨ bas et plat
ème
8ah / akhaut et court, toujours suivi par les
aࡋp /ࡋatconsonnesh, k, pout

Une même syllabe prononcée avec une intonation
différente peut donc avoir plusieurs sens :
syllabe caractèrechinois traductionfrançaise
bé楔/屟 cheval / acheter
bČ 徟 tenter, charmer
bƝ 岋/ᶵ vendre / ne pas…
beࡋh湍 blé
bࡋek満 silence


Grammaire

Particularités de la langue
A l’opposé des difficultés liées à l’écriture
idéographique et à la phonétique, la grammaire du

21

taiwanais demeure assez simple et très proche de celle des
autres langues chinoises (mandarin, cantonais, hakka…)
Les noms sont invariables, il n’y a pas d’articlesun, une,
le, lani de distinction féminin / singulier ou de pluriel.

Exemples :
niao-á(尻Ṽ) peut signifierun chat, le chat, les chatsou
encoredes chats.
C’est seulement d’après le contexte ou par l’ajout d’une
particule que l’on peut déterminer si un nom est singulier
ou pluriel.

Exemple :
mon chat est très mignon
gúa-Ɵniao-á qin kó௨-cui(ㆹ䘬尻Ṽ䛇⎌抸)
(mon / chat / très / mignon)
donne au pluriel :
mes chats sont tous très mignons
gúa-Ɵniao-á lóng qin kó௨-cui(ㆹ䘬尻Ṽ㒷䛇⎌抸)
(mes / chats / tous / très / mignons)

Construction des phrases
Dans une phrase taiwanaise, l’ordre de base des mots est
généralement le même qu’en français, à savoir: sujet +
verbe + complément

Exemples :
j’écoute de la musiquegúa tiaĶim-gaࡋk(ㆹ倥枛㦪)
(je / écouter / musique)
vous lisez un livre lín kùaĶ-ceh(⿩䚳Ⅎ)
(vous / regarder / livre)
nous regardons la télévision gúan kuàĶtiƗn-xƯ
(旖἖シ䚳暣夾)(nous / regarder / télévision)


22

Le verbe
Les verbes taiwanais sont invariables et ne se conjuguent
pas comme leurs homologues français. Il n’y a pas de
formes verbales telles que l’infinitif, les participes ou
encore le gérondif. Il n’y a pas non plus d’accord avec le
sujet, ni en genre ni en nombre. On a une forme verbale
unique que l’on utilise pour toutes les personnes et tous les
temps. Enfin, le verbe peut être composé d’une seule
syllabe ou bien être bisyllabique.

Exemples :
manger qiࡋah(梇)
prendre un repas qiࡋah-pnࡃg(梇梗)
(manger / riz)
je mangegúa qiࡋah(ㆹ梇)
je mange des nouillesqi gúaࡋah mƯ(ㆹ梇湝)
(je / manger / nouilles)
il mange du tofu iqiaࡋh tƗo-hnj (Ẳ梇寮僸)
(il / manger / tofu)
boirelim(⓱)
boire de l’eau lim-cúi(⓱㯜) (boire / eau)
boire du thé lim-tČ(⓱勞)(boire / thé)
je boisgúa lim(ㆹ⓱)/(je / boire)
je bois de l’eau gúa lim-cúi(ㆹ⓱㯜)
(je / boire /eau)
nous buvons de l’alcool gúan lim-qiú(旖⓱惺)
(nous / boire / alcool)

Auxiliaires être et avoir
Quand il s’agit d’indiquer un état, l’auxiliaireêtre se
traduit par le motxƯ(㗗).
Exemples :
elle est françaisei xƯhuat-kok-lӽng(Ẳ㗗㱽⚳Ṣ)
(elle / être / française)
23

il est étudianti xƯhaࡋk-xing(Ẳ㗗⬠䓇)
aujourd’hui, c’est lundikin-á-rࡋÕt xƯpài-it
(ṲṼ㖍㗗㊄ᶨ)
(aujourd’hui / être / lundi)
la fleur est rougehue xƯ ӽng-Ɵ (剙㗗䲭䘬)
/ être / rouge / particule (fleurƟ)

Dans certains cas, le verbeêtrepeut être omis devant des
adjectifs et remplacé par des adverbes superlatifs comme
très(qin䛇) outrop(xiuĶ  ) par exemple.
Exemples :
je suis très occupé gúa qin bǂ-Ʊng(ㆹ䛇䃉改)
(je / très / pas de temps libre)
la montagne est haute suaĶqin ko(Ⱉ䛇檀)
(montagne / très / haute)
c’est vraiment bon ! qit-Čqin hó-qiaࡋh !
(忁ᾳ䛇⤥梇)
(ceci / très / bon à manger)
vous êtes trop poli ! lí xiuĶkeh-kì !(Ἀ㯋⭊ )
(vous / trop / poli)

Êtredans le sens dese trouver, se situerse dittƯ (ữ).
Exemples :
il est chez lui i tƯcù lí(Ẳữ⍅墉)
(il / se trouver / maison / dedans)
je suis à Tainan gúa tƯTăi-lăm(ㆹữ⎘⋿)
(je / se trouver / Tainan)
ta place est ici líƟ nji tƯqia(Ἀ䘬ỵữ怖)
(ta / place / se trouver / ici)
où est…, où se trouve…?…tƯ-tó-nji ?(…ữ⎐ỵ)
(se trouver / où)

24

L’auxiliaireavoirdans le sens deposséderouexisterse
traduit par le motnj(㚱).
Exemples :
j’ai du temps libre gúa nj-Ʊng(ㆹ㚱改)
(je/ avoir / temps libre)
il y a des places videsnjkang-nji(㚱䨢ỵ)
(avoir / vide / place)

Le temps des verbes
On utilise en général des adverbes de temps
(aujourd’hui, hier, demain…) pour exprimer des actions se
déroulant à différents moments. Ces indications
temporelles se placent généralement devant le verbe.
Enfin, dans une même phrase, ce sont les mots indiquant
le temps qui doivent précéder ceux indiquant le lieu.
Exemples :
demain, j’irai a Taichung
bƱn-á-cài gúa beh kì Tăi-tiong(㖶Ṽ庱ㆹ㫚⍣⎘ᷕ)
(demain / je / vouloir / aller / Taichung)
ce soir, il va aller voir un film(au cinéma)
iƝ-hng beh kì kùaĶ-tiƗn-iáĶ (Ẳᶳ㖷㫚⍣䚳暣⼙)
(il / ce soir / vouloir / aller / voir / film)
il a été hospitalisé hier soir
i ca-àm rࡋÕp-ƯĶ (Ẳ㗐㘿ℍ昊)
(il / hier soir / être hospitalisé)

En ce qui concerne les mots indicatifs de la durée, ils se
placent très souvent en fin de phrase.
Exemples :
combien de temps met-on en train jusqu'à Kaohsiung ?
cƝhúe-qia kào Ko-hiǂng ài lnja-kú ?
(⛸䀓干⇘檀晬ッῴᷭ)
il faut environ quarante minutes
ca-put-to ài xì-cࡋap hun(ⶖᶵ⣂ッ⚃⋩↮)

25

elle a parlé toute une heure au téléphone
i qiok-qiok kóng qࡋÕt tiám-qingƟtiƗn-nje
(Ẳ嵛嵛嫃ᶨ溆揀䘬暣娙)

Le présent progressif
Les préfixes verbauxteh(⑏) ettng-teh(䔞 ⑏)
indiquent une action en cours, le déroulement présent de
l'action et sont équivalents à la locutionen train, en cours.
Exemples :
il est à la maison en train de dormir
i qit-má tƯcù lí teh kùn(Ẳ忁楔ữ⍅墉⑏䛷)
il est en train de lirei teh kùaĶ-ceh(Ẳ⑏䚳Ⅎ)
je suis en train de réfléchir gúa teh xinjĶ (ㆹ⑏゛)
je suis occupéegúa tng-teh bǂ-Ʊng(ㆹ䔞⑏䃉攺)
il est au téléphone en ce moment
i qit-má tng-teh kóng-nje tiong(Ẳ忁楔䔞⑏嫃娙ᷕ)

Le futur
Pour exprimer le futur proche, on ajoute la particule
temporellebeh / bueh(㫚) qui marque le désir et peut se
traduire parvouloir.Gúa beh(ㆹ㫚) a donc le double sens
je vais / je veux.
Exemples :
je vais aller acheter des ananas
gúa beh kì búeǂng-lăi(ㆹ㫚⍣屟䌳㡐)
(je / vouloir / aller / acheter / ananas)
je vais m’en aller gúabeh cáo ah(ㆹ㫚崘䞋)
(je / vouloir / partir)
il va aller au bureaui beh kì xiǀng-pan(Ẳ㫚⍣ᶲ䎕)
(il / vouloir / aller / travailler)
vas-tu y aller ?lí beh kì bǂ?(Ἀ㫚⍣䃉)
(tu / vouloir / aller / est-ce que)

26

Pour indiquer l’accomplissement à venir, on utilise aussi
la particule temporelleƝ(㚫). Mais à la différence debeh
(㫚),Ɲ ne marque pas une intention.

Exemples :
il reviendra dans peu de temps
i bǂ-lnja-kúƝtĔg-lăi(Ẳ䃉ῴᷭ㚫廱Ἦ)
(il / pas longtemps / particule du futur / revenir)
il viendra iƝlăi(Ẳ㚫Ἦ)
(il/ particule du futur / venir)
il va pleuvoirƝ lࡋoh-hǀ௨ (㚫句暐)
du futur / pleuvoir) (particule

La particuleƝ (㚫) est également utilisée dans les
phrases conditionnelles.
Exemples :
si tu manges n’importe quoi, tu vas avoir la diarrhée
lí nƗlƗm-sám qiࡋah,Ɲlào-sái(Ἀ劍㾓䲅梇,㚫㺷⯶)
(tu / si / avec négligence / manger / particule du futur /
diarrhée)

s’il va dans la forêt, il va se perdre
i nƗrࡋÕp-kì qinj-nălƗi,ƝkiăĶ-bǂ-lǀ௨
(Ẳ劍ℍ⍣㧡㜿ℏ,㚫埴䃉嶗)
(il / si / entrer / forêt / dans / particule du futur / se perdre)

Pour indiquer l’action imminente, on utilise les mots
teh-beh / teh bueh(⑏㫚) oukiǂng-kiǂng-beh(⻟⻟㫚)
qui correspondent a l’expressionêtre sur le point de en
francais.
Exemples :
être sur le point d’y allerteh-beh kì(⑏㫚⍣)
être sur le point d’arriverteh-beh kào ah(⑏㫚⇘䞋)
être sur le point de mourirteh beh xí ah(⑏㫚㬣䞋)

27

ce travail est sur le point d’etre terminé
qit-Ɵkang-kùe teh-beh hó ah(忁ᾳ䨢婚⑏㫚⤥䞋)
le soleil va bientôt se coucher
rࡋÕt-tăo teh-beh loࡋh-suaĶah(㖍柕⑏㫚句Ⱉ䞋)
il est sur le point de pleuvoir
kiǂng-kiǂng-beh lࡋoh-hǀ௨ (⻟⻟㫚句暐)
la maladie de grand-père est si sérieuse qu’il est sur le
point de mourir
A-kongƟpƝĶtƗng kah kiǂng-kiǂng-beh hua-kì ah
(旧℔䘬䕭慵䓚⻟⻟㫚⊾⍣䞋)

Le passé
Pour exprimer le passé, on peut faire suivre le verbe du
suffixekùe(忶) qui indique une action vécue et terminée.
Exemples :
être allé kì-kùe(⍣忶)
il est déjà allé au Japoninjkì-kùe RÕࡋt-pún
(Ẳ㚱⍣忶㖍㛔)
avoir entendu tiaĶ-kùe(倥忶)
avoir mangéqiࡋah-kùe(梇忶)
il a mangé avec le président
injkah cóng-tóng qiaࡋh-pࡃng-kùe(Ẳ㚱἖䷥䴙梇梗忶)

Le préfixebat(㋴) qui a le sens deavoir l’expérience de
exprime aussi l’idée d’une situation vécue, d’un passé
révolu.
Exemples :
être(déjà)allé bat-kì(㋴⍣)
es-tu déjà allé en Allemagne ?
lí bat-kì Tik-kok bǂ?(Ἀ㋴⍣⽟⚳䃉)
oui, j’y suis déjà allébat, gúa bat-kì(㋴,ㆹ㋴⍣)
non, je n’y suis jamais allé
ࡃm-bat, gúa mࡃ-bat-kì(㭳㋴,ㆹ㭳㋴⍣)

28