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Le bruissement des souvenirs

De
286 pages
L'ouvrage couvre la vie de l'auteur des années 1970 à 1991. A travers ses différents postes d'affectation dans des écoles rurales er urbaines, on suit le jeune élève - maître qui finit par devenir conseiller pédagogique. Au village, l'enseignant est nécessairemment aussi un éducateur par son comportement, par son souci de connaître le milieu complexe où il vit et par les activité périscolaires (jardin, coopérative...) qu'il mène avec ses élèves. C'est ce quotidien qui nous est présenté.
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Boubacar Hama Beïdi
Le bruissement des souvenirs
Récit d’un instituteur nigérien
Préface de Jean-Dominique Pénel
Ecrire l’Afrique Ecrire l’Afrique
Le bruissement des souvenirs
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions Patrick Serge BOUTSINDI,Les amants de Bar-le-Duc, 2017. Paule FIOUX,Foudres d’Afrique. Les impostures d’une révolution, 2017. Guikou BILET ZAFLA,Un enfant du village, nouvelles, 2016. Gaston M’BEMBA NDOUMBA,Escale à Brazzaville, 2016. Moussa CISSE,Tombouctou à tout prix. Récit d’une passion pour le Mali, 2016. Joachim OLINGA,Les métis de ma mondialisation, 2016. Gaston M’BEMBA NDOUMBA,Escale à Brazzaville, 2016. Mamadou DANTÉ,Moi, l’étranger… Le Mali en mémoire, 2016. Aimé NOUTCHÉ,La route de l’exil, La veste du demandeur d’asile, 2016. Prosper GUBARIKA WA MUDI-WAMBA VANELLA,Péril en la demeure, 2016. Michel Dieudonné VOHITO,Polokamba. Hippopotame et esprit sur l’Oubangui, 2016. Alfred Diban KI,L’œil ouvert. Nouvelles, 2016.Aichetou CAMARA,Au-delà des frontières, 2016.Adrien POUSSOU,Black bizarre, 2016.Jeanne de Chantal WODOBODÉ, Où est le pont ? 50 ans après l’indépendance, 2016.Alphonse ONGAGOU-DATCHOU,L’oraison silencieuse, 2016.Stéphane SCRIVE,Quand le Niger marchait au pas…, 2016. Judicaël-Ulrich BOUKANGA SERPENDE,Dunia, 2016. Marilaure GARCIA-MAHE,Dignes, libres et puissantes, 2016. Jean-Yves EPAILLY, Bangui, Fauves, amour et chirurgie, 2016. Kouadio Koffi Richard KARA,Koléma, Itinéraire d’une femme de l’Afrique à L’Europe, 2016 Adama FANKÉLÉ TRAORÉ,Kady, une indigente chaste, 2016 Lucien BALOSSA,À Magniongui, un enfant est né,2016. Michèle MALDONADO,La bonne parole, Une coopérante en Afrique anglophone,2016. Abderahim AHMAT,Un parcours difficile,2016. Joachim OLINGA,Les métis de ma mondialisation,2016. Henri MOUTOUBE,Les Scieurs de Branches, Un manager dans l’engrenage infernal du monde professionnel,2016.
Boubacar Hama BEÏDILe bruissement des souvenirs Récit d’un instituteur nigérien Préface de Jean-Dominique Pénel
Du même auteur Les traces de ma mémoire. Souvenirs d’un instituteur nigérien, L’Harmattan, 2014. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10291-7 EAN : 9782343102917
Préface
Dans ce second volume desTraces de ma mémoire, Boubacar Hama Beïdi déroule vingt-et-une années majeures de sa vie : depuis la fin septembre 1970, quand il se rend à Tahoua, pour sa formation au Cours Normal, jusqu’à novembre 1991, quand, à la fin de la Conférence Nationale et après la dissolution de l’Assemblée nationale, il est affecté comme ensei-gnant à l’Ecole Normale de Maradi. A la différence du premier tome, on ne compte que quatorze chapitres, et non plus quarante-neuf, bien que le présent ouvrage soit plus volumi-neux que le précédent. Dix chapitres correspondent aux lieux d’affectation de l’enseignant : essentiellement dans le département de Tillaberi (chap. I à VII et IX), un peu à Niamey (X) et dans le département de Dosso (XIII). Quatre chapitres sont consacrés : à un voyage au Ghana (VIII), à la forma-tion à l’Université (XI), au décès de l’épouse (XII) et à la parenthèse poli-tique (XIV). On peut dégager quelques traits généraux de la lecture de ce second volume.
LA TRAJECTOIRE DUN ENSEIGNANT Deux aspects frappent le lecteur dans ce récit autobiographique : * La carrière au sens strictement professionnel et administratif.  Boubacar Hama Beïdi franchit les étapes successives, jalonnées d’épreuves et de diplômes, qui le conduisent, après le Cours Normal, à la titularisation comme instituteur et directeur d’école. Mais, il ne s’en con-tente pas et, après avoir passé l’examen d’entrée à la Faculté de Pédagogie, il reçoit une formation de deux ans et en sort Conseiller pédagogique - si bien qu’on le retrouve, en fin de parcours, à observer et aider les ensei-gnants du primaire.  Au cours de son cheminement, il lui arrive d’évoquer : la question des manuels et des méthodes utilisés à son époque ; le déploiement d’efforts constants pour que les élèves obtiennent de bons résultats aux examens (certificat d’études, concours d’entrée en sixième) – résultats ou contre-performances qui témoignent de la valeur ou non de l’enseignant ; sans compter ces épisodes, malheureusement fréquents, d’affectations arbi-traires contraires aux règles administratives (ch. IX).
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* La conception de l’éducateur  Boubacar Hama Beïdi se fait une haute conception du rôle de l’instituteur : il ne se contente pas d’être un professionnel de l’enseignement, car, qu’on le veuille ou non, par son comportement personnel, le maître assume la fonction d’éducateur en offrant concrète-ment aux élèves un modèle d’Homme. Le discours ‘moralisateur’ délivré en classe doit être illustré par la vie quotidienne de l’enseignant, qu’il soit seul ou en famille. Cette dimension éducative est d’autant plus évidente lorsqu’il s’agit d’écoles rurales, puisque l’instituteur fait partie des no-tables et son attitude est jugée par la collectivité villageoise à laquelle il est continuellement mêlé – alors que dans les villes, une fois la classe terminée, le maître n’a plus de lien avec la vie des élèves et de leurs pa-rents.  Cette conception du maître éducateur a plusieurs implications : -Connaître le milieu des élèves et leur culture.  La lecture de l’ouvrage montre amplement combien Boubacar Hama Beïdi s’intéresse aux habitudes culturelles et à l’histoire des populations avec lesquelles il vit. Originaire de Birni N’Gaouré (au Sud-Est de Nia-mey) et d’appartenance peulh, il se trouve, pendant près de quinze ans 1 dans une région (à l’Ouest de Niamey) peuplée de Sonraïs , dont il ap-prend la langue et dont il veut connaître et comprendre l’histoire et les coutumes. Il consacre de longues pages au passé et aux modes de pen-sées religieux et magiques sonraïs, dans chacun de ses lieux d’affectation, à partir de ses propres observations et des longs contacts avec les Zima, les griots et tous ceux qui sont acteurs et transmetteurs des rites anciens. On pourrait rapprocher et comparer les récits et les observations qu’il nous relate avec les ouvrages de Boubou Hama (qui, comme écolier, 2 passa un temps à l’école de Téra - dont Boubacar Hama Beïdi sera, bien plus tard, le directeur - et qui, comme maître, enseigna à Tillaberi) et les 3 livres et films de Jean Rouch : tous deux consacrèrent beaucoup de
1 Ce mot s’écritSonraïouSonghay; certains l’accordent à la française, d’autres non. Ici, on l’écrira Sonraï et on l’accordera. 2 Il en parle à plusieurs reprises, par exemple dansL’aventure extraordinaire de Bi Kado, fils de Noir(Présence africaine, 1971). 3 A titre d’exemple, sur des thèmes abordés par Boubacar Hama Beïdi, Jean Rouch avait produitLes magiciens de Wanzerbeen 1949,Yenendien 1951,Hampien 1960,Dongo Yenendi GamkaléetDongo Horendien 1966,Yenendi de Gangel, le village foudroyéen 1968,Yenendi de YantalaetYenendi de Simri ou sécheresse à Simrien 1970 – et, parmi les très nombreux écrits, Les SonghayetNotes sur les migrations en Gold Coasten 1954,La religion et la magie Songhayen 1960. Quant à Boubou Hama, ses ouvrages portent avant tout sur l’histoire et la culture zarma songhay.
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temps à décrire la même réalité socioculturelle que celle évoquée par Boubacar Hama Beïdi. Le témoignage de l’instituteur permet de situer une continuité des pratiques et des conceptions sonraïs du monde, et de percevoir éventuellement quelques différences.  Pour bien enseigner, il importe donc de savoir qui sont les élèves : quelle est leur langue ? Quelle est leur histoire ? Quelles sont leurs pra-tiques culturelles ? Cette attitude manifeste qu’on reconnaîtautruidans sa différence spécifique et dans son appartenance à une commune humani-té.  C’est selon la même ouverture d’esprit que, se trouvant malgré lui affecté à Dorbel, Boubacar Hama Beïdi nouera des contacts avec le prêtre de la mission catholique. Sa foi dans l’islam n’en est nullement entamée, mais il apprend à mieux connaître une autre religion avec qui les musulmans partagent une histoire ancienne commune et bien des idéaux.  De même le voyage au Ghana, et la traversée du Bénin et du Togo, lui apprennent d’autres modes de vie et de comportements.
-Avoir un comportement personnel exemplaire pour être crédible.  A de nombreuses reprises, Boubacar Hama Beïdi sera confronté à des maîtres devenus ivrognes invétérés, détourneurs de très jeunes filles, abuseurs de pouvoir (comme ce directeur qui empêche les élèves de se présenter aux examens), délinquants emprisonnés. Si ces fautes sont le lot commun des hommes, lorsqu’il s’agit d’enseignants, le retentissement est bien plus grand, car ils mettent en cause la valeur d’exemple qui est leur rôle, quoi qu’ils fassent ou veulent.
-Pratiquer des activités collectives comme le jardin scolaire et la coopérative. Les élèves ont besoin de mettre en œuvre des applications de ce qui leur est enseigné et qui les prépare à la vie active. Le jardin scolaire lie le monde de l’école et celui du village ; quant à la coopérative, elle oblige à organiser des actions communes pour la collectivité scolaire.
-Se syndiquer pour avoir une action possible sur le système éducatif. Bien qu’il mentionne plutôt les dates des réunions syndicales aux-quelles il a participé que leur contenu, Boubacar Hama Beïdi s’est préoc-cupé des problèmes touchant l’ensemble du corps enseignant et le fonc-tionnement du système scolaire nigérien par son adhésion au syndicat des enseignants du Niger.
 L’engagement du maître comme éducateur est véritablement une ca-ractéristique fondamentale qui apparaît dans cet ouvrage.
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