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Le Mont-Dore - Étude médicale sur son climat et ses eaux thermo-minérales

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170 pages

Depuis 1826 l’affluence toujours plus considérable des malades au Mont-Dore a transformé ce pauvre petit village d’autrefois en une gracieuse petite ville, située au milieu d’un des sites les plus pittoresques de France.

Les maisons, presque toutes disposées en vue des hôtes qu’elles attendent et des soins qu’ils doivent y recevoir, sont bien construites, bien alignées. On y trouve des hôtels de tout ordre ; on peut y satisfaire ses habitudes de luxe ou de modeste économie ; mais partout l’ordinaire est confortable, partout il est soumis à des règles d’hygiène, adaptées au régime que doivent suivre les malades.

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Julien Alvin
Le Mont-Dore
Étude médicale sur son climat et ses eaux thermo-minérales
A MADAME VIDAL, MA BELLE-MÈRE Madame, Permettez-moi de vous dédier cet opuscule, en témoi gnage de ma respectueuse et inaltérable affection.
Feurs (Loire), novembre1873.
F. ALVIN.
PREMIÈRE PARTIE
TOPOGRAPHIE
Depuis 1826 l’affluence toujours plus considérable des malades au Mont-Dore a transformé ce pauvre petit village d’autrefois en u ne gracieuse petite ville, située au milieu d’un des sites les plus pittoresques de Fran ce. Les maisons, presque toutes disposées en vue des hô tes qu’elles attendent et des soins qu’ils doivent y recevoir, sont bien construi tes, bien alignées. On y trouve des hôtels de tout ordre ; on peut y satisfaire ses hab itudes de luxe ou de modeste économie ; mais partout l’ordinaire est confortable , partout il est soumis à des règles d’hygiène, adaptées au régime que doivent suivre le s malades. Ses habitants, d’une sobriété, d’une vigueur, d’une honnêteté proverbiales, vous accueillent avec empressement à votre descente de v oiture. Vous êtes dès lors en mains amies, qui vous comblent, pendant la durée de votre traitement, des soins les plus intelligents et les plus affectueux. Le Mont-Dore est situé par 45° 33 59nord, et 0° 28 latitude  49est, à longitude 1,050 mètres d’altitude. Deux routes parfaitement entretenues y conduisent d e Clermont-Ferrand ; la plus courte, passant par Randanne, a 40 kilomètres ; la seconde, de 53 kilomètres, s’embranche à la Queille, sur la route de Lyon à Bo rdeaux. Toutes deux offrent à l’œil étonné et ravi les pass ages les plus variés et les plus pittoresques. Une troisième route, que nous recommandons aux pers onnes que charment les beautés de la nature, est la route qui conduit d’Is soire au Mont-Dore, en traversant Saint-Nectaire. Partout les sites les plus enchanteurs, les plus gr andioses, se déroulent tour à tour aux yeux du voyageur. Mais l’impression peut-être l a plus forte est celle que provoque le spectacle de tous ces soulèvements énormes, qui témoignent qu’autrefois des bouleversements effroyables ont agité ce pays avant de laisser jaillir de leurs masses volcaniques les précieuses sources qu’elles renferm ent. La vallée du Mont-Dore s’étend du sud au nord, du p ic de Sancy au Puy-Gros, où elle se rétrécit considérablement en déviant presqu e à angle droit, si bien qu’elle semble fermée de tous côtés. Elle est limitée à l’o uest par le Capucin, et à l’est par la montagne de l’Angle. Sa plus grande longueur, de la base du pic de Sancy à la base du Puy-Gros, est de 6 kilomètres ; sa plus grande l argeur de l’est à l’ouest est de 2 kilomètres. Cette imposante et verte vallée voit na ître la Dordogne, qui, simple et clair ruisseau, la fertilise en serpentant du midi au nord. De ravissantes cascades, d’aspects les plus variés, décorent le paysage. Ici, la grande cascade du Mont-Dore, qui domine la vallée, tombe en éparpillant ses eaux en perles brillantes, sur un fond de rochers s ombres et dénudés. Là, la cascade de Queureille trace un long sillon d ’argent sur un épais tapis de verdure, et se précipite sur un lit de cailloux où elle rejaillit en fumée vaporeuse. D’autres tableaux non moins intéressants sont autan t de buts d’excursions où les malades se livrent à un exercice salutaire et propo rtionné à leurs forces. Ici, l’ombre mystérieuse des sapins dont les émanat ions balsamiques restaurent les voies respiratoires. Là, l’espace, l’air pur et léger, sur des plateaux où l’œil se perd dans un splendide horizon.
La ville du Mont-Dore repose à la base de la montag ne de l’Angle, et partage la vallée, du nord au midi, en deux parties presque ég ales.
CLIMATOLOGIE
Nous ne nous occuperons dans ce travail que du clim at du Mont-Dore pendant la saison thermale, qui semble, d’après des faits d’ex périence, ne pas devoir commencer avant le 15 juin, ni se prolonger au-delà du 15 sep tembre. Il est généralement reconnu qu’en dehors de ces dat es on ne peut guère compter sur un temps assez uniformément beau pour se risque r à envoyer un malade à nos thermes.
Les chaleurs de l’été, dit M. Bertrand, beaucoup moins fortes que dans la plaine, presque toujours tempérées par l’agitation de l’air et la fraîcheur des nuits, commencent en juin, et se soutiennent jusqu’à la mi-septembre. C’est la saison des eaux.
Air.mbien l’air est léger dans ces— On peut se rendre compte, d’après l’altitude, co régions, et quelle action bienfaisante il peut prov oquer sur les poumons. Dégagé des lourdes et malsaines émanations de nos villes de la plaine, il devient un agent thérapeutique sur lequel le médecin a droit de comp ter. Vents. — Il est facile de comprendre que les vents réfléc his sur les montagnes qui entourent la vallée doivent suivre les directions l es plus variées, et que les courants observés dans le fond ne donneraient que les indica tions les plus fausses dans une question de climatologie. Ce sont donc surtout les courants élevés au-dessus des montagnes qui méritent de fixer l’attention de l’observateur. Michel Bertrand, le seul auteur qui nous ait laissé un tableau d’observations météorologiques sérieuses, ne nous dit pas la façon dont il a opéré. Cependant les vents dominants, pour lui et pour nou s, seraient les vents d’ouest et de sud-ouest. Les vents par ordre de fréquence sera ient les suivants : nord-ouest, sud et sud-ouest. Les vents venant de l’est sont très-r ares, mais ce sont ceux qui sont accompagnés des phénomènes les plus intéressants po ur le médecin.
Ainsi, quelquefois le vent souffle de l’est avec une grande impétuosité (Bertrand, Recherches sur les eaux du Mont-Dore, page 50) ; ce météore, que nos paysans désignent sous le nom devent blanc, fait descendre le baromètre et le thermomètre, et marcher l’hygromètre à la sécheresse.
C’est certainement un des cas particuliers où le sy stème nerveux des malades se trouve le plus surexcité. Il ne nous est pas encore arrivé d’être obligé de leur faire suspendre les bains, mais M. Bertrand affirme que l a violence parfois extrême de ce vent l’y faisait résoudre. Pluies, Nuages.— Les pluies d’été sont le plus souvent des pluies d’orage, limitées dans un rayon de quelques kilomètres. Les éclats du tonnerre et des éclairs offrent un spectacle en rapport avec la majesté des lieux. Quoique les nuages semblent se former sous les infl uences les plus diverses et de la manière la plus inattendue, avant de se résoudre en pluie, cependant la période pluviale de la saison des eaux commence généralemen t au 10 juillet pour finir au plus tard vers le 23 du même mois. La conséquence d’une pluie un peu continue est d’abaisser rapidement la température.
L’année 1873, pour laquelle nous écrivons plus part iculièrement, et dont nous donnons ci-joint les observations météorologiques, présente une période de sécheresse exceptionnelle. Température.— L’étude de la température nous sera facilitée pa r quelques courbes tracées dans un tableau qui accompagne notre travai l. Deux de ces courbes présentent les températures observées par Michel Be rtrand en 1822, pendant les mois de juillet et d’août. Nous regrettons que le savant observateur ne nous ait pas renseigné sur l’exposition où se trouvaient ses the rmomètres et sur leur construction ; nos conclusions en seraient plus rigoureuses. Deux courbes, construites sur nos er observations de 1873, donnent les températures du 1 7 juin au I septembre. Elles ont été prises sur un thermomètre centigrade, fixé à l’ abri et à l’ombre sur le mur d’une maison exposé au nord. L’une correspond à 9 heures du matin et à la première courbe de Bertrand ; la seconde, à midi, et à la deuxième courbe du même observateur. Nous avons été guidé, comme notre éminent prédécesseur, à choisir ces heures pour nos observations, en raison de leur convenance ; ce son t les heures auxquelles les malades sortent le plus habituellement. A l’instant qui succède immédiatement à celui où le soleil disparaît derrière les montagnes, la température baisse brusquement et trè s-sensiblement, pour augmenter le plus souvent une heure après. Aussi doit-on prém unir les malades contre ce phénomène. Nos occupations nous ont empêché de noter avec une assiduité rigoureuse la température à ce moment de la journée, mais nous po uvons affirmer, sans grande chance d’erreur, que l’abaissement du thermomètre e st au minimum de 4°, et au maximum de 7°. Nos observations, jointes à celles qu’a faites M. B ertrand de 1820 à 1822, nous donnent une température moyenne de 18° centigrades. On verra, par les faits cliniques que nous analyson s plus loin, combien l’ensemble de l’état atmosphérique a d’influence sur le malade en cours de traitement. Les basses températures semblent favorables à l’absorpt ion des eaux thermales, surtout quand elles s’accompagnent d’un état hygrométrique voisin de l’unité. Ce fait est une arme précieuse entre les mains du médecin. Elle per met de lutter contre les préventions du malade que les mauvais jours découra gent quelquefois, en lui faisant entrevoir que ce qui lui paraît un inconvénient est au contraire un bien, et que la durée de son séjour aux eaux sera plus courte, et lui sera au moins aussi profitable. Les hautes températures, au contraire, jointes à un e grande sécheresse, provoquent un éréthisme nerveux considérable, une exsudation p lus abondante ; le malade arrive beaucoup moins vite au point de saturation ; le tra itement est plus long. Dans ces circonstances atmosphériques le malade est quelquef ois surexcité à un tel point qu’on est obligé de suspendre le traitement, ce qui nous est arrivé plusieurs fois. Veut-on faire une cure rapide, il sera donc à propo s de venir au Mont-Dore vers le 15 juin, ou du 10 au 15 août. A d’autres dates, la durée du séjour au Mont-Dore serait probablement plus considérable, toutes chances rése rvées à un état hygrométrique particulier.
ÉTAT HYGROMÉTRIQUE
Nous avons dressé les courbes représentant l’état h ygrométrique pris aux mêmes heures que celles des températures, afin de pouvoir les comparer entre elles. Les observations de Bertrand sont prises avec l’hygromè tre à cheveu, les nôtres avec
l’hygromètre de Daniell.