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Les milles vies du Têtard

De
300 pages

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, les aventures que vous allez lire sont parfaitement authentiques.

Grâce à la plongée sous-marine, pratiquée en professionnel, Gabriel Di Domenico, alias «Le Têtard » a vécu mille vies !
Avec un talent de conteur exceptionnel, il en livre les épisodes les plus truculents et les plus rocambolesques...
Il récupère de l'or et des diamants au fond d'un lac africain, traque l'or rouge et les « bibis », pille des épaves et leurs amphores. La faim le pousse au braconnage sous marin...
Il nous raconte aussi le Marseille d'hier, où le gamin qu'il
était a commis mille sottises avant de trouver sa voie, dans
l'amour de la mer dont il fait un mode de vie, un peu en
marge, envers et contre tous.
En particulier les "darlans", surnom des gendarmes maritimes,qui le traqueront sans relâche avant de faire avec lui... la paix des braves.
Récit d'une formidable épopée : celle de la plongée professionnelle, de Cousteau à la Comex, de la réparation navale à l'exploitation du pétrole offshore.
Précédemment édité sous le titre « Io Dido », ce quatrième volume des Mémoires du Têtard peut se lire indépendamment des précédents volumes, plébiscités par nos lecteurs.
Lisez les tous ! Vous ne le regretterez pas.


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Contenu
1. Du même auteur: 2. Mission au Zaïre 3. Revoir La Bonne-Mère 4. Les Apaches 5. Les jours heureux 6. Pépé 7. Plongeur, envers et contre tous 8. Les Aventuriers 9. Le Pistolero 10. Les boîtes de conserve millénaires 11. Retour d’outre-tombe 12. La mer de tous les dangers 13. La NASA de la plongée 14. Moi y’en a vouloir des sous 15. Cap’tain Nemo 16. Les affaires, c’est les affaires 17. Chômer? Non, créer! 18. PubWeb
Gabriel Di-Domenico
Les mille vies
du Têtard
Editions L’ANCRE DE MARINE
2, rue des 4 Moulins – LOUVIERS
FRANCE
www.ancre-de-marine.com
ISBN : 9782841412594
Ce livre est paru sous le titre « Io Dido » pour la première édition
© Franck Martin – 2 014 – Louviers – France
pour la présente édition numérique.
© Franck Martin – 2 008 – Louviers – France
pour la seconde édition manuscrite.
Tous droits réservés.
© Ed de la Nerthe – 1 998 – Ollioules – France
pour la précédente édition manuscrite.
Du même auteur :
Editions de l’Ancre de Marine
Le Têtard vous Salue Bien
Le Têtard et la Calypso
Le Têtard en Eaux Troubles
Le Têtard Vide son Sac !
Editions de la Nerthe
Io Dido
Il est quinze heures.
Mission au Zaïre
Je suis assis sur le banc, devant le magasin, sous le mûrier. Face au port de Cassis. Je regarde les touristes qui passent, belle s et bronzées, les bateaux qui les avalent pour les emmener vers les calanques. Je goûte le plaisir du farniente. Enfin, j’essaie, parce qu’en réalité je m’ennuie à mourir.
Voilà six mois que je ne suis pas parti en mission, depuis que j’ai ouvert cette boutique de vente de corail et minéraux, histoire d ’assurer les arrières et de mettre ma famille à l’abri. Et je suis en pleine crise de sécurité…
Il n’y a pourtant pas de quoi se plaindre : le maga sin travaille bien, mais j’en ai ras le bol de cette politique du tiroir-caisse. Dans ce tte cage dorée, j’ai l’esprit qui se rétrécit. Et, par-dessus tout, ces réflexions des c lients qui ont tout vu, tout entendu, qui parlent politique, syndicats, vie chère, chômag e, au secours ! Je déprime à petit feu.
Le téléphone sonne. Comme il sonne vingt fois par j our. Pas de quoi courir. J’attends qu’il insiste avant de m’y traîner. Surprise : c’est Jean-Claude, mon coéquipier sous-marin. Adieu touristes, bateaux, po litique, syndicats et vie chère, emportés par une avalanche d’images et de souvenirs .
– Ça va ?
– Je m’emmerde. Et toi ?
– Pareil, mais peut-être pas pour longtemps. J’ai u n coup. Un avion qui s’est crashé au Zaïre, dans un lac. Cent quatre-vingts mè tres d’eau. On m’a contacté pour remettre un prix de renflouage. Ça te dit ?
– Encore un casse-gueule, quoi !
– Non, une affaire humanitaire. Une veuve éplorée, bourrée de fric, qui tient à enterrer son mari comme un chrétien, tu vois le top o… Alors, tu viens ?
C’est un drôle de pincement au cœur qu’il vient de provoquer, Jean-Claude.
– Je voudrais bien, mais comment faire ? On est en pleine saison et je ne peux pas laisser le magasin…
– C’est juste l’affaire de quatre ou cinq jours. On y va, on remonte l’avion, et on revient. Ne me laisse pas tomber. J’ai dit à ma fem me que je partais avec toi.
– Et la mienne, qu’est-ce que je vais lui dire, moi ? Je lui ai promis que je ne bougerais pas de l’été.
– Allez ciao, vieux con, je te rappelle dans deux j ours. Mais ne me fais pas faux bond…
Il a raccroché, mais il a amorcé une bombe dans mon esprit, l’enfoiré. Parce qu’en
plus, il a raison. C’est vrai que je vais devenir u n vieux con si je ne me secoue pas.
Ça y est ! Ma tête bouillonne, la machine infernale s’est mise en marche. Bon Dieu, pourvu qu’il rappelle, pourvu qu’on le décroche, ce contrat !
Maintenant, il va falloir affronter Sophie. Je cons ulte vite un calendrier. Moi qui ne me souviens jamais d’aucune date… Avec un petit cad eau, peut-être le Zaïre passera-t-il mieux. Hélas, ni fête, ni anniversaire en vue. Difficile pourtant de se déguiser en Père Noël en plein mois d’août…
Demain, je lui dirai demain… Le lendemain, et le jo ur suivant encore, elle trouve, comme par hasard, son petit-déjeuner au pied du lit. Elle est ravie mais soupçonneuse. Et moi, mine de rien, je campe à prox imité du téléphone. Je l’ai rarement décroché aussi vite, dès la première sonne rie, espérant toujours que ce serait lui, écourtant chaque autre conversation, re fusant la moindre invitation pour rester là et ne pas risquer de le manquer. J’y reste un jour et demi à essayer de maquiller mon impatience.
Il est vingt-deux heures. Téléphone ! Mon cœur bat la chamade, comme à chaque fois qu’il sonne depuis deux jours. – Allô Gaby ?
Cette fois, enfin, c’est lui.
– Salut, Jean-Claude, qu’est-ce que tu deviens depu is le temps ? Quoi ? Repêcher un avion… Avec un sous-marin ? Mais où… Au Zaïre ? Mais tu es fou, je suis en pleine saison au magasin…
– Dis Gaby, à quoi tu joues ? Tu as ta femme à côté ?
– Oui, bien sûr…
– On l’a ce contrat ! Alors, tu viens ?
– Tu sais bien que je ne peux pas… Oui, évidemment, pour une mission humanitaire… Attends une seconde, je vais voir ce q u’en pense ma femme.
Elle est là, Sophie, et me regarde en souriant :
– Arrête ton cinéma Gaby ! Je te connais depuis tro p longtemps. Le petit-déjeuner, c’était déjà louche, mais je comprends mieux. Vous êtes encore de mèche tous les deux. Ton Zaïre, tu en meurs d’envie ! Alors file…
Je prends ma plus belle figure d’enfant de chœur, l ’ayant été dans ma jeunesse, mais je hurle au téléphone :
– Jean-Claude, quand est-ce qu’on part ?
Deux jours, encore deux jours à attendre l’aventure !
J’arrive avec deux heures d’avance à l’aéroport de Marignane. J’ai embrassé femme et fils, caressé le chien, salué le poisson rouge. Et vite chassé ce mal-être qui m’envahit à chaque départ, en attrapant ma trou sse à pharmacie et mon livret de vaccinations, périmé depuis quelque temps. Devan t le regard de mon fils, je me
sens toujours vaguement coupable. Parce que je le s ais, je le sens, je le redoute lui aussi est impatient d’être adulte pour pouvoir s’évader.
Mais, dans ma tête je suis déjà à Tunis où un avion « Hercule » d’une compagnie belge de café doit venir nous récupérer, Jean-Claud e, Marc et Claude, mes trois équipiers, ainsi que notre « bébé ».
Un joli « bébé » de deux tonnes, à la gueule impres sionnante pour qui ne s’est jamais glissé dans son minuscule habitacle, derrière un hublot chargé de mystère le Nérée, un sous-marin monoplace de poche qu’Henri Delauze, le PDG de comex, numéro un mondial de la plongée, m’a offert lorsque j’ai créé cette société. Il nous attend pour l’heure dans le port de Tunis où il se repose d’une mission de dix jours passés à effectuer des recherches corallifères pour le compte de l’Office National des Pêches Tunisien, mais payée par le gouvernement français…
Pour l’heure ? Mais il est neuf heures. Et pas de J ean-Claude. Dix heures, il n’est toujours pas là, et l’avion doit décoller à la demi e. Pourvu qu’il ne m’ait pas fait une blague…
Dix heures vingt : le voilà qui accourt suant et éc hevelé. Une heure plus tard, on survole Tunis, ça traîne à la douane, à cause de no tre appareillage électronique. Et on file enfin récupérer le Nérée.
Tout commence enfin, et comme d’habitude, par des e nnuis : aucun véhicule aux alentours ne dispose du croc qui pourrait tracter j usqu’à l’aéroport la remorque sur laquelle notre « bébé » est perché.
Coup de chance : un touriste caravanier s’arrête po ur admirer l’engin. On ne le laisse pas passer. On l’accueille avec force sourires, on l’invite à grimper à bord et à s’installer aux commandes. Un peu d’illusion ne c oûte guère. Et tant pis pour l’embrayage de son véhicule !
Moyennant quelques mensonges sur le poids réel de n otre « bébé » et quelques photos à travers le hublot, il accepte de nous remo rquer jusqu’à l’aéroport de Tunis-Carthage où l’on embarque le Nérée dans la so ute de l’Hercule. De justesse.
Non pas à cause de sa taille, mais à cause des doua niers : leur faire comprendre qu’on emporte un sous-marin dans un avion relève qu asiment de la mission impossible !
Direction : Kinshasa. Quatorze heures de vol dans c et immense appareil identique à ceux qui ont effectué quelque temps auparavant le raid sur Entebbe, mais bourré cette fois de médicaments.
On passe le temps dans le poste de pilotage, avec l es membres de l’équipage. Et sans pouvoir, finalement, répondre à leurs question s sur notre mission, autrement qu’en quelques mots brefs : un petit Piper Aztec, s ix places et bimoteur, s’est crashé avec deux personnes à bord, cinq kilomètres après la fin de sa piste d’envol, au Zaïre. Et il gît dans les eaux rwandais es, par cent quatre-vingts mètres de fond dans le lac Kivu, à mille cinq cents mètres d’altitude, au pied du volcan Anura Hongo. On devra le remonter à la surface d’ab ord, le remorquer jusqu’à son point de départ ensuite.
Pour le reste, impossible de leur en dire plus : on n’en sait pas plus nous-mêmes ! Mais s’il me semble curieux qu’on organise une opération aussi onéreuse dans le seul but d’offrir une sépulture chrétienne à ses pa ssagers, je sais qu’il faut souvent ne pas trop se poser de questions dans ce métier…
Ce n’est, en tout cas, pas aux membres de notre com ité d’accueil, à Kinshasa, qu’on les posera. L’Hercule roule encore sur la pis te qu’une voix retentit dans la carlingue :
– Dégagez la piste, formation de Mirage à l’atterri ssage…
Tu parles d’un atterrissage ! Deux des chasseurs se présentent simultanément. Le premier se pose trop vite, si vite que son pilote d oit déclencher le parachute-frein, qui va aussitôt s’enrouler autour du museau du seco nd. Bilan : deux appareils détruits !
Ils ne sont pas les premiers : d’autres carcasses s e trouvent déjà autour des pistes. Un vrai cimetière d’avions…
Du coup, on n’ose plus nous demander de partir immé diatement pour Goma, à huit cents kilomètres de là. Ce que, de toute façon, nou s n’aurions pas accepté : on rêve d’un lit.
On en aura un. Mais lequel ! Je passe la nuit au mi lieu des punaises et des moustiques. De véritables forteresses volantes. Une chance, finalement, qu’on nous arrache, sur le coup de six heures, à ce repai re de cafards qu’on a baptisé, sans rire, Le Palace.
Redécollage. Cette fois, pour moi qui n’apprécie dé jà guère l’avion d’ordinaire, c’est à bord d’un « Britannia » dont les toiles de pneus sont apparentes et dont les tubes hydrauliques du train d’atterrissage ne tienn ent qu’avec du papier collant. Tout le reste, d’ailleurs, est à l’avenant. Et à ch aque question posée lors de la check-list, le pilote ne connaît qu’une réponse :
– Fonctionne pas, on poursuit…
Le plus surprenant finalement, c’est qu’on ait déco llé. Certes, en bout de piste, tout au bout : outre le Nérée, l’appareil est lourdement chargé de café, de légumes, de victuailles en tout genre, et de dix indigènes installés dans l’empennage arrière.
On ne saura jamais à quelle altitude nous avons vol é : malgré quelques solides coups de poing, l’altimètre se refuse systématiquem ent à répondre…
C’est un arsenal de fusils-mitrailleurs qui nous ac cueille à la descente de l’avion. On m’en braque d’ailleurs un sous le nez, sitôt que je sors mon appareil photo. Point stratégique, paraît-il. Et il faut l’interven tion musclée de notre pilote pour me sortir de ce mauvais pas. Mais sans pellicule…
– Où est le bateau ? interroge Jean-Claude lorsque l’on nous conduit vers un terre-plein faisant office de quai, sur ce lac de montagn e de deux cent cinquante kilomètres de long et autant de large, pour une pro fondeur maximale de quatre cent cinquante mètres.
Où est le bateau ? Le bateau capable, malgré des creux de deux ou trois mètres quand le mauvais temps se lève dans l’après-midi, d e supporter le Nérée pendant sa mise à l’eau…
– Il est là, annonce, réjoui, un militaire en désig nant une vieille baille, une sorte de péniche qui a dû transporter les premiers pionniers chercheurs d’or du début du siècle.
Et la grue ? Celle qui doit soulever notre sous-marin ? Fièrement, on nous indique un vieux treuil, naguère automatique mais pénibleme nt maniable aujourd’hui, par la seule force des bras.
J’hésite entre le fou rire et les larmes. Mais qu’e st-ce que je fais ici ? Comment expliquer que le Nérée n’est pas un vulgaire chaudron, mais qu’il faut impérativement un portique et une grue pour le mettre à l’eau, un portique et une grue stables.
Comment expliquer qu’en hissant notre « bébé » sur cette baille, nous coulerions tous, lui, la carcasse, le treuil et nous, sous le seul effet de vingt malheureux centimètres de houle ?
On se regarde, Jean-Claude et moi. L’air entendu : le bon temps du système D et du bricolage est revenu.
On enrage, mais on n’a pas le choix.
– À toi l’honneur, c’est l’Afrique, Bwana !
L’honneur est effectivement à Jean-Claude, le soir même à l’hôtel : je le vois tout à coup fuser comme un Exocet hors de sa douche, la tê te couverte de savon. Impossible de se rincer : ici, on coupe l’eau à vin gt heures. Il faut se débrouiller : pendant qu’il se pince le nez, j’arrose ses cheveux avec l’eau des toilettes !
Une semaine durant, on coupe, on soude, on sue pour échafauder quelque chose dont la ligne de flottaison ne ressemble pas à cell e d’une passoire. Et on passe deux jours encore à solidifier ce treuil qui devait, c’était juré, supporter sans dommage cinq à six tonnes de charge.
Avant de défoncer le Nérée, on teste le treuil avec des blocs de pierre. Du cousu main : à huit cents kilos il plie net. Cassé en deu x. Il ne nous reste qu’à trouver quelque chose qui s’apparente à des poutres pour dresser un portique…
Le ciel vient à notre secours. Les chercheurs d’or, qui écumaient la région, ont tout abandonné un beau jour. L’or, la mine, les wagonnets et leurs rails, là-haut dans les collines voisines. Un vieil indigène s’en souvi ent, il sait nous y conduire. Certes, on ne manque pas de main-d’œuvre, mais on p asse de nouveau deux jours à démonter ces rails et à les transporter à d os d’homme. Et à sauver ainsi notre mission.
En fait de notes de calculs, on a surtout improvisé jusqu’ici. Et on touche du bois, prêts à implorer tous les saints. Car il est temps de passer aux choses sérieuses : notre première mission de reconnaissance. Pas de problème pour repérer le lieu