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Changement de fécondité au Mexique et politiques de population

256 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1994
Lecture(s) : 164
EAN13 : 9782296292093
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CHANGEMENTS DE FÉCONDITÉ AU MEXIQUE ET POLITIQUES DE POPULATION

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de L'École Polytechnique 75005 Paris Tél: 43 54 79 10 Fax: 43 29 86 20
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Recherches

et Documents Amériques

latines»

dirigée par Denis Rolland, Joëlle Chassin et Pierre Ragon Éditions de l'Institut des Hautes Études de l'Amérique latine IHEAL, 28, rue Saint-Guillaume 75005 Paris Tél: 44 39 86 53
<9L'HarmattanlIHEAUl'auteur, ISBN: 2-7384-2669-7 1994

Maria- Eugenia COSIO-ZAVALA

CHANGEMENTS DE FECONDITE AU MEXIQUE
ET POLITIQUES DE POPULATION
Préface de Léon Tabah

Publié avec le concours de IUniversité de Paris X - Nanterre et du Centre national de la recherche scientifique

Editions

L'Harmattan

5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS

Editions de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique latine 28, rue Saint-Guillaume 75007 PARIS

Recherches & Documents AMERIQUES LATINES Collection dirigée par Denis Rolland
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PREFACE
Par Léon TABAH

On observe depuis plusieurs années une montée constante du tiers monde comme acteur majeur de la scène économico-politique internationale~ Parallèlement on observe un passage de ces mêmes pays dans la transition démographique qui va en s'accélérant. La coïncidence n'est pas fortuite. Les deux phénomènes sont étroitement liés par ce que l'on appelle un processus interactif. L'observation est évidente pour les "nouveaux pays industriels" d'Asie où aux quatre dragons viennent s'ajouter d'autres pays tout aussi pressés de sortir à la fois du sous développement et de l'handicap d'une croissance démographique archaïque. Le même commentaire vaut pour l'Amérique latine où les résistances au changement des comportements démographiques fléchissent rapidement dans nombre de pays, notamment le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique. L'économie de marché fait bon ménage dans ces deux régions avec la régulation démographique. Disposer de la liberté de l'information sur les moyens d'avoir le nombre et l'espacement des naissances désirées est l'un des signes les plus évidents du processus de modernisation d'une société. La vie cesse d'être conçue comme une prolifération "sauvage". Le processus de décélération démographique est bien enclenché en Asie comme dans l'ensemble de l'Amérique latine. Certes, le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat s'appliquera longtemps au domaine de la population, mais la pauvreté, la croissance industrielle aveugle et une démographie surabondante sont des obstacles majeurs pour l'environnement, et donc pour la survie de l'humanité. Un développement
M. Léon Tabah est président du Comité international de Coopération dans les recherches nationales en démographie (CICRED). TI fut de 1972 à 1984 directeur de la Division de la population aux Nations Unies à New York, secrétaire général adjo,int chargé de la préparation scientifique et politique des deux Conférences mondiales des Nations Unies de Bucarest de 1974 et de Mexico de 1984. Il est membre du Haut Conseil de la population et de la famille. 9

économique durable et un milieu écologiquement sain impliquent à la fois la maîtrise des technologies industrielles propres et la maîtrise de la croissance de la population en rapport avec les ressources et l'environnement. En fait, les pays du tiers monde qui ont largement entamé la transition démographique se trouvent dans des conditions de développement historiques optimales avec une croissance démographique modérée leur permettant de disposer d'une main-d'oeuvre jeune, abondante et bon marché face à des pays industriels vieillissants. Ces pays vont figurer en bon rang dans le bouleversement de la hiérarchie des puissances mondiales dans un avenir plus ou moins proche, et on commence à changer de vocabulaire à leur égard dans la mesure où ils ont également fait suffisamment tôt leur révolution agricole et se placent sur le marché international en utilisant les technologies industrielles modernes. Les pays du tiers monde qui ne se satisfont plus d'exporter des matières premières, même lorsqu'elles sont nobles comme le pétrole, se placent le mieux dans la compétition internationale. L'exemple le plus notable est la Chine, qui a pris une avance considérable dans la transition démographique et commence à s'industrialiser à grands pas. On peut conjecturer que la Chine retrouvera au cours du prochain siècle la primauté qu'elle a connue au premier millénaire, grâce à l'aptitude des populations asiatiques à s'adapter aux technologies nouvelles et, surtout, à son formidable poids démographique: près de 1,5 milliard d'habitants vers 2025, soit trois fois la population de l'Europe, et plus que l'ensemble des pays actuellement industrialisés. En Amérique latine des pays comme le Chili, le Brésil, le Mexique, la Colombie, se rapprochent de la situation démographique optimale de bien des pays asiatiques, avec des taux d'accroissement qui atteindront 1% au cours des premières décennies du prochain siècle. Il n' y a guère que l'Afrique sub-saharienne qui se singularise avec une transition démographique encore à peine perceptible, car la fécondité y est le résultat d'un tissu culturel profond, dont les racines sont indécelables, perdues dans la nuit des temps, parce que non écrites. C'est en Mrique subsaharienne que la distance entre la vie traditionnelle et la modernité est la plus grande. Les premiers signes de transition apparaissent faiblement au Zimbabwe, au Botswana, au Kenya, mais on a tout lieu de penser que le processus sera lent, et c'est avec raison que les démographes des Nations Unies n'incluent pas dans leurs projections de réelles baisses de la fécondité avant le premier quart du siècle prochain. L'Amérique latine traverse depuis une vingtaine d'années la plus grave crise financière connue depuis les années trente. Cette crise, qui s'est matérialisée par un accroissement sans précédent de la dette, et en tout cas sans

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commune mesure avec celle de l'Asie, a commencé avant la crise du pétrole de 1973, occasionnée par une politique budgétaire expansionniste et des programmes de développement keynésiens ambitieux et peu réalistes. La crise est allée ensuite en s'aggravant avec de nouveaux emprunts pour compenser la hausse des produits pétroliers, la montée des taux d'intérêts réels et la chute des principaux produits d'exportation, réduisant considérablement les ressources extérieures. Les mesures d'austérité prises pour tenter de rétablir les équilibres perdus, combinées à des sorties de capitaux, et la demande de produits exportés, ont eu des conséquences néfastes sur la production et l'emploi à une époque où la croissance de la population était assez forte (2.53 % en 1970-75) et l'accroissement de la population active plus fort encore (3.12 % en 1970-75). n est évident qu'une saine issue de cette spirale négative, crise financière- crise économiquecrise démographique, ne peut être trouvée qu'en dégageant des excédents budgétaires et commerciaux au-delà du service de la dette, qui dans certains cas absorbe un quart du PIB. Ce qui faisait illusion, c'est qu'au cours des années soixante la forte croissance économique et la forte croissance démographique allaient de pair dans les principaux pays de la région: Brésil, Mexique, Venezuela, Colombie, Pérou, Chili. Il était courant de constater qu'au Brésil, au Mexique et au Venezuela, le taux de croissance du PNB était le double de celui de la population, et dès lors ce dernier, bien que très élevé, ne suscitait pas d'inquiétude. Pendant des décennies le taux de change du peso mexicain était resté intangible par rapport au dollar, preuve de l'absence d'inflation (12.5 pesos pour 1 dollar). La conjoncture a tourné défavorablement au début des années soixante-dix, et est allée ensuite en s'accélérant avec la crise du pétrole. Ce sont incontestablement les répliques à la crise économique plus que la forte croissance démographique qui furent responsables de l'accroissement de la pauvreté, du chômage et du sousemploi, et des problèmes issus de l'excès de croissance urbaine, la forte croissance démographique jouant un rôle d'amplificateur à tous ces points de vue. Les conditions économiques extrêmement défavorables que vit l'Amérique latine peuvent avoir différentes conséquences sur l'évolution démographique. Ou bien, dans les pays les plus pauvres, tels Haïti, la Bolivie, le Guatémala, la persistance de la pauvreté aura pour conséquence d'empêcher l'émergence de conditions favorables à la transition démographique, ou de retarder cette émergence. Ou bien, on assistera à ce que l'on pourrait appeler une "transition démographique de misère", c'est-àdire une baisse de la fécondité à la faveur de la propagande contraceptive

Il

qui se développe inéluctablement partout en Amérique latine comme en Asie. Les couples vivant dans la pauvreté sont naturellement amenés à utiliser les moyens à leur disposition, y compris l'avortement et la stérilisation, pour éviter l'agrandissement de leur famille. C'est ce que l'on observe notamment dans certaines régions pauvres du Brésil où la fécondité diminue, par exemple dans le Nord-Est. Bien entendu, dans les régions moins pauvres, et où au surplus existe une bonne infrastructure médicale et sociale, facilitant l'implantation des services de planification de la famille, comme c'est le cas dans bien des Etats du Mexique, on observe une accélération de la baisse de la fécondité selon le schéma classique de la théorie de la transition démographique. On assiste donc au progrès de deux formes simultanées de transition démographique: l'une classique entraînée par la modernisation et le développement, et l'autre entraînée par la pauvreté, les deux dans un contexte de mise en oeuvre générale de programmes de planification des naissances appuyés par les mass medias. Signalons cependant une exception d'importance dans l'Amérique du Sud australe qui a connu au cours de sa formation ce que l'on appelle parfois les "pays de l'Europe d'outre-mer', c'est-à-dire essentiellement l'Argentine et l'Uruguay, touchés par la crise économique. La transition démographique dans ces pays, qui était en bonne voie au lendemain de la dernière guerre, se trouve arrêtée avec une stagnation de la mortalité, et peu de changements dans la fécondité. Ces évolutions font que l'on trouve en Amérique latine, de même d'ailleurs qu'en Asie, toute la gamme de situations de la pré-transition, avec nombre de situations intermédiaires. Quelques observations doivent être notées dans ces évolutions. - D'abord, le parallélisme des courbes de la fécondité du Mexique et du Brésil, d'autant plus remarquable que le Mexique s'est prononcé dès 1975 en faveur d'une maîtrise de la croissance démographique et a appuyé cette politique par une incitation des pouvoirs publics, alors que le Brésil, fort de sa dimension, s'est montré de longue date hostile à toute politique malthusienne pour finalement adopter une attitude de laisser-faire, avec faible appui des pouvoirs publics, tout au moins jusqu'à une date récente. On peut émettre l'hypothèse que dans les deux pays des motivations en faveur d'une réduction de la natalité existaient depuis au moins une ou deux décennies et qu'avec ou sans appui gouvemementalla demande de moyens de régulation des naissances était inéluctablement inscrite dans l 'histoire. - A mesure que les observations sur les évolutions de la fécondité se multiplient partout dans le tiers monde, on s'aperçoit que l'expérience chinoise n'est pas aussi unique qu'on l'a souvent dit et que des baisses

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rapides de la fécondité sont prêtes à se manifester sans que des mesures coercitives ne soient nécessaires. On a d'ailleurs vu qu'en Inde des mesures coercitives prises pendant la période du premier gouvernement de Madame Indira Gandhi se sont retournées contre les intentions de leurs auteurs dans un contexte démocratique. - La transition démographique a toutes chances d'aller vite en Amérique latine, surtout si le développement économique et social va en s'accélérant. Si l'on s'en tient aux dernières projections des Nations Unies on s'aperçoit qu'un indice de fécondité inférieur à 2,5, c'est-à-dire un niveau généralement observé en fin de transition, serait atteint dès le début du siècle en Argentine, Colombie, Costa Rica, Mexique, Panama, et avant l'an 2020 dans le reste de la région, exception faite de la Bolivie et de Haïti. En fait, c'est tout le tiers monde, mis à part l'Afrique sub-saharienne, qui aurait achevé la transition vers 2025, avec une population de 6,8 milliards d'habitants sur une population mondiale de 8,5 milliards. La grande majorité de la population mondiale se situerait alors entre les tropiques, dont on sait les dommages déjà causés aux forêts, et près de 60 % dans les zones côtières et, ici encore, on sait les dégradations marines provoquées par ce type d' habitat. -TIfaut dès maintenant se pénétrer de ce que va impliquer le passage rapide par la transition démographique si celle-ci sera associée, comme la théorie l'indique, d'une certaine forme d'industrialisation, et donc nécessairement de pressions sur l'environnement. Même si les 6,8 milliards d'habitants de pays à fécondité faible ou modérée polluent chacun moins que nous ne l'avons fait lorsque nous avions les mêmes caractéristiques démographiques, comme cela est très probable, la pression sur le milieu pourra être considérable du fait du poids démographique. l'état de l'environnement de demain va dépendre des mesures de prévention qui devront être prises non seulement dans les pays industriels d'aujourd'hui mais aussi du tiers-monde. - Ceci nous amène à nous demander quelle peut être désormais l'attitude des dirigeants latino-américains sur l'évolution démographique. L'idée d'une Amérique sous-peuplée s'est longtemps imposée aux dirigeants latinoaméricains, comme c'est encore le cas en Afrique sub-saharienne, où cette idée commence seulement à régresser, et ne s'y efface qu'avec réticence. Le premier signe de néo-malthusianisme s'est manifesté tardivement avec un livre d'un médecin chilien, Benjamin Viel, en 1966, La explosion démografica. Cuantos son demasiados? Le livre fut accueilli avec désapprobation, sinon avec mépris, par la majorité des démographes latinoaméricains qui y trouvaient des accents peu scientifiques, et même des arrière-pensées politiques, et il resta ignoré de la majorité des décideurs. En

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fait, l'ouvrage paraissait à point nommé, dans les dernières années de la décennie 1960 qui marquaient, comme on l'a vu, la fin d'une période relativement faste sur le plan économique et le point de la croissance démographique maximale. L'un des économistes faisant le plus autorité dans la région, Raul Prebisch, longtemps peu soucieux du problème démographique, et plus intéressé à dénoncer les inégalités de revenu et à promouvoir des réformes de structures, a soulevé pour la première fois la question de la population à la Conférence régionale latino-américaine de population de Mexico de 1970. n s'élevait contre "l'incapacité des systèmes économiques à faire face au phénomène d'absorption productive de l'accroissement extraordinaire de la force de travail qui résulte de l'accroissement extraordinaire de la population commencée 15 à 20 ans auparavant". On trouvera dans l'ouvrage du professeur Maria Eugenia Cosio-Zavala l'histoire du revirement d'attitude des dirigeants latino-américains, qui fut surtout stimulé par les difficultés de l'emploi. Ce revirement a pris corps après la Conférence mondiale sur la population de Bucarest de 1974, puis de Mexico de 1984. Dans la première, un distingué diplomate mexicain y a joué un rôle majeur, étant Secrétaire général de la Conférence: Antonio Carrillo Flores. Les discussions y ont été les manifestations les plus nettes à l'échelle mondiale de l'idée d'intervention en matière de population. Les pays, les uns après les autres, se sont départis de politiques hostiles au malthusianisme, ou de laisser-faire, et ont adopté des formes juridiques et institutionnelles destinées à assurer le bien être familial et à brider la croissance démographique. Le lecteur trouvera dans l'ouvrage du professeur Maria Eugenia Cosio-Zavala les mesures prises par les gouvernements. La Conférence mondiale des Nations Unies en préparation en 1994 au Caire verra vraisemblablement la confirmation d'attitudes conformes aux désirs des populations par les délégués de l'Amérique latine comme des autres pays du tiers monde. Tout cela est magnifiquement et longuement décrit, analysé, commenté par le professeur Maria Eugenia Cosio-Zavala. Son travail est scientifiquement impeccable et a reçu les plus chaleureuses félicitations du jury de la thèse à la Sorbonne en 1988. On trouvera les réflexions les plus fines sur les formes changeantes de transition démographique dans le tiers monde. On souhaiterait que des travaux de ce genre fussent disponibles pour d'autres pays du tiers monde dans cette conjoncture qui voit le passage de la transition démographique un pays après l'autre. C'est un instrument indispensable pour les chercheurs, et dont les décideurs feront eux-mêmes aisément leur profit. Que le lecteur ne voie pas là de simples compliments rituels entre collègues.

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INTRODUCTION

C'est comme un exemple de transition démographique que nous envisageons cette étude sur le Mexique. Nous avons voulu comprendre les modalités des changements de la fécondité qui se sont produits dans les années récentes. La théorie de la transition démographique est ici entendue dans son sens le plus empirique: "En tant qu'exposé descriptif des stades successifs qui mènent d'un régime ancien à forte mortalité et forte fécondité à un régime à faible mortalité et faible fécondité, la théorie originelle de la transition démographiqueest de portée universelle"l Le début de la transition démographique au Mexique peut être daté de 1930, marqué par une diminution constante et rapide de la mortalité. La fin de la transition mexicaine n'est pas encore en vue. Ce sera sans doute après l'an 2000, d'autant plus tard que la baisse de la mortalité est ralentie par la crise économique actuelle. Or, le Mexique termine le second millénaire de notre ère avec une population neuf fois plus nombreuse qu'au siècle précédent. Entre 1890 et 2000, la population aura augmenté de 95 millions, passant de 11,3millions à 106 millions d'habitants (tableau 1). L'accélération de la croissance démographique a conduit à trois doublements de population dans le siècle. Le premier doublement, entre 1900 et 1950, a vu passer la population mexicaine de 13,5 à 27 millions d'habitants en cinquante ans. Le deuxième doublement s'est effectué en vingt-deux ans seulement, la population atteignant 54 millions d'habitants en 1972. Finalement, le troisième doublement se produira aux alentours de l'an 2000,
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lorsque la population sera de 108 millions d'habitants, soit en 28 ans ou 29 ans, la date exacte dépendant des hypothèses de projection adoptées. Le tableau 1 présente les estimations de la population totale entre 1900 et 1980, à partir des résultats des recensements de population, et des projections pour 1990 et 2000. Cette croissance démographique exceptionnelle est une conséquence directe des modalités de la transition démographique au Mexique. En effet, alors que la mortalité a commencé à baisser dès la fm du XIXe siècle, et que les espérances de vie à la naissance ont plus que doublé entre 1930 et 1990, passant de 34 à 70 ans, la fécondité est restée extrêmement élevée jusque vers la fin des années soixante, avec des indices conjoncturels de fécondité de plus de 7 enfants par femme. Entre le moment où la mortalité a commencé à diminuer rapidement (vers 1930) et le moment où la fécondité s'est réduite (1965), le décalage de 35 années a été à la source d'un important accroissement de population. Tout concourait d'ailleurs à encourager les naissances dans les années 1940-1970: une législation pro-nataliste et populationniste datant de la première loi de population de 1936, une réforme agraire permettant l'accès à de nouvelles terres pour l'agriculture de subsistance, une croissance rapide de l'agriculture commerciale, le développement de l'industrie manufacturière et l'expansion des services urbains, consécutive à la croissance des métropoles. Les augmentations de population étaient alors facilement absorbées par le marché du travail et le niveau de vie de la population s'est considérablement élevé, grâce à des taux de croissance du produit national brut (PNB) qui ont dépassé en moyenne 6 pour cent par an entre 1940 et 1970, soit environ 3 pour cent annuels d'élévation du PNB par tête sur toute la période de trente ans.
TABLEAU 1 Mexique: population, 1900-2000 Année (milliers) 1900 1910 1920 1930 1940 Population Année (milliers) Population

13 548 15 144 14 203 16 589 19 800

1950 1960 1970 1980 1990 2000

27 375 37 073 51 176 69 655 88 042 106 508

Source: CONAPO, estimations et projections (1989), hypothèse moyenne.

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TABLEAU 2 Taux annuels moyens d'accroissement démographique par périodes quinquennales, 1950-1990 Période Taux moyen d'accroissement (pour cent) 3,05 3,26 3,37 3,39 3,35 2,96 2,51 2,23 2,02 1,83

1950-1955 1955-1960 1960-1965 1965-1970 1970-1975 1975-1980 1980-1985 1985-1990 1990-1995 1995-2000

Source: SPP, CONAPO, CELADE: México, estimaciones y proyecciones de poblaci6n, 1950-2000, Mexico, 1983, tableau 4, p.1l. et projections CONAPO (1989), hypothèse moyenne.

Ce sont les années du «miracle mexicain», où les croissances démographique et économique allaient de pair et s'encourageaient mutuellement. Les limites de ce modèle ne sont apparues que vers la fin des années soixante. Dans la période 1950-1980, les taux annuels moyens d'accroissement démographique ont été de l'ordre de 3 pour cent (tableau 2) et le Mexique a connu, pendant trente ans, une croissance de la population exceptionnelle pour un pays de cette taille. Il a fallu attendre le milieu des années quatrevingt pour enregistrer des taux d'accroissement naturel inférieurs à 2,5 pour cent (tableau 2). Or, la réduction de la fécondité mexicaine a commencé vers la fin des années soixante. La fécondité a baissé très rapidement, passant de 7,5 enfants par femme en 1966, le niveau le plus élevé, à 3,8 enfants par femme en 1986, soit une diminution de 50 pour cent en vingt ans. Dans une certaine mesure, la diminution rapide des niveaux de fécondité est à mettre en relation avec la politique démographique définie par la Loi Générale de Population de 1973 et le Programme National de Planification Familial de 1977. Le Conseil National de Population (CONAPO) a été chargé de la mise en oeuvre de la politique démographique à partir de 1976 et des Conseils de Population ont été récemment mis en place à l'échelon 17

des Etats (CONEPOS). L'influence des programmes officiels de planification familiale dans la baisse de la fécondité a été important. Le Programme National de Planification Familiale a largement diffusé les méthodes contraceptives dans l'ensemble du pays, en utilisant le réseau de cliniques et de dispensaires des instituts de Sécurité sociale (IMSS et ISSSTE) et du ministère de la Santé (SSA). Le secteur privé, essentiellement par le biais des pharmacies, a aussi joué un rôle considérable. Un effort particulier a porté sur les services de planification familiale offerts par les unités médicales rurales et les cliniques IMSS-COPLAMAR implantées dans les petites localités rurales, surtout à partir de 1980. Cependant, la baisse de la fécondité a commencé dix ans avant la mise en place du Programme National de Planification Familiale, et cette réduction a eu pour origine la population des zones urbaines, la plus éduquée, alors même que la fécondité des zones rurales continuait à augmenter jusque vers 1975 2. En 1986, des différences de fécondité importantes sont encore observées, l'indice conjoncturel de fécondité étant de 5,9 enfants par femme dans les localités rurales, de 3,6 enfants par femme dans les zones urbaines et de 3 enfants par femme dans les trois grandes métropoles (Mexico, Guadalajara, Monterrey) (tableau 3). Même si la baisse de la fécondité a touché l'ensemble du pays, on observe des rythmes très différents à la ville et à la campagne. Les disparités demeurent et ont tendance à s'aggraver en termes relatifs. Dans la pratique, les services de planification familiale ont eu plus d'effet sur la population résidant en milieu urbain, dès l'origine plus motivée à limiter la taille de sa descendance. Le tableau 3 montre que les proportions d'utilisatrices de méthodes contraceptives sont beaucoup plus élevées dans les villes que dans les campagnes dès le début de programme (en 1976), et cela reste vrai après dix ans de fonctionnement (en 1986). Bien que des progrès importants aient été obtenus en zone rurale, l'utilisation de la planification familiale varie du simple au double entre les grandes villes et les campagnes: en 1986, alors que deux femmes sur trois utilisent des moyens contraceptifs dans les métropoles, cette proportion est seulement d'une femme sur trois en zone rurale (tableau 3). Ainsi s'explique le décalage important dans les niveaux de la fécondité urbaine et rurale, les pratiques de limitation des naissances s'étant diffusé plus tardivement et moins massivement à la campagne qu'à la ville.

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TABLEAU 3 Proportion d'Iltilisatrices de méthodes contraceptives en 1976 et en 1986, selon la zone de résidence (pollr 100 femmes Ilnies ail moment de l'enquête) et indices conjoncturels de fécondité

Année

%Utilis.

I.C.F

.

1976

Zone rurale Zone urbaine Métropolitaine Ensemble 1986 Zone rurale Zone urbaine Métropolitaine Ensemble

18,7 45,0 56,2 37,6 32,5 59,2 65,3 52,7

7,6 5,7 4,8 6,2 5,9 3,6 3,0 3,8

Source: Enquête Mexicaine de Fécondité, 1976; Enquête Nationale de Fécondité et Santé, 1986. Notes: Rural: moins de 2500 bab.; Urbain: de 2500 à 999 999 babe Métropolitain: Mexico, Guadalajara, Monterrey

Organisation

de la recherche

L'analyse détlillée de l'évolution de la fécondité mexicaine, a été réalisée ici avec les méthodes classiques d'analyse longitudinale et transversale, en remontant aussi loin que possible dans le temps. Les données disponibles ne permettent pas, pour l'instant, de remonter avant le début du XXe siècle. Or aucune analyse longitudinale de la fécondité au niveau national n'avait pu être entreprise auparavant, notamment à cause du manque de données fiables de l'état civil et du recensement. Les données des enquêtes de fécondité de 1976-1977 et de 1982 ont permis d'analyser une quarantaine de générations nées entre la fin des années vingt et la fin des années soixante. Nous présentons également les politiques de population au Mexique, leur genèse, leur histoire, les institutions mises en place (chapitre III), les programmes démographiques et leurs principaux résultats (chapitres IV, V et .VI). Nous avons essayé d'évaluer l'influence qu'exercent les politiques de population sur les changements démographiques, notamment les changements de fécondité induits par les programmes de planification

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familiale (chapitres IV et VI). Nous n'avons cependant pas laissé de côté la politique de régulation des mouvements migratoires et d'intégration de la population à la planification du développement (chapitre V) qui permettait une vue d'ensemble de la politique démographique mexicaine. Finalement, nous devons mentionner les conditions dans lesquelles ce travail a été réalisé. S'agissant d'une recherche entreprise sur un pays lointain, de nombreuses missions ont été nécessaires pour la collecte des données, la documentation et la construction des tableaux à partir des bandes magnétiques des enquêtes. C'est dans le cadre du Centre de Recherche et de Documentation sur l'Amérique latine (CREDAL), laboratoire 111 associé au CNRS, que ces missions ont été obtenues. Le Conseil National de Science et de Technologie (CONACYT) au Mexique et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en France ont financé tous nos séjours. Sans cet appui indispensable, ce travail n'aurait pu être effectué. D'autre part, les institutions partenaires mexicaines ont fourni les bandes des enquêtes et les moyens informatiques pour les exploiter. Le Centre d'Etudes Démographiques et de Développement Urbain de El Colegio de México a été notre principale institution d'accueil et ce centre a généreusement mis à notre disposition tous les moyens nécessaires à cette recherche pendant de nombreuses années. Nous y avons fait de longs et fréquents séjours entre 1974 et 1987. L'Institut de Recherches Sociales de l'Université Nationale Autonome de Mexico (ISUNAM) nous a également fourni des moyens informatiques pour l'exploitation des données de l'Enquête Mexicaine de Fécondité de 1976-1977. Soulignons également l'appui précieux de nos collègues démographes du Conseil National de Population (CONAPO) et de la Direction Générale de Planification Familiale du Ministère de la Santé qui ont été à la source d'une importante documentation sur les programmes de population. Pour l'ensemble du travail, une étroite coopération interuniversitaire franco-mexicaine a été indispensable. Dans cette recherche, nous avons largement profité des données et des moyens de travail du Mexique. Notre propos est d'offrir les résultats de cette étude pour contribuer à faire avancer un peu la connaissance des phénomènes démographiques mexicains.

NOTES
(1) Chesnais, Jean-Claude: La transition démographique. Etapes, formes, implications économiques, Cahier No. 113, Institut National d'Etudes Démographiques (INED), Paris, Presses Universitaires de France, 1986, p. 491. (2) Cosio - Zavala, Maria Eugenia, Changements de fécondité au Mexique et politiques de population. Thèse pour le doctorat d'Etat ès Lettres et Sciences Humaines (Démographie), Université de Paris V "René Descartes", juin 1988, 2 tomes, 637 p.

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PREMIERE PARTIE

LA FECONDITE AU MEXIQUE 1895-1981

Dans cette première partie, nous présentons une étude des niveaux et tendances de la fécondité au Mexique, au niveau national. L'analyse détaillée de ce phénomène est essentielle pour comprendre les questions démographiques mexicaines et l'avenir de la population du pays va dépendre de son évolution. L'accroissement rapide de la population mexicaine dans les quarante dernières années est une des conséquences d'une réduction importante du niveau de la mortalité et du maintien d'un niveau élevé de la fécondité. Le Mexique a connu, comme la plupart des pays latino-américains, une accélération soudaine de son taux d'accroissement démographique qui ne s'est infléchi que très récemment. Le taux de croissance est passé de 1,7 pour cent entre 1930 et 1940 à 2,7 pour cent entre 1940 et 1950, 3,1 pour cent entre 1950 et 1960, et 3,4 pour cent entre 1960 et 1970. n s'est stabilisé à un niveau de 3,3 pour cent entre 1970 et 1980, puis est descendu à 2,5 pour cent en 1981. La fécondité s'est maintenue à un niveau élevé, de l'ordre de 6 enfants par femme, pendant une longue période. Le niveau de la fécondité a même augmenté après 1950 d'environ un enfant par femme, atteignant environ 7 enfants par femme vers 1965. La fécondité a commencé à se réduire dans les années soixante-dix seulement. Depuis, la diminution de la fécondité au Mexique est extrêmement accélérée, avec une baisse de 40 pour cent en 15 ans: de 7,4 enfants par femme en 1965, d'après l'Enquête Mexicaine de Fécondité, à 4,4 enfants par femme en 1980, d'après l'Enquête Nationale Démographique de 1982. Les sources de données qui permettent une étude approfondie de la fécondité au Mexique ne sont disponibles que depuis moins de dix ans. Auparavant, nous disposions d'estimations peu précises car les recensements et les données d'état civil montraient des résultats souvent contradictoires dont les démographes avaient tout lieu de se défier. Une étude que nous avons réalisée en 1974 n'incitait pas à des considérations optimistes sur la qualité des données des recensements et de l'état civil et donnait des résultats limités (Zavala de Cosio, M.E. et ales, 1974)1. Il a fallu attendre les années postérieures à 1980 pour obtenir enfin des estimations de bonne qualité sur les niveaux passés et présents de la fécondité, grâce au Programme d'Enquête Mondiale de Fécondité: de nombreuses analyses ont pu être entreprises à partir des résultats de l'Enquête Mexicaine de Fécondité (EMF) de 1976-1977. La réalisation d'Enquêtes Nationales de Prévalence de la Contraception en 1978 et 1979, d'une Enquête de Prévalence de la Contraception en milieu rural en 1981, d'une Enquête Nationale Démographique en 1982, la tenue de séminaires

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réunissant les démographes mexicains en 1982 à l'Institut d'Etudes Sociales de l'Université Nationale Autonome du Mexique (ISUNAM) et au Colegio de México en 1984, une réunion d'évaluation sur le recensement de 1980 qui a eu lieu à Queretaro en 1986, tout un travail de recherche et de confrontation a fait progresser la connaissance et l'analyse de la fécondité mexicaine. De plus, le Conseil National de Population (CONAPO) a mené à bien un programme d'évaluation des principaux phénomènes de population en 1983 pour fournir des chiffres de natalité, de mortalité et de fécondité tenant compte des recherches les plus précises menées à ce jour. Pour notre part, nous avons mis à profit la publication et la mise à disposition des données tirées des recensements, de l'état civil et des enquêtes pour entreprendre une analyse de l'évolution de la fécondité mexicaine depuis le milieu du XXe siècle jusqu'à 1981, date des dernières données disponibles. En utilisant toutes les sources d'informations, avec les précautions nécessaires pour rendre les chiffres comparables, il est enfin possible de décrire les principales tendances de la fécondité de façon longitudinale et transversale. Les données permettent aussi de calculer la plupart des indicateurs classiques de l'analyse démographique, au niveau national, en distinguant les différentes générations de femmes suivant leur âge au moment des enquêtes et leurs années de naissance. Grâce aux deux enquêtes de fécondité de 1976-1977 et de 1982, l'analyse de la dernière période quinquennale est particulièrement intéressante: nous pouvons suivre les mêmes générations de femmes dans la progression de la formation de leur descendance. De plus, c'est la période clé de diminution de la fécondité mexicaine, le niveau global ayant baissé en cinq ans de 25 pour cent environ. Les niveaux de la fécondité ont été définis après une analyse critique de l'ensemble de sources de données qui peuvent servir pour l'étude de la fécondité, comme les recensements et les statistiques de naissances enregistrées à l'état civil ainsi que les principales enquêtes démographiques. Cette confrontation de données était indispensable pour corriger les erreurs et les incohérences dans les évolutions. Nous présentons aux chapitres I et II les résultats obtenus à partir des informations disponibles jusqu'en 1981 sur les niveaux et tendances de la fécondité au Mexique. La période d'étude est divisée en deux parties: la période de forte fécondité (avant 1970) au chapitre I, et celle de baisse de la fécondité (de 1970 à 1981) au chapitre II. La connaissance de la fécondité au Mexique est extrêmement récente et elle repose sur les données d'enquêtes qui ont dO être réalisées pour pallier le manque de données fiables.

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C'est dans ce contexte spécifique que nous devons replacer à la fois la critique des sources existantes et la présentation des principaux résultats.

(1) Cosio

- Zavala, Marla Eugenia et ales: Analisis de la informaci6n existente en América Latina sobre el numero de hijos nacidos vivos de las mujeres y el 6rden de nacimiento en censos y estadlsticas vitales, El Colegio de México, 1974, 22 pp., mimeo. Un résumé en français est paru sous le titre: "Utilisation de l'information sur le nombre d'enfants nés vivants dans les recensements et statistiques d'état civil. Application à l'Amérique Latine", in : L'Analyse Démographique et ses Applications, CNRS, Paris, 1977., Changements de fécondité au Mexique et politiques de population. Thèse pour le Doctorat d'Etat ès-Lettres et Sciences Humaines (Démographie), Université de Paris V "René Descartes", juin 1988, 2 tomes, 637 p.

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