De la dépendance à l

De la dépendance à l'interdépendance

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La circulation effrénée du capital, la profitabilité des échanges, la globalisation de la production permettront-elles à l'Afrique Subsaharienne de retrouver les réflexes de création de la richesse de manière endogène ? A quand l'association de la société civile ou la construction d'une Afrique interdépendante ? De quelle souveraineté économique disposent les Etats en 2020 ? N'est-ce pas un développement conditionné et conditionnel que semble réserver le XXIème siècle à l'Afrique Subsaharienne ?

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Ajouté le 01 septembre 1998
Nombre de lectures 216
EAN13 9782296356245
Langue Français
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DE LA DEPENDANCE

A L'INTERDEPENDANCE :

Mondialisation et marginalisation une chance pour l'Afrique?

Yves Ekoué AMAïzo

DE LA DEPENDANCE A L'INTERDEPENDANCE
Mondialisation une chance et marginalisation pour l'Afrique? :

Editions l'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris, France Tél.: 0033 (01) 40 46 79 20 - Fax.: 0033 (01) 43258203 Courrier électronique: harmat@worldnet.fr Adresse internet: http://www.editions-harmattan.fr

L'AUTEUR

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, de nationalité togolaise est actuellement expert auprès d'une agence spécialisée des Nations Unies en charge du développement industriel. Il publie régulièrement des articles sur les thèmes suivants: la compétitivité des économies en développement, l'investissement dans les pays en développement, la coopération régionale et internationale, le financement du développement en Afrique, et la contribution du secteur privé et de la société civile au processus de développement.

Photo de la page de couverture: Visage au milieu d'une main ouverte Cette pièce semble dater de la fin du 1ge siècle, et proviendrait de la région lagunaire de la Côte d'Ivoire. Son interprétation serait résumée dans le proverbe suivant: "Be kloua fa be sa kungba be bo man n 'd E" ;
la traduction serait: " Tu ne peux taper des mains avec une seule main" Les interprétations suivantes ont été fournies par des orfèvres africains (baoulé) : J. "Ma main m'apporte la richesse" 2. "Même si on essaie de me tromper, je dispose encore de mon intelligence et je peux toujours réussir par mes propres efforts" 3. "J'ai travaillé pour toi, et tu ne m'as pas rétribué, mais mes mains ne sont pas coupées et je peux encore travailler pour vivre".
Source: La photo a été extraite de: Timothy F. Garrard, Or d'Afrique : bijoux et parures du Ghana, Côte d'Ivoire, Mali et Sénégal de la Collection du Musée Barbier-Mueller, éditions Hazan, Paris, 1990, p. 201, et la description de la page 239.

cg L'HARMATTAN, 1998 ISBN: 2-7384-6230-8

A ma famille, et aux enfants d'unefùture société de l'interdépendance, du bien-être et de la convivialité.

"La première phase de la domination de l'économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l'être en avoir. La phase présente de l'occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l'économie conduit à un glissement généralisé de l'avoir au paraître, dont tout "avoir" effectif doit

tirer son prestige immédiat et sa fonction dernière. En même temps, toute
réalité individuelle est devenue sociale, directement dépendante de la puissance sociale, façonnée par elle. En ceci seulement qu'elle n'est pas, il lui est permis d'apparaître. "
Guy Debord, la Société du spectacle, éditions Champ Libre, Paris, 1971.

... ou d'être marginalisée...

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier ma femme et mon fils qui ont accepté de sacrifier beaucoup de leur temps pour me soutenir dans cette démarche d'identification de quelques levains fondateurs de toute société à savoir: la transparence, la justice, la confiance et la volonté collective d'un peuple de construire ensemble son bienêtre. Mafemme m'a assisté et a consacré un temps considérable à la relecture des différentes versions du texte. Son aide a été précieuse pour ce qui est de l'amélioration des graphiques, de la réalisation des maquettes de couverture et des cartes d'Afrique. J'ai conscience des positions parfois provocatrices ainsi que des critiques sévères, mais constructives, avancées dans ce livre. Elles ont été faites en toute humilité et n'ont pour objectif que de contribuer, d'une part à la réflexion mondiale, qui a court au travers de publications diverses, et d'autre part, à espérer que des décideurs publics et privés, un peu plus courageux que d'autres, auront la "bénédiction" de pousser plus avant certaines des propositions contenues dans ce livre afin d'assurer des jours meilleurs à leur population respective. Nombreux sont les amis qui, souvent sans le savoir, au travers d'une discussion animée comme l'Afrique en a le secret, ont contribué à la précision de ma pensée alors que, très souvent, nous ne partagions pas toujours les mêmes opinions. Qu'il me soit permis ici de les remercier sincèrement et de souhaiter que le débat continue sous d'autres formes permettant une mise en pratique rapide, effective et efficace d'idées novatrices. Enfin, qu'il me soit permis de remercier ceux qui se sont engagés à parrainer cet ouvrage, avant même d'en connaître le contenu. J'espère qu'ils retrouveront dans ce livre une part de dignité collective dont il est de plus en plus question au cours des palabres portant sur l'avenir de l'Afrique subsaharienne. Merci pour tous les témoignages Vienne, 1er juin 1998 de confiance et bonne lecture.

Yves Ekoué AMAÏZO

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SOMMAIRE

. . . . . . .

pages

Remerciements Sommaire Mots-clés Sigles et abréviations Résumé Introduction: quelle répartition des fruits de la croissance? Première partie: Ambiguïté des concepts et des pratiques

6 7 9 10 12 15 25 27 45 79 103

Chapitre 1 Développement durable ou bien-être durable? Chapitre 2 Ambiguïté du partenariat Chapitre 3 Mutation de la politique de coopération entre l'Union Européenne et les pays d'Afrique, Caraïbes et du Pacifique

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Deuxième partie: Capacité d'influence et zones interdépendantes

.

Chapitre 4 Quelle capacité d'influence de l'Afrique subsaharienne sur les mutations économiques du 21e siècle? Chapitre 5 Compétitivité, cohérence et synergies au sein de zones interdépendantes d'échanges, de production et de bien-être des populations Troisième partie: Transparence, et vigilance gouvernance de proximité,

135

175

177

Chapitre 6 Choix judicieux et maîtrise de la transparence pour une relance endogène en Afrique subsaharienne Chapitre 7 Du financement public au financement privé et décentralisé du développement Chapitre 8 Ambivalence dolosive des règles du jeu du commerce mondial et rythme d'intégration

177 254 292

.

Quatrième partie: Participation ou association de la Société civile aux décisions

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Chapitre 9 Conclusion: vers une société et une gouvemance de l'interdépendance

335

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9.1 Obsolescence et ambiguïté du concept du développement 9.2 Echec de la conception publique du développement 9.3 La violence de l'interdépendance: un défi à relever par des alliances stratégiques 9.4 Assurer la participation de la Société civile dans l'affectation des fruits de la croissance 9.5 L'émergence d'une société et d'une gouvemance de l'interdépendance 9.6 Le mystère de la transcendance: la marginalisation et la pauvreté comme source de richesse 9.7 La capacité de relance endogène: une affaire de volonté collective, de transparence et de représentativité.

335 339 346 356 363 366 371 389 402 403 403 406 411 421 421 422

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. .

Liste des annexes Tables: Table des encadrés Table des graphiques T'able des tableaux Bibliographie sélective Index Index par thème Index par pays et région

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MOTS - CLES
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. Il. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. Afrique subsaharienne Alliances stratégiques endogènes Ambiguïté du partenariat Bien-être et convivialité Bureaucrates de l'administration centrale africaine Capacité d'influence Cohérence dans les actions collectives Commerce et investissement Commerce intra-régional Compétitivité Coopération décentralisée Croissance durable Désindustrialisation Développement inégal, durable et soutenable Exclusion Financement non générateur d'endettement Financement de proximité Force du marché Formes subtiles d'inégalité Indice de développement humain Interdépendance Marginalisation Mondialisation Mutation Participation de la Société civile Pauvreté Pays à revenu élevé (PRE) Pays à influence faible (PIF) Perception extravertie des besoins du peuple d'Afrique subsaharienne Prise de conscience Production et commerce Relance endogène Rentes de relations Rentes de situation improductives Répartition des fruits de la croissance Représentativité virtuelle Rétablissement de la confiance Rythme d'intégration Société de confiance Société et Gouvernance de l'interdépendance Stratagèmes immunisateurs Synergies au sein de zones interdépendantes Transparence Zones interdépendantes d'échanges, de production et de bien-être des populations

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SIGLES ET ABREVIATIONS
ACE ACP AEP ALC AMI ANASE ANMO APD AS ASEAN AsS BAD BM BOT CAD CAM CEDEAO CEEAC CEI CEPGL CET CH CITI CN CNUCED COMESA CT ETN FCFA FED FMI GATT
ICI

IDH lED IP IPH M3

Asie région Centrale et Europe Afrique Caraïbes Pacifique Asie région Est et Pacifique Amérique Latine et Caraïbes Accord Multilatéral sur l'Investissement Association des Nations de l'Asie du Sud-Est Afrique du Nord et Moyen-Orient (voir MOAN) Aide Publique au Développement Afrique subsaharienne Association of South East Asian Nations, voir ANASE Asie région Sud Banque Africaine de Développement Groupe de la Banque Mondiale Build Operate Transfer, voir CET Comité d'Aide au Développement Croissance Annuelle Moyenne Communauté Economique des Etats de l'Afrique Occidentale Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale Communauté des Etats Indépendants Communauté Economique des Pays des Grands Lacs Construire Exploiter Transférer, technique d'acquisition/ réalisation/gestion basée sur un arrangement concessionnel) Capital Humain Classification Internationale Type par Industrie, Capital Naturel Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement Marché Commun de l'Afrique de l'Est et Australe, Common Market for East and Southern Africa, Capital Transfonné Entreprises transnationales Franc de la Communauté Financière Africaine Fond Européen de Développement Fonds Monétaire International Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, General Agreement on Tariffs and Trade Indice de la Capacité d'Influence Indice du Développement Humain Investissement Etranger Direct Investissement en Portefeuille Indice de la Pauvreté Humaine Milliard

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MOAN OCDE OMC ONG ONU ONUDI OPEP PED PI PIF PIB PMA PME PMI PNB PNUD PRE PRF PRI RED SADC TCAM TEl TM TPE UDEAC UE UMEOA VAM ZIEPB ZIEE $EU

Moyen-Orient et Afrique du Nord (voir ANMO) Organisation de Coopération et de Développement Economiques Organisation Mondiale du Commerce Organisation Non Gouvernementale Organisation des Nations Unies Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole Pays En Développement Pays Industrialisés Pays à Influence Faible Produit Intérieur Brut Pays les Moins Avancés Petites et Moyennes Entreprises Petites et Moyennes Industries Produit National Brut Programme des Nations Unies pour le Développement Pays à Revenu Elevé Pays à Revenu Faible pays à revenu intermédiaire Régions En Développement Communauté pour le Développement de l'Afrique Australe, Southern African Development Conference, Taux de Croissance Annuelle Moyenne Taux d'Epargne Intérieur Tonne Métrique Très Petites Entreprises Union Douanière des Etats de l'Afrique Centrale Union Européenne Union Monétaire des Etats de l'Ouest Africain Valeur Ajoutée Manufacturière Zones Interdépendantes d'Echanges, de Production et de Bien-Etre Zones Interdépendantes d'Expansion Economique Dollar des Etats-Unis

Il

RESUME
DE LA DEPENDANCE A L'INTERDEPENDANCE Mondialisation et marginalisation : une chance pour l'Afrique?

En tennes d'amélioration du bien-être de la population, la situation africaine ne s'est pas transfonnée comme auraient pu le faire espérer les objectifs de développement affichés par les représentants du secteur public tant internationaux que nationaux. A vouloir concentrer trop d'efforts à identifier ce qu'il convenait de faire et comment il fallait le faire, les politico-gestionnaires du développement ont passé sous silence le fait que la majeure partie des fruits de la croissance a été administrée par des fonctionnaires de l'administration centrale qui n'ont pas jugé nécessaire de faire participer la Société civile. Après les indépendances, les gouvernements africains ont souvent été conseillés par l'extérieur et ont opté pour des politiques d'interventionnisme étatique dans le secteur productif avec un résultat plus que mitigé. Face aux échecs récurrents des politiques économiques en Afrique subsaharienne, constatés jusque dans les années 1994 au niveau des indicateurs de croissance économique, et avec les changements profonds qui sont en train de s'opérer du fait de la mondialisation rapide de l'économie, une prise de conscience sur la situation africaine a pennis de rechercher des solutions dans le transfert de la gestion du secteur productif au secteur privé et dans l'implication directe de la Société civile dans la gestion quotidienne et stratégique des fruits de la croissance. Cette prise de conscience n'a pas encore réellement été perçue au niveau de l'Afrique subsaharienne. La représentativité virtuelle de la plupart des décideurs en Afrique subsaharienne ne contribue pas à faciliter la prise en charge par le secteur privé de la gestion du secteur productif. Les relations partenariales entre les pays et les régions du monde sont marquées par des questions d'intérêts. Dans un monde de plus en plus interdépendant, il est clair que tout préjudice grave subi par une partie du monde ne peut que rejaillir à tenne, sous d'autres fonnes, sur les autres parties de la planète. Comment alors, avec la Société civile, restaurer une capacité d'influence de l'Afrique subsaharienne dans un monde interdépendant où les rapports d'influence sont en défaveur de l'Afrique subsaharienne et tendent à la marginaliser, parfois à l'exclure de la conduite des affaires du monde, voire parfois des affaires africaines? Bien qu'il n'y ait pas de recettes miracles pour améliorer le bien-être de la population en Afrique subsaharienne, il convient de s'interroger sur la représentativité, souvent virtuelle, de ceux qui sont appelés à opérer des choix et à procéder à des arbitrages faits, en principe, au nom de la Société civile. Améliorer

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le bien-être de la population, contribuer à la réduction de la pauvreté, rechercher la pérennisation des actions positives de développement supposent une vision globale et une perception locale de l'environnement dans lequel la Société civile évolue. Cette vision s'accommode mal d'un système de rentes de situations improductives construit à partir d'un ensemble hiérarchisé de rentes de relations informelles, secrètes voire occultes. Quelle que soit la recette choisie en termes de stratégies de développement et au risque de voir sa marginalisation se banaliser, l'Afrique subsaharienne devra s'assurer qu'elle est bien à la recherche des atouts suivants: . prendre conscience des formes subtiles d'inégalités reposant sur l'ambiguïté des règles régissant les échanges et la production au niveau mondial, . valoriser de nouveaux liens entre une efficacité économique et une meilleure répartition des fruits de la croissance en associant la Société civile, . renforcer son capital humain et retrouver une cohérence entre l'investissement dans la production ou dans les services et l'investissement dans les infrastructures physiques et institutionnelles en valorisant le rôle du secteur privé, rechercher des financements non générateurs d'endettement et les orienter vers des activités de développement soutenable pour un mieuxêtre durable, . rehausser la cohésion sociale au même niveau que la sécurité économique afin de rétablir la confiance entre d'une part le secteur public et le secteur privé, et d'autre part, entre l'Etat et la Société civile; cela suppose en Afrique subsaharienne de nouvelles alliances stratégiques endogènes entre les élites intellectuelles, les dirigeants et le peuple, . s'organiser collectivement au niveau de zones régionales interdépendantes d'échanges et de production pour développer et affirmer une capacité d'influence permettant de trouver une cohérence dans le rythme d'intégration à l'économie mondiale, . éviter d'adhérer collectivement à des stratagèmes immunisateurs, facilitant l'ambiguïté du partenariat avec le monde extérieur, en acceptant de libéraliser la circulation de l'information par le biais de mécanismes consultatifs transparents. Plutôt que de rechercher les conditions d'un développement soutenable et d'une croissance durable dont les contours restent malgré tout très extravertis, il faut tenter de se démarquer du principe même du développement, devenu obsolète et ambigu. L'Afrique subsaharienne doit rechercher dans des concepts tels que bien-être et convivialité, les racines d'une future société de confiance. C'est de la

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