Fiche de lecture La Disparition (résumé détaillé et analyse littéraire de référence)
64 pages
Français

Fiche de lecture La Disparition (résumé détaillé et analyse littéraire de référence)

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Description

La collection « Fichebook » vous offre la possibilité de tout savoir de La Disparition de Georges Perec grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée.


La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire.

Notre travail éditorial vous offre un grand confort de lecture, spécialement développé pour la lecture numérique. Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d’enseignants.


Ce livre numérique contient :

- Un sommaire dynamique

- La biographie de Georges Perec

- La présentation de l’œuvre

- Le résumé détaillé (chapitre par chapitre)

- Les raisons du succès

- Les thèmes principaux

- L'étude du mouvement littéraire de l’auteur

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2014
Nombre de lectures 320
EAN13 9782367884707
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait


La Disparition est écrit en 1968 et est publié en 1969 par les éditions Denoël. Le roman connaîtra plusieurs éditions, il sera notamment publié chez Gallimard dans la collection « Imaginaires ». La couverture de l’édition originale est illustrée par un « E » écrit en capitale, avisant son lecteur de sa forme lipogrammatique. En effet, La Disparition est entièrement composé sous la contrainte puisqu’il ne comporte pas une seule fois la lettre « e ». Il s’agit là d’une prouesse lexicographique, car il est à noter que l’absence de cette lettre, récurrente dans la langue française, implique l’impossibilité d’utiliser un tiers des mots existants et proscrit le « je », la conjugaison au présent et la marque du féminin, ce qui amenuise considérablement les possibilités scripturales. Des spécialistes de l’œuvre de Perec ont d’ailleurs établi des calculs afin d’estimer le nombre de mots qu’a dû évincer l’auteur. Ces études ont révélé que ce sont environ 60 000 mots qui n’ont pu être utilisés (le roman comporte approximativement 360 000 lettres, sachant qu’en français la lettre « e » revient à peu près une fois sur cinq ou sur six).


Georges Perec entame l’écriture du roman alors qu’il vient d’être intégré à l’Oulipo. À la manière de tous les oulipiens, Perec s’attache à mettre en place des règles rigoureuses afin de démultiplier les potentialités de la création. Les systèmes régis par la contrainte sont déclinés et combinés afin de stimuler l’imagination de son auteur. C’est dans cet état d’esprit que Perec s’est employé à rédiger cet important lipogramme de 300 pages.

Le thème principal de ce roman est, comme son titre l’indique, la disparition. La disparition concerne évidement la lettre « e » qui est proscrite de l’ouvrage, mais elle s’applique aussi au personnage principal nommé Anton Voyl (qu’il faut bien sûr lire « voyelle atone », c’est-à-dire une voyelle qui n’est pas accentuée, comme c’est le cas du « e » dans la langue française), personnage qui a mystérieusement disparu. Que ce soit dans la forme ou dans le fond du roman, la voyelle est absente. Forme et fond sont donc ici absolument indissociables. L’intrigue du roman se déploie autour de la recherche de cet homme par ses amis qui disparaissent également au fur et à mesure. La Disparition s’apparente ainsi tout à fait à un roman policier. Par ailleurs, l’œuvre évoque largement la guerre, la déportation des Juifs, l’assassinat des membres d’une même famille, ce qui n’est pas sans rappeler les effroyables moments vécus par Perec dans sa jeunesse.

La Disparition est composé de vingt-six chapitres, mais il est à noter que le chapitre cinq a été évincé – en référence à la suppression de la lettre « e » qui est la cinquième lettre de l’alphabet –, ainsi que la partie deux qui est l’homophone de « d’e ». Le roman est donc un lipogramme à tous les niveaux, que ce soit par sa forme et sa structure, par son fond et sa sémantique.
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