Fiche de lecture Lorenzaccio

Fiche de lecture Lorenzaccio

-

Français
28 pages

Description

La collection « Fichebook » vous offre la possibilité de tout savoir de Lorenzaccio d'Alfred de Musset grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée.


La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire.


Notre travail éditorial vous offre un grand confort de lecture, spécialement développé pour la lecture numérique. Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d’enseignants.


Ce livre numérique contient :

- Un sommaire dynamique

- La biographie d'Alfred de Musset
- La présentation de l’œuvre

- Le résumé détaillé (scène par scène)

- Les raisons du succès

- Les thèmes principaux

- L'étude du mouvement littéraire de l’auteur

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 avril 2014
Nombre de lectures 23
EAN13 9782367883489
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Extrait

Lorenzaccio est une pièce de théâtre en cinq actes composée en 1833 par Alfred de Musset et publiée l’année suivante dans le recueil en prose Un spectacle dans un fauteuil II. Un titre qui laisse explicitement entendre que ce drame historique fut, à l’origine, écrit pour être lu et non pour être porté sur la scène. Ce n’est d’ailleurs que 39 ans après la mort de l’auteur, en 1896, que Lorenzaccio est joué pour la première fois au théâtre de la Renaissance à Paris, avec dans le rôle phare une femme, et quelle femme : la grande Sarah Bernhardt. Il faut également garder en mémoire la mise en scène de Jean Vilar et Gérard Philippe, lequel incarne avec brio le héros éponyme sur le plateau nu du Palais des Papes d’Avignon, en 1952. C’est donc la postérité qui fait de Lorenzaccio un chef-d’œuvre du théâtre romantique. En effet, à l’époque de Musset, cette pièce, considérée comme dangereuse par la censure qui voit en elle une critique ouverte du pouvoir établi, passe néanmoins inaperçue car elle est tout bonnement injouable, en raison de son éclatement spatio-temporel. La mode est alors aux décors splendides, applaudis tels des stars une fois le rideau levé, et Lorenzaccio est telle quelle une pièce trop coûteuse à monter. Le maintien de l’unité de lieu classique est une contrainte matérielle majeure à laquelle Musset refuse de se plier, ce qui fait de lui l’un des inventeurs de la scène moderne. 


Quant à l’œuvre en elle-même, elle a été inspirée par une scène historique rédigée par George Sand au début de son idylle avec Musset, en 1833, et intitulée : Une conspiration en 1537. Ce texte dialogué, qui s’appuie sur la Chronique florentine de Benedetto Varchi, retranscrit en six tableaux l’assassinat du duc Alexandre de Médicis par son cousin Lorenzo. Pour autant, le mobile de ce meurtre reste obscur : doit-on conclure à une vengeance personnelle, un règlement de comptes politique, un acte de terrorisme désespéré, le coup d’envoi d’une conjuration républicaine ? Finalement, le pouvoir n’est nullement ébranlé par la mort du Duc puisque Côme de Médicis lui succède aussitôt. Ce qui aurait pu devenir un événement historique exceptionnel se change alors en « incident » sans conséquence.

À l’automne 1833, Alfred de Musset s’approprie le texte de George Sand et le transforme radicalement. Il intensifie les contradictions du héros, développe le cadre de la ville de Florence, et met en perspective plusieurs niveaux de personnages : au premier plan Lorenzo et Alexandre, au second plan les différentes manœuvres visant à contrecarrer le pouvoir du Duc (on pense ici au Cardinal, à la marquise Cibo et aux seigneurs républicains, tout particulièrement la famille Strozzi), et au troisième plan la ville de Florence, avec ses marchands, ses soldats, ses bourgeois, ses artistes et ses étudiants.

Au final, le Lorenzaccio de Musset est un drame écrit par un homme désenchanté, profondément marqué par l’échec de la révolution de Juillet 1830 auquel les événements florentins de 1537 ne cessent de faire écho. Persuadé de la vanité de toute action politique, l’auteur, qui vit alors une passion tourmentée avec la romancière George Sand, donne vie à un héros mystérieux empli de fêlures et de zones d’ombre qui n’est pas sans rappeler le jeune Musset.