//img.uscri.be/pth/c986ce77816bd457421066f6d7a9998008d5030d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 68,44 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

L'Eglise et les Noirs au Pérou

De
320 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1993
Lecture(s) : 175
EAN13 : 9782296282889
Signaler un abus

Jean-Pierre

TARDIEU

L'EGLISE ET LES NOIRS AU PEROU XVIe et XVIIe SIECLES
Torne 2

Centre de Recherches

Publications du Littéraires et Historiques de l'Université de La Réunion Collection "A,né ricana"

Cet ouvrage a été publié grâce au concours du Conseü Général et du Conseü Régional de lA Réunion

UNIVERSITÉ DE LA 1Œ~10N

FACULTÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES

Edi tions L' Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005Paris

Illustration de couverture: dessin de Felipe Guaman Pama de Ayala, Nueva Clï5nica y buen. gobie rno ( 1583-1615).

CAHIERS

C.R.L.H.

. C.LR.A.O.I.

Centre de R&hercbes Littéraires et Historiques Centre Inter-Disciplinaire de R&herches Afro-Indian-Océaniques Faculté des Lettres et des Sciences Humaines 24-26. Avenue de la Victoire - 97489 SAI~~-DENIS CEDEX.ILE DE LA REUNION.

CAHIERS ~'iNlJELS

DÉJ.~ PUBLIÉS :

-

- Visages de la Féminilé, 1984
PraJiques

-

du corps-mideciM, hygièM, a1i~rtlQJiof1, sex!J(l[ilé, 1985 Le Territoire EI:Jfks sur l'espace !wmain, 1986 Repriseftlalions de l'origiM, 1987

-

-

-

-

L'exollsTT1£,

1988

Ailleurs

imLlginis,

1990

LE C.RL.H. A ÉGA.L.aŒNT PUBLŒ : - J .M. Racault et al., Eludes sur p(lJ..t[ t Virginie el l'œuvre ck Bef7k1rdin de SainJ-P~rre, 1986 e - A. Geoffroy, U ressac cU l'enfance che:. Vliliiam FaJJlwr, 1991 Toutes ces publications sont diffU$ées p~ la maison Didier-Erudition.

EDITIONS

L'HAR\IATTANIUNfVERSITÉ

DE LA RÉUNION

-

Métissages, Liuérature et Histoire laine l, 1991 Métissages, Ling uislique et Anrhropologie - tome II, 1991

-

-

@Editiona l'Harmattan, . J, rue de l'Ecole Polytechnique

-75005 -PARIS

1993

La loiu 11mars 1957interdit les copies ou reproductions destinQQs à une utilisation COUectiV8. d Touta repnxiJetion, int&grëÙ8 ou partielle falte par quelque procédé que ce soit, sanlle consentement de rauteur ou de 188 ayants C8U., eat Ylicite.

ISBN: 2-7384-2167-9

QUATRIEME

PARTIE

L'EGLISE, PROTECTRICE DES NOIRS AU PERDU

..719 -

Face à l'esclavage, rappelons-le, avait instauré la primauté

l'Eglise assuma l'enseignement

apostolique qui

des valeurs spirituelles sur les réalités matérielles. La

servitude de l'homme noir aux Indes occidentales devint un moindre mal. Elle permettait .le développement économique des provinces américaines de la

Couronne espagnole, tout en favorisant l'endoctrinement
victimes de ce commerce.

dans la véritable foi des

il n'est donc pas question de vouloir nier ici la responsabilité l'asservissement
contexte

de l'Eglise dans

des Noirs au Pérou. TI convenait cependant de la situer dans son
afin de l'éclairer d'une manière plus objective.

historique,

L'attitude premier

de l'Eglise ne se réduisait

pas, comme on pourrait spirituel.

le croire dans un de la

mouvement,

au rôle de garde-chiourme

La prédication

résignation, une des bases du magistère de l'Eglise face aux Noirs, n'était efficace, aije dit, 'que dans la mesure où la seconde partie du message n'était pas occultée. TIest
temps de revenir des maîtres, d'obtenir chrétien. sur cet aspect rapidement de certains entrevu. Malgré les réticences religieux eurent évidentes à coeur en

et même

clercs, les responsables

pour

le Noir des conditions

de vie lui permettant

de se comporter

,~

720

=

I~

savait très bie~n

la

'f1~

alh:~:r all..~delà

d'un

certain

seuil de à son religieuses politique outrancière réaliste du Noir

Elle veilla à. ce évi ter le de la société

de l'esclave ne fût et des structures n'avait intérêt avec à ce l'exploitation sa

EIl atlCUne manière fût considérée son IIlaître. en conséquence le comme

l'Eglise une

collusion

Elle essaya maître;

d,e favoriser

de l'esclave
1 !

et du
.P

toujou,rs dans elle avait

de l'enseignem.ent recours à des moyens non négligeables

cela 5 averall

.

k.

indjsperlsable,

pour

protéger

l'esclavee Cela revenait

en fait à oeu'vrer en faveur de son intégration Pourtant l'Eglise ne cessa de considérer

daJlS la société le Noir avec un

civile en tant qu'homme. regard condescendant..

OUATRIEME L'EGU5E,

P4~RTIE

PROTECTRICE DES NOIRS AU PEROU.

Chapitre

I : Protection

sanitaire

........

p.725 p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. 725 726 726 731 731 733 736 736 738 738 740 742 742 746 746 746 748 752 754 756 764 764 765 766 767

l - Dénonciation des négligences et des excès des maîtres. ............ LI - Les conditions de vie des esclaves ............................................ 1.1.1 - Les insuffisances ..................................................................... 1.1.2 - Les sévices ................................................................................ 1.1.2.1 - Les cris de protestation....................................................

1.1.22 - Leur i.mpact
1.2. - Le repos des esclaves

..............................................
...................................................................

1.2.1- La théorie .. I.2.2- La réalité
1.2.2.1 - Contrôle II - L'assistance
II.2 - Les, h ô pi

......... ..........................
et sanction.........................................................

I.2.2.2 - "Lesdérogations..
sanitaire
ta ux

~............

........................................................................

II.l - La ~anté des esclaves: rappels ..................................................
. . . .. .. . . .. . . . . . . .. . . . . .. .. .. . . .. . . .. . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .. . . . .

II.2.1- San Lazaro.
II.2.1.1 - Sa fondation II.2.1.2 - Son fonctionnemen t.

... ,.................................... .........

TI.2.2 - San Bartolomé ....................................................................... II.2.2.1 - Sa fondation.....................................................................

IL2.2.2 - Son fonctionnement ..... II.3 - Les oeuvres de bienfaisance ...................................................... II.3.1 - Les infirmeries des couvents masculins .......................... II.3.2 - Les ceu vres spécialisées .... II.3.2.1 - Les orphelinats ...................................................... II.3.2.2 - Les "casas de recogimiento" ..........................................
Chapitre II : Protection de la vie familiale ...........................................

p. 771 p. 771 p. 772 p. 772 p. 772 p. 773p. 77S p. 77S p.777 p. 779 p. 779 p. 7ï9 p. 783

l - Lutte contre l'errence sexuelle des femmes ................................. 1.1 - L'exploitation sexuelle ................................................................ 1.1.1 - Disponibili té des esclaves ...................... 1.1.1.1 - Le repos du guerrier. ..........
1.1.1.2 - Le service du maître.........................................................

1.1.2 - Conséquences sociales ............ 1.1.2.1 - Le traumatisme psychologique du Mulâtre................ Ll.2.2 - La Mulâtresse et la mauvaise vie.................................. 1.2 - L'Eglise et l'assainissement des moeurs ................................. 1.2.1 - Répression du concubinage ................................................. 1.2.1.1 - Mesures préventives.......................................................
1.2. 1.2
-

- Mes

ur

es

c cerci

ti v es

. . .. . . . . . . . . .. .. . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . .

1.2.2 - Répression de la prostitution ............................................... 1.2.2.1 - Mesures préventives........................................................

1.2.2.2- Mesures coercitives ...... II - Protection du couple contre l'arbitraire des maîtres ................. II.l - Le respect des droits des esclaves ............................................. II.I.I - La liberté du choix pour le mariage .................................. II.I.I.I - Les pressions des proches.............................................. II.I.I.2 - Les sùbterfuges des maîtres........................................... II.I.2 - Les droits conjugaux: "hacer vida maridable" ...............

II.l.2.1 . Contradictions avec les intérêts des maîtres.............
II.l.2.2 - La mauvaise foi des maîtres......................................... 11.2- Contradictions canoniques et juridiques: le problème de l'élai gnem en t IT.2.1- Contrôle des mouvements d'esclaves mariés II.2.1.1 - Interdiction des séparations II.2.1.2 - Rapprochement de conjoints IT.2.2- Réalisme de l'Eglise <-. II.2.2.1 - Les cornpro'mis... II.2.2.2 - Les concessions ill - Protection de l'individu dans le couple m.l - Lutte contre la bigamie m.l.l- Situation du bigame m.l.l.l - Identité de l'inculpé ill.l.l.2 - Les causes de la bigamie TII.I.2- Le procès ill.I.2.1 - Accusation et défense Ill.1.2.2 - 12 verdict m.2 - Les tensions ill.2.1 - Le respect des engagements III.2.2 - Le respect du conjoint ill.2.2.1 - Les mauvais traitements
.

p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p.

785 785 787 790 791 792 792 795 798 798 801 806 806 807 810 814 814 818 825 827 829 829 830 835 835 842 845 845 847 847

m.2.2.2 - Abandons et adultères p. 850 ill.3 - u rupture p. 852 m.3.1 - La nullité du mariage p. 852 III.3.I.1 - Défaut de consentement p. 853 ill.3.1.2 - Erreurs sur la substance du contrat ou sur la personne. p. 855 ill.3.2 - La séparation p. 859 ill.3.21 - Le "divorce" p. 860 m.3.2.2 - La révocation du divorce et de la déclaration de p. 863 nullité .........
III : Protection de la vie sociale .............................................. p. 867 p.867 p. 867 p. 867 p. 868 p. 869 p. 870 p. 871 p. 8iS

Chapitre

I - Protection de l'individu ................................................................... 1.1'. Protection des biens ........................................................................ 1.1.1- Préliminaires: le Noir et la propriété ~.

1.1.1.1- Aspects juridiques 1.1.1.2- Réalités péruviennes
1.1.2.2 - Détournements

....... H..................

1.1.2 - Interventions de la justice ecclésiastique .......................... 1.1.2.1 - Les abus de .confiance........................................................

d'héritages............................................

I. 1. 2.3

1.2- Protection juridique ......... L2.1- La question de la compétence u...u........................... L2.1.1- Rivalités avec la justice royale....................................... 1.2.1.2 Excèsde zèle ~................

- L

us
'

ur

e . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .

I.2.2- Le droit

d'asile

~

....

1.2.41 - Défense du principe.........................................................

L2.2.2- Défense de l'individu

..............

II - Préparation aux responsabilités sociales ...................................... II.l - Développement de l'instruction ............................................. II.I.I - Formation artisanale et artistique ..................................... II.I.I.I - Maîtrise de la technique artisanale..............................

II.l.2- Vers une instruction élémentaire.....................................

II.I.I.2 - !nitiation artistique

........

II.l.2.1 - La "doctrina" et ses retombées soclo-historiques. ... II.l.2.2 - La "doctrina" et ses retombées intellectuelles........... II.l.3 - Un projet utopique: une université adaptée au pays ... II.l.3.1 - Ses objectifs ....................
II.l.3.2 - Ses moyens....................................................................... II.2 - Apprentissage de la responsabilité .......................................... II.2.l - Le rôle libératoire des confréries. ....................................... II.2.2 - L'apprentissage de la vie sociale ........................................ ill - L'accession à la liberté .................................................................... ill.l - L'Eglise et le marronnage ........................................................ ill.l.l - Participation de l'Eglise à la répression .......................... ill.I.I.I - Les "censuras generales".............................................. III.l.I.2 - Un "arbitrista" religieux: Fr. Miguel de Monsalve.

ill.l.2 - Les bons offices. ill.2 - L'Eglise et l'affranchissement ill.2.1.1 - L'affranchissement ill.2.1.2 - Réticences...

............ .................................................

III.2.l - Influence du sentiment religieux chez les maîtres ......
"por amor de Dios"................... ...................
ill.2.2 - L'aide judiciaire aux esclaves. ........................................... III.2.2.1 - L'assistance dans leurs démarches.............................. III.2.2.2 - Témoignages de prêtres................................................ III.2.3 - L'Eglise face à la résistance du clergé ............................... III.2.3.1 - Le rachat personnel.......................................................

III.2.3.2 - Respect des dispositions testamentaires...................
Chapitre
l - Pr émi

p. p. p. p. p. p.' p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. p. 'p. p. p. p. p. p. p. p. p.

877 878 879 880 881 884 885 896 90S 90S 906 907 908 915 915 917 919 919 921 924 924 925 927 929 931 931 935 938 940 940 940 942 944 944 946 948 948 950

IV : L'accession
c es

à la prêtrise

...................................................

p. 955 p. p. p. p. p. p. p. p. 955 957 957 957 958 959 960 962

. . . .. . . .. . . . . .. . . . . .. . . .. . . . . .. .. .. . . .. . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . .. .. . . .. . . . . .. . . .. . . .. . . . . . .

II - Fray Francisco de Santa Fe : un prêtre mulâtre .......................... II.I - La personnalité de Fray Francisco ........................................... II.1. 1 - Prédis pas iti0ns ...................................................................... II.1.2 - Influence de Fray Martin de Porras ................................... II.2 - Le chemin vers le sacerdoce ..................................................... II.2.1 - Les formalités ......................................................................... II.2.2 - Quelques remarques ..,....................................................

=

72:';

~

La COtJIonne territoires

ne S(~ désintéressait

pas de la

des esclaves

dal1s ses

des L,des ocridentales.

Comme le dit David G. Sweet;

"It was. essential for the economic development of the colonies, and for th,e safety of the European settlers, that slaves not be so badly as to be driven to escape or to rise against theirs

Objectivement, mieux possible. On pourrait pouvoir

il Y allait de l'intérêt Les jéstûtes péruviens

de tous que les esclaves l'avaient

fussent

traités le

parfaiteIT'..ent compris. avait utilisé le

s'en tenir là dalls l'analyse,

et dire que la Couronne le précaire

n10ral de l'Eglise au Pérou afin de consolider des motivations spirituelles.

édifice américain.

Ce serait faire abstraction Bien souvent, au comportement

ce sont des homn1es d'Eglise des maîtres. Des responsables

qui ont clar!1.é leur indignation

race

ont attiré leur attention

SUI leu.r devoir àe crtrétiens.

I .., ~Qnciation.

~~ligences

et des excès des maîtr~~

Tous les maîtres intérêt. Nombre

ne se préoccupaient eux voyaient à leur guise. qu'ils lui faisaient que du mépris

pas de savoir où se trouvait dans leur esclave

leur un autre,

d'entre

un bien comme

dont ils pouvaient Les traitements

subir

n'avaient

rien de chrétien. indignes d'être

Francisco comparés

José de Jaca n'éprouvait

pour ces maîtres

1 G. David Sweet, 1!131ack Robes and "Black Destiny'l : Jesuit views of 1-\frican in 17t11 I..ah.n i\merica", op. cit., p. 94.

- 726 aux musulmans. Ceux-ci favorisaient les prisonniers convertis à leur foi, alors que les _Espagnols maltraitaient les Noirs devenus chrétiens:

"'llos- moras al cristiana que recibe su iniame secta, no séla le dan llbertad, pero le hacen grandes favores y honras, de calidad que han llegado a hacer reyes a algunos; y estas miserables al recibir la verdadera fe son tiranizados y de libres son hechos esclavos, con mâs gue gentilica barbaridad ; pues se portan con elIas, pear que los pérfidas nerejes, y que los morDs seguidores deI maldito Mahomâ2".

1.1. : Les conditions

de vie des esclaves.

1.1.1. : Les insuffisances.

Sandoval de force

est probablement les' conditions

le premier

homme

d'Eglise à s'être élevé avec autant aux esclaves par des maîtres

contre

de vie imposées

négligents ou avaricieux.- Son témoignage, fondé sur son expérience carthagénoise, est aussi valable pour le Pérou, où il s'était également occupé de Noirs.
Les repas suffisent nourriture distribués aux Noirs ne méritent pas ce nom, affirme-t-il. Ils ne de

pas à réparer

les forces dépensées.

Certains

des maîtres travailler

les privent

les jours de repos, sauf s'ils les font illégalement

"coma si sôlo se les debiese por el trabajo y sélo se les diera para poder trabajar3" . On a pour les esclaves moins d'égards que pour les ânes, assure le franciscain Epifanio de Moirans. On ne refuse pas aux bêtes de somme la nourriture nécessaire,
mais on oblige les Noirs à se contenter du minimum4.

Les m-aîtres étaient Or les Noirs n'étaient

encore

plus négligents au nouveau

pour l'habillement

de leurs esclaves.

pas préparés

climat imposé par la traite. Si dans

:2Francisco de Jaca, op. cit., in : Lopez Garcia, op. cit., p. 159. 3Sandoval, De Instauranda..., op. cit., p. 195. 4 Epifanio de Moirans, op. cit., in : Lôpez Garda, op. cit., p. 190.

-ï27 les régions les Andes accentuées Sandoval, tropicales cela portait moins à conséquence, on imagine le résultat dans sont et même sur la côte péruvienne par l'humidité. pour mieux stigmatiser cette attitude, emploie une formule où les différences de température

laconique:

"los traen' desnudos". Les esclaves se voient donc dans l'obligation de

prendre sur leurs jours de repos afin de s'acheter de quoi se couvrir5.
On accuse l'intéressaient emporter suite. Car parfois moins: le jésuite d'exagération. une En fait les esclaves faible minorité. privilégiés laissé

ils représentaient

S'il s'était qu'elle

par le sujet, cette fonnule on la retrouve 1672 : dans

n'aurait une lettre

pas eu la fortune de la reine

eut par la en date du

régente

2 décembre

"se ha entendido que en Cartagena de las Indias y otras provinçias y lugares de ellas [las Indias] andan desnudos los ne gros y negras, siendo esto tan ajeno de la honestidad cristiana y materia tan escrupulosa."
D'autres protestations s'ajoutèrent à celles de Sandoval. Elles provenaient qui envoyaient s'inquiète peutdes

être des successeurs rapports d'ordonner

du jésuite

à Carthagène,

ou de religieux

à la Cour de tous les territoires à ses représentants

des Indes. La Couronne

au point

de veiller à ce que

"los negros y negras anden vestidos 0 par 10 menas cubiertos, de forma que puedan parecer con decencia y sin peligro en quien los mira." Elle exige des vice-rois, fassent comparaître devant des présidents des Audiences et" des gouverneurs qu'ils s'ils

leur administration

tous les Noirs afin de vérifier pour punir les maîtres

sont décemment la première

vêtus. Des amendes

sont prévues

fautifs. A on

récidive,

ils seront condamnés concerné6.

à des peines de prison;

à la seconde,

leur saisira l'esclave

:)

Sandoval,

p. 195.
vol. 2, t. 2, p. 587.

6 C.D.H.F.S.,

~728Les fonctionnaires L'évêque de Huamanga la mesure transmirent y répondit la cédule aux responsables religieux.

le 10 décembre le cadre

1674. TI s'engagea de ses attributions.

à faire respecter il s'agissait

gouvernementale

dans

probablement

pour l~ d'appeler les maîtres à plus d'égards envers leurs esclaves

par des instructions données aux curés de son diocèse ou par une lettre pastorale lue dans les églises paroissiales7. Dans l'avis qu'il donna le 20 mars 1675, l'archevêque
Almoguera,

de Lima, Fray Juan de

ne voyait pas l'utilité de la décision royale pour le Pérou:

"no a lugar en estas provincias donde antes es nimia la gala que las negras y mulatas gastan, sobre que dan los virreyes varios 6rdenes con aprieto, y no pueden conseguir fa ternplança8."
On expliquera d'optiqueG partialité. sensibilisé Mulâtresses dames les réponses contradictoires réagit des deux prélats par une différence avec

L'archevêque

de Lima

aux instructions de recevoir

de la Couronne

Tout laisse penser par le problème

qu'au moment

la cédule, il était davantage de certaines de rivaliser paradoxale. légèreté Noires et avec les Disons en ne

effectif de la tenue vestimentaire essayaient

qui, de façon plus ou moins honnête,

de la bonne société. J'évoquerai que

plus tard cette situation fit preuve

pour l'instant

Juan de Almoguera

d'une grande

dissociant pas les deux problèmes. Sa connaissance de la situation des l'\oirs dans son diocèse était superficielle.
TIexistait à Lima une rue do:nnaI1t sur la grand-place, se situaient fournissaient des boutiques à l'occasion9. spécialisées dans l'habillement la "calle de los
,OÙ

des Noirs. Les jésuites s'y des esclaves

Mais cela ne signifiait pas que les vêtements le rythme des maîtres des saisons. d'être à l'origine

étaient renouvelés Huaman dont souffrent

en temps voulu et suivant

Poma de Ayala accuse l'avarice les esclaves:

des matLx

7 A.G.I., I..ima 527. 8 Id., 520. 9 Descripci6n general deCRevno del Peru en particular de LimiL in : Vargas UgôIte, Manuscritos Peruanos en las bibliotecas deI extranjero, op. at., p. 53.

- 729 "no les dan de corner ni los visten y los hacen andar desnudos. Coma son esclavos se conforman con encomendarse a Dios, a la Virgen Maria, a todos los Santos, Santas y Angeles del clelo [...]. Los hacen trabajar sin comer desde la manana, hora de salida del sol, hasta la entrada de este astra; algunos de puro miserables les dan una sola.comida al dia, a las dace, hora de almorzar, por euyo motiva muchos de ellos m1.1erenpar la mala alimentaci6n. ...... Estos son los motivos par los cuales se pierden los negroslO". Les membres du synode réuni par l'évêque d'Arequipa, et dont les travaux

furent publiés en 1684, protestèrent contre cette cupidité. Tous les maîtres étaient "obligados por derecho natural, y Diuino, a sustentar Esclauos que les siruenl1".
Le logement des des esclaves mérita moins l'attention à l'administration municipale

y vestir los

de l'Eglise. il causait pourtant de Lima, ou même au

préoccupations

gouvernement. Dès 1539, le conseil municipal des maîtres les recéleurs et d'abandonner avait ordonné aux Noirs libres de se placer chez car on les accusait d'être de

leurs logements

personnels,

des objets volés par les esclaves12.

Le 21 janvier 1572, Francisco

Toledo approuva propriétaires

un autre arrêté en ce sens13. En 1598, Luis de Velasco interdit' aux aux Noirs dans leurs "corrales"14. dans les faubourgs de la ville: un gran numero de

de louer des habitationS situe ces logements

Juan Meléndez

"se ven muchas casas rUsticas, en que se aluerga negros, que acuden al seruicio de la ciudad1Stt.

lU Felipe Guama Porna de Ayala, La nueva crénica v buer.. gobierno Don /... /, op. cit., pp. 153-154. 11 Constituciones synodales deI Obispado de AreauiDa, 1684, p. 77r. 12 Libros de Cabildos de Lima, t. I, p. 280. 13 Mendiburu, op. cit., t. 8, p. 52. 14 Libros de Cabildo de Lima, t. 13, p. 775. lS NIeléndez, op. cit., t. 2, p. 158.

escrito

par

- 730 Selon Cabo, les premiers certaines propriétaires clôturèrent les terrains de murs de indios et y transformèrent negros", "cuadras" en jardins ou en "rancherias

"de las ruales duraron algunas hasta nuestros tiempos, y son las que

llamabamos corrales de negros 16".
La Descripciôn logement general del Reyna del Peru est plus complète au sujet du

des esclaves:

"Todas las casas de Lima tienen patios y corrales, que estes sirben para estar en ellos las bestias y las aves y todo el servido de la casa y en estos corrales estan los ranchos donde duermen los ne~ros que siempre quedan por detras de las casas y por aqui carre el agua 7".
Les esclaves se trouvaient et des poulaillers. donc relégués dans les arrière-cours, à côté des écuries

Les arrêtés municipaux

et les décrets gouvernementaux

ne réussirent

pas à

obliger les Noirs libres et les "jornaleros" à habiter chez des maîtres. Ils étaient nombreux dans les quartiers de San Lazaro et de Malambo 18, où les jésuites allaient les évangéliser, "entre los ascos y horrores de sus calabozos"19. Ce fut sans aucun doute D. Melchor de Liftân y Cisneros qui s'intéressa de plus près aux conditions de vie des esclaves. il attira l'attention des fidèles de son diocèse sur leurs responsabilités dans la lettre pastorale consacrée tout spécialement à cela le
15 octobre 1695. Le maître, soin à la nourriture, s'il veut être bon chrétien, et au logement doit accorder le plus grand J'ai traité de cet

à -l'habillement

de ses esclaves.

enseignement dans le paragraphe consacré aux devoirs de "potestad" des maîtres. Je n'y reviendrai donc pas.

18 A.R.S.I., Peru 15, L.A. de 1648, fol. 215a. 19Id., fol. 21Sr.

16 Cabo, Obras 2, B.A.E. 92, p. 305. . 17 üp . at., p. 46.

- 731 Les -contraires

mauvais
à l'esprit

traitements
de charité.

imposés
C'était

aux

esclaves,

estimait
davantag~.

le prélat,

étaient

là que le bât blessait

1.1.2. : Les sévices.

D'après

les relations,

les actes législatifs

et la correspondance

administrative,

on

accusait surtout les maîtres d'infliger Les ordonnances

des châtiments

excessifs à leurs esclaves. parlent de "châtiments excessifs

de 1528 pour Saint-Domingue

qu'on leur donne sans cause". L'expression

est reprise

dans celles de 1535, 1542, et

1545. En 1545, on évoque les "cruautés" des maîtres qui punissent évidente"20.

"sans raison

1.1.2.1. : Les cris de protestation.

Un des tableaux les plus déchirants au sujet de ces mauvais traitements a été peint par Alonso de Sandoval.
De l'avis du jésuite, les maîtres qu'en hommes. Pour les motifs se comportent les plus futiles, bouillante envers leurs Noirs plus en fauves on les enduit de poix 'et on leur s'en aille. Ce

verse sur le corps de la graisse supplice (lardear) correspond

jusqu'à

ce que la peau

au "pringamiento"

déjà évoqué21. non soignées et se réfère s'infectent et se

A cela s'ajoutent couvrent ordonnées
Le jésuite les collets

les coups de fouet. Les blessures assure ne rien inventer,

de vers. Sandoval par les fonctionnaires

aux enquêtes

de la justice. les ceps, les brodequins,
les Noirs. Il rapporte

évoque aussi les fers, les chaînes, les menottes,
et autres inventions destinées à effrayer

et à châtier

la stupéfaction

d'un observateur,

ancien captif à Alger:

20 In : Carolino C6digo Negro [C6digo de legislaci6n para el gobiemo moral, politico y econ6mico de los negros de la Isla Espanola], Santo Domingo, ,1974. Ordenanzas de 1528, Santo Domingo, p. 34 ; Ordenanzas de 1535, 1542, 1545, Santo Domingo, p. 141. 21 Vair supra.

- 732 "...habia observado que castigaban a sus esclavos los cristianos, una semana que los moras a los suyos en un ano22".
Le franciscain preuve procédés Francisco José de Jaca, une. soixantaine TI emprunta d'ailleurs d'années plus mas en

tard, fit

de la même indignation. comme la comparaison citée plus haut:

au célèbre jésuite quelques chrétiens déLT1ses l

avec le traitement

des esclaves

bagnes d'Alger,

"Y que se experimenten los efectos de dicho injusto dominio... Dîgalo el hambre que padecen, testifiquenlo los grilles, las esposas, las cadenas y cepos con que los he vista aprisionados de pies y manos. Diganlo los cruelfsimos azotes que les dan par todo el cuerpo con nervios de bueyes y cuerdas 0 sogas breadas, con tal crueldad, que no 5610 se contentan darles 40 azotes, con que los romanos se daban par satisfechos para con sus esclavos gentiles coma ellos, si los 400 y seiscientos con que a ocasiones, no par un dia, si par otros consecutivos los atormentan; euyo alivio suele ser echarles sobre sus Ilagas vinagre 0 sebo ardiendo, y aceite hirviendo : de manera que tal vez por cuatro 0 seis reales quedan los miserables abiertos hasta los huesos, y muchas veces no contentandose con las inhumanidades dichas, les cartan con navaja sus carnes, con otras atrocidades que la decencia. no me da lugar a decir, y esto basta para que queden entendidas, de que me consta han quedado no pocos muertos a manos de los vërdugos sus amos, parque gentiles que inventaron 10 que muchos' tiranos olvidaron~ En cuyos modos de portarse hallo ser estas tierras muy particular imagen del infierno, tierra que JC'b llama de miserias... 23". Comment ecclésiastiques pourrait-on eux-mêmes accuser se laissaient d'exagérations aller à des attitudes ces témoignages? Les

aussi inhumaines! reçoit

Pour le Pérou des faits semblables une supplique de Juan Pascual,

sont relatés au roi. En 1681, le monarque Lopez BIas, Manuel et Francisco d'un atelier de chapeaux

Domingo

de Estela, à Lima. pas leur

esclaves mulâtres ns sont chargés tâche en temps sur le ventre.

de Francisco Franco, propriétaire de chaînes, d'entraves

de toutes sortes. S'ils ne terminent et fouetter sur la plante

voulu, Franco les fait attacher

des pieds et allumée.

Il fait couler sur leur chair mise à nu

le suif d'une bougie

n. Sandoval, op. cit., p. 195. 23 In : L6pez Garda, op. cit., pp. 146-147.

733 La vie des esclaves suidder24. C'était effective:rne:n.t la solution au contÎ11tlel
letlf

<~

di? cet atelier

est un tel cal vajre

cer tains

choisie par beaUCOtlp d'esclaves
T~es lettres annuelles des

pour de 1601;

1667...16ï4, en font le

1.1.2020 : LeLU'

La Couronne
l'attitude arbitrairr:?

avait

imaginé

en vain

des systèmes

de contrôle exemple,

pour

limiter

des maîtres.

J.bà Saint-Domingue

elle avait chargé le de s1.lrveiller le

capitaine

de

la

cor:npagnie

qui

recherchait

les

marrons

comporten1ent

des maitres et de dénoncer

tout excès à la justice26. En face à leurs esclaves y cristianos2711.

on avait

fait appel aux sentiments "teniertdo

rlU"étiens des propriétaires consideraci6n

que son prôximos

Pour sa part, le comte de Chinch6n laissent défendre, pas aller au désespoir. il punit sév'èrernent

essaya de faire en sorte que les esclaves ne se qu'il y avait quelqu1un pour les

Afin qu'ils sachent les excès des maîtres laissé au marquis

dans la ITleSUre où il en avait le vice~roi se denlande chapeautés songé, par un avant d'y

connaissance.

Dans le

de Mancera,

s'il ne serait pas bon de fOUTI1Îraux esclaves protecteur renoncer général, corrtme pour les Indiens. t28.

des "protecteurs" II y avait fortemellt

provisoiremt~n

24 C.D.H.F.S., voL 2, t 2~===>723. 25 Voir respecti v errler'Lt : Peru fol. 15a ; t. 7 f po 720 ; Peru 15, fol. 225a. 26 Ordenanzas de in: op. cit., p. 141. 27 C.D.I.RD.C~C., t. Il; pp. 82-83. 28 Voir: Lettres du 11/4/1626, A.G.I., Lima 48, lib. l, fol. 32a; du 6/4/1638, Lima 49, lib. III, fol. 92a; Relacién deI estado en que el Conde de Chinch6n deia el gobierno deI Peru al Marqués de Mancera, B.A.E. 282, p. 39a~b.

-734Le 18 octobre 1683, le roi demanda occidentales de veiller particulièrement aux Audiences et aux gouverneurs des esclaves, des Indes de punir les pas à

au bon traitement

abus des maîtres s' amender29. Les mauvaises

et de les obliger à vendre

leurs Noirs, s'ils ne consentaient

habitudes

étaient

fortement

ancrées.

La surveillance

des maîtres

s'avérait difficile pour plusieurs raisons: éloignement

des haciendas, connivence

avec les autorités, etc. Des rapports alannants continuaient à parvenir au Conseil

des Indes. Le 19 avril 1710, le souverain admit que le comportement n'avait rien de chrétien:
"me hallo enterado de los rigurosos castigos que ejecutan con los esclavos negros de las Indias, algunos de sus amas, aun por muy leves faltas con ajenas operaciones de cat6Hcos, no obstante ser los mâs de ellos cristianos...". De nouveau, il est ordonné aux autorités locales, en particulier de protéger à vendre aux les leurs

de certains maîtres

fonctionnaires .esclaves. Noirs.

des ports des vice-royautés est renouvelé

du. Pérou et du Mexique, les mauvais maîtres

L'ordre

de contraindre

Conscient peut-être des complicités entre les maîtres et les fonctionnaires, et de l'indifférence de ceux-ci, le monarque réclame l'aide des autorités religieuses: "ruego y encargo a los arzobispos y obispos de dichas provincias que cada uno en su jurisdicci6n concurran par su parte coma padres y prelados de aquella cristiandad a hacer las exhortaciones y representaciones que mas convenga para evitar seme jantes escândalos y los pecados que se originan de ellos, uniéndose con este fin con los dichas gobernantes y justicias para la mas puntual observanda de esta determlnaciôn 30".

29 C.D.H.F.S., vol. 2, t. 2, p. 754. 30 Voir: Antonio ~furo Orejôn, Cedulario Sevilla, 1969, p. 306.

Americana

del siglo XVIII, ed. de / .../,

-735
Le roi demandait a~ auparavant. aux évêques C'est-à-dire

~

de faire ce qu'avait

fait Lifian y Cisneros

quinze

d'user de leur autorité

morale pour amener

les maîtres

à plus de raison et à considérer Le problème des relations

leurs esclaves comme des chrétiens. entre maîtres et esclaves met donc en exergue le rôle

dévolu par la Couronne à la hiérarchie catholique aux Indes. Son pouvoir moral est utilisé pour consolider l'édifice américain, ai-je dit. Car il est de la plus haute

importance pour les Indes, et partant pour la métropole, que "no dejen de continuar los referidos esclavos en la debida servidumbre y sujeci6n a sus duefios ni que tomen alientos para las fugas que acostumbran ejecutar, que dunanan muchas veces deI imprudente .

rigor del castigô31".

On est en droit d'accuser économique. Les cris de protestation qu'on comme ne peut soupçonner peut-être

la Couronne

d'opportunisme,

car l'enjeu est bel et bien

lancés par Francisco José de Jaca et Epifanio d'ambiguïté, plus s'ajoutèrent à ceux d'autres même

de :\1oirans, religieux de leur mais ils afin de

Sandoval, n'était

pragmatiques,.

si la force leur impact, par le pouvoir

condamnation furent soulager

pas moindre.

TI est difficile de mesurer dans les mesures prises

sans doute les Noirs.

pour beaucoup

Des responsables convaincus

ecclésiastiques,

à l'instar

de Lifian

y Cisneros,

étaient

que les maîtres seraient châtiés des excès envers les esclaves, leurs frères Peut-on lui refuser tout pouvoir persuasif auprès de ces chrétiens par les

dans le Christ.

qu'il somme de s'amender séismes et les mauvaises Bref, en amont trouvaient garan tie.

pour ne plus mériter la colère de Dieu manifestée récoltes32 ? des dispositions adoptées Pour par

et en aval

la Couronne elles étaient

se une

des interventions

d'ecclésiastiques.

les Noirs,

31 Id., ibid. 32 Voir le titre de la lettre pastorale

du 15/10/1695,

B.N.L., Volantes 1600-1698.

736 On ne récupératiOI'l de leurs conditions

~~

de vie

sans

traiter

de la

1.2. :

Dans la troisièn:1.e
all
dtl

j'ai fait état de la législation des esclaves. il est

civile et religieuse revenir

exista.... 11.t voir

domirdcal

ils en retiraiE~!lt

I.2Q : La 1.

L'Eglise était attac..héf? au d.tailleurs le

de cette

L'instrtlction

se faisait

Aux dima.nches royale du 21 septembre

les fêtes d'obligation,

ChÔITlées. La céd ule ni pour les en tière :

citée, est claire. il n'est fait d'exception
qui sont des chrétiens

L11diens ni pOtu' les I\Toi.rs 011 les Mulâtres,

~

"Mandamos que los Domingos y Fiestas de guardar no trabajen los Indics, lU los Negros, ni MuIatos ; y se dé orden que ovgan todos Misa, y guarden ras Fiestas, coma los on-os ChriStiaJ:10Sson obIigados, y en ningl1l1a Ciudad, Villa, 0 lugar les ocupen en edificios, ni obras pûblicas, imponiendo los Prelados y Gobernadores las penas que les pareciere convellir a los Indics, Negros y Mulatos, y a las demas personas que se 10 mandaren ; 10 quaI se ha de erttender v entienda en las Fiestas, que segun nuestra Santa ~1adre IglesIa, Concilias Provinciales, 0 Sinodales de cada Provincia, estuvieren seftalados par de precepto para los dichos Indics, Negros y Mulatos33". Les fêtes d'obligation En vertu de la céd ule esclaveso
~

furen,t fix~2S au. Pérou par le premier ci-dessus

Concile

(1551~1552).

citée, elles étaient égalelnent

valables pOLITles

j.:)

Recopilaci6n

""-."'"'="" de leves de los Reynos

de las Ind~~~~1 Libro

Tittllo

prin1ero,

De la Santa Fe Cat6lica, Ley XVll, Que los 111dios, :...Jegros y ~fulatos no trabajen los Domingos y Fiestas de Guardar. Ed. facsimil, ~adrid : Ed. Cultu..ra Hispânica, 1973, t 1, p. 4.

- 737 Vcid leur liste:

- La Pascua

del Espiritu Santo con 2 dias siguientes. - Todos los domingos del ana. - El dia de la Circuncisi6n de Nuestro Senor Jesucristo. - La Epifania. - La Purificaè6n de Nuestra Senora. - San Matias Apostol. - La Anunciacién. - San Marcos Evangelista, en la ciudad no mas. - San Felipe y Santiago. - La Invencion de la Cruz. - San Bernabé Apostol, en la ciudad. - San Juan Bautista. - San Pedro y San Pablo. - Santa Maria Magdalena en la ciudad. - Santiago Apostol. - Santa Ana, en la ciudad. - San Lorenzo, Martir. - La Asuncion. - San Bartolomé Apostol. - San .Agustin, en la ciudad. - La Natividad de Nuestra Senora. - San Mateo Apostol y Evangelista. - San Miguel. - San Lucas Evangelista. - San Simon e Judas Apostol. - El dia de Todos Santos. - San Andrés, Apostol. - La Concepcion de Nuestra Senora, en la ciudad. - Santo Tomas, Apostol. - La Natividad de Nuestro Sefior Jesucristo. - San Esteban. - San Juan, Apostol Evangelista. - La Pascua de Resurreccion con 2 dias siguientes. - La Ascension. - El dia de Corpus Christi34.
avaient donc presque quatre-vingt-dix à Lima jours chômés par an. Si on et celles qui tombaient de quatrede l'année.

Les liméniens enlève les fêtes

chômées un dimanche,

uniquement

occasionnellement vingts

tout esclave jouissait soit plus

donc en théorie d'un cinquième

JOUIS de repos

approximativement,

Reste à savoir ce qu'on faisait de ces textes. ~ 34 In : Vargas Ugarte, Concilies Limenses, t. I, pp. 70-71.

- 738 1.2.2. : La
réali té.

Le respect des normes conciliaires entraînait de nombreux jours d'inactivité. Les propriétaires de "cha'cras", d'haciendas, ou d'élevages, n'~ntendaient pas laisser

leurs cultures ou leur cheptel à l'abandon aussi souvent, et pour des périodes qui s'étendaient attendaient parfois sur trois jours. Quant aux maîtres des journaliers, ils

avec impatience l'argent dû par leurs esclaves. Les patrons des ateliers

où travaillaient de nombreux Noirs n'étaient pas moins âpres au gain.

1.2.2.1.: Contrôle et sanctions.

L'éloignement propriétaires

des domaines

agricoles faisait que probablement Si on pouvait vérifier

bien peu de leurs la participation des

respectaient

la législation.

esclaves ruraux jours chômés.

à la messe dominicale, D'ailleurs, si elle avait

il était moins aisé de contrôler été possible, une attitude

le respect des rigoureuse de

l'Eglise aurait ruiné les exploitations. Cependant ce domaine, les autorités en particulier Gonzalo religieuses tentèrent de limiter les abus des maîtres dans

pour le repos du dimanche. de Campo avait noté le laxisme qui régnait en la matière. de mettre un terme à cette situation. Celui-ci la décrit

L'archevêque

il avait chargé son proviseur de la façon suivante:

lugar a que oygan missa, y abiendo benido a mi notida que después de la 1le~ada de su sra nlustrîssima deI arçobispo [...], por la tolerancia que a aUldo en no executar las penas yrnpuestas por la dicha signoaal contra los transgresores della, se a ydo aumentando este abusa de trabajar en los dichos dias de Domingos y fiestas de guardar."

haziendo trauajar a la gente de seruicio y esclauos v muchos sin dar .

"y los duefios de obrajes y labradores

en sus huertas

v châcaras,

..739Le proviseur annonça le 18 octobre 1625 que les infractions seraient passibles de six pesos d'amende. Les contrevenants risqueraient la peine d'excommunication35. Souvenons-nous de la préoccupation exprimé~ par l'évêque de Huamanga dans pas leurs esclaves à

la seconde décennie du XVIIe siècle. Ceux qui n'obligeaient

travailler lors des fêtes, les louaient à d'autres personnes ces jours-là36. Pedro de Villagomez s'éleva également contre la désobéissance des maîtres. En
juin 1669, il confia aux vicaires épiscopaux maîtres la charge de surveiller le respect par les

du repos des esclaves les jours de fête. Cependant

il leur permit d'accorder

des dérogations pour de justes motifs37.

Bref, les délits étaient appliquer leurs menaces

flagrants.

La gravité

de la situation coercitive.

amena les évêques

à

et à recourir à une politique

J'ai développé cet aspect en examinant le problème soulevé par la vie religieuse des haciendas. Je renvois donc le lecteur à l'évocation des procès de Bartolomé
Sânchez de 1617 et de Vicente Poleo en 1610. J'ajouterai n'étaient guère scrupuleux la surveillance qu'à l'intérieur des villes A la

les maîtres différence

face à la réglementation

religieuse.

de la campagne,

y était plus facile. A Lima, elle était à la

charge de l'alguazil

du tribunal

ecclésiastique. de Torres, Hernando chargé alors de ces fonctions, chapelier. accusa

Le 9 octobre 1606, Juan Prieto auprès de cette instance juridique dimanche, il avait surpris

de Montenegro,

La veille, un

huit de ses esclaves ne laissaient

en plein travail dans son atelier. Le aucun doute. Les esclaves furent

four et la chaudière assignés à témoignage. à l'alguazil

en activité

Leur déposition de l'arrêter

fut accablante et de l'interner

pour Montenegro. à la prison

Ordre fut

donc donné

de la ville, avec Le

l'aide, s'il en était besoin, de la justice royale requise fonctionnaire 3~ A.A.L., 36 Reales O'obiemo ~7 Vargas s'acquitta

à cet effet par le proviseur. selon. son rapport.

de sa mission dès le lendemain,

Papeles importantes 9. cédulas, provisiones,.edictos, bulas y otras disposiciones del obispado de Huamanga. 1621, B.N.L., ms. B 416. Ugarte, Historia de la Iglesia en el Peru. op. ct., t. 3, p. 20.

concernientes

al

- 740 L'interrogatoire sa responsabilité. pour accomplir de l'inculpé Ses esclaves la tâche eut lieu le Il octobre. n'avaient sans Montenegro tenta de dégager la veille non fait que rattraper l'informer le temps perdu

fixée,

de leur initiative.

Le juge,

convaincu, assister

le somma à ravenir

de laisser ses esclaves se reposer Le prévenu fut condamné à l'entretien

les jours de fête et arr~ende de et atLx

à la messe obligatoire.

à une lourde

30 pesos de neuf réaux, somme appliquée frais de justice38. Comment maîtres journaliers. assurer dissuasif les Noirs l'exploitation aurait-on pu supprimer Songeons

de la prison épiscopale

totalement par exemple

le comportement aux gens

arbitraire

des

en la matière? Les moyens

de maison

et aux

de contrôle dont disposait stricte des textes

l'Eglise ne suffisaient ou synodaux.

certes pas à NIais l'effet

une application des sanctions

conciliaires

et la connaissance environs

par les esclaves de leurs droits étaient pour immédiats une réelle garantie. Face à que

des villes et de leurs outrancière

des maîtres,

ils n'avaient imposés

en fait d'autre

défense

l'Eglise. Certes, il y avait des accommodements comme l'avait admis Villagômez en 1669.

par des situations

précises,

1.2.2.2. : Les dérogations.

Selon les rapports nornbreux délictueux jours

en provenance imposés

des Indes,

les Noirs pour

mettaient s'adonner

à profit

les

de chômage

par l'Eglise

à des actes

ou à l'organisation

de soulèvements. avait confié à son ambassadeur de la curie apostolique avaient d'assurer auprès du une doute On et à

Le 24 décembre Saint-Siège mesure suggéré

1534, la Couronne d'intervenir

la mission

auprès

pour obtenir sans aucun la défense.

dérogatoire. le plan

Les représentants l'ambassadeur

des propriétaires avait été chargé

dont

estimait raisonnable

de limiter les jours chômés pour les Noirs aux dimanches

3~A.A.L., Causas Civiles 2.

741 quelques jours la de à savoir ceux accordés les maîtres de l'église la feraient des du

l'Assomption, offrandes lieu39. en

et la Saint=JearL En ou ert nature pour 11entretien

et àe l;hôpital

T.J'Eglise sut résister proposition précédertt liméniens n'eut dangere\l)C ne tin,rent

au raisonneL~ent

et à l'offre alléchante

de la Couronne.

Cette

de conséq1.1enCe : Rome ne VOll1ut probablement

pas créer un

émit la cédllle exam.inée plus haut, et les Conciles d'éventuelles objections des maîtres.

L'Eglise campagne, jésuites haciendas, Pedro attentive approuvées

locale

n'adopta

pas pour ignorer

autant

une attitude

intransigeantec saisonniers.

i~ la Les

elle ne pouvait les prirent

les impératifs

des travaux

en considération de'limiter

dans l'élaboration

des règlements

de leurs

en essayant

les exceptions. évêque d'Arequipa, avait prêté une oreille

de Villag6mez, aux doléances

encore

des propriétaires

de son diocèse. Les constitutions

synodales de la

en mai 1639 reprenaient 1638, qui mettait

un texte établi par le conseil municipal l'accent sur l'aspect moral :

ville le 20 novembre

"que se determine con distinsién y claridad las fiestas que se deuen guardar par los dichos negros y mulatos en el dicho valle, reduciéncfolas al menar numero que sea posible par los muchos yncanvinientes que a mostrado la espiriencia an resultado de 10 contrario, juntândose en semejantes dlas en diferentes haçiendas a trabajar contra la voluntad de sus amos y ganar con que emborracharse y hacer ctiferentes juntas de que se a visto muchas muer tes y otras ofensas de Dios, hechas en dias que se debieran dedicarse solamente a su seruicio y que esta se entiende no 5610 en el dicho valle sino también en todas las haciendas deI campa40".
Pour emporter une démarche l'approbation du prélat, les membres du conseil avaient adopté

habile.

TIs omettaient

volontairement

toute référence

au préjudice

39 In : Disposiciones complementarias de las leves de Indias, Madrid, 1930, t. I, p. 143, n. 182. 40 B.N.L., ms. B 1742, Sinodales de Pedro de Villagomez, Cuaderno n. 21. Arequipa, maya 5 de 1639.

.

-742 pour les Noirs avaient
local, les synodales

économique

et insistaient

sur l'intérêt moral de leur proposition sur des faits incontestables.

eux-mêmes, en s'appuyant
déjà suggéré maîtres ce procédé

Les propriétaires

à la Couronne

en 1534. Cette fois-ci, et à l'échelon même si les constitutions

semblaient

obtenir

gain de cause,

retenaient seulement le principe sans en définir les modalités d'application. Nous avons vu que Villagomez, parvenu au siège métropolitain, n'excluait

toujours pas une certaine flexibilité dans l'aménagement

des jours chômés dont

jouissaient les Noirs, sans toutefois admettre une limitation abusive de la part des maîtres. La politique menée par le prélat en 1669 était dortc en retrait sensible par rapport à celle adoptée par lui en 1639. L'expérience lui avait permis d'affiner ses analyses et d'échapper aux pressions déguisées des propriétaires.

Une fois de plus, l'Eglise était réaliste. Elle ne refusait pas des dérogations pour les esclaves sur qui reposait une grande part des travaux des champs. Elle n'était pas prête pour autant à faire passer les intérêts des propriétaires avant ceux des esclaves. Mais ces dérogations
laxisme, d'y parer. de connivence Encore faut-il

étant accordées localement, il se présentait
et de collusion. se demander Les visiteurs épiscopaux

des risques de
avaient à charge avaient la

dans quelle mesure

ces derniers

possibilité ou la volonté de mener à bien leur mission. Nous savons qu'en d'autres circonstances ils n'hésitaient pas à prendre des sanctions.
L'Eglise eût été illogique de vie des esclaves, bienfaisance envers elle-même si, après s'être occupée des conditions des structures hospitalières ou de

elle avait écarté les Noirs

placées sous sa responsabilité

directe ou indirecte.

II L'assistance

-

sanitaire.

II.l. : La santé des esclaves:

rappels.

- 743 Je me suis longuement attardé sur la politique sanitaire des jésuites qui avaient élaboré un véritable réseau d'assistance à travers le territoire. Les esclaves des autres ordres religieux, s'ils ne bénéficiaient pas d'une organisation aussi rationnelle,

étaient tout de même des privilégiés. Les comptes des communautés conventuelles, féminines ou masculines, tel le couvent bénédictin de Montserrat, prouvent que

leurs esclaves malades n'étaient pas abandonnés.
Qu'en était-il des Noirs appartenant L'épuisante traversée de l'Atlantique à des particuliers? avait soumis les "bozales" Sandoval : à rude épreuve.

Leur état à l'arrivée

à Carthagène

émeut profondément

"mas como los pobres han padecido tanto, nada basta para que no enfermen muchos en llegando; antes la mesma abundancia, que cualquiera es grande, después de tan larga hambre, ayuda al mal, que en breve como si fuera peste, asi se enciende por toda la armazén, que ,tienen bien e.n que ejercitar la paciencia sus amos si son pobres, parque éstos los suelen curar y regalar, y si son ricos, 0 los negros de encomienda, su grande inhumanidad, entregândolos a impios crueles mayordomos, a causa de sus graves negocios y ocupaciones con 10 cua] la casa y armaz6n a pocos dias estâ hecha un hospital de enfermos, de donde se puebla el cementerio de muertos, acabando unos de câmaras que les dan crueles, de dolor de costado, de recias calenturas, otros dE viruelas, tabardillos y sarampi6n y de un mal que Haman de loand, incurable, con que se les hincha todo el cuerpo y pudren las encias dE que suelen morir de repente, el cruel mal se les engendra parte en l, isla (de que la enferrnedad toma este nombre), parte con los malo~ tratamientos. y causa gran lâstima y compasién ver tanto enferma, tar necesitados con tan poco regalo y agasajo de sus amas, pues los deja! de ordinario par los suelos, desnudos, y sin abrigo, ni amparo alguno y ahî se estân y ahi miserablemente suelen perecer...41".
Pour les Noirs Après quelque achetés par les négriers à Lima, le voyage embarqués ne s'arrêtait pas là D

temps de repos, ils étaient de nouveau

pour Portobelo.

là, ils gagnaiènt Panama à pied, parfois à dos de mules. ou par le fleuve Chagre~ dans des conditions très dures, ce qui prenait de quatre à douze jours selon la saisor Puis ils s'embarquaient de nouveau pour au moins trois semaines en direction d

41 Sandoval,

op. cit., p. 108.

7 4.4 ~J

Callao42. épuisés: leur!

Quant

au.x l\Toirs arrivés

de Buerlos

Aires

'Tucuman,

ils étaien.t différent du

il leur avait fallu traverser

les Andes sous un climat combien

Sur la route du soins des négriers43. L.es Noirs
maladies. permettaient épidémie, variole
sains

la ù~ortalité pendant le voyage était élevée, malgré les

et .sa.1J.fSà

n'offraient 1!tlssait,

pas grande

résistance

aux

Dans les haciendas

où on les une santé. victimes.

les conditions

de vie ne leti.r d'une de de

guère de se refaire ils étaient les premières

LJma mêrne, dès l'apparition Ell N une épidémie

combinée

et de rougeole

fit périr de très nombreux

aux dires du marquis nouvellement

Caftete44. Selon les lettres annuelles apparues cinq mille

des jésuites de 1613, les rnaladies

au Pérou cette année provoquèrent Noirs environ45. Le père Torres

la mort de trois mille Espagnols Balla avait attiré l'attention

et de de ses

lecteurs

européens

lors de son séjour à Rome sur les ravages

causés par la vaIiole

parmi les Noirs du Pérou46.
Les maladies naturelle alimentaires, subie des Noirs, en Afrique, pense puis Sandoval, sont toujours graves, car la sélection Les carences font évoluer

lors du voyage, et le manque

les a endurcis. de soins médicaux

les mauvais

traitements

42 Voir: Germân Peralta, Las rotas negreras, Lima: Universidad Nacional Federico Villarreal. Direcc~6n Universitaria de Investigacién. Publicacién n° 4, noviembre 1979, pp. 31-32. 43 Bowser, op. cit., pp. 97-98. 44 Id., p. 286. 45 A.RS.I., Peru 14, fol. 4a. 46 Torres Bolla, Breve Relatione del P. Diego de 'Torres della Compagnia di Giesù, . op. cit., p. 4. En dehors des épidémies, Claude Mazet observe dans ses statistiques sur la mortalité à Lima au XVme siècle une "légère surmortalité des Noirs et des Mulâtres en hiver et au début du printemps, de juin à octobre, pendant les mois les plus froids et les plus humides de l'année, lorsque tombe la fIne "garua" et que le soleil n'arrive pas à percer l'épais plafond de nuages". ToutefoIs, au XVIIe S., si les 'tdifficultes de l'acclimatatIon avaient surtout touché les Noirs, habitués aux climats tropicaux", Mazet note aussi "la bonne adaptation de ceux-ci à ce nouveau type de climat". Voir: "Mourir à Lima au XVIlIt! siècle: les ethnies et la mort", ~IberoAmerikanisches Archiv, N.F., Tg Il, H. 2,1985, p. 140.

-745 rapidement ces maladies vers une issue fatale. De plus, le "bazal" ne parvient pas à -expliquer son mal

"y parece que no tiene nada y amanece muerto; y comiendo y bebiendo, y aun andando, los vemos cada dîa que se quedan
m uertos~.. 47".

Suardo,

dans son Oiario

de Lima, se réfère également

à ces morts

subites

de

Noirs en période Les Noirs

d'épidémies48. amenaient parfois ces maladies. Aussi le comte de dans

eux-mêmes

Chinc..~én, en accord avec la municipalité le faubourg débarqués de San Lâzaro et les soumettre quatre

de Lima, ordonna-t-il destinés

de construire

bâtiments

à recevoir

les "bozales"

à une quarantaine

sanitaire49. des Noirs. J'en ai toutefois dit

Mon propos quelques

n'est pas d'évoquer

ici les maladies

mots, je le rappelle,

au sujet du traitement

des esclaves dans les haciendas

des jésuites et à propos du Noir fa.ce au surnaturel chrétien. Les maîtres avisés ne laissaient
intervenir.

probablement
engagées

pas périr leurs esclaves sans
en 1571-1573 par la municipalité de peu d'informations médicale sur ne

Bowser a parlé des dépenses

de Lima pour la santé de ses esclaves. celles des haciendas appartenant

Nous disposons

à des particuliersSO,

Mais l'assistance

pouvait y être que des plus sommaires. Les esclaves ùrbains avaient plus de chance. TIs pouvaient
certaine nous mesure des installations pas grand-chose: leurs esclaves parfois sanitaires existantes.

profiter dans une

Pour les villes de l'intérieur, supposer que quelques

ne savons envoyaient

tout au plus peut-on aux hôpitaux de l'ordre nous

maîtres comme

de Saint-Jean.de-Dieu, avons vu que plusieurs

le faisaient

les jésuites.

A Lima,

47 Sandoval, p. 437. 48 Suardo, op. cit., p. 145, 19/8/1631. 49 A.G.I., Lima 44, n. 4, lib.. IV, fol. 18a-r, 24/4/1633. Relacién deI estado en que el Conde de Chinch6n Marqués de Mancera, B.A.E. 281, p. 46. 50 Bowser, pp. 287-288.

deia el gobiemo

deI Peru al

- 746 établissements offraient leurs services aux malades noirs. Il est bon d'y revenir

maintenant plus longuement, car ils avaient toujours un caractère religieux.

TI.2. : Les hôpitaux.

Les deux hôpitaux

qui s'occupaient

principalement Leurs attributions

des Noirs à Lima étaient ceux étaient bien différentes.

de San Lazaro et de San Bartolomé.

II.2.1. : San Lazaro.

II.2.1.1. : Sa fondation.

La création de la léproserie de San Lazaro s'effectua en deu..xtemps. Le premier fondateur,
Jer6nimo spacieux n'apportât

Ant6n Sânchez, armurier
de Loaysa, le 30 avri11563,

de son état, obtint de l'archevêque
la permission d'ériger

Fray

l'église sur un terrain

acquis à cet effetSl. il se situait de l'autre côté du Rimae, pour que le vent pas sur la ville les miasmes pestilentiels. Philippe II signa le

27 février 1567 les ordonnances dont jouissait le lazaret

concédant

à l'hôpital

les mêmes privilèges le bienfaiteur

que cetlX

de Séville52. Selon la légende,

fut poussé par

le désir de se racheter de sa conduite Cependant fortune Antôn Sanchez

envers son père en Espagne53. pas à concrétiser ses aspirations. au lazaret Ni sa l'aspect

ne parvint

ni les aumônes

recueillies

ne lui permirent

de donner

;:,1 Don Pedro Joseph Bravo de Lagunas, Discurso hist6rico-iuridico del Origen, Fundaci6n, Reedificaci6n, Derechos. y Exenciones del Hospital de SAL'J LAZARO de Lima. Oedicado A la Real Audiencia de los Reves. Escribi610 El Senor Doctor / ... /, Lima, 1761, p. 46. Voir aussi A.G.I., Ulna 141. 52 Juan Cascajo Romero, "El pleito de la curaciôn de la lepra en el Hospital de San Lazaro de Ulna", Anuario de Estudios Americanos S, 194~, p. 159. 53 Voir: Las tres épocas deI Peru 0 compendia de su historia. por José Maria Cordova y Urrutia, 1844, in : Manuel de Odriozola, Documentos literarios del Peru. Colectadas y arre~lados par / ...1, t. 7, Lima, 1875, p. 49.- Reginaldo de Lizârraga, op. cit., p. 513.