//img.uscri.be/pth/9c73228370a5ca525908079113f8b39c371e6b2f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 22,31 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

La civilisation des ports entrepôts du Sud Kedah (V-XIVsiècles)

De
364 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1992
Lecture(s) : 49
EAN13 : 9782296268746
Signaler un abus

lA CIViliSATION

DE PORTS-ENTREPÔTS

DU SUD KEDAH (MALAYSIA)
ve-XIVe siècle

A Alastair Lamb, avec toute mon admiration.

@L'HARMAITAN, 1992 ISBN: 2-7384-1388-9

Michel JACQ-HERGOUALC'H

lA CIViliSATION DE PORTS-ENTREPÔTS DU SUD KEDAH (MALAYSIA)
Ve-XIVe siècle

Ouvrage

publié avec le concours

du Ministère

des Affaires

Etrangères

Editions L'HARMATTAN 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris
PARIS 1992

Ce travail a été préparé dans le cadre du programme: «Histoire des Peuples et des Etats.., élaboré par l'URA 1075 : «La Péninsule Indochinoise d'Hier et d'Aujourd'hui», du CNRS. et le «Centre d'Histoire et Civilisation de la Péninsule Indochinoise».

AVANT-PROPOS

Nous allons, dans ce qui va suivre, étudier un type original de civilisation en Asie du Sud-est qui, jusqu'à ce jour, n'a jamais été caractérisé par la recherche française. Nos archéologues et nos historiens de l'art sur cette région, très occupés - et à juste titre - par l'étude des grandes civilisations de l'ancienne Indochine française, ne s'y sont jamais intéressés. D'ailleurs, comment auraient-ils pu ? Ce type de civilisation, là où il a été localisé jusqu'à présent, n'a laissé à la surface du sol aucune trace visible; il faut fouiller pour en trouver et fouiller dans des régions qui n'ont jamais fait partie de la zone d'influence française. La contrée qui vit se développer celle qui nous occupe, le Sud Kedah, était jusqu'à il y a peu sous contrôle britannique et ce sont les Anglais qui y furent à l'origine des recherches archéologiques. Ces recherches ont révélé, mais tardivement seulement, que l'élément moteur de la civilisation qui s'était développée là, des premiers siècles de l'ère jusqu'aux alentours du XIve siècle, était constitué par les ports-entrepôts qui y avaient été actifs. Ce terme de port-entrepôt ne désigne rien de plus que des endroits de mouillage où se retrouvaient des commerçants venus de toutes les régions de l'Asie du Sud-Est mais également de contrées aussi lointaines que la Chine, l'Inde ou le MoyenOrient. Le régime des moussons imposait à ces marins-commerçants d'y relâcher plusieurs mois. Ils y déchargeaient leurs marchandises, les échangeaient entre eux et se procuraient les produits locaux. La civilisation du Sud Kedah n'est pas autre chose et si, jusqu'à ce jour, elle a suscité plus d'études qu'aucune autre de même type en Asie du Sud-Est maritime c'est parce que les ports-entrepôts de cette région furent associés à de nombreux vestiges de temples, dévolus au bouddhisme ou à l'hindouisme, dont l'examen a donné lieu à beaucoup d'hypothèses. Nous avons choisi d'appeler cette région le Sud Kedah bien qu'il ne s'agisse pas, sur un plan strictement géographique, du sud de cet état. Les auteurs de langue anglaise la caractérisent mieux par l'expression "South Central Kedah", mais comment traduire cela en français sans jargonner? Aussi, considérant que le Seberang Perai (ancienne Province Wellesley) faisait partie du sultanat de Kedah jusqu'en 1800 et qu'il renferme une partie des vestiges archéologiques qui vont nous occuper, nous avons choisi de nous satisfaire de l'appellation Sud Kedah car il n'était pas question d'adopter le nom de "Bujang Valley", même traduit, que l'on a trop souvent utilisé à tort par référence à l'une des localisations principales de vestiges archéologiques. On a beaucoup écrit sur cette civilisation ;Ia bibliographie en témoigne. Cependant, il s'agit pour l'essentiel d'articles consacrés à d~points particuliers et non d'ouvrages de synthèse. Il faut dire que la connaissance de cette civilisation n'a cessé et ne cessera jamais d'évoluer au gré des découvertes fortuites ou liées à de futures fouilles qui obligeront à de nouveaux réajustements des théories élaborées; ainsi, il n'y a que dix ans, on ignorait l'existence d'une des zones d'activité majeure de cette région. Conscient de cela, nous avons donc choisi, dans ce qui suit, de séparer nettement les matériaux de l'étude, qui seront examinés aussi objectivement que possible, de l'examen des hypothèses qu'ils ont suscitées et de celles qu'ils nous inspirent. Nous

7

espérons par là conserver au livre au moins une certaine valeur documentaire pour l'avenir. Nous avions envisagé, dans un premier temps, de procéder à des comparaisons entre cette civilisation et celles, similaires, de contrées voisines. Indépendamment du fait qu'il aurait fallu prévoir pour ce faire un second tome à cette étude, nous dirons à l'extrême fin de la Ille partie pourquoi nous avons choisi d'y renoncer.

8

INTRODUCTION

THAILANDE
6'
~~

35'

-~'"'

~~~
PULAU

"~--

LANGKA

WI

DETROIT DE
MALACCA

PULAU

~

PINANG

J!!lJc>

PERAK

5'

o I

20km I

Doc. 1. Kedah

et Sud Kedah:

aspects

géographiques

KEDAH

ET SUD KEDAH:

ASPECTS GEOGRAPHIQUES

L'état du Kedah est, avec celui du Perlis, localisé à l'extrême nord-ouest de la partie péninsulaire de Malaysia et il possède une longue frontière commune avec la Thaïlande. Sa latitude la plus septentrionale est de 60 35' N, la plus méridionale de 50 N. Sa superficie est de 9411 km2 (Doc. 1). Des huit chaines de montagnes qui constituent l'épine dorsale de la Péninsule en Malaysia, avec un point culminant à 2187 m au Gunong Tahan dans l'état de Pahang, deux intéressent le Kedah. Ce sont d'est en ouest, la chaine des Bintang et celle de Kedah-Singgora. - La chaine des Bintang s'étend de la côte est de la Péninsule, en Thaïlande du Sud, jusqu'au détroit de Dinding au Perak. Sa ligne de crêtes constitue la frontière est du Kedah avec la Thaïlande et avec le Perak. - La chaine de Kedah-Singgora s'allonge aussi de la côte est, en Thaïlande du sud, jusque dans l'extrême pointe sud du Kedah. A cette chaine, très fractionnée sur la majeure partie de son tracé en Malaysia, sont rattachés deux petits massifs montagneux: l'un constitue l'tle de Penang, l'autre le Gunong Jerai (1217 m) qui nous intéresse au premier chef puisqu'il domine la région qui va nous occuper. En dépit de ces montagnes, l'essentiel de la superficie du Kedah est constitué de plaines et plus de la moitié de la surface de l'état n'a qu'une altitude inférieure à 76 m; la plaine côtière atteint par endroit 19 km de large. De nombreuses rivières sillonnent le Kedah avant de se jeter dans le détroit de Malacca. Dans le cadre du sujet, nous retiendrons seulement la Sungai Muda et la Sungai

Merbok.
- La Sung ai Muda est le quatrième fleuve de Malaysia bien qu'elle n'ait que 113 km de long. Son réseau hydrographique est cependant considérable. La rivière naft au nord-est de l'état, dans la chaine des Bintang, près de la frontière avec la Thaïlande. L'essentiel de son cours se déroule du nord au sud au pied de cette chaine de montagne qui lui dispense un certain nombre d'affluents dont la Sung ai Chepir et la Sungai Ketil. Elle reçoit aussi des rivières de la chaine de Kedah-Singgora qui la borde sur sa rive droite. Ce parcours nord-sud est interrompu au sud du Gunong Jerai. A cette latitude, la rivière adopte un tracé est-ouest qui la conduit à se jeter rapidement dans le Détroit de Malacca non sans de nombreux méandres justifiés par la faiblesse de l'altitude. Elle sert de frontière, dans la dernière partie de son cours, au Kedah et au Seberang Perai (ancienne Province Wellesley). - La Sungai Merbok n'a que 29 km de long. Elle nait dans les médiocres hauteurs de la chaine de Kedah-Singgora à la latitude du Gunong Jerai et son cours est parallèle à celui de laSungai Muda sur toute sa longueur: d'abord nord-sud, il devient très vite est-ouest dans la même plaine. La rivière, sur sa rive droite, reçoit de nombreux affluents du massif du Gunong Jerai, parmi lesquels la Sungai Bujang qui a parfois donné

11

son nom à la civilisation que nous allons étudier. Dans la dernière partie de son cours, et sur sa rive gauche, les affluents sont aussi nombreux mais ils sont parfois communs aux deux rivières qui ne sont séparées que par quelques kilomètres. L'estuaire de la rivière est disproportionné par rapport à sa taille. Cette anomalie est diversement expliquée. L'hypothèse la plus couramment formulée jusqu'à une date relativement récente, fait de la Sungai Muda un affluent de la Sungai Merbok, mais l'idée que cet "estuaire" n'était qu'une baie, à haute époque, a aussi été avancée. Géologiquement parlant, l'histoire de cette région remonte aux premiers âges 1. En effet, les matériaux qui constituent les deux chaînes de montagnes précédentes, comme la plupart des autres dans la Péninsule, furent à l'origine constitués par des dépôts successifs de sédiments au fond des mers qui commencèrent à se constituer dès le Cambrien (ère Primaire). Ils furent ensuite plissés. L'essentiel du massif du Gunong Jerai a cette origine. Ces roches anciennes se partagent: - en schistes composés principalement de biotite et de muscovite associées à d'autres minéraux secondaires, - et en quartzites principalement constitués d'orthoquartzite à grains fins ou moyens, en général micacés. La distribution précise de ces matériaux n'est pas aisée à apprécier car ils se recouvrent souvent. Ils constituent aujourd'hui les parties les plus accidentées du massif le pic du Gunong Jerai y est localisé - mais descendent jusqu'à une altitude de 30 m et même de 15 m dans un périmètre de 5 à 10 km autour du pic. Le dépôt de ces formations sédimentaires de l'ère Primaire fut soulevé en un dôme elliptique par l'intrusion du noyau granitique qui constitue le cœur du massif du Gunong Jerai. Cela se produisit à la fin de l'ère Secondaire (Jurassique-Grétacé) avec de possibles prolongements au début de l'ère Tertiaire. Le granit a été surtout mis au jour sur les pentes méridionales et occidentales par l'érosion de la couverture sédimentaire. Postérieurement au Cambrien, mais toujours à l'époque de l'ère Primaire ancienne (Silurien), la région localisée immédiatement à l'est et au sud-sud-est du massif du Gunong Jerai fut l'objet d'une sédimentation entremêlant des strates de schiste argileux, fréquemment ferrugineux et sujet à latérisation, de grès et de calcaire. C'est ce qu'on appelle localement la "formation de Sungai Patani". Cet ensemble est aujourd'hui constitué de molles collines, d'altitudes comprises entre 15 et 75 m, mais parfois plus hautes, pouvant exceptionnellement atteindre 230 m dans la zone principale de formation; on en trouve d'autres, isolées au nord et au sud du massif du Gunong Jerai, qui, à l'ouest, deviennent des îles. Enfin, la région est concernée par de très importants dépôts alluviaux quaternaires. Ils appartiennent à deux types : - Le premier correspond à des dépôts localisés immédiatement à l'est de Yan, sur une surface réduite d'environ 6.5 km2. Ils forment une surface pauvre de gros galets provenant des diverses formations géologiques qui constituent le massif du Gunong Jerai. ' - Le second est plus étendu en superficie puisqu'il s'agit des alluvions constituant la plaine côtière dont l'altitude n'excède pas 6 m; la formation de cette plaine est récente - comme nous le signalerons encore - et fausse l'image qu'il faut se faire du paysage du Sud Kedah à haute époque. Les alluvions qui la constituent ont pu être subdivisées en cinq types: * Les dépôts d'origine marine alignés plus ou moins parallèlement au tracé de la côte actuelle. * Les dépôts en provenance des eaux d'estuaire. * Les dépôts d'eau douce ou d'eau légèrement saumâtre. * Les dépôts de dépressions anciennement occupées par des lacs, des canaux de drainage, des zones de marécages. localisés au pied des collines bordant la plaine côtière. * Les dépôts colluviaux L'épaisseur de ces dépôts est variable; elle est de 6 m près de Bedong, à environ 14.5
1 L'essentiel de notre propos est emprunté à Bradford E.F., Geology and mineraI resources of the Gunong Jerai area, Kedah (District Memoir 13). Kuala Lumpur, 1972.242 p., maps. L'ouvrage est assorti d'une carte géologique et d'une autre comportant des coupes géologiques au travers du Gunong Jerai.

12

km à l'intérieur, de 18 à 29 m près de l'estuaire de la Sungai Merbok. Le niveau de la mer à l'ère Quaternaire a considérablement varié d'une époque à l'autre passant de 120 m au-dessous de son niveau actuel, à au moins 6 mau-dessus. Cela implique qu'à une époque l'ensemble de la plaine côtière fut recouvert par la mer. Ces variations seraient en grande partie à l'origine des plages résiduelles qui marquent le relief de la plaine cOtière. Appelées permatang en Malaysia, ces lignes de terres hautes ont été le refuge des villages et des arbres fruitiers depuis des siècles dans une plaine facilement inondée. De nombreuses théories sur la formation des plages résiduelles ont vu le jour dans la littérature ayant trait à la géologie. Il est en général admis que le sable qui les constitue a été modelé soit à terre, soit sur le plateau continental submergé, mais le processus réel de formation demeure imparfaitement compris. Dans le cas de la région qui nous occupe, les variations du niveau de la mer auraient peu influencé le processus de formation qui refléterait une continuelle perte de sédiments à l'intérieur des terres et leurs redéposition et remodelage ultérieurs sur la cOte. Les plus anciennes de ces plages résiduelles sont tout de même liées aux variations du niveau de la mer de l'Holocène (ère Quaternaire) mais la majorité d'entre elles s'est cependant formée après. Au Sud Kedah on en trouve jusqu'à 13.7 km à l'intérieur des terres et de nombreux sites archéologiques, au nord de la Sung ai Merbok, occupent des permatang localisés à 8 ou 9 km de la cOte. On verra que les constructeurs des monuments du Sud Kedah ont utilisé diversement, mais toujours de manière opportuniste, les matériaux rendus disponibles par cette longue histoire géologique. Le climat

géomorphologique, caractérisé par:

de la région - qui a évidemment comme nous aurons l'occasion

joué un rOle dans son évolution de le souligner dans la Ille partie - est 26 à 27°,
liées au rythme des

-

de très hautes températures
un taux d'humidité élevé des pluies abondantes

tout au long de l'année:

constant: 80 à 87%, qui subissent des variations

moussons. Il y a une saison sèche marquée de décembre à février et un maximum de pluie en octobre. La mousson souffle du nord-est d'octobre à février et du sud-ouest de mai à septembre. D'avril à novembre, d'occasionnels coups de vent peuvent apporter des pluies de courte durée mais violentes. La végétation naturelle qui correspond à ce climat est la forêt primaire. Elle a été fort abîmée au cours des siècles et ne subsiste au Sud Kedah que sur certaines pentes du Gunong Jerai transformées en réserves naturelles. La forêt secondaire s'y est substituée sur les terres non cultivées. On dira combien ces forêts furent importantes dans l'économie du Sud Kedah à haute époque par les ressources qu'elles offraient. Leurs essences y étaient et y sont encore les plus nombreuses et les plus variées du monde et on y trouvait en particulier une grande quantité de bois de charpente qui furent largement utilisés dans la construction locale. A l'opposé, les rives des estuaires remontés par la marée et les lignes de côtes toujours basses sont soulignées d'un ruban de mangrove. Entre ces situations extrêmes, l'essentiel des terres cultivées est à présent consacré à la culture du riz et aux plantations parmi lesquelles celles d'hévéas ont toujours la prééminence; mais nous dirons aussi qu'il en fut tout autrement autrefois où les forêts, primaire ou secondaire, occupaient des étendues bien plus considérables qu'aujourd'hui.

13

HISTORIQUE

DES

RECHERCHES

AU

SUD

KEDAH

Les recherches archéologiques au Sud Kedah ont commencé au tournant des années 1840 à l'instigation d'un officier britannique, le lieutenant-colonel James Low, alors en charge dans l'fie de Penang; celle-ci était passée sous contrôle anglais depuis 1786, tout comme le territoire lui faisant face, la Province Wellesley (l'actuel Seberang Perai), enlevé en 1800 au sultanat de Kedah pour garantir l'autonomie de l'fie. Intéressé par les langues anciennes et modernes de l'Asie, l'histoire et l'archéologie, il publia, entre autres choses, une traduction annotée des Annales du Kedah 1 et plusieurs courts articles relatifs à des inscriptions anciennes qu'il découvrit dans la Province Wellesley et au Kedah2. Certains passages d'une note de sa traduction des Annales ont été cités à de nombreuses reprises par divers auteurs qui écrivaient sur l'ancienne civilisation du Sud Kedah. Il est vrai que ces passages donnent à penser, et cela d'autant plus que, fidèle à une tradition qui était celle de son époque, le colonel est toujours beaucoup plus allusif qu'explicatif. Ainsi, ayant fait une remarque sur ce qu'avaient été les problèmes de la conversion des populations du Kedah à l'islam, il précise aussitôt après: «Les vestiges de nombreux temples que j'ai découverts - étant amené à leur recherche d'abord accidentellement par le fait d'avoir vu quelques briques perdues éparpillées en un endroit
de la forêt, et ensuite par le fait d'avoir lu les passages notés plus haut

-

lorsque

rapprochés des ruines de presque tous les forts et sites décrits dans cette histoire du Kedda, aussi bien que trouvés par moi, sont si satisfaisants qu'ils vérifient les points principaux de cette histoire...3 Ou encore: «J'ai découvert plusieurs inscriptions que je crois écrites en caractères Palis ou Balis, gravées dans la pierre, mais j'ai peur qu'elles ne fournissent pas de dates. Néanmoins, comme elles sont apparemment de graphies très anciennes quelques lumières pourraient être jetées sur la période au cours de laquelle elles furent utilisées au Kedda...4 Nous aurons l'occasion de revenir sur ces inscriptions. On trouve encore dans ses notes ce passage plein de promesses: ccDurant mes nombreuses expéditions dans la jungle, ici, j'ai découvert des reliques indéniables d'une colonie hindoue avec des ruines de temples. Cette zone s'étend le long du talus du
1 Low J., «A translation of the Keddah Annals», JIAEA, III, 1, p. 1-23; 1I1,2, p. 90-101; III, 3, p. 162-181; III, 4, p. 253- 270; 111,6,p. 314-336; III, 7, p. 467-488, Singapore, 1849. Réimprimé en 1908 avec un grand souci du détail qui a conduit à reproduire jusqu'aux erreurs de numérotation des derniers chapitres (il y a XV chapitres, mais deux chapitres XIV): Marong Mahawangsa, The Keddah Annals, translated from the malay by lieutenant-colonel James Low, C.M.R.A.S. & M.A.S.B. Reprinted under the auspices of the Committee of the VajiraflafJaNational Library from the Journal of the Indian Archipelago and Eastern Asia. Vol. 1/1.Bangkok, 1908. 195p. 2 Dans le Journal of the Asiatic Society of Bengale (Calcutta) en 1848 et 1849. Des précisions sur ces articles seront données ultérieurement.

3 Low J., The Keddah Annals..., (1908), op. cit., note 18, p. 180-184, cf. p. 181 et JIAEA, 111,7, 1à49, op. cit., note 18, p. 480-483. 4 Ibidem, p. 182.

15

Jerrei, la montagne du Kedda. En plus de l'emblème Sivaïte, j'ai découvert plusieurs pièces de monnaie de cuivre. Mes recherches ont été inévitablement lentes en raison de l'état presque impénétrable des forêts, en raison aussi des contraintes imposées à moi par la propension des naturels au mensonge et à l'exagération ainsi que de la jalousie absurde et fâcheuse de leurs maîtres au-delà de notre frontière. Comme je ne peux pas ici entrer dans une discussion sur l'ancienne religion de cette partie du continent, j'observerai seulement que mes recherches ont clairement prouvé que le peuple adorait Buddha et en même temps Siva, et peut-être, quelques autres déités hindoues mais que ces dernières classes de dieux paraissent avoir prédominé à la fin, leur progrès allant peut-être de pair avec le graduel succès des hindouistes en Inde, dans leur rivalité avec les bouddhistes...5 Enfin, une dernière notation donne des regrets aux archéologues un peu frustrés que nous sommes aujourd'hui, confrontés à la rareté des témoignages sculpturaux du Sud Kedah: «Bien que le Sheikh Abdulla ait persuadé le Raja de détruire ses idoles, dont j'ai eu la preuve dans les images mutilées que j'ai découvertes, elles n'étaient pas toutes détruites cent quarante-huit ans après cet événement [allusion à la période de temps qui s'écoula, selon ses informations, entre l'arrivée du Sheikh, en 1501, et celle d'un second évangélisateur nommé Johan Pulawan, en 1649, selon ses appréciations]. L'or et l'argent des idoles furent sans doute convertis en pièces et en lingots. ..6 Il faut ensuite attendre l'extrême fin du siècle pour que l'intérêt porté aux vestiges archéologiques du Sud Kedah soit quelque peu réveillé par une découverte fortuite au sommet du Gunong Jerai. Elle fut le fait de deux ingénieurs du service du Perak Trigonometrical Survey que leur travail conduisit au sommet de ce point culminant de la région en février 1894. Nous aurons "occasion de discuter abondamment les remarques qu'ils firent en étudiant le site archéologique qu'ils découvrirent (NB1 (9w»; en effet, ils rédigèrent chacun deux brefs rapports qui furent publiés onze ans plus tard7. Par la suite, en 1921, un ethnologue des Federated Malay State Museums, I.H.N. Evans, entreprit de nouvelles recherches archéologiques au Sud Kedah. Se souvenant des rapports des deux ingénieurs Irby et Lefroy, il tenta de retrouver les vestiges découverts presque trente ans plus tôt au sommet du Gunong Jerai et nous a laissé de son expédition un rapport publié qui est le dernier dont on pUisse faire état pour ce site aujourd'hui totalement disparu8; nous y reviendrons. A cette même date, revenant du Gunong Jerai, il fut informé que des vestiges archéologiques avaient été découverts dans une grande plantation d'hévéas, la Sungai Batu Estate, localisée immédiatement au pied du massif montagneux, au nord de la Sungai Merbok; il s'y rendit et fit brièvement état de cette visite dans l'article cité à la note précédente9. Cependant, il fut amené à revenir dans cette plantation au cours des années suivantes et, en 1925, il Y fouilla un site et repéra quelques autres vestiges aux alentours 10. Par la suite, il poursuivit ses investigations archéologiques non seulement au Kedah mais aussi au Perlis, au Perak, au Pahang et au Seberang Perai (ancienne Province Wellesley jusqu'au début des années 1930). Il en a publié quelques rapports dont notre bibliographie fait état. Le grand tournant pour les recherches archéologiques au Sud Kedah fut le fait de a. Wales et de sa femme D. Wales en 1936-37. A cette époque, et pendant quatorze mois, il repérèrent 30 sites archéologiques potentiels au Sud Kedah et en fouillèrent un bon
5 6 7 one Low J., The Keddah Annals..., (1908), op. cit.. p. 182, 183. Ibidem. p. 184. Lefroy G.A., «A short account of some "ancient remains" found on Gunong Jerai, Kedah (with plan)>>, JFMSM. 1,3.1905, p. 76-79. Irby FW., «The ruins on Gunong Jerai, Kedah», JFMSM, 1,3,1905, p. 79-81 8 Evans I.H.N.. «On the ancient structures on Kedah Peak», JFMSM, IX, 4, 1922, p. 251-256, PI. XXI, XXII 1. XXIII. Reprinted in: Papers on the ethnology and archeology of the Malay Peninsula. Cambridge, University Press, 1927. Chap. XIX, p. 105-111, PI. XVII-XIX. 9 Ibidem, p. 255-256. PI. XXII 2. 10 Evans I.H.N.. «Results of an expedition to Kedah». JFMSJ, XII, 3,1926, p. 73-82, PI. XIII-XX, plan. Republié dans Papers on the ethnology (1927), op. cit.. chap. XX, p. 113-121. PI. XXXXVII.

16

de cette activité fut un rapport qui est toujours, en dépit de ses nombreuses imperfections, le plus important et le plus complet qui ait été publié sur l'ensemble de cette question 11. Nous y ferons de nombreuses références au cours de cette étude car nombre des sites dont il y est question ont irrémédiablement disparu depuis. Le vif intérêt de ce chercheur pour cette région était en grande partie lié à quelques-unes des idées mattresses qui guidèrent ses recherches et ses travaux tout au long de sa vie. L'une d'elles impliquait que la Péninsule Malaise avait fait l'objet d'une colonisation venue de l'Inde dans certaines de ses parties, colonisation qui avait déterminé la création de petits royaumes indiens qui servirent de relais à l'expansion de la civilisation indienne vers l'est. Dès 1934, il s'était appliqué à démontrer le bien fondé de sa théorie par des recherches qui le conduisirent à cette date dans la région de Takuapa puis, au travers de la Péninsule, à la recherche d'une des routes transpéninsulaires dont il jugeait essentiel pour sa théorie de retrouver le tracé 12. Sans doute intéressé par les rapports de I. H. N. Evans sur le Sud Kedah, il fit donc de cette région un de ses domaines de recherche privilégiés à partir de 1936. D.Wales reprit des fouilles dans cette région en 1941 dont a. Wales précise qu'il put les visiter en dépit de son engagement militaire à cette date; l'article qui en fait état et qui est conçu comme une suite à celui de 1940 dans le JMBRAS, est donc signé de leurs deux noms 13. Ces fouilles ou ces recherches sur le terrain concernèrent pour l'essentiel un certain nombre de nouveaux sites. notamment au sud de la Sungai Muda, au Seberang Perai, dans l'ancienne Province Wellesley. Ce n'est que quinze ans plus tard que l'exploration archéologique reprit au Sud Kedah à l'initiative de certains membres de l'University of Malaya Archaeological Society. C'est ainsi qu'en décembre et janvier 1955-56 M. Sullivan revisita préliminairement les sites de la vallée de la Sungai Sujang et ceux localisés au sud de J'estuaire de la Sungai Merbok 14. Au terme de cette première campagne de repérage, une autre fut décidée pour le mois de juillet 1956: neuf membres de l'Archaeo/ogical Society sous la direction de K.C. Tregonning et de P. F. de Jong réexaminèrent la région au sud de la Sungai Merbok avec pour mission de suivre les indications fournies par le précédent repérage et de glaner de nouvelles informations; il en résulta des recommandations particulières pour huit sites dont deux firent l'objet de fouilles l'année suivante15. Ces fouilles furent réalisées sous la direction de M. Sullivan en juin 1957; A. Lamb dirigeait l'une des deux équipes qui fut constituée à des fins de nouveaux repérages de sites et sillonna la région jusqu'au Gunong Jerai, mais il prit aussi part aux fouilles qui intéressèrent quatre sites localisés entre la Sungai Merbok et la Sungai Muda: Matang Pasir,Tikam Satu, Sukit Satu Lintang et Kota Aur16. A. Lamb revint au Sud Kedah à plusieurs reprises au cours des mois suivants, seul ou accompagné par des membres de l'University of Malaya Archaeological Society. Il
s'intéressa surtout au site

nombre. Le résultat

a de a. Wales
17.

(SMK

1 (aw)),

qui

fut

dégagé,

et dont

l'importance

put être appréciée

11 Wales a., «Archaeological researches on ancient indian colonization in Malaya», JMBRAS, XVIII, 1, 1940,85 p., 15 Fig., 89 PI. 12 Wales a., «A newly-explored route of ancient indian cultural expansion», IAL, IX, 1, 1935, p. 1-31, PI. Ces recherches furent reprises dans un ouvrage d'ensemble deux ans plus tard: Towards Angkor. In the footsteps of the indian invaders. London, Harrap, 1937.248 p. Cf. Chap. III: «Takola mart», p. 38-50. 13 Wales D. & Wales a., «Further work on indian sites in Malaya», JMBRAS, XX, 1,1947, p. 1-11, 4 Fig., 2 PI. 14 Sullivan M., «Excavation in Kedah and Province Wellesley, 1957», JMBRAS, XXXI, 1, 1958, p. 188-219. Cf. p. 191. 15 Ibidem, p. 191, 192 et Foong See Tonn, «The University of Malaya Archaeological Society's survey of the Kuala
Muda area (South Kedah), in July 1958», JMBRAS,
XXXII,

1, 1959,

p. 209-213.

16 17

Sullivan M., «Excavation in Kedah...», 1958, op. cit, p. 188-219. Lamb A., «Recent archaeological work in Kedah, 1958», JMBRAS,

XXXII, 1, 1959, p. 214-232.

17

Un autre repérage de sites eut lieu en mai 1958, encore à l'instigation de l'University of Malaya Archaeological Society, il s'intéressa surtout, cette fois, à la vallée de la Sungai Bujang et aux villages situés immédiatement au sud et à l'ouest du village de Merbok 18. A. Lamb revint à nouveau sur les sites du Sud Kedah au cours de cette année 1958 et en 1959, accompagné, en avril de cette dernière année, par B.P. Groslier, puis en août et en novembre par des étudiants de l'University of MaJaya19. C'est lors de la visite de B.P. Groslier que fut prise la décision, sous les auspices du Federation of Malaya Museums Department et la direction de A. Lamb, de procéder à la reconstruction du site SMK 1 (8w), autrement dit du Candi Bukit Batu Pahat. Cette première anastylose jamais tentée en Malaysia débuta en juillet 1959 et bénéficia de l'aide et surtout des conseils apportés par un représentant de la Conservation d'Angkor, L. Contant20. L'opération était pratiquement terminée à la fin de l'année. Cette première reconstruction d'un édifice ancien ruiné est restée célèbre dans les annales de l'archéologie en Malaysia parce qu'il s'agissait d'une première mais aussi parce qu'elle donna lieu, de la part d'A. Lamb, à un rapport circonstancié qui fut immédiatement publié21 et dont la valeur scientifique n'a jamais été égalée. A. Lamb n'en resta pas là et, passionné par son sujet, donna dans les mois qui suivirent toute une série d'articles dans lesquels il précisait son point de vue sur la structure qu'il avait fouillée et élargissait également les problèmes posés par ses nouvelles recherches à une zone d'influence incluant le Sud de la Thaïlande et Sumatra. Il procéda en effet, durant le premier semestre de l'année 1961 à de nouvelles fouilles, notamment à Kampong Pengkalan Bujang dont il fut le premier à comprendre qu'il correspondait à un type de localisation archéologique - celui d'un ancien port-entrepôt différent de celui des temples qui avaient jusque-là mobilisé l'attention22. Dans les années qui suivirent, il donna quelques articles importants, auxquels nous nous référerons, qui confirment l'appréciation que l'on doit avoir de la civilisation du Sud Kedah; les orientations de travail qu'il y proposait ont servi de base à presque toutes les recherches de ces dernières années sur cette question. Après cette période d'intense activité archéologique dans la région, une accalmie survint jusqu'en 1968. A cette date, l'Archaeological Research Unit of the University of Malaya, en collaboration avec le Muzium Negara de Kuala Lumpur détermina de nouvelles fouilles archéologiques au Sud Kedah. Elles furent menées sous la direction de B.A.V. Peacock, alors professeur à l'University of Malaya, aidé de M. Kua. De nouveaux repérages des sites eurent lieu et, en novembre et décembre 1968, il fut procédé à une reprise de la fouille du site 16 de Q. Wales (SB 4 (16w))23 qui devait être reconstruit, en 1973, à proximité du Candi Bukit Batu Pahat; c'était la seconde opération d'anastylose à laquelle on procédait en Malaysia. Au cours des années qui SUivirent d'autres opérations du même genre furent conduites avec des bonheurs divers: le site SB 10 (11/3w) fut rétabli in situ en 1973, les sites SB 8 (5w) et PB 2 (19w) en 1974, in situ également24; les sites PB 4 et 5 (21 et 22w) subirent le même sort en 1976: le premier fut rétabli à proximité du Candi Bukit Batu
18 Wang Gungwu, «The University of Malaya Archaeological Society's survey of Central Kedah, in May 1958», JMBRAS, XXXI, 1,1958, p. 220-223. 19 Lamb A., «Some notes on the distribution of indianised sites in Kedah», JSSS, XV, 2, 1959, p. 99-111, 16 PI., 2 Fig., 1 map. 20 Ibidem, p. 99. 21 Lamb A., «Report on the excavation and reconstruction of Chandi Bukit Satu Pahat, Central Kedah», FMJ, V, 1960, X + 108 p., 40 Fig., 179 PI. Le texte fut aussi publié la même année à Singapour: Chandi Bukit Batu Pahat, Monographs on Southeast Asian Subjects, N° 1, Singapore, Eastem Universties Press, 1960. Il a été réimprimé depuis: Reprint N° 1 du Museums Department, Kuala Lumpur, 1982. 22 Lamb A., «Miscellaneous papers on early hindu and buddhist settlement in Northern Malaya and Southern Thailand», FM J, VI, 1961, IV- 90 p., 23 Fig., 117 PI. 23 Peacock B.A.V., «New light on the ancient settlement of Kedah and Province Wellesley», MIH, XIII, 2, Dec. 1970, p. 20-27. Cf. p. 23. Reprinted in: Lembah Bujang. The Bujang Valley. Kuala Lumpur, Persatuan Se jar ah Malaysia, 1980. p. 82-88. 24 Les dates fournies par les Malais pour ces opérations qui ne firent pas l'objet de rapports sont variables, bien qu'appartenant toutes au début des années 1970.

18

Pahat, le second in sitU; le site SB 1 (17w) fut fouillé en 1977 mais hélas non reconstruit en dépit de son originalité; enfin, le site SB 7 (SOm), découvert au début des années 1970 commença à être fouillé dès 1974 mais la fouille fut interrompue et ne reprit qu'en 1976 pour ne s'achever qu'en 1981, date à partir de laquelle il fut reconstruit à proximité du Candi Bukit Batu Pahat. Toutes ces opérations furent essentiellement le fait du Muzium Negara de Kuala Lumpur. On est obligé de déplorer qu'aucune de ces opérations n'ait fait l'objet du moindre rapport. Le seul dont on puisse parler au cours de ces années n'est pas lié à une structure de temple mais au site de l'ancien port-entrepôt de Kampong Pengkalan Bujang repéré et partiellement fouillé par A. Lamb en 1961; en 1971, en effet, Leong Sau Heng s'intéressa à nouveau à ce site archéologique important et y effectua des fouilles dont elle tira la substance d'un travail important sur les céramiques locales et d'importation25.
C'est en 1980 que fut inauguré le Muzium Arkeologi de Merbok sur un site voisin du Candi Bukit Batu Pahat et des autres temples reconstruits, désormais intégrés dans un parc archéologique. Le musée abrite maintenant presque toutes les pièces archéologiques qui ont été découvertes en relation avec la civilisation du Sud Kedah, à l'exception de celles qui furent envoyées avant la guerre à Singapour par Q. Wales et qui sont maintenant conservées au Musée de cette ville. Le tout début des années 1980 est aussi marqué au Sud Kedah par la découverte fortuite, entre la Sungai Merbok et la Sungai Muda, d'une nouvelle zone archéologique déterminante dans la compréhension de la civilisation de cette région, celle de Kampong Sungai Mas. Cette zone se révéla à plus d'un égard similaire à celle de Kampong Pengkalan Bujang, mais antérieure à elle. Très vite de nouveaux sites purent être localisés dans ses environs et Nik Hassan Shuhaimi y procéda à une fouille en 1981. C'est aussi dans les premiers mois de 1980 que J. Allen, de l'University of Hawaii, réalisa au Sud Kedah un repérage archéologique important qui constitua la matière de sa thèse de doctorat26. En 1985, l'ASEAN organisa une session au Sud Kedah qui donna lieu à une fouille sur un site de Kampong Sungai Mas. Cette fouille n'a pas, hélas, été aussi productive qu'on avait pu l'espérer mais elle a contribué à mettre l'accent sur l'importance qu'il convenait de donner à cette nouvelle zone de recherche27. A partir de 1985 et jusqu'en 1988, le Muzium Arkeologi, grâce à l'assistance technique et manuelle de l'Universiti Kebangsaan concrétisée en la personne d'un de ses professeurs, Nik Hassan Shuhaimi, accompagné de ses étudiants, procéda à l'ouverture d'un nouveau chantier correspondant à la possible localisation du site 23 de Q. Wales (PB 6). La fouille était loin d'être achevée lorsqu'elle fut reprise en 1991 grâce à une collaboration française, représentée par nous-même, aidé de Nik Hassan Shuhaimi qui est aujourd'hui en Malaysia le chercheur de rang universitaire le plus concerné par les recherches sur la civilisation du Sud Kedah. Depuis une quinzaine d'années il multiplie les interventions sur le terrain (nous les préciserons lors de notre examen ponctuel des sites) et les articles sur le sujet. Sa thèse28 traite, en partie, de cette question; il en a extrait la substance d'un ouvrage de grand intérêt sur la civilisation du Sud Kedah proprement dite29.

25 Leong Sau Heng, A study of ceramic deposits from PengkaJan Bujang, Kuala Lumpur, University of Malaya, MA thesis, 1973.261 p. dactylographiées, XXVI Pl., 24 Fig. 26 Allen J., Trade, transportation and tributaries: exchange, agriculture and settlement distribution in early historic-period Kedah, Malaysia. University of Hawaii, Ph. D, 1988. 820 p., maps. 27 Archaeological excavation and conservation, Bujang Valley, Kedah, Malaysia, 1985. Compte rendu dactylographié d'une session de l'ASEAN au Sud Kedah du 4 au 27 octobre 1985. 247 p., 33 Fig., 29 PI. 28 Nik Hassan Shuhaimi, Art, archaeology and the early kingdoms in the Malay Peninsula and Sumatra: c. 400-1400 A.D., University of London, School of Oriental and African Studies, Ph. D., May 1984. 613 p. dactylographiées (PI. comprises). 29 Nik Hassan Shuhaimi & Othman Mohd. Yatim, Antiquities of Bujang Valley. Kuala Lumpur, Museum Association of Malaysia, 1990. 115 p., 41 Pl., 13 Fig., 1 map.

19

NB 1 (9w)

l

Gunong Jerai (1217 m)

NB 2 (1W)

5° 45'

Détroit de Malacca

SMM 2 (26w)

.

5° 35'

SMM 12 (40m).

SMM . 11.
SMM 9 (39m)

.
.

UM 1 (24w)

SMM 10 (38m)

o I
I\::~.::.::::.::~::~Zones

2km I
de ports-entrepôts

w: Numéro de Q. Wales (1940)
m : Numéro du Muzium Arkeologi

PB : Zone de Pengkalan Bujang SB : Zone de la Sungai Bujang SMK : Zone de la Sungai Merbok Kechil

NB : Zone au Nord de la Bujang SMM : Zone entre Merbok et Muda UM : Zone en amont de la Muda

Doc. 2. Les sites archéologiques

du Sud Kedah.

lA

SITUATION ARCHEOLOGIQUE ACTUEllE AU SUD KEDAH

Nous avons vu précédemment ce qu'avaient été les recherches au Sud Kedah depuis le XIXe siècle. On retire de ce constat l'impression que beaucoup de choses y ont été faites. On peut même dire que de toutes les régions de l'Asie du Sud-Est maritime concernées par le type de civilisation que nous allons décrire, la région du Sud Kedah est certainement celle que l'on connaît le mieux aujourd'hui grâce à ces recherches. De nombreuses fouilles y ont été réalisées depuis un demi-siècle, des études élaborées, des classements tentés. Néanmoins, de l'aveu même des archéologues malais que nous avons rencontrés en arrivant en Malaysia, il restait et reste encore beaucoup à faire sur tous les plans. En effet, les études archéologiques sur cette région ayant été conduites par à coups et sans plan d'ensemble, il manquait toujours un inventaire complet des objets archéologiques découverts - base nécessaire à une réflexion sur cette civilisation une carte raisonnée des sites et une étude prenant en compte l'ensemble des témoins découverts 1. Le travail d'inventaire ne nous paraissait pas relever de notre emploi, d'autant qu'il est annoncé comme en voie de réalisation, mais le second, visant à établir une carte des sites, nous semblait indispensable pour nous permettre de raisonner sur un réseau archéologique sûrement établi. C'est donc bien volontiers que nous avons agréé le principe d'une nouvelle relocalisation suivie d'une nouvelle numérotation des sites, que nous proposèrent nos collègues malais, comme préalable à l'étude de synthèse que nous projetions (Doc. 2). Ce travail a débuté par l'établissement d'un certain nombre de définitions. En effet, la situation que nous avons trouvée, et que nous connaissions, multipliait les numéros qui recouvraient aussi bien une structure architecturale que le lieu d'une trouvaille archéologique particulière. La carte du Muzium Arkeologi de Merbok (Kedah) inventoriait 52 "sites" qui comprenaient: les 31 numérotés par a. Wales dans ses rapports de mission publiés en 1940 et 1947 dans le JMBRAS. auxquels s'en ajoutaient 21, correspondant à: - d'autres fouilles des Wales en 1941 au sud de la Sungai Muda (JMBRAS 1947), à des fouilles plus tardives de M. Sullivan en 1957 (JMBRAS, 1958), à d'autres plus récentes effectuées par le Muzium Nagara. à des lieux de trouvailles particulières et à des sites supposés. De son côté le travail extrêmement intéressant et riche d'enseignements de J. Allen2 inventoriait 87 "sites" qui comprenaient:
les 31 premiers numéros établis par

a.

Wales,

1 Le livre récent de Nik Hassan Shuhaimi & Othman Mohd. Yatim (Antiquities of..., (1990), cit.), si intéressant soit-il, ne fait pas référence à l'ensemble de la documentation disponible. 2 Allen J., Trade, transportation... (1988), op. cit.

op.

21

les n° 49 et 50 du Muzium. A ces 33 sites s'en ajoutaient 54 autres parmi lesquels on trouvait des numéros correspondant aux fouilles de M. Sullivan et une quantité d'autres désignant: - des lieux de structures possibles attestées par des matériaux de construction éparpillés, aussi bien que: - des endroits où une fouille stratigraphique avait eu lieu, ou encore: - des concentrations de tessons de céramique ou de verre, - des pierres significatives isolées etc. Cependant, tous les sites localisés au sud de la Sung ai Muda étaient ignorés. Il nous a donc paru nécessaire de mettre de l'ordre dans tout cela. Préalablement, nous avons défini ce que nous entendions par site, pour faire la distinction avec les lieux d'anciens ports-entrepôts, et ceux de trouvailles archéologiques isolées. * Un site a été défini comme un lieu marqué par les vestiges d'une structure bien avérée bâtie en matériaux durs - briques, galets de rivière, pierres façonnées de latérite, de granit ou de schiste - appartenant à une époque antérieure au Xlve-XVe siècle, date extrême au-delà de laquelle le type de civilisation de port-entrepôt que nous allons caractériser disparaît du Sud Kedah. Nous verrons que pour la plupart des numéros, site et structure se confondent mais il est cependant un certain nombre d'exemples pour lesquels la structure n'est que l'élément principal du site. * Un lieu d'ancien Dort-entreDôt correspond à de fortes concentrations, en surface et en profondeur, de tessons de céramiques (originaires de la Chine, du MoyenOrient, des pays de l'Asie du Sud-Est, ou de fabrication locale), de tessons de verre moyen-oriental et, parfois, à des zones comportant des matériaux durs éparpillés ou concentrés en certains points précis, ayant sans doute appartenu à des structures disparues; il arrive, cependant, que ce type de lieu comprenne aussi des structures reconnues, donc des sites. * Un lieu de trouvaille archéologiaue isolée correspond à la découverte en général fortuite d'un objet particulier qui peut être une statue ou une statuette, une céramique, une inscription, une tablette votive etc. Il fut également établi que le repérage des sites sur le terrain se ferait avec le souci de les regrouper par zones distinctes qui seraient affectées d'un sigle auquel s'ajouterait un numéro suivi de l'indication, entre parenthèses, de l'ancien numéro porté par le site. Un tel travail de renumérotation, parallèle donc à la relocalisation envisagée, permettrait, lors de nouveaux repérages, d'attribuer à un nouveau site un numéro proche de ceux déjà donnés à ses voisins. Jusqu'à présent, en effet, lorsqu'un site était découvert on lui attribuait un numéro qui se trouvait parfois assez difficilement localisable sur la carte parce que sans relation avec ses voisins. Par exemple le n° 8 voisinait avec le n° 49, le 50 avec le 5 etc. Le repérage s'est donc effectué avec l'idée qu'il faudrait définir des zones de concentration précises des sites. Nous avions, bien sûr, quelques idées préconçues sur la question qui ont été affinées au cours du travail de relocalisation. Il va sans dire que la définition de ces zones ne préjuge en rien de la nature précise et de la contemporaneité des sites qu'elles renferment. Enfin il fut aussi décidé que nous ne numéroterions que des sites patents, attestés par conséquent par des ruines de murs et la présence de matériaux de construction durs en quantité suffisante. Cela nous a conduit à négliger comme insuffisamment probantes des concentrations de briques ou d'autres matériaux attestées par d'autres chercheurs avant nous, notamment par J. Allen, aujourd'hui difficilement repérables ou pas repérables du tout, qui n'auraient pu se voir éventuellement attribuer le nom de "site" qu'après une série de dégagements et de sondages positifs qu'il n'était pas possible d'effectuer dans le cadre du projet. Cela laisse néanmoins ouverte la possiblilité d'ajouter des numéros à ceux que nous avons établis, à l'intérieur des zones que nous avons définies. Nous n'avons retenu que 40 sites et donc créé 40 numéros nouveaux, auxquels s'ajoutent 4 lieux d'anciens ports-entrepôts qui ne sont affectés que du nom du village

22

(kampong) dans lequel ils se trouvent. Les lieux de trouvailles archéologiques isolées, quant à eux, n'ont jamais été associés à un numéro. Les sites ont été regroupés en 6 zones: 4 sont importantes et significatives, les 2 dernières ayant été seulement définies pour regrouper entre eux des sites quelque peu isolés des autres. Il est apparu, au long de ce travail, que nombre des sites repérés ou fouillés avant nous avaient irrémédiablement disparu ou n'étaient plus attestés par des matériaux durs éparpillés sur le sol. Néanmoins, lorsque le site fut l'objet d'un rapport publié, même succinct, nous n'avons pas cru devoir l'ignorer et lui avons conservé un numéro. C'est le cas, hélas trop fréquent, de quantité de sites repérés et fouillés plus ou moins exhaustivement par les Wales avant et pendant la seconde guerre mondiale. C'est aussi le cas de localisations proposées voici quelque onze ans par J. Allen et que nous n'avons plus retrouvées parce qu'elles avaient été détruites par l'accélération de la mécanisation au Sud Kedah. Précisons que les sites ont été relocalisés sur les feuilles du cadastre. On trouvera en annexe toutes les indications concernant les numéros des feuilles et les numéros des lots sur lesquels ils se trouvent.
I. Notre zone favorite de concentration de sites, sans doute parce qu'elle est très homogène et facilement appréhendée sur le terrain, est celle qui correspond au Kampong Pengkalan Bujang. Nous l'avons dotée de l'abréviation P.B. Q. Wales y avait repéré et parfois fouillé six structures architecturales en 1936-37 (18 à 23). En 1961, A. Lamb y fouilla ce qui lui apparut très vite comme un ancien lieu de port-entrepôt qui fut réexaminé au début des années 1970 par Leong Sau heng. Durant ces mêmes années 1970, le Muzium Negara y fouilla et y reconstruisit deux structures repérées par Wales (19 et 22); une troisième, également fouillée (21), fut rétablie dans le parc archéologique du Muzium Arkeologi. En 1979-80, J. Allen revint sur les lieux et ajouta aux numéros de Q. Wales un certain nombre d'autres correspondant aussi bien à des structures supposées qu'à d'anciens lieux de fouilles ou à des concentrations de tessons ou de briques autrefois localisées par A. Lamb. De 1985 à 1988, quatre campagnes de fouilles d'environ deux semaines chacune conduisirent à commencer le dégagement de la structure numérotée 23 par Q. Wales. Cette fouille a été reprise en 1991 et constitue la seconde partie du travail que nous avons entrepris en Malaysia en collaboration avec nos collègues archéologues du Muzium Negara, du Muzium Arkeologi et de l'Universiti Kebangsaan. Nous avons choisi de renuméroter les sites dans le même ordre que Q. Wales.
*

PB 1 (18w)3 : c'est le site 18 de Wales. qu'il fouilla assez extensivement.

Il a

aujourd'hui totalement disparu et on ne repère plus sur ce qui fut son lieu d'implantation que quelques briques brisées, manifestement anciennes, mais totalement et irrévocablement perturbées dans leur ordonnance par un nivellement de toute la zone. Cependant, étant donné le bref rapport de Q. Wales, assorti de photographies et d'un plan, nous avons conservé un numéro à ce site. * PB 2 (19w) : c'est le site 19 de Q. Wales relativement bien fouillé par lui; il en a donné, comme pour le précédent, un bref compte rendu, des photographies et un plan. Bien qu'il eût souffert de déprédations de la part des villageois depuis le temps de Wales, le Muzium Negara décida de reprendre sa fouille en 1974 et la fit suivre d'une anastylose
de l'édifice
*

tel qu'il fut mis au jour, cela

in situ il se

PB 3 (20w) : C'est le site 20 de Q. Wales qu'il ne fouilla pas vraiment;

contenta d'y faire quelques sondages et il n'a donné de ce qui en résulta qu'un très bref compte rendu. Néanmoins, il ne fait pas de doute qu'une structure existait bien là, localisée sur une légère hauteur qui depuis lors a été nivelée par les villageois toujours désireux d'agrandir leurs champs au détriment de ce qui ne présente à leurs yeux aucun intérêt; les nouveaux instruments de la mécanisation agricole rendent ce travail extrêmement facile. Le site n'est donc plus attesté que par un éparpillement de briques anciennes brisées dont aucune n'est plus in situ. Il n'y a pas de confusion possible à propos de ces trois sites anciens de Q. Wales. Il n'en est pas de même pour les trois derniers auxquels il ne consacra que quelques lignes
3 Comme il a été déjà indiqué, l'ancienne numérotation a été conservée entre parenthèses. La lettre "w" signifie a. Wales (numéro donné par a. Wales); la lettre "m" se substitue parfois au "w" et signifie Muzium (numéro donné par le Muzium Arkeologl).

23

dans son rapport de 1940. En effet, les sites qui depuis lors ont été reconnus sous les numéros 21, 22, 23 ne correspondent sans doute pas à ses localisations initiales. PB 4 (21w) : Un site 21 a été fouillé après relocalisation en 1976 et a fait l'objet d'une anastylose après transport dans le parc du Muzium Arkeologi. PB 5 (22w) : Le numéro 22, que Q. Wales décrit encore moins que le

.

. .

précédent, a été associé lors de la relocalisationdu Muzium Negara à une structure liée de très près au site 21; elle fut fouillée conjointement avec elle et fit l'objet d'une
anastylose, in situ cette fois. La logique de l'opération qui consista à dissocier deux structures très évidemment complémentaires nous échappe tout à fait. PB 6 (23w) : Le numéro 23de Q. Wales, dont il ne dit pratiquement rien, faisait

l'objet d'une fouille depuis 1985 qui fut reprise en 1991. Sur l'une de ses cartes4, en 1980, J. Allenle localise à quelques mètres au nord du site 21/22. Cette localisationest de fait celle d'un autre site possible qui se signalait récemment encore par quelques briques éparpillées et par une légère hauteur qui subsiste. Ilfaillitêtre fouilléà l'occasion de la fouillede l'ASEANen 1985 qui luipréféra finalement un site de Kampong Sungai
Mas (SMM 3 (33m)).

J. Allen, lors de son travail en 1979-80, repéra aussi dans ce même kampong un
autre site possible, dans le sens que nous donnons à ce terme, auquel elle donna le

numéro 79; elle le décrit en ces termes: «concentration de briques d'argile partiellement enterrées (ayant plus de 17 cm de long, 6 cm d'épaisseur et dont la largeur n'était pas visible) localisée près de la bordure est du permatang sous un vaste tamarin (asam; Tamarindus indica) et la belukar [forêt secondaire]. La fonction du site, ajoute-t-elle, ses dimensions et son état de conservation, sont impossibles à établir sans l'établissement de sondages sous la surface du sol...5 Nous avons tenté de relocaliser ce site plus de onze ans après le passage de J. Allen et y sommes parvenu grâce à l'aide d'une villageoise qui se souvenait y avoir vu des briques; il n'yen avait plus trace et nous n'aurions jamais pu le repérer, en dépit de la petite carte que J. Allen lui associe dans son travail, parce que le seul repère de cette carte était un arbre dont ilne restait plus qu'une souche en voie de disparition complète. Quoi qu'il en soit, ce lieu reste une possible localisation mais nous ne voulons pas l'inclure dans notre nouvelle numérotation qui ne prend en compte, comme nous l'avons déjà souligné, que les sites patents ne nécessitant pas, pour être attestés, toute une série de sondages dont la mise en place ne pouvait se concevoir dans l'optique du projet et dans le temps qui lui était imparti. Si, dans la suite des recherches dans la région, une structure y est effectivement découverteilsera toujours possible de lui adjoindre un numéro (PB 7 par exemple) qui restera en corrélation étroite avec les numéros précédents. 6 sites au total existent dans la zone de Pengkalan Bujang :
2 ont disparu (PB 1 et 3 (18 et 2Ow)), 3 ont été fouillés et reconstruits (in situ (PB 2 et 5 (19 et 22w)) ou dans le parc du Muzium Arkeo/ogi(PB 4 (21w)), 1 a été fouillé et n'a pas fait l'objet, pour l'instant, d'une anastylose (PB 6 (23w)).

-

cellequi possède aussi le plus grand nombrede sites, est cellequia parfoisdonné son
nom à cette civilisation du Sud Kedah, à savoir la vallée de la Bujang dans son cours moyen, immédiatement au nord du KampongPengkalan Bujang. C'est au longdes rives de cette vallée que Q. Wales localisa ses sites les plus importants en 1936-37. Nous avons convenu de l'appeler seulement du nom de la rivière: Sungai Bujang, SB en abréviation. Les sites y ont été renumérotés en allant du sud vers le nord, cela pour une raison très simple: si dans l'avenir d'autres sites sont localisés au long de cette vallée ce

Il. La zone la plus densément occupée sur le plan des vestiges archéologiques,

ne pourra être à notre avis que dans sa partie nord, peu perturbée par les progrès de la
mécanisation, car peu cultivée, et occupée en grande partie par une zone d'occupation militaire; les futurs éventuels numéros se trouveront de ce fait en parfaite corrélation avec ceux que nous avons établis. Tous les numéros créés par Q. Wales ont été conservés; il s'y ajoute un site découvert il y a une vingtaine d'années. . SB 1 (17w) : C'est le premier site inventorié dans cette nouvelle zone; il n'est pas exactement dans la vallée mais la domine: le site 17 de Q. Wales correspond en effet 4 5
Allen J.. Trade, transportation. (1988), op. cit, site map 18, p. 748. Allen J.. Trade. transportation..., (1988), op. cit., p. 349.

24

au sommet du Bukit Pendiat. Ce chercheur s'y intéressa peu mais, en 1977, le Muzium Negara refouilla le site complètement et y découvrit une structure originale. Il est fort regrettable que cette fouille n'ait pas été suivie d'une anastylose de l'édifice car depuis la fouille le site a subi de nombreuses déprédations et la structure a pour ainsi dire totalement disparu: vols de ses briques, recherche en son centre d'un hypothétique trésor par des vandales et envahissement inéluctable par la végétation. SB 2 (2w) correspond au site 2 de Q. Wales sur la rive droite de la Sungai Bujang; celui-ci y mit au jour une structure carrée de latérite qui avait constitué le soubassement d'un probable stüpa à côté duquel il découvrit une tablette comportant une inscription en sanscrit. Bien qu'il ne reste rien de ce site, excepté quelques blocs de latérite épars au milieu d'une épaisse végétation secondaire, nous l'avons conservé en raison du rapport de Q. Wales qui y associe quelques photographies. SB 3 (16Aw) correspond au site 16A de Q. Wales, au voisinage immédiat du précédent mais sur la rive gauche de la rivière. Fouillé en fait par D. Wales en 1941, il consistait en un soubassement presque identique au précédent en dimensions, mais constitué de briques. En novembre 1959 A. Lamb put encore le retrouver. Aujourd'hui il n'en reste rien de vraiment notable, sinon quelques briques brisées sur un terrain désormais consacré à la culture. SB 4 (16) correspond au site 16 de Q. Wales. Il fut fouillé, antérieurement au précédent, en 1936-37, et n'en est éloigné que d'une quinzaine de mètres à l'est; sa fouille fut très incomplète et passablement incomprise mais, en 1970, le Muzium Negara décida de le réexaminer et une structure classique du type vimiina-mar:/(:japa fut mise au jour, construite en latérite. La fouille fut suivie d'une anastylose de l'édifice non pas in situ cependant mais dans le parc archéologique du Muzium Arkeologi. Le site correspondait en 1991 à un champ de canne à sucre.

.

.

.

.

SB 5 (14w),

toujours

sur la rive gauche

de la Sungai

Bujang,

correspond

au site

14 de Q. Wales qui le fouilla très incomplètement en se méprenant totalement sur sa nature; la connaissance plus complète que nous avons aujourd'hui de ce type de structure permet d'avancer que Wales ne fouilla que ce qui devait être le mafJqapa d'un vimiina qu'il ne mit pas au jour. Il ne reste strictement rien de ce site et il ne doit de garder un numéro qu'au fait d'avoir fait l'objet d'un rapport de Q. Wales et d'avoir été le lieu de découverte de pièces archéologiques intéressantes. Nous avons difficilement subodoré ce qu'avait pu être son emplacement dans le contexte d'un village actif qui était en train d'élargir le canal d'irrigation dont le creusement avait révélé le site en 1936-37. SB 6 (15w) correspond au site 15 de Q. Wales initialement localisé en vis-à-vis du précédent, sur la rive droite de la rivière, à quelque 60 m de celle-ci. Q. Wales dégagea bien le vimiina mais ne se préoccupa pas de découvrir le mafJçfapa qui lui était certainement associé à l'est, attitude exactement inverse de celle qu'il avait eue à l'égard du site 14 par incompréhension de ce type de structure. Après la fouille, le site fut progressivement démantelé par les villageois et il n'en reste aujourd'hui plus rien. Il doit donc d'avoir conservé un numéro au fait qu'il fut assez largement fouillé par Q. Wales qui en a donné un rapport associé à des photographies et à un plan instructifs.

.

.

SB 7 (50m),

également

localisé

sur la rive droite

de la Sung ai Bujang,

est le seul

des sites de cette zone qui n'ait pas été découvert par Q. Wales. Sa découverte ne date que de la fin des années 1960; il fut fouillé à partir de 1974 et jusqu'en 1981 et finalement reconstruit dans le parc archéologique du Muzium Arkeologi sous le numéro 50. On y a découvert une structure de type vimiina-mafJqapa classique mais qui s'ouvre bizarrement à l'ouest et non à l'est comme d'ordinaire; autre particularité, un temple annexe lui est associé ainsi que deux petits autels. Le site initial est aujourd'hui marqué par une dépression envahie par l'eau et la végétation. Nik Hassan Shuhaimi, qui supervisa cette fouille, et J. Allen, qui visita le site avant qu'il ne soit déplacé, signalent l'existence de deux possibles structures à proximité; J. Allen les numérote 77 et 78. Localisées très en bordure du permatang, presque dans les rizières, elles ont aujourd'hui totalement disparu; nous avons vainement essayé d'en retrouver quelques traces. SB 8 (5w), toujours sur la rive droite de la Sungai Bujang, correspond au site 5 de Q. Wales qui le fouilla extensivement. Cette fouille fut reprise en 1974 et le temple fit l'objet d'une anastylose in situ que nous considérons comme sérieuse; il est aujourd'hui à l'intérieur d'une plantation d'arbres fruitiers (durions et bananes). C'est un temple du type vimiina-maQqapa.

.

25

SB 9 (6w), toujours sur la rive droite de la rivière, correspond au site 6 de Q. * Wales qui en donna un plan sommaire mais aucune photographie. Ce fut vraisemblablement un temple de type vimana-ma1JçJapa. En 1936-37 le site avait déjà beaucoup souffert de l'érosion naturelle de la rivière qui le bordait autrefois; il n'en reste plus rien aujourd'hui sinon des concentrations de galets de rivières qui constituèrent sans doute les enclos dont Wales donne le tracé; le vimana que décrit Wales aurait été détruit lors de l'édification des maisons du kampong voisin. SB 10 (11/3w), encore sur la rive droite de la Sungai Bujang mais un peu plus * éloigné de celle-ci que les précédents, correspond aux sites 11 et 3 de Q. Wales; celui-ci séparait en effet deux structures (un vimana-maQc!apa et un autel annexe) qui devaient en fait être associées. Il en a fourni fort heureusement un rapport, ainsi que des photographies et un plan, car la reprise de la fouille de ce site en 1974 a donné lieu à une anastylose in situ des plus contestables du vimana-ma1Jgapa. On peut même dire qu'il s'agit là d'un chef d'œuvre d'anastylose totalement incomprise. SB 11 (12w), encore sur la rive droite de la Sungai Bujang mais plus près de la * rivière que le précédent, correspond au site 12 de Q. Wales qui se persuada, étant donné surtout la nature des trouvailles archéologiques qu'il y fit, qu'il se trouvait en présence d'une structure civile. Il n'en reste rien de discernable, à l'exception de matériaux de constructions éparpillés, cela à l'intérieur d'une actuelle plantation de palmiers à huile.
associé à l'origine; il correspond au site 13 de Q. Wales qui y fouilla ce qu'il considéra comme un vimana-mandapa entouré de trois autels. Il est aujourd'hui impossible de faire la distinction, dans les matériaux de construction épars, entre ceux qui appartenaient à ce site et à son voisin. sur la même rive, au site 4 de Q. Wales qui le fouilla * SB 13 (4w), correspond, extensive ment après LH.N. Evans qui l'avait assez mal compris. Nous en avons donc des photographies et un plan qui décrivent sans équivoque un vimana-maQqapa associé à deux petites structures adjacentes. Quelques sculptures en proviennent et c'est à proximité, dans la rivière, que fut découvert un petit couvercle de reliquaire en bronze dont la description inspira à Q. Wales des rapprochements stylistiques hardis avec l'architecture de l'Inde du Sud. Le site a aujourd'hui totalement disparu, nivelé pendant la guerre par les Japonais à des fins de constructions; il se trouve dans une plantation de jeunes hévéas et n'est donc plus marqué, comme toujours dans ce cas de figure, que par des matériaux de construction épars (briques, galets de rivière, blocs de latérite). J. Allen, en 1980, ne fut pas très sOre de l'avoir bien repéré et émit l'hypothèse qu'une concentration de matériaux voisine, à quelque 250 m au sud, qu'elle numérota 68, pouvait lui correspondre; nous n'en avons pas retrouvé la trace et nous ne pouvons donc pas juger du bien-fondé de son hypothèse. * SB 14 (10w), le dernier des sites de cette zone que nous ayons catalogué, le plus en amont donc, localisé sur la rive gauche de la rivière mais très voisin des précédents cependant, correspond au site 10 de Q. Wales; celui-ci le décrit comme une structure carrée de.3.5 m de côté, en briques, qui pourrait avoir été le soubassement d'un stiipa, au centre de laquelle il découvrit un dépôt de fondation constitué par 7 disques (1 d'or et 6 d'argent) comportant chacun une inscription en sanscrit. Il ne reste rien de cette structure sinon des matériaux éparpillés au sein d'une épaisse végétation. Au total, dans cette zone: - 9 sites ont disparu complètement et n'ont da d'avoir conservé un numéro qu'au travail que Q. Wales nous a laissé sur eux (SB 2 (2w), SB 3(16Aw), SB 5 (14w), SB 6 (15w), SB 9 (6w), SB 11 (12w), SB 12 (13w), SB 13 (4w), SB 14 (1OW)). - 5 ont été fouillés ou refouillés: 4 ont été reconstruits, tantôt in situ (SB 8 (5w) et 10 (11/3w)), tantôt dans le parc du Muzium (SB 4 (16w), SB 7 (50m)); un 3e n'a pas fait l'objet d'une anastylose (SB 1 (17w)). au réseau fluvial supérieur Son sigle est SMK. Peu de sites avérés s'y trouvent en dehors du plus célèbre et aussi du plus grand des temples jamais découverts au Sud Kedah, le Candi Bukit Batu Pahat. Les numéros sont les suivants: III. La troisième zone que nous avons définie correspond
*

SB 12 (13w) est immédiatement

voisin du précédent

et lui était certainement

de la Sungai Merbok Kechil, autre affluent de la Sung ai Merbok.

26

* SMK 1 (8w) correspond à ce site célèbre, numéroté 8 par a. Wales qui le fouilla incomplètement en 1936-37 mais qui en publia cependant quelques photographies dans son rapport. La fouille fut reprise par A. Lamb en 1958-59 et fut suivie de la première anastylose de structure ancienne jamais tentée en Malaysia. Ce fut un succès et le rapport de A. Lamb qui lui est associé un modèle du genre, jamais égalé depuis. * SMK 2 (48m) correspond à la structure numérotée 48 par le Muzium et dont A. Lamb parle brièvement dans son rapport. Il s'agissait certainement à l'origine d'une construction associée au temple précédent dont subsistait le soubassement. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un amoncellement assez confus de divers matériaux durs. J. Allen a numéroté 66 et 67 des lieux liés au site SMK 1 (8W) correspondant, pour le premier, au cours de la Sungai Batu Pahat où fut extrait le granit qui servit à la construction de ce dernier temple (il en subsiste des témoignages d'extraction) et, pour le second, à un gros bloc de granit extrait mais abandonné dans le cours de la rivière. * SMK 3 (49m) correspond au site numéroté 49 par le Muzium. C'est un amoncellement de blocs de granit façonnés dans lequel il est bien difficile de retrouver un quelconque tracé: le temple, construit sur la roche en place, s'est effondré sur lui-même. * SMK 4 (7w), enfin, correspond à l'ancien site 7 de a. Wales qui ne le fouilla pas plus que son prédécesseur Evans qui avait été le premier à en parler en 1925. Une structure devait se trouver au sommet du Bukit Gajah Mati mais on ne possède aucun renseignement qui permette de dire en quoi elle consistait et une tentative de relocalisation en 1980 ne révéla rien de plus que quelques briques éparpillées et un galet de rivière. De grands dégagements permettraient peut-être de trouver quelque chose. De tous les sites que nous avons sélectionnés c'est assurément celui que nous sacrifierions le plus volontiers. L'intérêt de cette zone est tout entier dans la présence du site SMK 1 (8w) et de son pendant SMK 3 (49m) qu'il ne pouvait être question de regrouper avec les sites de la zone de la Sungai Bujang (SM); elle est nettement distincte de cette dernière sur le plan géographique si l'on raisonne en fonction des réseaux hydrographiques qui constituaient autrefois les seules voies de pénétration du Sud Kedah. Au total cette zone comprend donc: 1 seul site fouillé et reconstruit in situ (SMK 1 (8w)), - 2 sites non fouillés mais bien attestés (SMK 2 et 3 (48m et 49m)), 1 site qui ne fut jamais fouillé et dont il ne reste rien aujourd'hui (SMK 4 (7w)).

IV. La zone dite du Nord de la Bujang (NB) n'a été définie que pour permettre de donner un numéro à deux sites localisés très au nord des précédents et donc particulièrement isolés.
*

NB1 (9w) correspond

au site 9 de a. Wales. Il s'agit de cet ensemble complexe

qui se trouvait exactement au sommet du Gunong Jerai et que I.H.N. Evans fouilla si mal. De nombreuses suppositions ont été formulées sur ce qu'il représentait; aucune n'est vraiment satisfaisante et comme il ne reste rien du site on ne saura jamais vraiment ce qu'il était. * NB 2 (1w) correspond au site 1 de a. Wales qu'il fouilla effectivement. Localisé au sommet du Bukit Choras, très au nord de tous les autres, c'était à l'évidence la base d'un stOpa dont il serait encore possible de reprendre la fouille en dépit des déprédations provoquées au centre du soubassement par des chercheurs de trésor. a. Wales y découvrit une inscription. Au total, dans cette zone, on trouve donc: 1 site attesté qu'il serait encore possible de fouiller (NB 2 (1w)), 1 site qui a irrémédiablement disparu (NB 1 (9w)). V. La zone de localisation que nous avons appelée Sud Merbok-Muda (SMM) renferme toute une série de localisations importantes pour la compréhension de la civilisation du Sud Kedah. Elle correspond comme son nom l'indique à la région comprise entre les deux rivières et à la rive gauche de la Sung ai Muda: Son importance n'a vraiment été révélée qu'au cours des années 1980 par des découvertes de hasard dans le Kampong Sungai Mas. Néanmoins, de nombreux sites anciennement localisés s'y trouvent. dit presque
*

SMM 1 (25w) correspond
rien; il se trouve

au sommet

au site 25 de

du Bukit Penjara.

a.

Wales qui le fouilla très peu et n'en
Il n'en reste plus de trace

27

aujourd'hui, sinon un puits circulaire que nous n'avons pu repérer étant donné l'épaisseur de la végétation qui recouvre aujourd'hui cette hauteur; à son pied des grottes ont été révélées par des travaux d'intérêt public en 1979; elles ont fait l'objet de fouilles à l'initiative de Nik Hassan Shuhaimi.
*

SMM 2 (26w) correspond

au site 26 de Q. Wales. Il s'agit du Bukit Meriam à son

sommet où, déjà à l'époque de ce chercheur, il ne restait que quelques traces de constructions en briques. Il associa ce site à la trouvaille faite par J. Low au milieu du XIXe siècle d'une tablette inscrite aujourd'hui perdue, mais étudiée à l'époque, une des rares inscriptions jamais trouvées au Sud Kedah. Nous n'avons pas visité ce site pour les mêmes raisons que celles évoquées pour le site précédent. * SMM 3 (35/36m) correspond aux sites 35 et 36 du Muzium. Il s'agit du Bukit Batu Lintang. M. Sullivan explora cette région en 1957 durant une très brève période. Il repéra des vestiges sur le sommet de la colline (n° 36), qu'il négligea, et qui ont aujourd'hui disparu, pour s'intéresser à une localisation au pied du bukit (n° 35), qu'il fouilla, et qui révéla un certain nombre de trouvailles archéologiques. Nous avons conservé un numéro à cette localisation en raison de cette fouille.
*

SMM 4 (33m) correspond

au site 33 du Muzium, au Kampong Sungai Mas. Une

fouille, correspondant au voisinage d'une maison du village, fut conduite en 1985, durant 9 jours, par les archéologues qui participaient, dans le cadre de l'ASEAN, à une étude concernant la conservation des sites de la "Vallée de la Bujang". La fouille ne fut pas assez longue pour que l'on ait pu décider de quelle nature était la structure qui y fut fouillée et, à notre avis, il aurait été impossible d'en décider même si celle-ci s'était poursuivie: les structures du Kampong Sung ai Mas (on en connaît potentiellement un certain nombre) sont trop perturbées par des siècles d'occupation humaine continue pour qu'il soit possible d'en espérer grand chose, sinon des trouvailles archéologiques de hasard.
*

SMM 5 (32m) correspond

à la seule structure qui, dans ce Kampong de Sungai

Mas, pourrait peut-être apporter quelque chose à la compréhension des sites de cette région. C'est encore aujourd'hui, à la limite de deux propriétés du village, une petite butte de briques et de pierres schisteuses façonnées, disposées sans ordre particulier. Elle a révélé cependant plusieurs blocs de granit brisés qui montrent clairement qu'il furent taillés à un usage de construction (rainures, mortaises). Le Muzium lui avait donné le n° 32. Lorsque J. Allen visita la région en 1980, elle localisa un grand nombre de sites possibles dans le Kampong Sung ai Mas auquel elle associa celui, voisin, de Seberang Terus. Ses numéros vont de 46 à 48 puis de 51 à 62 pour préserver deux numéros du Muzium (les n° 49 et 50) et enfin de 75 à 76. Nous avons essayé de les relocaliser et les anciens numéros 32 et 33 dont nous venons de parler en font sans doute partie mais, pour les raisons évoquées précédemment, nous n'avons pas cru utile d'y donner suite; il ne s'agit le plus souvent que de traces trop peu importantes pour être créditées d'un numéro; l'exemple, fâcheux, de la fouille de l'ASEAN en 1985 devrait inciter les futurs chercheurs à la prudence dans cette zone, riches en vestiges potentiels et en trouvailles de hasard, mais dont on ne saurait espérer grand chose en fait de structures point trop perturbées. * SMM 6 correspond à une localisation qui porte le numéro 43 dans la thèse de J. Allen; ce site était connu du Muzium qui ne lui avait cependant donné aucun numéro. Il se trouve en bordure de la Sungai Simpor et à proximité du Kampong Simpor Tambang. Lorsque J. Allen le visita en 1980 il consistait en trois petites zones révélant des briques, des blocs de latérite et des tessons divers largement éparpillés. Lors de notre visite, nous avons trouvé la surface nivelée pour laisser la place à une plantation de palmiers à huile; cette opération avait révélé la trace au niveau du sol d'un mur de latérite de quelques 50 cm de large, repérable sur quelque 9 m. Le sol de toute la plantation était par ailleurs jonché de tessons de céramiques chinoises et de verre moyen-oriental; cela nous a incité à considérer cet endroit comme une autre localisation d'ancien port-entrepôt; nous en reparlerons. * SMM 7 (31w) correspond au site 31 de Q. Wales, fouillé par sa femme en 1941, et fautivement interprété par elle; il fut refouillé par M. Sullivan en 1957 et tout aussi mal défini; en 1961, A. Lamb reprit la fOl,lille et découvrit enfin qu'il s'agissait d'un vimanamandapa assez perturbé mais non équivoque; il aurait été possible de reconstruire le tem"pie dans ce qui en subsistait puisque son plan avait été retrouvé, mais, comme pour le

28

site SB 1 (17 w), on le laissa en état et, s'il a moins subi de déprédations que ce dernier, l'usure du temps le rend cependant quelque peu informe. C'est un exemple de plus à apporter au dossier des reconstructions nécessaires de structures après fouille si l'on ne veut pas les voir se détériorer très vite. au site 37 du Muzium, catalogué Province Wellesley * SMM 8 (37m) correspond 1 par les Wales en 1941 ; il est en effet localisé au sud de la Sungai Muda et correspondait encore, au temps des Wales, à de fortes concentrations de coquillages que P. van Stein Callenfels avaient identifiées comme des sites préhistoriques en 1934. Les Wales y découvrirent ce qui paraît avoir été le soubassement d'un stupa. Rien n'en subsiste aujourd'hui et les concentrations de coquillages ont été fortement perturbées par l'occupation humaine. Le numéro a été conservé en raison de la fouille relativement complète des Wales qui, en plus de la structure, mirent au jour des trouvailles archéologiques non dépourvues d'intérêt. au site 39 du Muzium, catalogué Province Wellesley * SMM 9 (39m) correspond Il par les Wales en 1941 avec quelques confusions dans ce qu'ils y trouvèrent vraiment. On y découvre encore aujourd'hui un soubassement de latérite qu'il serait certainement possible de fouiller. au site 38 du Muzium. En bordure de la route qui * SMM 10 (38m) correspond se dirige vers Kota Aur, en provenance de Guar Kepah, des alignements de blocs de latérite affleurent à proximité d'une maison. Selon le témoignage du Muzium, ils étaient plus apparents qu'ils ne le sont devenus depuis 1988. Le site ne pourrait être fouillé que si la maison était déplacée mais la route toute proche demeurerait un obstacle sérieux. au site fouillé par M. Sullivan en 1957 sous le nom de Kota * SMM 11 correspond Aur. Il n'a jamais fait l'objet d'une quelconque numérotation par le Muzium; on ne sait trop pourquoi, car sa localisation est encore connue même s'il n'en reste aujourd'hui plus rien et qu'une route (la même que précédemment) traverse ce qui fut ce site. Le numéro a été conservé en raison du rapport publié par Sullivan. * SMM 12 (40m) correspond au numéro 40 du Muzium. Rien n'en laisse supposer l'existence aujourd'hui mais la présence d'une structure en latérite est attestée par le personnel du Muzium. Elle s'étendrait en grande partie sous une maison voisine rendant une fouille improbable. Au total, dans cette zone:

conditions (4Om)),

5 sites

n'ont

pas

été fouillés

et pourraient

l'être

mais

très

souvent

dans

des

peu idéales

(SMM 5(32m),

SMM 6 , SMM 9 (39m), SMM 10 (38m),

SMM

12

- 4 sites ont sans doute disparu sans grand recours mais il serait peut-être nécessaire de s'en assurer vraiment, au moins pour les trois premiers, par des dégagements qui seraient cependant importants (SMM 1 (25w), SMM 2 (26w), SMM 3 (35/36m), SMM 8 (37m)),
3 sites ont été fouillés avec plus ou moins de bonheur, aucun n'ayant fait l'objet

d'une reconstruction

(SMM 4 (33m), SMM 7 (31 w), SMM 11).

v. Nous avons regroupé sous l'appelation "Upriver Muda.. (UM), autrement dit «Amont de la Muda», deux sites isolés des précédents; nous avons bien le sentiment que cela est quelque peu artificiel, comme la définition des sites au Nord de la Bujang (NB), mais comment faire autrement?
* UM 1 (24w) correspond au site 24 de Q. Wales qu'il ne fouilla pas de fait. C'est M. Sullivan qui en 1957 fut à l'origine d'une exploration assez rapide de ce qui subsistait du site à cette date; en effet, la colline sur laquelle il était situé avait été exploitée pour

fournir colline
*

en remblai la construction a été totalement nivelée.

voisine

du pont sur la Sung ai Muda.

Depuis

lors, cette

rapport, est en relation avec un ancien fort du XIXe siècle que nous pouvons donc oublier; mais, en fait, il s'intéressa surtout à un site voisin qu'il estimait être de quelque intérêt et que J. Allen numérote 41 dans sa thèse. C'est encore aujourd'hui une butte basse qui pourrait receler une structure; elle est entourée d'un cimetière mahométan et, à proximité, on trouve une pierre taillée dans le granit qui fit très évidemment partie d'un édifice et dont parle Q. Wales. J. Allen numérota ce qu'elle estimait être deux autres sites à proximité (ses numéros 39 et 40); le premier a disparu, le second n'a pu être relocalisé.

UM 2 (28w) correspond

à ce que Q. Wales numérota

28 et qui, dans son

29

Au total: 1 site a irrémédiablement disparu (UM 1 (24w)), 1 site pourrait encore être fouillé (UM 2 (28w)).
Dans cet effort de relocalisation et de reclassement raisonné des sites, nous avons été conduit à supprimer des numéros: Le n° 27 de a. Wales ne correspond à aucun structure mais à la localisation imprécise d'une ceinture d'or découverte dans la Sungai T erus au début du siècle. Le n° 29, encore de a. Wales, correspond à un fort du XIXe siècle qui n'appartient pas à la période qui nous occupe. Le n° 30, toujours de a. Wales, ne parait avoir existé que dans son imagination bien qu'il en ait donné une localisation que J. Allen retrouva, semble-t-il, en précisant l'existence, à proximité, de trois autres sites possibles que nous n'avons pu relocaliser, comme ce n° 30 lui-même. Le n° 34 du Muzium ne correspond qu'à une localisation de trouvaille archéologique, en l'occurrence celle de la tablette inscrite de Kampong Sung ai Mas. Le n° 41 du Muzium correspond à une trouvaille archéologique isolée, celle d'une statue de Ganesa, qui aurait été à l'origine associée à quelques éléments de construction dont il ne reste rien aujourd'hui. Le n° 42 du Muzium correspond à une localisation de la zone de la Sungai Merbok Kechil que nous n'avons pas jugée très probante: éparpillement de briques à l'intérieur du Kampong Pasir sur la rive droite d'un affluent de la Sungai Merbok Kechil, la Sungai Jerneh. Le n° 43 du Muzium ne correspondait à rien et était né de certaines confusions liées à la localisation du site 6 (SB 9) de a. Wales. Les n° 44, 45, 46 n'ont jamais figuré sur aucune carte du Muzium bien qu'il y ait un numéro 43, un numéro 47 et d'autres numéros à la suite; c'était un oubli... Le n° 47 du Muzium a été supprimé parce qu'il ne correspondait qu'à la localisation de la carrière de pierre située dans le cours de la Sungai Batu Pahat à proximité du site SMK 1 (8 w). Le n° 51 du Muzium a été supprimé parce qu'il ne correspondait qu'à une médiocre concentration de matériaux, voisine du site SMK1, dont il ne reste plus rien aujourd'hui sans qu'aucune étude en ait été faite. Le n° 52 du Muzium, correspond à l'île inhabitée de Pulau Bunting, très proche des côtes du Sud Kedah; on a estimé un moment qu'elle pouvait abriter quelque structure et le Muzium y est allé d'un numéro 52 pour la caractériser. Notre visite de l'île nous a donné à penser que les tessons découverts sur certaines parties du rivage étaient tardifs et que s'il y avait eu quelque structure en bordure de la mer il n'en restait plus rien, sinon quelques briques éparses impossibles à dater. Il est possible cependant que le sommet de l'île recèle encore quelques vestiges mais nous n'avons pu l'explorer étant donné l'épaisseur de la couverture végétale. Au 40 sites sélectionnés s'ajoutent 4 lieux d'anciens ports-entrepôts; ce sont: * Kampong Sungai Mas: Nik Hassan Shuhaimi put mettre en valeur son importance par une fouille stratigraphique qui suivit de peu sa découverte fortuite en 1980 lors du creusement d'un canal d'irrigation dans le village. A cette date, il y localisa 6 sites possibles. A la même époque, J. Allen en catalogua 17, comme nous l'avons déjà signalé. Nous n'en avons retenu que 2 pour des raisons déjà évoquées. Cette localisation est capitale pour la compréhension de la civilisation du Sud Kedah. Comme à Kampong Pengkalan Bujang, on y trouve de fortes concentrations de tessons de céramiques chinoises, notamment, et des tessons de verre moyen-oriental. Il serait utile d'y procéder à de nouvelles fouilles stratigraphiques. * Kampong Pengkalan Bujang : Découvert par A. Lamb en 1961 et fouillé par lui, puis par Leong Sau Heng. Le lieu fut cartographié par Lamb6 qui y repéra toute une série de localisations de tessons de céramique ou de briques (A à P sur sa carte). J. Allen cartographia à nouveau le lieu en 1980 et y plaça des numéros qui vont de 80 à 84 inclus

6 Lamb A., «Research 4, p. 22, (Doc. 237).

at Pengkalan

Bujang;

a preliminary

report»,

FMJ, VI, 1961, p. 21-37, fig.

30

et ses numéros 86 et 877. A l'exception de son numéro 86, qui correspond selon elle à une ancienne fouille d'extension limitée (1 x 0.5 x 0.55 m de profondeur) localisée à 36 m au nord du site PB 2 (19w), etque nous n'avons pas retrouvé, les autres numéros sont à associer à d'anciennes localisations de tessons et de briques faites par A. Lamb en 1961. Il ne nous a été possible que de relocaliser ses numéros 83 et 87, correspondant aux lettres B et E de Lamb. Le dernier, en particulier,est toujours assez impressionnant par la quantité de tessons de céramiques de provenances variées et de fragments de verre que l'on peut encore récolter en surface lorsque la rizière qui occupe le site n'est pas en eau; on y repère aussi au moins une concentration de briques brisées qui a sans doute été autrefois une structure mais dont il serait vain aujourd'hui,.à notre avis, d'espérer retrouver le moindre tracé. * Kampong Simpor Tambang : Cette localisation d'ancien port-entrepôt est voisine du site SMM 6. Si ce dernier site était fouillé - il en fut question un moment lors de

notre séjour en Malaysia

- le lieu

révèlerait toute son importance comme zone d'échange

à haute époque. * Kampong Sireh : cette localisation, en bordure de la Sungai Muda, correspond aussi à de fortes concentrations de tessons de céramiques en provenance de la Chine et de diverses régions de l'Asie du Sud-Est. O. Wales en avait fait son site 29 en se référant moins aux dépôts de céramiques, qui l'intéressèrent peu, qu'à une structure correspondant à un ancien fort du XIXe siècle que nous avons choisi d'ignorer comme ses semblables. C'est A. Lamb, en 1961, qui donna au site toute son importance en mettant l'accent sur les concentrations de tessons auxquelles il trouva des similitudes avec celles de Kampong Pengkalan Bujang. La zone est aujourd'hui extrêmement herbeuse mais les rives de la Sung ai Muda, à son niveau, révèlent de nombreux tessons et des briques que les flots de la rivière emportent à chaque crue pour en révéler de nouveaux. Nous allons étudier en détail ces 40 sites et ces 4 zones d'anciens ports-entrepôts en synthétisant tout ce qui a été écrit ou dit sur chacun d'eux et en illustrant ce propos d'un maximum de documents. Ce sera notre 1ère partie. Nous avons choisi d'y regrouper les sites en trois catégories. Les deux premières rassemblent les temples dévolus de manière à peu près sûre au bouddhisme ou à l'hindouisme. la troisième regroupant les structures que l'on n'a pu classer dans l'une ou l'autre des deux catégories d'édifices religieux ou qui n'ont pas été fouillées; un dernier chapitre regroupera les zones d'anciens ports-entrepôts. L'ordre dans lequel nous étudierons les sites dans chaque chapitre est totalement empirique et ne préjuge en rien de leur plus ou moins grande importance. Il sera celui que nous avons adopté précédemment. Notre lie partie sera constituée par l'examen des trouvailles archéologiques les plus significatives, associées ou non aux sites, autrement dit découvertes lors de fouilles ou fortuitement. Elles y seront regroupées en chapitres: 1. Inscriptions. 2. Sculpture, 3. Céramique d'importation, 4. Poteries, 5. Vaisselle de verre, 6. Perles. Ce n'est que dans une Ille et dernière partie que nous dirons ce que sont nos propres déductions sur cette civilisation du Sud Kedah, non sans avoir préalablement exposé ce que furent les grandes théories formulées sur elle avant notre étude.

7

Allen J.. Trade,

transportation...,

(1988),

op. cit., p. 349-354.

31

1ère PARTIE

LES

SITES

ARCHEOLOGIQUES

Notre propos, dans ce qui va suivre, sera de fournir pour chaque site un maximum d'informations strictement archéologiques, informations qui seront toujours présentées sous les mêmes titres. Elles s'efforceront d'être aussi objectives que possible et les observations que nous ferons à la fin de l'exposé sur un site n'auront d'autre but que de clarifier quelque peu les données disponibles en vue d'une discussion finale. Nous nous garderons, pour le moment, d'avancer trop d'hypothèses et cela nous conduira à ne classer dans l'une ou l'autre des deux grandes catégories de sites définies - les sites bouddhistes et les sites hindouistes - que les structures les plus avérées. Il en résulte que la catégorie que nous avons appelée "Sites non identifiés ou non fouillés" est la plus importante en nombre, mais elle est grossie de numéros dont nous pourrons dire ultérieurement, après l'étude d'autres données extérieures aux structures, qu'ils appartiennent vraisemblablement à l'une ou à l'autre des deux précédentes. Les zones d'anciens ports-entrepôts seront étudiées selon la même méthode et dans le même esprit. Trop de suppositions hasardeuses ont été formulées par le passé à propos des vestiges archéologiques du Sud Kedah pour que nous ne nous gardions pas de tomber à notre tour dans ce travers. Nous voulons donc nous en tenir aux faits et en déduire un certain nombre d'observations prudentes que nous réexaminerons en fin de Ille partie à la lumière de ce que d'autres constatations auront pu apporter à l'appréciation de la civilisation de ports-entrepôts du Sud Kedah.

CHAPITRE LES SITES

I

BOUDDHISTES

Les sites bouddhistes que l'on peut cataloguer comme tels, grâce aux données qu'ils fournissent par eux-mêmes, ne sont pas nombreux. Nous n'en avons catalogué que neuf. Ce sont, classés par zones, les sites suivants: 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. PB4(21w) PB 5 (22w) SB 1 (17w) SB 2 (2w) SB 3 (16Aw) SB 14 (10w) NB 2 (1w) SMM 8 (37m) SMM 9 (39m)

Six de ces sites ont livré au moins un objet archéologique indéniablement bouddhiste dont on peut inférer que le site tout entier l'était. Les trois autres (SB 1 (17w), SMM 8 (37m), SMM 9 (39m)) ont été mis dans cette catégorie à cause de similitudes de conception dans leur structure. SITE

PB 4 (21w)

: fouillé

et reconstruit

DECOUVERTE ET LOCALISATION: Il est localisé immédiatement au nord du site PB 2 (19w), comme le site PB 5 (22w) auquel il est lié et le site PB 6 (23w) qui constituait peut-être avec eux un seul et même complexe religieux étant donné leur proximité. Wales qui les localisa le premier lors de sa campagne de 1936-37 ne parle que très brièvement de ces trois sites dans son rapport 1. FOUILLE: La structure de ce site est décrite par Wales, d'une seule phrase, comme «un édifice rectangulaire plutôt simple mesurant environ 6.4 m sur 3 m dont subsistaient les assises de briques les plus basses et quelques socles de pierre d'une charpente sur piliers qui avait supporté un toit de tuiles.» Ces quelques mots suffisent à jeter un doute sur sa nature car on s'apercevra dans ce qui va suivre que la structure étudiée et classée depuis lors sous ce numéro n'a rien a voir avec ce qu'en dit Wales2.
1 Wales Q., «Archaeological researches...», (1940), op. cil., p. 40 2 Allen J. (Trade, transportation..., (1988), op. cil., p. 347-348) a suggéré une nouvelle identification de ces sites lors de son étude sur le terrain en 1980. Elle propose de reconnaître dans les n° 21 et 22 du Muzium Arkeologiles n° 23 et 21 de Q. Wales, respectivement. Néanmoins,

35

En 1976, en effet, le Muzium Negara décida de fouiller conjointement deux sites en cet endroit, très proches l'un de l'autre, que l'on convint de numéroter 21 et 22 (PB 4, 5) et dont les vestiges furent par la suite rétablis par anastylose (Doc. 3); ceux qui nous occupent ici ne le furent pas in situ, contrairement à ceux du 22, mais furent transportés en un endroit proche du Candi Bukit Batu Pahat (SMK 1 (8w)) où ils sont aujourd'hui abrités sous un hangar. La logique de cette opération de dissociation de deux temples sans doute complémentaires, comme nous le verrons, nous échappe tout à fait.

.

~
PB 5 (22w) N

~

~
PB 4 (21w) Doc. 3. Plan au sol des structures des sites PB 4.15(21122w) DESCRIPTION ARCHITECTURALE:

o
I

2.80m I

Le temple était orienté selon un axe nord-est - sud-ouest assez inhabituel. Son dégagement révéla très vite une structure cruciforme originale, assez bien conservée
dans ses parties basses, mais totalement effondrée sur elle-même. Elle était entièrement construite de briques, fondations comprises. Nous n'examinerons dans un premier temps que le temple lui-même, indépendamment de la plate-forme basse épousant sa forme qui lui a été restituée et qui aurait constitué sa fondation. * Les branches de la croix que le temple dessine au sol ne sont pas exactement de mêmes dimensions (Doc. 4); la branche que nous qualifierons ouest-est, pour plus de commodité, a 5.95 m de long tandis que l'autre, nord-sud, n'en a que 4.72 m. Elles sont cependant de même largeur (1.68 m). Chacun des angles de la croix est pourvu d'une même saillie triangulaire à angle droit, de 0.76 m de côté; on pourrait considérer, sur le plan au sol, qu'elles constituent à elles quatre un carré de 3.2 m de côté, inscrit au centre de la croix.
en 1985, le Muzium Arkeologi a commencé la fouille, sous le numéro 23 (PB 6), d'un autre site du kampong, situé légèrement à l'est des 21/22, fouille qui a été reprise en 1991 avec notre participation. Ce que J. Allen numérote finalement 23, et qui dans son esprit devait être le n° 22 de a. Wales, correspond à un site connu du Muzium mais non répertorié par lui, situé immédiatement au nord des structures 21/22. Une grande confusion est donc liée à ces sites du Kampong Pengkalan Bujang et la faute en est uniquement imputable à a. Wales qui aurait dû s'abstenir de numéroter des sites qu'il n'avait pas fouillés et qu'il ne fut pas capable de localiser précisément à l'usage des archéologues qui lui succèderaient, cela dans une zone extrêmement riche en structures.

36