Médiation — Mode d’emploi
242 pages
Français

Médiation — Mode d’emploi

-

Description

Les conflits sont beaucoup plus faciles à régler en présence d’une personne neutre et expérimentée en communication et résolution de problème. Dans les cas légers, un ami ou un collègue peut aider; dans les situations plus délicates, l’aide d’un médiateur professionnel reste le meilleur choix. C’est la voie qu’indique le nouveau Code de ­procédure civile.
La médiation familiale a civilisé les démarches de divorce et établi des relations familiales fondées sur le respect et la coopération. Les mêmes qualités et les mêmes techniques s’appliquent pour aider à régler des différends entre conjoints, associés, partenaires, voisins, copropriétaires, concitoyens, membres d’une équipe, d’une association, d’une famille.
Que vous soyez un participant ou un médiateur, cet ouvrage vous guidera pour réussir votre médiation. En s’appuyant sur ses décennies d’expérience, l’auteur vous indique les étapes à franchir, les interventions à faire à chaque étape et même les phrases clés à employer dans chaque circonstance. Vous parviendrez ainsi à un règlement satisfaisant pour tous grâce à cette approche constructive et efficace.

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Informations

Publié par
Date de parution 10 mai 2017
Nombre de lectures 3
EAN13 9782762140774
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Médiation
MODE D’EMPLOIJ A CQUES LALANNE
Médiation
MODE D’EMPLOI
Pour aider les gens
à régler à l’amiableConception de la couverture et mise en pages : Bruno Lamoureux
Illustration : © Ikon_Grafi x / Shutterstock
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada
Lalanne, Jacques,
1942Médiation : mode d’emploi : pour aider les gens à régler à l’amiable
ISBN 978-2-7621-4075-0 [Édition imprimée]
ISBN 978-2-7621-4076-7 [Édition numérique PDF]
ISBN 978-2-7621-4077-4 [Édition numérique ePub]
1. Médiation. 2. Médiateurs. I. Titre.
HM1126.L34 2017 303.6’9 C2017-940076-2
eDépôt légal: 2 trimestre 2017
Bibliothèque nationale du Québec
© Éditions Fides inc., 2017
La maison d’édition reconnaît l’aide fi nancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds
du livre du Canada pour ses activités d’édition. La maison d’édition remercie de leur soutien fi nancier
le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec
(SODEC). La maison d’édition bénéfi cie du Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres du
gouvernement du Québec, géré par la SODEC.
IMPRIMÉ AU CANADA EN AVRIL 2017Préface
À la lecture de cet ouvrage, vous comprendrez que vous avez en main un outil
rare qui a été rédigé par un médiateur dans l’âme et dans l’action, et un
pédagogue généreux. Jacques Lalanne signe un ouvrage à son image : direct, structuré,
concret et effi cace. Il réussit avec talent à rendre accessible l’art de concilier les
personnes. Nous avons rarement vu dans la littérature actuelle francophone un
médiateur qui partage avec autant de transparence son savoir-faire. Jacques
Lalanne précise les objectifs et les étapes de la démarche de médiation. Il propose
une séquence que l’expérience lui suggère comme étant optimale pour faire
progresser les parties vers un accord à l’amiable. Il off re des exemples d’application
variés et propose des documents modèles pour la mise en œuvre de la médiation.
Nous avons ici un parfait exemple de l’apport pragmatique du médiateur
québécois d’expérience au développement de la médiation dans le monde francophone.
Un praticien qui trouve les mots appropriés pour rejoindre ses collègues qui
pratiquent la médiation sur le terrain.
Quel est l’intérêt de ce livre ? L’approche choisie par Jacques Lalanne pour
Médiation : mode d’emploi est prometteuse dans l’optique de structurer la
pratique informelle de la médiation. Ce livre prend la perspective du médiateur dans
l’action et il off re des repères concrets. La lecture est dynamisée par les textes,
les tableaux et les graphiques qu’on y trouve. Sa force se retrouve notamment
dans les techniques de communication constructive qu’il rend concrètement
accessibles pour le praticien. Fait rare, il off re même des outils aux médiateurs
afi n d’évaluer la médiation conduite. Il propose des fi ches d’évaluation à remplir
par les participants et des fi ches d’autoévaluation pour le médiateur visant à
améliorer les services pour le futur. Le lecteur y trouvera notamment les réponses
aux questions suivantes : Quoi faire en consultation de prémédiation ? Comment
amener les gens à choisir la médiation ? Quoi faire pendant la médiation ? Quelles
attitudes sont utiles pour le médiateur impartial ? Quand est-il pertinent d’orienter
les personnes vers des ressources extérieures à la médiation ? Comment assurer
les suivis à la médiation ?
Quelle est la contribution de l’ouvrage à l’avancement de la pratique ? Le
médiateur praticien pourra y trouver un tremplin afi n d’off rir des services professionnels
de qualité. L’auteur s’intéresse aux diff érents savoirs de la médiation, ceux liés à
Préface VIIla connaissance ou aux habiletés ou aux qualités personnelles. Preuve de son
expérience, l’auteur propose un bel équilibre entre l’intuition et la technique,
qui sont toutes deux essentielles à une pratique de médiation de qualité. Avec
cet ouvrage important, Jacques Lalanne contribue à donner à la médiation de la
pertinence et de la crédibilité.
Je vous souhaite une enrichissante lecture et j’espère que vous y trouverez
les clés pour développer et parfaire votre pratique de l’art noble de la médiation.
eM Jean-François Roberge
Professeur titulaire,
Directeur des programmes en prévention et règlement des diff érends
Faculté de droit, Université de Sherbrooke (Québec, Canada)Sommaire
Médiation sans frontières XI
La nouvelle justice participative XIV
Savoir-être, savoir-faire, savoir XV
Le style Mode d’emploi XVI
Le vocabulaire de la médiation XVII
Le médiateur 1
Les objectifs de la médiation 3
Les avantages de la médiation 4
Les types de médiation 5
Les approches de la médiation 8
Les formes de médiation 11
Le rôle du médiateur 12
Le code d’éthique du médiateur 13
Les attitudes du médiateur 17
Le médiateur confi ant 17
Le médiateur compréhensif 17
Le médiateur impartial 17
Les phases d’une médiation de la demande à l’entente 18
La consultation 23
Objectifs 24
Préalable : établir le contact 26
Informer : décrire la médiation 27
Comprendre les préoccupations de l’initiateur/l’interlocuteur 32
Orienter vers une stratégie constructive 36
Conclure la conversation 53
La médiation 61
Étape préparatoire : Aménager 62
re1 étape : S’orienter 76
e2 étape : Se comprendre 106
e3 étape : S’entendre 128
Sommaire IXPost-étape 1 : Évaluer la médiation 171
Post-étape 2 : Donner suite 188
Post-étape 3 : Animer une médiation de mise à jour 189
Interventions particulières 193
Comédiation 195
Consulter un expert 196
Recommander de recourir à un autre service 197
Reecourir à une instance administrative ou judiciaire 198
Boucler une médiation inachevée 200
Agir comme médiateur-arbitre 205
Interventions créatrices 208
Tenir des statistiques de ses interventions 211Médiation sans frontières
Nous faisons tous de la médiation !
Comme parents, nous tenons des médiations entre nos enfants pour les aider
à régler leurs querelles dans la bonne entente ; c’est mieux que de prendre pour
l’un, réprimander l’autre et devenir des adversaires !
Comme enseignants ou éducateurs, nous sommes témoins de nombreux
confl its entre des élèves ou des groupes et de désaccords au sein d’équipes. Les
aider à trouver leurs propres solutions prend plus de temps, mais permet d’arriver
à des ententes beaucoup plus satisfaisantes et plus durables.
Comme superviseurs – chef d’équipe, contremaître, agent de maîtrise,
directeur, gestionnaire, cadre, gérant, entraîneur, principal, leader, patron, etc. –, nous
nous retrouvons souvent entre plusieurs feux. Chacun a sa version, chacun veut
avoir raison, chacun plaide sa cause et veut sauver la face. Nous devons
nécessairement rester impartiaux et parvenir à une solution effi cace, durable et équitable
pour nous assurer la loyauté de chacun. Nous devons aussi favoriser l’autonomie
de nos collaborateurs, pour préserver leur fi erté et les former à prendre les
situations en mains et à les régler ensemble, sans recourir au « boss » chaque fois.
En d’autres termes, nous devons animer une médiation. Nous assumons
alors la responsabilité d’encadrer une discussion franche et civilisée, de favoriser
une communication constructive, de rechercher une solution gagnant-gagnant-
gagnant : un collaborateur gagne, l’autre gagne aussi et l’organisation y gagne en
effi cacité et en convivialité.
Que nous exercions nos responsabilités au sein d’un département d’une
institution, d’un module d’une usine, d’une faculté d’enseignement, d’un comité, d’une
association ou d’un bureau de direction, la clé du succès reste la même : avoir
confi ance qu’on peut parvenir à une solution mutuellement satisfaisante, faciliter
la communication, favoriser la résolution de problèmes en restant impartial.
Dans les situations complexes ou délicates, nous avons avantage à recourir
à des médiateurs professionnels qui font métier d’aider les gens à prévenir et à
régler leurs diff érends dans tous les domaines.
Les plus connus restent les médiatrices familiales : il y a en eff et plus de femmes
que d’hommes qui aident les couples en instance de divorce à régler à l’amiable
des questions délicates comme la garde des enfants, la pension alimentaire et le
Médiation sans frontières XIpartage des biens. Nous savons tous que leur façon de procéder a grandement
contribué à civiliser le divorce et à préserver des relations conviviales au sein de
la famille séparée.
Nous entendons aussi parler assez souvent dans les nouvelles de
l’intervention d’un médiateur pour aider à dénouer un confl it de travail qui perdure. Par
la médiation, il rapproche la partie syndicale et la partie patronale, facilite leur
communication et les guide vers un règlement gagnant-gagnant qui leur
permettra de retourner au travail et de maintenir la production.
On entend encore parler de médiation quand les Nations Unies mandatent un
ou une diplomate pour réduire la tension entre certains pays, éviter une guerre,
organiser une trêve, entamer ou reprendre des pourparlers pour enfi n signer un
traité de paix. On ne connaît en général que les interventions menées une fois
que la guerre est déclarée. En réalité, ces intermédiaires consacrent vingt fois plus
de temps à longueur d’année à rencontrer des autorités nationales pour faciliter
les échanges et prévenir tensions et guerres.
La médiation n’est pas une profession, c’est une façon d’exercer sa profession.
Dans une association de médiateurs professionnels, on retrouve une proportion
importante d’avocats qui ont choisi de s’asseoir autour d’une table avec les gens
pour les aider à s’entendre plutôt que de plaider au tribunal pour leur client contre
leur adversaire. Leurs clients sortent gagnants de part et d’autre.
Les médiateurs proviennent d’une vingtaine de professions diff érentes :
avocats, notaires, psychologues, sociologues, travailleurs sociaux, conseillers en
ressources humaines, administrateurs, ingénieurs, architectes, éditeurs,
informaticiens, médecins, diplomates, etc.
Ces professionnels ont une motivation profonde et un talent naturel pour la
collaboration et la bonne entente. Au cours d’une formation universitaire
spécialisée en médiation, ils apprennent par la pratique des interventions structurées
destinées à aider encore plus effi cacement. Ils se familiarisent aussi avec le code
de déontologie rigoureux que doivent respecter les médiateurs.
On fait appel à la médiation dans une variété de plus en plus grande de
situations et dans toutes sortes d’organisations où des gens apprécient cette aide
pour régler des confl its à l’amiable.
En médiation civile, les médiateurs aident, par exemple, à boucler des contrats
entre des propriétaires de terres et de terrains, à planifi er l’aménagement d’un
quartier, à réguler la pratique du sport amateur, etc.
XII Médiation — Mode d’emploiEn médiation commerciale, ils et elles aident, par exemple, des associés à
négocier leur contrat d’acquisition, à régler un désaccord sur l’application d’une
garantie, à établir de nouveaux tarifs lors de la modifi cation d’un service, à
déterminer une compensation lors du rappel d’un véhicule, etc.
En médiation interculturelle, ils et elles facilitent les relations entre des ethnies
ou des groupes sociaux ayant à partager un espace de vie commun.
En médiation environnementale, ils et elles aident des collectivités, des
industries et des instances gouvernementales à établir ensemble des normes qui
préservent l’environnement et sont applicables à long terme.
En médiation pénale, ils et elles animent des rencontres entre des victimes
et des contrevenants qui assument la responsabilité de leurs actes et veulent les
réparer ; grâce à eux, victimes et contrevenants se réconcilient.
La médiation aide aussi à prévenir des confl its lorsque, par exemple, on rédige
des contrats favorisant la bonne entente, encadre des négociations permanentes
entre constructeurs et clients, établit des politiques pour des relations saines et
des règles effi caces au travail.
Bref, il est rarement trop tôt et jamais trop tard pour recourir à la médiation !La nouvelle justice participative
Nous voulons tous respecter la justice.
En pays démocratique, la justice considère que toute entente librement
conclue entre des citoyens, en paroles ou par écrit, constitue un contrat légal, a
force de loi et doit être respectée.
Quand les gens ont des diff érends – désaccords, mésententes, disputes,
confl its –, la justice considère que les gens les mieux placés pour trouver des
solutions équitables à leurs problèmes sont les citoyens eux-mêmes.
De nombreux pays, États et provinces, incités en ce sens par les Nations Unies,
font obligation aux citoyens de recourir aux modes privés de prévention et de
règlement des diff érends, notamment la négociation, la médiation et l’arbitrage,
plutôt que de recourir aux tribunaux.
Les lois nouvelles exigent que les citoyens fassent de bonne foi des expériences
de communication et de résolution de problème, seuls d’abord, puis avec l’aide
de professionnels formés pour les aider à parvenir à une entente.
Les tribunaux, l’ultime recours, interviennent seulement quand les citoyens ne
parviennent pas à s’entendre. Les juges tranchent lorsqu’une situation est
complexe ou qu’une interprétation nouvelle devient nécessaire. Le nouveau Code de
erprocédure civile du Québec en vigueur depuis le 1  janvier 2016 est un exemple
de cette nouvelle justice participative.
Depuis plus de 30 ans, la médiation familiale a fait ses preuves : elle a
transformé radicalement le divorce, un des diff érends les plus éprouvants. Auparavant,
il donnait lieu à des accusations et à des batailles juridiques, et occasionnait des
coûts exorbitants. Maintenant, le divorce se discute entre adultes civilisés qui
parviennent à une entente où tous gagnent et aucun n’est coupable ni condamné.
Les relations entre ex-conjoints séparés sont en général cordiales et le climat
familial, axé sur la collaboration. Les enfants sont les premiers à bénéfi cier de ce
climat convivial.
Sachant que 85 % des problèmes se règlent en médiation, les médiateurs
souhaitent étendre leur pratique à toutes les situations où les gens ont des diff érends.
XIV Médiation — Mode d’emploiSavoir-être, savoir-faire, savoir
Dans une formation pratique à la médiation, lors des mises en situation, les
participants découvrent très vite s’ils ont ou non l’esprit de médiateur. Leurs
commentaires confi rment nos observations :
« Je me sens vraiment utile quand j’agis comme médiatrice. Enfi n, les gens peuvent se
parler sur un ton civilisé, se comprendre, mettre sur table leurs préoccupations et
analyser leur problème. Une fois le calme revenu et la situation éclaircie, nous parvenons
à des solutions nouvelles qui rétablissent la paix entre les personnes concernées. »
« J’ai été formé à prendre rapidement une décision effi cace, à indiquer aux membres
de mon équipe comment agir et à m’assurer qu’ils exécutent ce que j’ai ordonné. »
Une fois ce savoir-être orienté, nous passons au savoir-faire : par des jeux de
rôles, chacun intervient de son mieux et voit immédiatement les eff ets de chacune
de ses interventions. Il découvre ses interventions tantôt effi caces, tantôt moins
pertinentes, en écoutant les impressions des participants à la médiation, des
observateurs et du formateur. Des discussions aident alors à résumer ce qu’on a
appris, à dégager des principes généraux de ces exemples particuliers. On construit
ainsi une théorie fondée sur la réalité et fermement rattachée à la pratique.
Ce livre procède de la même façon. Vous y trouverez un très grand nombre
d’interventions constructives, avec des exemples de ce que le médiateur peut
dire, mot à mot, dans diverses situations. Ces interventions sont organisées en
étapes faciles à identifi er. En structurant la rencontre par étapes, on progresse
un pas à la fois en se concentrant sur le prochain résultat à obtenir.
Tout au long de l’ouvrage, on identifi e les qualités dont le médiateur doit faire
montre, tout en soulignant les diff érentes approches privilégiées par les
médiateurs selon leur personnalité et les situations où ils interviennent.
Dans ce guide pratique, je décris en détail comment je procède lors de
médiations, de la demande jusqu’à l’entente. Ces interventions s’appliquent dans la
plupart des situations. Certaines relèvent de mon style particulier.
Espérant que cet ouvrage vous confi rme dans votre façon d’agir et vous ouvre
de nouvelles avenues, je demeure intéressé par vos commentaires et suggestions.
Bonne lecture.
jlalanne
Jacques Lalanne, médiateur accrédité
Savoir-être, savoir-faire, savoir XVLe style Mode d’emploi
Leemploi vise à rendre la lecture facile, rapide, effi cace. Il
fournit au lecteur le plus d’information dans le moins de mots possible.
Il emploie souvent les énumérations, listes, tableaux, colonnes et utilise
des chiff res et des puces :
informations importantes ;
à ne pas faire ;
à faire ;
détails ;
à vérifi er ;
à choisir ;
1.à faire dans un ordre précis : 1., 2., 3., etc. ;
Italique : explications.
XVI Médiation — Mode d’emploiLe vocabulaire de la médiation
Dans cet ouvrage, les termes suivants sont employés.
Les personnes
L’initiateur : la personne qui demande la médiation.
L’interlocuteur : l’autre personne concernée dans la situation.
Les participants : l’initiateur, l’interlocuteur et toute autre personne
prenant part à la médiation.
Les interventions
Consultation : conversation individuelle du médiateur avec l’initiateur
ou avec l’interlocuteur, avant, pendant ou après la médiation.
(La consultation en cours de médiation directe est souvent appelée
« caucus » ou « aparté ».)
Médiation directe : rencontre des participants avec le médiateur
en temps réel, soit face à face dans le même lieu, soit par
vidéoconférence, téléconférence ou conférence-clavardage.
Médiation indirecte : communications alternées du médiateur avec
l’initiateur et l’interlocuteur.
(La médiation indirecte est souvent appelée « navette ».)
Médiation citoyenne : médiation off erte gratuitement par des citoyens
bénévoles formés à la médiation.
Médiation civile : médiation rémunérée off erte par des médiateurs
professionnels accrédités.
Le vocabulaire de la médiation XVIILe médiateur
Le médiateur 1La médiation
PLAN
A. Les objectifs de la médiation
B. Les avantages de la médiation
C. Les types de médiation
D. Les approches de la médiation
E. Les formes de médiation
F. Le rôle du médiateur
G. Le code d’éthique du médiateur
H. Les attitudes du médiateur
I. Les phases d’une médiation de la demande à l’entente
2 Médiation — Mode d’emploiA. Les objectifs de la médiation
Aider les participants à :
 régler eux-mêmes leur diff érend ;
 pr endre ensemble des décisions effi caces, durables, satisfaisantes pour
tous ;
 améliorer leurs relations ;
 utiliser l’inter vention du médiateur de façon effi cace, utile, valable, en...
 réduisant leur tension,
 comprenant mieux leurs propres préoccupations,
 comprenant mieux les préoccupations de l’autre,
 réglant leur diff érend ;
 obtenir ce résultat après...
 une consultation avec l’initiateur (60 % des cas),
 une médiation indirecte (30 % des cas),
 une médiation face à face (10 % des cas).
Le rôle du médiateur
Aider les participants à :
 clarifi er leurs préoccupations ;
 considérer plusieurs solutions ;
 choisir la meilleure solution.
Le rôle des participants
 Exprimer et expliquer leurs préoccupations.
 Écouter et comprendre les préoccupations des autres.
 Parvenir à un règlement à l’amiable.
 Préserver de saines relations.
Le médiateur 3B. Les avantages de la médiation
Les participants :
 expriment leurs préoccupations, leurs besoins ;
 comprennent la situation de l’autre ;
 communiquent de façon constructive ;
 échangent dans un climat favorable ;
 décident eux-mêmes du règlement de leur diff érend ;
 sont satisfaits de la résolution du problème ;
 sont motivés à appliquer la solution convenue ;
 règlent leur diff érend rapidement et à moindres frais ;
 développent leur esprit de coopération ;
 améliorent leur relation ;
 deviennent ainsi plus effi caces et plus confi ants dans leur capacité de
régler d’autres diff érends.
La société :
 se donne ainsi et applique une méthode structur ée, effi cace, constructive
et collaborative de prévention et de règlement des diff érends ;
 utilise des moyens pacifiques pour amélior er des pratiques et des
comportements ;
 favorise la justice participative ;
 diminue les coûts judiciair es ;
 désengorge les tribunaux.
Recourir à la médiation au plus tôt
off re une alternative à la judiciarisation et évite de :
 s’ancrer dans une position ;
 se fi xer une solution en tête ;
 dire ou faire des choses qu’on trouverait diffi cile de défaire, de désavouer ;
 débourser des sommes qu’on voudrait récupérer par la suite.
4 Médiation — Mode d’emploiInitiateur injoignable : le médiateur n’a pas réussi à joindre l’initiateur après
au moins 2 tentatives avec messages laissés.
Interlocuteur injoignable : le médiateur n’a pas réussi à joindre l’interlocuteur
après 2 tentatives avec messages laissés.
Médiation face à face au bureau : rencontre face à face réunissant le
médiateur, l’initiateur et l’interlocuteur, habituellement au bureau du médiateur.
Médiation face à face chez les gens : rencontre face à face réunissant le
médiateur, l’initiateur et l’interlocuteur chez l’initiateur, l’interlocuteur
ou à un endroit de leur choix, par exemple à la limite de leurs terrains
respectifs, au restaurant, dans un parc.
Médiation indirecte chez les gens : rencontres alternées face à face entre
le médiateur et l’initiateur seuls, puis le médiateur et l’interlocuteur seuls,
à leur résidence, leur bureau, leur atelier ou tout autre lieu de leur choix.
Cette navette peut comprendre plusieurs allers-retours.
Médiation indirecte par téléphone : communications téléphoniques
alternées entre le médiateur et l’initiateur seuls puis le médiateur et
l’interlocuteur seuls. Cette navette peut comprendre plusieurs allers-retours.
Médiation indirecte par vidéoconférence : communications alternées par
vidéoconférence entre le médiateur et l’initiateur seuls, puis le
médiateur et l’interlocuteur seuls. Cette navette peut comprendre plusieurs
allers-retours.
Médiation indirecte par courriel : communications alternées par courriel
entre le médiateur et l’initiateur seuls, puis le médiateur et l’interlocuteur
seuls. Cette navette peut comprendre plusieurs allers-retours.
Médiation indirecte par clavardage : communications alternées par
clavardage entre le médiateur et l’initiateur seuls, puis le médiateur et
l’interlocuteur seuls. Cette navette peut comprendre plusieurs allers-retours.
Autre (préciser) :
Tenir des statistiques de ses interventions 219Résultat
Action individuelle : l’initiateur choisit de régler sa situation lui-même.
Apaisement : l’initiateur et/ou l’interlocuteur devient plus calme face à sa
situation.
Initiateur change d’attitude et/ou de comportement dans la situation.
Initiateur et interlocuteur changent d’attitude et/ou de comportement
dans la situation.
Interlocuteur change d’attitude et/ou de compor
Non réglé : le diff érend n’est pas réglé à la fi n de l’intervention du médiateur.
Recommandation du médiateur : le diff érend n’étant pas réglé, le
médiateur rédige une lettre unique adressée à l’initiateur et à l’interlocuteur,
où il décrit sa perception de la situation globale et indique des pistes de
solutions.
Réconciliation : l’initiateur et l’interlocuteur améliorent sensiblement leur
relation.
Recours à une autre instance : l’initiateur et l’interlocuteur choisissent de
recourir à une autre forme d’aide pour régler leur diff érend, par exemple
avec l’aide d’un autre organisme, par le recours à un avocat, en déposant
une plainte à la Cour des petites créances.
Autre (préciser) : résultat inclassable dans les catégories précédentes.
Application de l’entente
Oui : l’initiateur et l’interlocuteur font ce qu’ils avaient convenu de faire dans
leur entente.
Non : l’initiateur et l’interlocuteur ne font pas ce qu’ils avaient convenu de
faire dans leur entente.
En partie : l’initiateur et l’interlocuteur font une partie de ce qu’ils avaient
convenu de faire dans leur entente.
Ne sais pas : le médiateur ne possède pas d’information pertinente sur
l’application de l’entente.
Heures de travail 
Nombre d’heures consacrées par le médiateur (et le comédiateur) à cette
intervention : appels, rencontres, étude de la situation, consultation de
collègues, rédaction d’une entente, etc. Tout le monde fait de la médiation
ou devrait en faire…
pour aider des gens à régler à l’amiable !
Les conflits sont beaucoup plus faciles à régler en présence d’une
personne neutre et expérimentée en communication et résolution
de problème. Dans les cas légers, un ami ou un collègue peut aider ;
dans les situations plus délicates, l’aide d’un médiateur professionnel
reste le meilleur choix. C’est la voie qu’indique le nouveau Code de
procédure civile.
La médiation familiale a civilisé les démarches de divorce et établi
des relations familiales fondées sur le respect et la coopération. Les
mêmes qualités et les mêmes techniques s’appliquent pour aider à
régler des différends entre conjoints, associés, partenaires, voisins,
copropriétaires, concitoyens, membres d’une équipe, d’une association,
d’une famille.
Que vous soyez un participant ou un médiateur, cet ouvrage vous
guidera pour réussir votre médiation. En s’appuyant sur ses décennies
d’expérience, l’auteur vous indique les étapes à franchir, les interventions
à faire à chaque étape et même les phrases clés à employer dans chaque
circonstance. Vous parviendrez ainsi à un règlement satisfaisant pour
tous grâce à cette approche constructive et ef cace.
Jacques Lalanne est médiateur accrédité de l’IMAQ, l’Institut
de médiation et d’arbitrage du Québec. Il est intervenu dans
plusieurs centaines de médiations auprès de couples, familles,
enseignants, directions et élèves, copropriétaires, associés,
partenaires, associations, patrons et employés, et bien d’autres.
Il a formé une centaine de médiateurs et médiatrices, et supervise
une équipe de médiation citoyenne.
ISBN 978-2-7621-4076-7
www.groupefides.com