Commentaire et dissertation en histoire

-

Français
201 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Cet ouvrage apporte à l'étudiant en Histoire du premier cycle de l'enseignement supérieur les méthodes pour aborder les diverses épreuves du cursus universitaire. Du brouillon à la réalisation d'un commentaire, il apprend à cerner un texte, ses idées et son plan. Le lecteur découvre comment interpréter justement et situer dans leur contexte des documents statistiques et des cartes. La partie didactique s'accompagne d'exemples et d'exercices corrigés qui pourront servir de modèle.


Découvrez toute la collection Harmattan Cameroun !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2010
Nombre de lectures 25 233
EAN13 9782296446199
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème







COMMENTAIRE ET DISSERTATION EN HISTOIRE































© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12788-3
EAN : 9782296127883

Joseph Tanga Onana





COMMENTAIRE ET DISSERTATION EN HISTOIRE

Méthodologie et sujets corrigés
















Collection « Cours et Manuels »
Harmattan Cameroun

Sous la direction de Roger MONDOUE
et Eric Richard NYITOUEK AMVENE


La plupart des élèves et étudiants africains achèvent leur
cycle d’apprentissage sans avoir accès directement aux sources
des savoirs reçus. Les cours et/ou manuels de leurs enseignants
sont alors les seuls ou rares outils pédagogiques disponibles. Il
devient donc urgent de publier et diffuser ces cours et manuels,
afin d’assurer l’accès du plus grand nombre d’apprenants à une
éducation de qualité.
La collectionCours et Manuelsest ouverte aux
enseignants de toutes les disciplines de l’enseignement
maternel, primaire, secondaire et universitaire, dont le souci
majeur est de relever le niveau d’éducation et de promouvoir le
développement tant escompté sur le sol africain.


Déjà parus

Oscar ASSOUMOU MENYE,Mathématiques financières,
outils et applications, 2010.

PRÉFACE

C'est un honneur pour moi de répondre à l'amicale demande de mon
collègue et ami depréfacer cet ouvrage de méthodologie conçupour les
étudiants depremier cycle de l'enseignement supérieur en Histoirequi
affrontent des épreuves écrites en histoire (commentaires de documents
historiques et dissertations historiques).

Il est admisque l'histoire se fonde sur des sources, des documents divers
(textes écrits, documents iconographiques, vestiges archéologiques, données
de la tradition orale...) qui sont les meilleurs témoins dupassé. Toutefois,
comme tout témoin, ces documents n'apportent des informations nouvelles et
cohérentesque si l'on les interroge avec méthode etprécision.

En histoire, le commentaire de documents historiques est un exercice
essentiel non seulement à l'acquisition du métier d'Historien, mais également
à la reconstitution dupassé àpartir d'un document historique.

La première partie de cet ouvrage est consacrée au commentaire de
documents historiques. L'auteur de l'ouvragey expose les finalités de cet
exercice, met engarde contre les erreurs communément commisespar les
étudiants, présente les étapes et les outils pour réussir un bon commentaire
de documents historiques etpropose enfin des exemples rédigés de
commentaire dequelquesgrands types de documents historiques.
Dans la secondepartie de l'ouvrage est abordé l'autre exercice majeur
auquel l’étudianten histoire doit régulièrement faire face : il s'agit de la
dissertation historique. L'auteur attire l'attention sur les écueils de la
dissertation historique etpropose un itinérairepour réussir une bonne
dissertation. Six devoirs intégralement rédigés sont également proposés en
guise d'illustration.
Cet ouvragepédagogique est d'un apport essentielpour tout étudiant de
premier cycle de l'enseignement supérieur en Histoire.

Pr Emmanuel GHOMSI,

Enseignant d'Histoire (retraité), Université de Yaoundé I

AVANT-PROPOS

Cet ouvrage de méthodologie s’adresse à ceux et à celles qui doivent
affronter une épreuve écrite d’Histoire (dissertation ou commentaire de
documents), aux étudiants de premier cycle de l’enseignement supérieur,
tout spécialement aux étudiants des Facultés des Arts, Lettres et Sciences
Humaines et des Ecoles Normales Supérieures (Départements d’Histoire et
de Géographie).

L’Histoire n’est pas une simple matière de mémoire, mais une discipline
d’éveil, de réflexion et d’ouverture au monde des hommes et des femmes,
dans lequel elle permet de mieux se situer, que ce soit dans l’espace ou dans
le temps.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de préparer une épreuve écrite de
Mathématiques ou de Sciences physiques en étudiant seulement la théorie et
en se dispensant de faire des exercices. La préparation à une épreuve écrite
d’histoire exige un entraînement semblable qui aiguise l’observation, aide la
mémoire et assure le jugement.

Cet ouvrage propose justement un entraînement à l’épreuve écrite
d’histoire, afin de permettre l’acquisition d’une méthode qui rende plus
autonome et plus ouvert celui ou celle qui étudie cette discipline.

Nous pensons que ce modeste travail sera accueilli avec ferveur par les
utilisateurs, c'est-à-dire les étudiants et leurs professeurs, et que ces derniers
se feront un devoir de nous signaler ses imperfections, pour nous permettre
de l’améliorer à l’avenir.

Nous voudrions, pour terminer, dire que ce travail, si provisoire soit-il,
n’aurait pas pu être accompli si nous n’avions bénéficié des encouragements
de nos anciens professeurs des universités du Cameroun, de Paris I
(Panthéon-Sorbonne) et de Paris XII.

Nous tenons à exprimer notre reconnaissance aux professeurs Emmanuel
Ghomsi, Mouctar Bah Thierno, Hélène Carrère d’Encausse, Jean Baptiste
Duroselle, Catherine Coquery Vidrovitch, Hélène Topor d’Almeida, Marc
Michel, et à titre posthume, Maurice Mveng Ayi et Engelbert Mveng.

Le grand témoin et aide indiscutable dans la gestation de cet ouvrage
reste mon épouse, Angèle Marie Colette, qui m’a apporté son soutien moral.
A elle, et à tous mes admirables collègues des départements d’Histoire et de
Géographie de l’Ecole Normale Supérieure et de la Faculté des Arts, Lettres
et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé I, je reste reconnaissant.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Ce n’est pas un manuel d’Histoire présentant les connaissances requises
au premier cycle des Facultés des Arts, Lettres et Sciences Humaines et/ou
des Ecoles Normales Supérieures. Ici, il s’agit de préserver, de consolider ou
de compléter les connaissances déjà acquises dans l’enseignement
secondaire général concernant les travaux que vous aurez à réaliser (le
commentaire de documents et la dissertation historiques).

Cet ouvrage se veut avant tout pratique et pragmatique. Issu de maintes
années d’enseignement de l’Histoire, notamment au premier cycle des
établissements universitaires (Faculté des Arts, Lettres et Sciences
Humaines, Ecole Normale Supérieure), il rassemble un certain nombre de
conseils simples mais précis.

Toutefois ces conseils ne sont pas très utiles s’ils ne sont pas suivis
d’exercices d’application. C’est pourquoi tous les corrigés qui sont proposés
sont précédés d’un travail préparatoire qui oriente sur la manière de choisir
une problématique, de définir un plan, d’éviter les erreurs les plus communes
qui ont été observées lors des concours , des examens, mais aussi des devoirs
et des séances de « colles ».
Plutôt que de lire, voire d’apprendre des solutions corrigées proposées, il
est préférable de s’exercer à bâtir une problématique et un plan à partir des
sujets proposés et de ne vérifier qu’ensuite les solutions proposées. C’est en
répétant cet exercice que l’étudiant ou le candidat peut améliorer rapidement
ses performances.
Cet ouvrage de méthode pour le commentaire et la dissertation
historiques comprend deux parties distinctes :
- le commentaire de documents historiques ;
- la dissertation historique.
Dans la première partie, l’explication de textes et le commentaire de
documents historiques sont des exercices essentiels à l’acquisition du métier
d’historien. Du premier au second cycle de l’enseignement supérieur,
examens et concours comprennent toujours des épreuves de ce type. Cet
ouvrage expose les finalités de tels exercices, dont l’esprit est par excellence
celui de l’investigation scientifique à partir d’une “source”. Il met en garde
contre les erreurs communément commises. Il présente les étapes et les
outils de la recherche documentaire, de l’identification des contenus
historiques propres à chaque document et de la mise en forme d’un devoir.
L’explication s’appuie sur de nombreux exemples, commentés dans le détail.

Quatre explications de textes historiques et deux
documents non textuels ont été entièrement rédigés.

commentaires de

Dans la deuxième partie, la méthode consiste d’abord à donner des
conseils généraux relatifs aux différentes dissertations historiques proposées
lors de l’épreuve d’histoire au premier cycle de l’enseignement supérieur.
L’établissement d’une typologie de sujets d’histoire et de plans permet
d’identifier plus aisément les sujets rencontrés et de déterminer, dans ses
grandes lignes, la démarche à suivre pour mener à bien l’étude demandée.
Ensuite, nous avons proposé six corrigés détaillés comprenant pour chaque
sujet. :le libellé intégral du sujet, le travail préparatoire au brouillon et le
corrigé proprement dit.
Notre seule ambition est que ce livre puisse aider les étudiants en Histoire
du premier cycle de l’enseignement supérieur (Faculté des Arts, Lettres et
Sciences Humaines, Ecoles Normales Supérieures) et qu’il leur permette
d’améliorer leurs résultats en les dotant de bases méthodologiques
nécessaires – ambition aiguillonnée par l’expérience parfois difficile mais
toujours stimulante du métier d’enseignant.







Première partie
LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS HISTORIQUES

Cette première partie de l’ouvrage comporte deux chapitres :
1- conseils pour le commentaire de documents historiques ;
2- quelques exemples de commentaires de documents historiques.

Chapitre I
LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS HISTORIQUES :
THEORIE ET METHODE

L’histoire, par définition, est connaissance par traces. Ces traces ou
documents sont de diverses natures. Il s’agit de textes écrits (discours,
mémoires, articles de presse, textes officiels et diplomatiques), de cartes, de
données statistiques, de documents iconographiques (photos, images) et de
culture matérielle (vestiges archéologiques…). Le rôle de l’historien est
d’observer, de lire, de critiquer, d’expliquer les documents et leurs contextes
dans le but de reconstituer le passé; d’où l’importance du commentaire en
histoire. Ce commentaire de documents historiques exige une méthode
rigoureuse.
I- LES TEXTES
A- Qu’est-ce qu’un commentaire de textes historiques ?
Un commentaire de textes historiques est un genre hybride, mais il
comporte quelques exigences méthodologiques fondamentales.
1- Un genre hybride
Le commentaire de textes historiques est un exercice de type universitaire
permettant le contrôle des connaissances de l’étudiant dont il faut vérifier les
savoirs, tester la réflexion et apprécier les qualités d’expression écrite ou
orale. Le commentaire est un exercice de critique historique fondé sur la
démarche analytique. En ce sens, il s’agit d’une technique formatrice, d’une
véritable initiation au métier d’historien. L’exercice du commentaire permet
une vérification des connaissances et favorise un apprentissage d’une
démarche. Sa difficulté à laquelle s’ajoute l’ambiguïté de notre discipline qui
prétend à la rigueur scientifique ne lui fait pas renier ses origines littéraires.
2- Une triple exigence
Le travail du commentaire comporte essentiellement trois exigences:
expliquer, critiquer, exposer.
a) Expliquer
Expliquer, c’est étymologiquement, déplier ce qui était plié, replié, c’est à
dire caché. Expliquer un texte historique c’est rendre clair, du moins
s’efforcer de rendre clair ce qui était obscur (par exemple: des termes
techniques d’ordre politique, économique; ou encore des allusions, ou
même parfois des silences révélateurs). Un texte historique est rarement
innocent, car il est un moyen d’accréditer, auprès des lecteurs, une version
partiale ou partielle des faits rapportés; il faut essayer de percer les

1

3

intentions de son auteur.Pourquois’exprime-t-il ainsi ? Analyser comment
il s’exprime est également utile, bien que, dans ce domaine, on ne puisse
demander à un étudiant ou un candidat le savoir d’un spécialiste.
b) Critiquer
Il s’agit de trier les informations contenues dans le texte pour n’en retenir
que celles qui sont utiles. Pour ce faire, il faut :
- vérifier l’information: se poser les questions sur sa cohérence, sa
crédibilité, son authenticité… ;
- hiérarchiser l’information: déterminer ce qui est essentiel, secondaire
et autres ;
- sélectionner l’information enfonction du sujet principal du texte à
commenter en tenant compte de l’intention qui se cache derrière la qualité de
chaque information. Une information fausse peut être plus significative
qu’une information juste mais anecdotique.
c) Exposer
Il s’agit de présenter ses résultats, de les transmettre au lecteur. Il faut
donc le convaincre par la qualité de votre interprétation. Pour cela, il vous
faudra :
- Une expression française claire. En Histoire, le français n’est pas moins
nécessaire qu’en Lettres, afin, tout simplement, d’être compris du lecteur.
D’où l’importance d’une langue grammaticalement correcte et d’un
vocabulaire adéquat, c'est-à-dire non équivoque et approprié à la
problématique tout en refusant le jargon à la mode.
- Une argumentation convaincante, c'est-à-dire solidement charpentée et
avec des articulations logiques évidentes.
L’idéal serait ainsi de joindre à l’élégante rigueur d’une démonstration
mathématique le talent du peintre ou du romancier, capables de restituer la
densité et la saveur du vécu. A vous lire, on doit avoir l’impression que,
grâce à vous, le texte est devenu une clef pour un passé immédiatement
tangible.
B- La réussite du commentaire
Pour réussir votre exercice de commentaire, il vous suffit de bien
organiser le travail préparatoire et d’éviter quelques écueils.
1- Travail préparatoire
Un commentaire de texte historique se bâtit en plusieurs phases. Nous
avons décliné cette préparation en dix étapes pour vous guider et pour vous
aider à mémoriser cette méthode. Il s’agit évidemment d’une méthode parmi

14

d’autres. Chacun a ses “trucs” et il est seulement question ici d’aider ceux
qui souhaitent s’initier au commentaire de documents en histoire à élaborer
leur propre méthode. D’autres y trouveront peut-être tout juste quelques
moyens d’améliorer leur façon de faire…
a) Prenez connaissance du texte
Lisez plusieurs fois attentivement le texte. Pour bien lire le texte, il est
vivement conseillé de le lire au moins quatre fois.
- Une première lectured’un œil naïf : vous vous contenterez de découvrir
le texte dans toute sa fraîcheur, en vous libérant de toutes connaissances et
sans vous laisser influencer par quelque arrière-pensée, suggérée notamment
par le titre (toujours partiel, souvent trompeur).

- Une deuxième lecture permet la numérotation du texte. Numérotez
votre texte de cinq lignes en cinq lignes (lignes 1, 5, 10, 15, 20, etc.). Ce
système pratique de repérage facilite l’exploitation du texte: les passages
destinés à être cités, les termes ou sigles méritant explication ou critique
seront plus vite retrouvés.

- Une troisième lecture avec un stylo à la mainpour repérer et souligner
les mots difficiles, les allusions et références à des personnages, des
évènements et à des lieux, les principales articulations du texte, les citations
à retenir…
- Une quatrième lecture ou lecture critiquepour détecter les erreurs, les
affirmations de l’auteur qui vous paraissent critiquables ou discutables…
Observez le texte dans sa configuration générale et dans le détail, définissez
précisément sa nature (discours, mémoires, texte officiel, article de presse).
Il faut prendre du temps pour cette opération qui est l’une des plus
délicates et ne pas se lancer à l’aveuglette.
b) Abordez le texte de manière globale
S’il s’agit d’un texte, repérez sa construction en dégageant le plan et le
sens général, définissez son contenu. Evaluez sa dimension littéraire et
mettez en évidence les effets recherchés par l’auteur. Demandez-vous en
quoi ces effets ont pu modifier la nature de l’information.
S’il y a plusieurs textes à commenter, étudiez leurs points communs mais
aussi leurs différences.
c) Recherchez le vocabulaire
Cherchez dans le texte les mots et expressions relevant de la géographie
et de la chronologie, ainsi que les sigles, termes techniques appartenant au
vocabulaire économique, social, politique, diplomatique, culturel, religieux
et les mots dont le sens est mal connu.

1

5

Faites des listes et explicitez les termes l’un après l’autre à l’aide de
dictionnaires, de manuels, de vos notes de cours et de travaux dirigés;
éventuellement, complétez par des lectures spécialisées.
d) Etudiez le texte comme source
Identifiez le type ou le genre, la nature, le titre, l’auteur, l’intérêt
historique, la date du texte.
Le type ou le genre d’un texteest déterminé par les problèmes abordés
par le document. Ces problèmes peuvent être de différents ordres (social,
économique, politique, diplomatique, culturel et religieux). Les textes
importants se définissent souvent par la complexité des problèmes évoqués
et peuvent de ce fait appartenir à plusieurs catégories de documents.

La nature d’un textecorrespond à la place qu’il occupe dans la
classification des sources historiques. Les documents qui vous sont proposés
sont généralement destextes. Les textes peuvent être divisés en quatre
groupes principaux: lesdiscours,lesmémoires, lestextes officielset les
articles de presse. D’autres documents existent (statistiques, cartes,
documents iconographiques…), mais ils ne sont que très rarement proposés
en tant que tels aux concours d’entrée des grandes écoles.

Le titre d’un textepermet de discerner le domaine auquel appartient le
texte. Le titre peut donner aussi des renseignements d’ordre chronologique.
Ce titre n’est pas forcément «d’époque »,il a pu être donné après coup et
suppose parfois une certaine façon de voir les choses.
Repérer lenom de l’auteur.En fonction du thème du texte, penser à noter
les principales dates qui ont marqué sa vie et son action (biographie).
Quelle est la position de l’auteur par rapport aux événements décrits:
acteur, témoin, analyste… ?
S’il s’agit d’unacteur, sa description des événements vous paraît-elle
déterminée en priorité par le souci de justifier son attitude (plaidoyerpro
domo) ?
S’il s’agit d’untémoinou d’unanalyste,son attitude par rapport aux
événements vous paraît-elle tendre à l’objectivité ?
Dégager l’intérêt historique du texteest une étape importante qu’il ne
faut pas sauter. Il existe généralement plusieurs enjeux historiques et
historiographiques dans les textes qui sont choisis par vos enseignants pour
vous initier à l’étude d’une période de l’histoire en même temps qu’à la
méthode du commentaire. Vous pouvez en identifier quelques-uns à cette
étape de votre travail. Demandez-vous par exemple: pourquoi le texte
proposé a-t-il été choisi plutôt qu’un autre. Il va falloir maintenant donner à

16

ce texte son statut de source pour l’histoire et établir très précisément ce
statut. Cela passe par une caractérisation de la nature de la source. A quel
type de source historique faut-il remonter ?
La date de composition d’un texteest très importante pour apprécier la
valeur dutexte concerné en tant que source historique. Si les textes sont
souvent dotés d’une certaine chaleur, la réflexion d’ensemble, qui exige un
certain recul, est souvent absente de ces documents, qui constituentles
sources de première mainousources primaires. Une certaine distance par
rapport aux événements facilite le travail d’analyse mené par un historien.
Elle peut être souvent devinée grâce à une lecture des travaux de l’historien,
qui appartiennent à l’ensembledes sources de seconde mainousources
secondaires.
e) Faites l’analyse complète et systématique du texte
Il s’agit évidemment de l’analyse linéaire et détaillée du texte qui va par
la suite fournir la matière de votre commentaire. Les étapes préliminaires
vont vous aider à dégager les éléments les plus intéressants.
Une analyse ne consiste pas à répéter ce que dit un texte, ni à dire
autrement ce qu’il dit déjà. Votre commentaire risquerait de n’être qu’une
paraphrase.

Une analyse consiste à interroger un texte, à le comparer à d’autres, à
mettre en parallèle et éventuellement en contradiction plusieurs éléments, à
expliciter les points obscurs. Il s’agit donc de relever et développer tout ce
qui mérite une définition (les termes institutionnels, par exemple), une
explication (comme les allusions à élucider, les problèmes historiques, le
vocabulaire technique, les personnages, les lieux à identifier, etc.) ou une
critique d’une affirmation que l’on peut infirmer ou confirmer, d’un
gauchissement des faits, d’une forme de partialité de l’auteur, d’une
omission, etc.
f) Dégagez le thème principal
Si vous ne savez pas encore très bien quel est le thème principal du texte,
vous pouvez provisoirement en identifier deux : vous choisirez plus tard.
Pour dégager le thème principal, énumérez les thèmes qui sont évoqués
dans le texte ou qui ressortent de l’analyse, puis choisissez-en un. Soit ce
thème se dégagera de lui-même, soit il vous faudra le choisir en fonction de
sa pertinence et de son intérêt, soit encore il vous faudra trouver le moyen de
synthétiser plusieurs thèmes. Pensez notamment à rattacher ce thème à celui
qui est développé en cours… Cela peut vous éviter quelques déconvenues.
Une fois défini le thème principal, définissez précisément la manière dont
le document l’aborde.

1

7

g) Etablissez une bibliographie
Toute préparation d’un commentaire de texte historique faite à domicile
exige la recherche des ouvrages plus particulièrement utiles à la réalisation
du commentaire. Une erreur « d’aiguillage », une matière trop abondante et
mal maîtrisée peuvent faire perdre du temps et nuire à l’efficacité du travail.
Là encore, quelques règles simples aident à éviter certains écueils. La plus
efficace est de partir de la bibliographie élaborée par vos professeurs et
imprimée dans votre fascicule de textes ou, à défaut, d’un manuel récent. A
partir de deux ou trois titres, vous pourrez « remonter » dans la bibliographie
en ajoutant des ouvrages plus spécialisés et en vous constituant votre propre
bibliographie. Vous pouvez compter ainsi sur les fichiers «matières »,
« auteurs »et électroniques des bibliothèques qui permettent une entrée par
mot-clé et sur certains sites web recommandés dans les portails spécialisés.
Par le biais d’un moteur de recherche vous pouvez enfin accéder aux sites
d’équipes de recherche dont certaines vous fourniront des indications
bibliographiques.
Lorsqu’on s’engage dans des études supérieures, il faut également se
préparer à lire les textes en anglais. En histoire, il est difficile d’exclure de la
bibliographie les ouvrages écrits en anglais. Commencez à vous familiariser
avec la lecture de l’anglais académique ; elle n’est pas si difficile. D’autres
langues (l’espagnol, l’allemand etc.) sont souvent nécessaires et dépendent
du champ d’étude.
h) Lisez le plus possible et les ouvrages les plus pertinents
L’objectif est de rassembler des idées générales sur le thème principal, de
rechercher des idées précises sur des points qui vous posent des problèmes,
de mettre en évidence (rappeler) des débats historiographiques qui peuvent
diviser la communauté scientifique sur votre texte, enfin de continuer à
expliciter le texte. N’oubliez jamais qu’il vaut mieux travailler sur un petit
nombre d’ouvrages, choisis avec pertinence, plutôt que de se noyer dans une
bibliographie-fleuve mal maîtrisée. La bibliographie doit reposer sur
l’inventaire préalable de vos besoins pour un travail précis et non pas sur une
vaine prétention à l’exhaustivité. Pensez donc à travailler dans une
bibliothèque bien fournie ou à fréquenter plusieurs bibliothèques.
Enfin, gardez toujours un dictionnaire et une grammaire sur un coin de
votre table. Ils vous serviront à tout moment.
i) Elaborez une problématique
Une problématique est un fil directeur qui permet de proposer une
analyse du texte appréhendé dans sa globalité.

18

Vous ne devez formuler qu’une problématique et une seule. Il faut
l’annoncer en introduction.
Une problématique est un fil directeur «intelligent » :elle offre à la
réflexion historique le moyen de progresser au fur et à mesure de l’analyse,
elle dégage des enjeux historiographiques et elle vise à susciter la curiosité
en mettant en évidence l’intérêt du texte. Elle est en quelque sorte le moteur
qui permet au commentaire d’être dynamique.

Avec une bonne problématique, on a une bonne introduction et un bon
plan. La difficulté en effet, ce n’est pas de répondre aux questions, c’est de
poser les bonnes questions.
Par ailleurs, comme on vous évaluera non seulement sur vos
connaissances mais aussi sur votre capacité d’analyse, avec une bonne
problématique, vous serez assuré(e) d’avoir la moyenne. A condition
évidemment de la développer! Il ne suffit pas seulement de l’énoncer en
introduction.
j) Dressez le plan du commentaire en fonction de la problématique
choisie
Il n’y a pas de plan type. Chaque texte a une spécificité qui commande la
manière de l’aborder. On ne commente pas de la même manière un
document de la pratique (un acte législatif, un registre, un acte notarié, etc.)
ou un document subjectif (des mémoires, un pamphlet…). Sur votre feuille
de brouillon, établissez un plan complet, équilibré et ordonné de votre
1
commentaire de texte historique. Il existe généralement deux types de plan:
- Un plan linéaire: le texte forme un ensemble bien articulé, il est aisé
d’en déterminer les divisions en suivant l’ordre du texte. Indiquez alors le
début et la fin de chaque partie en citant les premiers et les derniers mots, et
en définissant le contenu.

- Un plan thématique: le texte ne présente pas d’ordre apparent;
rassemblez les allusions éparses et choisissez les subdivisions en fonction
des centres d’intérêt ou des thèmes principaux que vous pouvez déterminer.

En règle générale: évitez les plans à tiroir, les plans d’exposition, les
plans descriptifs, les présentations répétitives et systématiques. Si vous avez
plusieurs textes à commenter, évitez de séparer les différents textes
(exemple :I le premier texte; II le deuxième texte; III le troisième texte),


1
Les plans sont le plus souvent de deux types. Ils peuvent être linéaires, c'est-à-dire suivre les
articulations du texte, ou bien thématiques, si leur structure correspond aux idées majeures du
document. Ils sont souvent les deux à la fois. Dans tous les cas, le plan découle de la
problématique exposée dans l’introduction.

1

9

car c’est précisément la comparaison des textes et la synthèse qui sont
intéressantes.
En vous aidant de ce plan-canevas ou plan détaillé, rédigez votre
commentaire :vous le nourrirez d’une information simple et concise,
suffisamment explicative pour démontrer que vous possédez les repères
historiques de base et que vous savez intelligemment les agencer et les
utiliser.
2- Quelques écueils à éviter
Il existe trois écueils à éviter qui sont bien connus des étudiants en
histoire et de leurs professeurs :
- la paraphrase ;
- la dissertation ;
- le manifeste politique.
a) La paraphrase
Ne paraphrasez pas le texte.Le recopier en changeant l’ordre des phrases
et en utilisant des synonymes ne présente aucun intérêt. Vous n’aurez rien
expliqué. Le correcteur sanctionnera car il sera amené à penser que non
seulement vous ne maîtrisez pas la méthode du commentaire de textes
historiques, mais aussi que vous cherchez à masquer votre ignorance.
b) La dissertation
Ne dissertez pas à propos du texte, transformant le sujet de type
commentaire en sujet de type dissertation. Ce n’est pas parce que De Gaulle
prononce à Alger, un discours, le 4 juin 1958, «Je vous ai compris», que
l’exercice est assimilable à une dissertation sur la guerre d’Algérie
(19541962). De même, le fait que la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de
l’ONU du 22 novembre 1967 porte sur le Moyen-Orient ne doit pas vous
inciter à décrire par le menu les événements dont cette région a été le théâtre
depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
c) Le manifeste politique
Ne confondez pas copie d’histoire et manifeste politique.C’est votre
liberté de citoyen d’approuver les idées ou d’être en désaccord avec Gamal
Abdel Nasser, Joseph Staline, Charles de Gaulle, Félix Houphouët Boigny,
Léopold Sedar Senghor ou Jean-Paul II, etc. Mais votre devoir doit viser à
comprendre et expliquer, non à louer ou à critiquer.
C- La rhétorique du commentaire
Les règles de présentation du commentaire d’un texte historique sont
familières à ceux qui ont déjà rédigé un commentaire composé en français.

20