Espace créole n°9, langues, sociétés, communication
256 pages
Français

Espace créole n°9, langues, sociétés, communication

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Description

Un nouveau départ ?



Créé en 1975 à l'initiative du GEREC (Groupe d'Etudes et de Recherches en Espace Créolophone) dont Jean Bernabé fut le fondateur. La revue Espace créole a non seulement participé à la découverte par les Universités françaises et francophones de l'objet créole, mais encore a marqué de son empreinte ce qu'il est convenu d'appeler la linguistique native et donc, en l'espèce, la créolistique native. Pour les Petites Antilles et la Guyane, le GEREC a donc joué, dans les années 70 et 80, le rôle de catalyseur de toute une génération de jeunes chercheurs qui, tant en linguistique qu'en sociolinguistique, en anthropologie qu'en analyse littéraire, s'est efforcée de jeter un regard endogène sur la réalité créole. Désormais, notre revue devient Espace Créole / Espaces francophones. Il s'agit d'une véritable mutation du GEREC entraînant forcément celle de la revue Espace créole qui s'ordonne en rubriques distinctes (Linguistique - Sociolinguistique - Psycholinguistique - Anthropologie - Analyse littéraire, etc.) et témoignent de l'état d'avancement des travaux de nos différents collaborateurs.



Enfin, il convient d'affirmer qu'Espace créole / Espaces francophones considérera comme faisant partie de son champ légitime d'études toute la littérature antillo-guyanaise de langue française, tant celle d'hier que celle d'aujourd'hui, et n'omettra pas de s'intéresser de près aux littératures francophones du Québec, d'Afrique noire et du Maghreb. Enfin, toujours dans le même ordre d'idées, la didactique du Français-Langue Etrangère constituera l'un des axes privilégiés de notre réflexion et de nos publications.



Raphaël Confiant, Responsable des publications du GEREC

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 47
EAN13 9782844505552
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

AVANT-PROPOS
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Un nouveau départ… Créé en 1975 à l’initiative du tout nouveau groupe de recherches, le GEREC (Groupe d’Etudes et de Recherches en Espace Créolophone) dont Jean BERNABÉfut le fondateur au sein de l’UER des Lettres et Sciences Humaines des Antilles et de la Guyane, la revueEspace créolea non seule-ment participé à la découverte par les Universités françaises et francophones de l’objet créole, mais encore a marqué de son empreinte ce qu’il est convenu d’appeler la linguistique native et donc, en l’espèce, la créolistique native. La description des créoles, en effet, depuis l’Allemand Hugo SCHUCHARDTà la fin du siècle dernier, avait presque toujours été l’apanage de chercheurs étran-gers mieux formés et, il faut l’avouer, plus soucieux de scientificité que leurs alter ego autochtones. Les études du Trinidadien John Jacob Thomas (1869), du Guadeloupéen René de POYEN-BELLISLE(1890) ou de la Martiniquaise Elodie JOURDAIN(1951), entre autres, ne manquaient certes pas d’intérêt mais se caractérisaient soit par un conformisme de mauvais aloi soit par une trop grande dépendance à l’endroit de la tradition grammaticale européenne peu adaptée à l’analyse de langues qui, comme les créoles, ne relèvent pas de la seule influence européenne mais aussi d’apports amérindiens et ouest-afri-cains ainsi que d’innovations qui leurs sont propres. Pour les Petites Antilles et la Guyane, le GEREC a donc joué, dans les années 70 et 80, le rôle de catalyseur de toute une génération de jeunes cher-cheurs natifs qui, tant en linguistique qu’en sociolinguistique, en anthropo-logie qu’en analyse littéraire, s’est efforcée de jeter un regard endogène sur la réalité créole. Ce regard s’est constamment effectué en dehors de tout ostra-cisme à l’égard des chercheurs non-natifs puisque dès le départ, le GEREC a régulièrement compté en son sein des chercheurs originaires de l’Hexagone notamment qui, en leur temps, lui ont apporté leur talent et leur savoir tels que Jean-Luc BONNIOL(actuellement professeur à l’Université de Provence), Renaud MÉRY(actuellement professeur dans la même université) ou encore Singaravelou (actuellement professeur à l’Université de Bordeaux III). Dès le départ, l’optique a été claire : favoriser la confrontation permanente du regard endogène et du regard exogène, confrontation qui seule permet d’évi-ter d’une part la tentation du nombrilisme, de l’autre celle de l’arrogance occi-dentalo-centrée. Avec 8 numéros, la revueEspace créolea, non sans difficultés dues à des problèmes d’édition et de cohésion du groupe de recherches dont elle est
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l’émanation, jalonné le parcours multiforme de la créolistique moderne. Aujourd’hui, le moment est venu de lui donner un second souffle grâce à une parution plus régulière (2 numéros par an) et à la collaboration d’une nou-velle vague de créolistes tant natifs qu’enracinés dans l’amour de la langue et de la culture créoles. Entre temps, la réalité de nos pays a évolué, les positions glottopolitiques des uns et des autres se sont nuancées (ou parfois inversées) et une nouvelle approche des rapports entre créole et français a vu le jour, grâce en grande partie au mouvement littéraire de la Créolité qui s’est affirmé comme le cou-e rant majeur des lettres antillo-guyanaises en cette fin duXXsiècle. Le GEREC ne pouvait demeurer insensible à ces changements d’autant que cer-tains de ses membres en étaient les acteurs principaux. C’est pourquoi de l’étude du seul créole et de la seule culture créole, il a récemment élargi son champ à celle du français des Amériques et des cultures francophones en général. Désormais, notre revue devientEspace Créole/Espaces franco-phones, ce qui, à nos yeux est la conséquence logique d’un mouvement en trois temps qui s’est décliné de la manière suivante au cours des trente der-nières années : - années 70 :revendication linguistique pro-créoletrès affirmée afin de lutter contre le phénomène de décréolisation massive qui affectait le créole ; élaboration d’une graphie scientifique dite « Graphie-Gerec » ; publi-cation de livres et de journaux entièrement en créole utilisant, dans leur effort de construire une norme, le concept de « déviance maximale », que le groupe a toujours pris pour ce qu’il est, un instrument glottopolitique. - années 80 :déconflictualisation des rapports entre créole et fran-çaisgrâce à la littérature de la Créolité dont P. CHAMOISEAUest l’une des figures les plus marquantes. Mise en place d’enseignements de langues et cul-tures créoles dans certains collèges et à l’Université. - années 90 : mise en route duprocessus de recréolisationpar le biais de la licence-maîtrise de Créole à l’Université des Antilles et de la Guyane et par la lutte pour la création d’un CAPES de Langues et Cultures Régionales, Option Créole. Introduction du créole en tant que LV3 (Langue Vivante 3) à partir de la seconde dans certains lycées. Création du GIL (Groupe Informatique Linguistique), sous-section du GEREC-F, dirigée par Jacques COURSIL. Création dans le cadre de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines de l’UAG de l’ISEF (Institut Supérieur de la Francophonie), dirigé par Patrick DALHET, à l’UAG. Il s’agit d’une véritable mutation du GEREC, consécutive à l’évolution historique que nous venons d’esquisser, entraînant forcément celle de la revue Espace créole. Une plus large place sera faite à la créolistique au sens large du terme, notamment à l’histoire et à l’anthropologie des aires créolophones dont beaucoup de champs restent encore à défricher. Désormais, hormis pour la publication des actes de colloques à venir, nos numéros ne s’efforceront
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plus d’être thématiques comme dans le passé mais s’ordonneront en rubriques distinctes (Linguistique - Sociolinguistique - Psycholinguistique -Anthropologie - Analyse littéraire, etc.) qui témoigneront de l’état d’avance-ment des travaux de nos différents collaborateurs. Cela nous semble une pers-pective plus juste que celle qui consiste à solliciter artificiellement des articles sur un thème prédéterminé. Cela permettra aussi de faire leur juste place aux travaux d’informatique linguistique du GIL lequel représente, pour le GEREC, une orientation vers la recherche fondamentale complémentaire de la recherche appliquée et du souci patrimonial toujours affirmé.
Enfin, il convient d’affirmer qu’Espace créole / Espaces francophones considérera comme faisant partie de son champ légitime d’études toute la lit-térature antillo-guyanaise de langue française, tant celle d’hier que celle d’au-jourd’hui, et n’omettra pas de s’intéresser de près aux littératures francophones du Québec, d’Afrique noire et du Maghreb. Enfin, toujours dans le même ordre d’idées, la didactique du FLE (Français-Langue Etrangère) constituera l’un des axes privilégiés de notre réflexion et de nos publications.
Raphaël CONFIANT Responsable des publications du GEREC
NB : La revue à orientation pédagogiqueMo f wazqui fut, en quelque sorte, la petite sœur d’Espace créole, reparaîtra elle aussi à raison de 1 numéro par an, cela à compter du quatrième trimestre 1999. D’autre part, un bulletin d’informations trimestriel sur les différentes manifestations et publications tournant autour des langues et cultures créoles et francophones, sera bientôt édité. Ce bulletin sera intituléKo uri l è t.
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