Comment rendre une école réellement orientante ?

Comment rendre une école réellement orientante ?

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Livres
185 pages

Description

Jusqu'il y a peu, la mission d'orientation de l'école se résumait trop souvent à former et sélectionner des travailleurs en fonction de la demande. L'approche qui prévaut dans cet ouvrage est toute autre : centrée sur l'apprenant, elle mobilise tous les acteurs de l'orientation, qu'ils soient enseignants, psychologues, directeurs d'établissement, parents... pour lui permettre de s'épanouir sur le plan personnel et professionnel, en tenant compte de ses aspirations autant que de ses compétences.

Le rôle de l'école dans le développement de l'autonomie et des compétences vocationnelles de l'élève est fondamental. Avant d'offrir un panorama fidèle des différentes possibilités professionnelles, il s'agit d'aider l'élève à se connaître, à formuler ses propres projets et à dessiner activement son parcours de formation au lieu de subir une logique de sélection qui ferme parfois bien des portes.

Cet ouvrage présente une démarche concrète de travail de l'orientation scolaire au sein de l'école actuelle, en offrant des éléments de réflexion pour la repenser. Bien que conçu à partir de projets menés par l'Université de Mons en collaboration avec de nombreux établissements scolaires, il traite résolument d'une thématique internationale. Outre les aspects théoriques et pratiques, ce livre comprend un ensemble de témoignages de professionnels de l'enseignement, qu'ils soient belges, québécois, français ou suisses. Il propose également des grilles d'implémentation d'un projet orientant spécifique à chaque acteur du système éducatif ainsi que des suggestions d'activités s'intégrant aux différentes disciplines scolaires avec renvoi aux sites web avec fiches et fascicules téléchargeables pour l'élève.

Cette complémentarité précieuse entre théorie et pratique est dirigée vers un but commun : transformer l'école vers un système qui, plutôt que de sélectionner les élèves, leur permet de développer leur autonomie dans le cadre d'une orientation tout au long de la vie.

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Informations

Publié par
Date de parution 24 avril 2017
Nombre de visites sur la page 12
EAN13 9782807309531
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Sous la direction de Jean-Marie De Ketele, professeur émérite de l’Université catholique de Louvain Privilégiant le point de vue de l’utilisateur, cette collection propose des réponses pratiques et scientifiquement validées aux questions que se posent les professionnels de l’éducation : enseignants et futurs enseignants du secondaire, responsables pédagogiques, responsables d’établissements scolaires, formateurs, formateurs d’adultes, formateurs de formateurs, étudiants adultes en formation continue… BERNARD H.,Comment évaluer, améliorer, valoriser l’enseignement supérieur ? BERTRAND BASCHWITZ M. A.,Comment me documenter ? CANZITTU D., DEMEUSE M.,Comment rendre une école réellement orientante ? CHARLIER É., BECKERS J., BOUCENNA S., BIEMAR S., FRANÇOIS N., LEROY Ch.,Comment soutenir la démarche réflexive ? Outils et grilles d’analyse des pratiques CURCHOD-RUEDI D., DOUDIN P.-A.,Comment soutenir les enseignants face aux situations complexes ? Soutien social Modèle d’intervention DUPONT C., LETESSON M.,Comment développer une action intergénérationnelle ? ETIENNE R., FUMAT Y., Comment analyser les pratiques éducatives pour se former et agir ? FAULX D., DANSEC.,Comment favoriser l’apprentissage et la formation des adultes ? FRERES G.,Comment rendre efficace le « Conseil de classe » ? HUME K.,Comment pratiquer la pédagogie différenciée avec de jeunes adolescents ? LE BRUN I., LAFOURCADE P., Comment s’exercer à apprendre ?
LEBRUN M., SMIDTS D., BRICOULT G., Comment construire un dispositif de formation ? LEMENU D., HEINEN E.,Comment passer des compétences à l’évaluation des acquis des étudiants. LETOR C., Comment travailler en équipe au sein des établissements scolaires ? MALDEREZ A., BODOCZKY C.,Comment pratiquer un tutorat de qualité ? MUSIAL M., PRADÈRE F., TRICOT A.,Comment concevoir un enseignement ? PARENT F., JOUQUAN J.,Comment élaborer et analyser un référentiel de compétences en santé ? PEYRAT-MALATERRE M.-F.,Comment faire travailler efficacement des élèves en groupe ? TASSIN-GHYMERS M.,Comment donner sens et saveur aux savoirs ? THÉORÊT M., LEROUX M.,améliorer le bien-être et la santé des Comment enseignants ? VIANIN P.,Comment développer un processus d’aide pour les élèves en difficulté ?
Titre
Remerciements
Préface
Avant-propos
Structure générale
SOMMAIRE
Partie1- Comment faire émerger une approche réellement orientante ?
Chapitre1- Orientation, orienté, orienteur
Chapitre2- L’évolution de l’orientation
Copyright
Remerciements
L’histoire de cet ouvrage a débuté en 2009 lorsque la Province de Hainaut a proposé à notre service universitaire de l’accompagner dans l’implantation d’une approche orientante au sein de ses établissements scolaires. Pendant plus de cinq ans, nos collègues et nous avons donc travaillé de pair avec les agents provinciaux et les enseignants et cet engagement a abouti, notamment, à une réécriture des projets pédagogique et didactique de la Province et à la rédaction du présent livre. Nous tenons donc à remercier particulièrement Madame Annie Taulet, Députée Provinciale en charge de l’enseignement obligatoire, secondaire de Promotion Sociale, de la Formation, des Ressources Humaines et de l’Informatique provinciale, Monsieur Alain Diseur, Directeur Général de l’Enseignement de la Province de Hainaut et Monsieur Dany Hismans, Inspecteur Général à la Direction Générale Régionale des Enseignements de Mons-Borinage. Nous remercions également tous les participants au projet, tels que les directions d’établissements et de centre psycho-médico-sociaux (PMS), les membres du Bureau pédagogique provincial, les conseillers en information scolaire, les membres du comité de pilotage du projet et, évidemment, tous les élèves et tous les enseignants impliqués dans nos actions. L’aventure orientante a ensuite attiré l’attention et l’intérêt d’autres pouvoirs organisateurs et nous avons eu (et avons encore aujourd’hui) l’occasion d’encadrer de nouvelles équipes pédagogiques provenant de l’enseignement de la Province du Brabant wallon, de la Province de Liège et de la Ville de Liège. Nous tenons à remercier vivement Monsieur Hervé Pétré, Directeur d’administration de l’enseignement de la Province du Brabant wallon et Madame Pascale Gualtieri, coordinatrice pédagogique à la Direction d’administration de l’enseignement et des TIC de la Province du Brabant wallon ; Monsieur Salvatore Anzalone, Directeur général de l’Enseignement et de la Formation de la Province de Liège, Madame Geneviève Pupien, conseillère pédagogique à la Province de Liège et Madame Joëlle Marnette, Directrice du CPMS 1 de Seraing ; Monsieur Pierre Stassart, Échevin de l’Instruction publique de la Ville de Liège et Monsieur Willy Monseur, Inspecteur général de l’Enseignement de la Ville de Liège. Nous remercions une nouvelle fois toutes les personnes impliquées dans ces projets. Ce livre est ainsi issu de plusieurs travaux de recherche qui n’auraient pu être menés sans l’implication active de nos collègues. Nous tenons donc à remercier particulièrement Mesdames Marine Willam et Emerance Vienne Lentini qui aujourd’hui sont repassées de l’autre côté de la barrière pour reprendre le métier d’enseignantes, Mesdames Solange Brehaut qui travaille maintenant comme conseillère d’orientation au sein d’un collège français et Alizée Tutak, coordinatrice pédagogique pour la Haute École en Hainaut, Mesdames Frédérique Artus, responsable du Service d’Appui
Pédagogique à l’enseignement à l’Université de Mons, Alexandra Franquet, anciennement assistante de recherche à l’Université de Mons et Natacha Duroisin, chercheure postdoctorale dans le service de Méthodologie et Formation de l’Université de Mons. Nous remercions aussi Stéphanie Malaise, coordinatrice pédagogique à l’Institut provincial de formation du Hainaut, Céline Demierbe, maître-assistante à la Haute École Provinciale de Hainaut et Fanny Merchez, technicienne vidéo pour la Faculté de Psychologie et Sciences de l’Éducation de l’Université de Mons qui ont travaillé avec nous à la réalisation des outils orientants et Caroline Michalakis qui a relu les épreuves de cet ouvrage. Nos remerciements vont également à nos collègues québécois qui nous ont reçus chez eux et qui nous ont livré des conseils et des témoignages intéressants et précieux : Mesdames Caroline Bergeron, conseillère d’orientation et aide pédagogique, Julie Pellerin, conseillère pédagogique en approche orientante, Manon Barrette, conseillère d’orientation, de formation et pédagogique, Sarah Saint-Pierre, conseillère en orientation, Julie Dussault, conseillère pédagogique en adaptation scolaire, Judith Perron, conseillère en information scolaire, Élisa Shenkier, enseignante, Julie Morin, conseillère d’orientation, Nicole Pinsonneault, conseillère d’orientation, Danka Giguère, conseillère d’orientation, Christiane Daigle, responsable de l’orientation et de l’entrepreneuriat en milieu scolaire au Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Manon Pétrin, enseignante et Sylvaine Lefebvre, conseillère pédagogique ainsi que Messieurs Gérald Boutin, professeur à l’Université du Québec à Montréal, Claude Moulin, directeur d’école et Michel Bernier, conseiller pédagogique. Enfin, cet ouvrage est dédié à tous les élèves qui parcourent notre enseignement et à tous les enseignants qui les aident et leur transmettent leurs savoirs. Il est aussi destiné aux différents acteurs de l’enseignement, qu’ils soient directeurs, conseillers pédagogiques, éducateurs, infirmiers, psychologues ou simplement parents. Puisse cet ouvrage les épauler, d’une quelconque façon, dans leurs tâches quotidiennes.
Préface
Aujourd’hui, la question du « Comment ? » domine la question du « Pourquoi ? ». Pourquoi faudrait-il que l’école soit « réellement » orientante ? Peut-il en être autrement ? L’école traditionnelle comme l’école moderne « oriente », au sens où elle n’accueille pas n’importe quel type d’élèves à n’importe quel âge dans n’importe quelles conditions et que le « destin socio-scolaire » d’un(e) écolier(e) n’équivaut à aucune autre. Du point de vue global, l’orientation désigne aussi la circulation des élèves dans un appareil de formation sur un territoire donné et à une échelle de temps déterminée. Le bel ouvrage qui nous est présenté s’inscrit dans la tradition francophone de l’orientation scolaire et professionnelle en France, au Québec et en Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique). Après une interrogation légitime sur la notion d’orientation dans une double face : version passive (être orienté)versus version active (la figure de l’orienteur), les co-auteurs D. Canzittu et M. Demeuse rappellent les fondements culturels des « sciences pédagogiques de l’orientation » : le modèle adéquationniste des pionniers de l’orientation professionnelle au début du siècle dernier (Parsons, 1909) ; la théorie développementale de prise en compte de l’individu (Ginzberg, 1984) ; la typologie de Holland (1959) sur les types de personnalité et les types d’environnement ; le développement de la carrière dans l’espace et le cours de la vie (Super, 1990) ; les travaux d’A. Bandura (1980) sur le sentiment d’efficacité personnelle, etc. Bref, l’orientation contemporaine bénéficie d’une centaine d’années d’études et de recherches où l’individu est placé au centre des réflexions. « L’approche orientante » a pour socle fondamental l’École, c’est-à-dire les systèmes scolaires dans leurs particularités, leurs publics, leurs valeurs ou principes, et leurs modes d’organisation fonctionnelle. Le défi majeur est de passer d’une orientation sélective et restrictive à une orientation élargie, à visée éducative pour tous. C’est une véritable révolution culturelle si l’on songe à l’orientation de la pédagogie traditionnelle destinée aux initiés et « héritiers » (Bourdieu). L’approche éducative en orientation place le jeune au cœur des processus d’apprentissage, s’intéresse à sa motivation et envisage son développement de carrière par la médiation de la construction d’un projet de vie personnel et professionnel. L’orientation dansLe Monde d’hier1944) était appréciée à l’aune des dons, (Zweig, talents, vocations et aptitudes dans un monde de régularités. L’orientation dans le monde d’aujourd’hui est essentiellement constructiviste, immergée dans des contextes d’incertitudes et de hasards. L’approche orientante à l’École développe des compétences pour explorer les ressources personnelles (la connaissance de soi) et les opportunités offertes par les
différents itinéraires de formation et les possibilités d’alternance, c’est-à-dire de rencontre avec l’environnement socio-économique (stages de découverte de l’entreprise, etc.). L’utilisation des sources d’information est de nature à faciliter la prise de décision et les processus transitionnels durant l’adolescence et à l’âge adulte. L’approche orientante n’est pas une panacée. Ses promoteurs doivent faire face à des problématiques de formation des enseignants, de « bienveillance » des chefs d’établissement, de moyens humains, techniques et financiers, suffisants pour développer des partenariats et des actions volontaristes en direction par exemple des familles, mais aussi des entreprises pour la compréhension de l’environnement économique et social des métiers. S’orienter dans la vie pour un jeune qui devra faire face à des contextes d’instabilité et de complexité grandissante, nécessite une éducation aux choix pour se fixer un cap et trouver sa voie. L’implantation de l’approche orientante dans toutes les écoles n’est donc pas un luxe mais une nécessité requise pour l’exercice d’une citoyenneté éclairée. C’est aussi un devoir de justice pour la cohésion sociale de manière à ce que personne ne reste au bord du chemin. Une école « réellement orientante » a pour projet la mise en œuvre effective d’une éducation inclusive conformément aux recommandations du Conseil de l’Union européenne depuis une dizaine d’années. Tous les acteurs sociaux sont concernés et pas seulement les agents éducatifs dans le périmètre scolaire. L’implémentation de l’approche orientante réclame une méthodologie adéquate en termes d’outils, de méthodes d’intervention et d’évaluation pour tenir compte de la spécificité des besoins éducatifs dans les Régions françaises ou les Provinces belges. L’imagination de ce qui est possible abstraitement paraît sans limites, si l’on tient compte des avancées de la société numérique, de la culture de l’image et du son, et des activités ludiques pour déconstruire les stéréotypes de genre, les idées reçues sur les professions et élargir les représentations sociales sur l’environnement. De ce point de vue, les expérimentations françaises, belges, suisses et québécoises sont porteuses d’avenir pour une véritable éducation à l’orientation inscrite dans une culture de projets et de réseaux. L’ouvrage met en œuvre une pédagogie de l’orientation en offrantin fineune bibliographie raisonnée et, en annexes, des grilles d’observation pour l’implémentation d’un projet orientant du point de vue des différents partenaires concernés. Dans son esprit, l’approche orientante se déploie dans tous les espaces, dans toutes les temporalités, dans la diversité des types de formation et d’apprentissage formels, non formels et informels, tout au long de la vie (life long learning) et dans tous les secteurs de l’existence (lifewide learning). On le voit, ce travail collectif rendu possible par de nombreuses collaborations, est dédié à juste titre, à tous les élèves, enseignants, acteurs éducatifs et parents, soulignant ainsi que l’approche orientante est authentiquement un problème pratique de la vie quotidienne tournée vers une question existentielle fondamentale : «Que faire de sa vie ?».
Francis Danvers Professeur émérite des universités Lille 3 Département des sciences de l’éducation Laboratoire CIREL Nord de France
Juin 2016
Avant-propos
L’orientation des jeunes est aujourd’hui au cœur des préoccupations de l’éducation en Europe et dans le monde entier. Les travaux entrepris par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) ou encore de la Banque mondiale depuis le début des années 2000 en témoignent (Endrizzi, 2009). En 2013, par exemple, un document émis par l’OCDE insistait fortement sur la nécessité de mieux préparer les jeunes à l’entrée dans le monde du travail et au développement de leurs compétences d’orientation. Constatant des disparités entre systèmes éducatifs, il préconisait alors une amélioration des relations entre formation et emploi, mais également un renforcement de la prise en compte des compétences d’orientation des jeunes. La stratégie de croissance sur 10 ans, nommée Europe 2020, de l’Union européenne met elle-même en avant la nécessité de prendre en compte l’orientation scolaire. Elle préconise d’ailleurs de « faciliter l’entrée des jeunes sur le marché du travail grâce à une action intégrée comprenant notamment des services d’orientation et de conseil et des contrats d’apprentissage » (Commission européenne, 2010, p. 16). Les termes « action intégrée » prennent certainement du sens si l’on se réfère aux pratiques pédagogiques et au rôle de l’école au niveau de l’orientation. Bien que des enjeux économiques soient présents dans une telle réflexion (notamment au niveau des taux de chômage), la conception de l’orientation en tant que développement personnel de l’individu en est bien le moteur. En France, par exemple, a été adoptée, en 2008, la résolution visant à « mieux inclure l’orientation tout au long de la vie dans les stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie ». Les récentes réformes de 2013 et 2014 liées à la formation professionnelle appuient cette résolution et engendrent un renforcement de l’autonomie des personnes dans les choix d’orientation et des services et structures d’aide à l’orientation (Euroguidance, 2015). En Belgique francophone, la déclaration de politique communautaire 2014-2019 (du 23 juillet 2014), consacrant l’accord entre les partis de la majorité au sein du Gouvernement de la Communauté française insiste sur la nécessité de mettre en place un « renforcement des dispositifs d’orientation au terme du tronc commun » (p. 4) afin d’aboutir à « une orientation progressive moins dépendante de l’environnement familial » (p. 11). Le point 1.9 de cette déclaration, intitulé « Mieux orienter les élèves », stipule également que :
« Le Gouvernement encouragera l’orientation positive qui constitue la meilleure garantie que l’élève ne décroche pas et obtienne un diplôme ou une qualification. Chaque élève doit pouvoir compter sur une instance qui