Famille et société dans le monde grec et en Italie du Ve siècle av. J.-C. au IIe siècle av. J.-C.

Famille et société dans le monde grec et en Italie du Ve siècle av. J.-C. au IIe siècle av. J.-C.

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Livres
400 pages

Description

Cet ouvrage prépare à la nouvelle question d’histoire ancienne du CAPES et de l’agrégation d’histoire-géographie.
«  Question d’ancienne  », mais aux résonances si contemporaines, le rapport entre famille et société dans le monde grec et en Italie constitue le cœur   de cet ouvrage. Le lecteur trouvera les définitions nécessaires pour saisir les « familles » grecque et romaine, les parentés de l’alliance et de la naissance, l’unité économique de production, la famille des droits et des devoirs. L’étude présente offre aussi une synthèse des différentes étapes de la vie en famille (naissance, mariage, adoption, funérailles), ces moments de sociabilité parfois générateurs de tensions, où s’entremêlent des intérêts autant familiaux que civiques : la famille s’inscrit dans la cité, qui la modèle, la contrôle et la surveille car elle en constitue la première unité. En puisant dans les sources dramaturgiques comme dans la documentation épigraphique, en croisant les théories philosophiques et les textes de loi, les auteurs ont souhaité offrir au lecteur un tableau synthétique et vivant des familles et des systèmes de parenté grecs et romains. Histoire du droit, histoire des sentiments, anthropologie de la parenté, histoire sociale, prosopographie, autant de méthodes réconciliées par le prisme familial que propose cette étude. 

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Date de parution 08 novembre 2017
Nombre de visites sur la page 20
EAN13 9782200620776
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Graphisme de couverture : Hokus Pokus Créations
Illustration de couverture : Reproduction d’une scè ne d’un vase grec antique, dépeignant la fuite de Troie d’Énée avec sa femme, son fils et son père Anchise sur le dos, lithographie coloriée tirée de Joseph Roulez,Choix de vases peints du Musée d’Antiquités de Leyde, Gand, 1854, planche 15.
© Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris
© Armand Colin, 2017 Armand Colin est une marque de Dunod Éditeur 11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.armand-colin.com
ISBN : 978-2-200-62077-6
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Table
Couverture
Page de titre
Copyright
Les auteurs
Avant-propos
Lexique
PARTIE 1 FAMILLE ET SOCIÉTÉ DANS LE MONDE GREC
SOUS-PARTIE 1 QU’EST-CE QU’UNE FAMILLE ?
1 Histoire de famille : sources et méthodes
1Les dossiers documentaires
2Approches de la famille et de la parenté grecques
Les auteurs
Aurélie DAMETniversité Paris 1est maître de conférences en histoire grecque à l’u Panthéon-Sorbonne depuis 2011 et membre de l’équipe de recherches ANHIMA (UMR 8210). Spécialiste de la famille grecque class ique, elle a publié en 2012 sa thèse de doctorat,La Septième Porte. Les conflits familiaux dans l’At hènes classique (Publications de la Sorbonne, prix de la Société de s professeurs d’histoire ancienne de l’université-SOPHAU 2010). Croisant les approches a nthropologiques et juridiques de la parenté et de la famille, elle est l’auteur de p lusieurs articles sur la place de la famille dans la société athénienne et travaille act uellement sur les politiques familiales dans le monde grec et sur l’eugénisme ancien. Philippe MOREAUété maître de conférences de langue et littératu re latines à Paris a IV Sorbonne, puis professeur aux universités de Cae n et de Créteil. Il est actuellement professeur émérite et membre de l’UMR 8210 ANHIMA, où il codirige le projet LEPOR (LEges POpuli Romani, [www.cn-telma.fr/lepor/introduction/]). Il est ég alement directeur de laRevue de philologietitutions. Ses domaines de recherche sont d’une part les ins politiques de la Rome tardo-républicaine et augusté enne, particulièrement l’élaboration et la conservation des lois et le fonctionnement de s organes judiciaires, d’autre part l’anthropologie historique de la Rome ancienne, par ticulièrement les structures de parenté et d’alliance. Il a publié, entre autres,Corps romains, Grenoble, Jérôme Millon, 2002, et Incestus et prohibitae nuptiae. Conception romaine de l’inceste et histoire des prohibitions matrimoniales pour cause de parenté da ns la Rome ancienne, Paris, Les Belles Lettres, 2002.
Avant-propos
Partant de l’image d’un Énée fuyant Troie avec son fils (Ascagne), sa femme (Créuse), et son vieux père (Anchise), cet ouvrage propose un e étude approfondie de la famille e e et de la parenté grecques et romaines (V-II s. av. J.-C.). Derrière les termes de « parenté » et de « famille » se cache une multitud e de vocables (genos,sungeneia, oikos,anchisteia,stirps,gens,domus,familia…) qui sont présentés au lecteur dans leurs contextes d’énonciation. Faire partie d’une m ême famille, c’est aussi partager le même sang et les mêmes dieux, ce que les approches anthropologiques de la parenté ont récemment mis en évidence. La famille, c’est en core un ensemble de fêtes qui célèbrent autant de moments importants de la vie de ses membres : la naissance, le mariage, la mort. La maison, c’est encore le lieu c ommun d’habitation et l’unité économique et première de production et de transmis sion.
Si la sociabilité et le partage marquent la vie de famille, il ne faut cependant pas oublier les tensions, les conflits, les hiérarchies qui str ucturent les relations familiales. L’autorité des pères et la domination masculine son t des thématiques majeures des sources grecques et romaines qui nous parlent de la famille.
Les rapports entre cités, royaumes et familles sont aussi minutieusement examinés dans leur diversité. Tout d’abord le rôle de la par enté et des stratégies familiales et matrimoniales dans la conquête du pouvoir par les é lites et les dynastes. Mais aussi l’intervention de la cité, par le droit et les lois , dans les rapports intrafamiliaux : respect des anciens, protection des plus jeunes ou organisa tion eugénique des unions. Et enfin, le paradigme familial utilisé par la diploma tie des rois et des cités, qui fait des liens et des termes de parenté, réelle et fictive, des garants de l’harmonie politique. À travers des espaces aussi divers qu’Athènes, Sparte , Gortyne, Délos, Nakônè de Sicile, Pathyris d’Égypte, Rome ou encore l’Étrurie , ce sont des modèles parentaux et familiaux qui émergent avec leurs particularités et leurs similitudes.
Lexique
Phénomènes universels, la parenté et la famille se p résentent sous une très grande variété de formes dans les sociétés humaines, celle s des « mondes lointains », qui relèvent de l’ethnologie, comme celles des « mondes anciens », qui relèvent de l’histoire. La terminologie des langues naturelles, souvent vague et polysémique (il suffit de songer à toutes les significations possib les de « famille » et « parenté » en français) ne permet pas d’en décrire la complexité de manière scientifique. Pour présenter et analyser ces faits en évitant la proje ction des termes et catégories de notre propre société sur des phénomènes qui en diff èrent fortement, les anthropologues ont défini des catégories et une ter minologie applicables à toutes les sociétés et, en dépit de quelques divergences théor iques, s’accordant sur les points essentiels. L’objet de ce lexique, inspiré de ces t ravaux anthropologiques, est plus limité et plus spécifique : permettre à des étudian ts d’histoire de saisir les faits de parenté dans la Grèce et l’Italie antiques. Les cat égories et terminologies grecques et latines seront présentées dans les chapitres consac rés à chaque société et à chaque période. Les termes en gras dans chaque définition constituent une sous-catégorie du terme défini ou renvoient à la définition d’un autre terme.
• Adoption. Procédure légale faisant passer un individu d’unefamilleà une autre, en lui donnant une nouvellefiliation. L’adoption exclusive supprime safiliation de naissance et rompt ses liens avec safamille d’origine. L’adoption inclusive laisse subsister certains de ses liens avec safamillede naissance.
• Affinité. Dite aussi « parenté par alliance », elle est cré ée par lemariaged’Ego,en lui donnant pour « affins », (« parents par allianc e » ou « alliés »), les personnes apparentéesà son conjoint (notre « belle-famille »), et par l emariage secondaire d’un ascendant immédiat d’Ego,ou mère, qui le rattache aux personnes père apparentéesau nouveau conjoint (nos « marâtres », « demi-frères », etc.). • Agnat. Dans la terminologie anthropologique, individu ap parenté àEgouniquement enfiliation patrilinéaire(le sens de lat.agnatusest à distinguer). • Alliance. Ensemble des liens sociaux créés entre lesgroupes de parentédeux de individus s’unissant par lemariage. L’alliance s’oppose donc à laconsanguinité.
• Apparenté. Individu lié à un autre par lafiliation, lacollatéralitéou l’alliance. • Clanncêtre commun, réel ou. Ensemble d’individus considérant descendre d’un a fictif (divinité, héros), enfiliation unilinéaire. Le clan peut être constitué de plusieurslignages. • Cognatparenté à. Dans la terminologie anthropologique, individu ap Ego uniquement enfiliation matrilinéaire (le sens de lat. cognatusà distinguer). est Attention cependantsystème, certains historiens et anthropologues parlent de « cognatique » pour désigner un système bilatéral o ubilinéaire (voirfiliation), comme le système de parenté athénien. • Collatéralité. Lien de parenté existant entregermainsou descendants degermains (frères et sœurs, oncles, cousins, etc.). • Consanguinité. Sont consanguins les individus ayant un ascendant commun, qu’ils
soient liés entre eux par lafiliationla ou collatéralité. La consanguinité s’oppose donc à l’affinité.
• Dot. Prestation monétaire ou en nature donnée à une fi lle par son père ou son groupe d’origine à l’occasion de sonmariage. Son époux en dispose durant leur mariage, mais elle en conserve la propriété et peut la récupérer en cas de veuvage ou de divorce. • Douaire.Prestation matrimoniale stipulée lors dum ariage,ou par testament, par laquelle un mari réserve une part d’héritage à son épouse si elle lui survit. Certains anthropologues l’assimilent à une forme dedotet la qualifient de « dot indirecte ».
• Ego) désigne l’individu par rapport. Par convention, ce terme latin (signifiant « je » auquel est envisagée une relation deparentéex., en français, le frère de (p. l’épouse d’Egoest le « beau-frère » d’Ego).
• Endogamie. Pratique, parfois imposée par une règle expresse, imposant à un individu de prendre un conjoint appartenant au même groupe que lui (groupe de parenté, groupe de statut, etc.). • Exogamieimposant à un. Pratique, parfois imposée par une règle expresse, individu de prendre un conjoint n’appartenant pas a u même groupe que lui (groupe de parenté, groupe de statut, etc.). • Famille. Ensemble d’individus liés par lemariage, lafiliation, laconsanguinité ou l’alliance, et par unerésidence commune. Lafamille élémentaire (ounucléaire) se compose d’un couple conjugal et de leurs enfants célibataires vivant avec eux. L afamille étendueplusieurs familles élémentaires résidant ensemble comprend (p. ex. un couple, ses enfants mariés et les descen dants de ceux-ci, ou deux ou plusieurs couples de germains et leurs descendants) . Lafamille composée naît d ’ u nmariage secondaireréunit dans une même et résidencedescendants les d’un premier couple et d’un second, créé après décè s ou divorce d’un des membres du premier, par le remariage du conjoint su rvivant. Un individu appartient par sa naissance ou sonadoption à unefamille d’orientation et crée par son mariage unefamille de procréation.
• Filiation. La filiation détermine, entreconsanguins, la transmission du nom, du statut, des biens et des droits. Elle est aussi la base sur laquelle se constituent des groupes. Lafiliation unilinéaireentre ascendant et descendant de même existe sexe (un père et ses fils, une mère et ses filles). Elle est donc soitpatrilinéaire (entre un père et ses enfants et les enfants de ses fils), soitmatrilinéaire(entre une mère et ses enfants et les enfants de ses filles). Elle peut êtrebilinéaire: un individu se rattache à la fois à son ascendance pat rilinéaire et à son ascendance matrilinéaire, en recevant de chaque ligne des attr ibutions différentes (p. ex. son nom, de sa filiation patrilinéaire, et certains bie ns, de sa filiation matrilinéaire). • Fosterage. Terme anglais (parfois traduit par « nourrissage ») désignant la relation extra-légale (donc distincte de l’adoption) établie entre un adulte et un enfant, auprès duquel l’adulte remplit les fonctions (nourr iture, soins, éducation) d’un père ou d’une mère. • Fratrie. Ensemble desgermains des deux sexes (à distinguer de la phratrie grecque). • Gamonymeiée, faisant. Élément de la formule onomastique d’une femme mar référence au nom de son époux (X, épouse de Y).
• Germainsemi-sœurs n’ayant en. Frères et sœurs. Demi-germains : demi-frères et d commun que leur père ou leur mère. • Groupe de filiation. Groupe social fondé sur lafiliation, patrilinéaire ou matrilinéaire, commune à tous ses membres (p. ex. le clan, lelignage), et se définissant ainsi par rapport à un ancêtre commun. Il peut posséder des biens, des droits, des sépultures, des règles propres. Ce type de groupe jouit d’une certaine pérennité.
• Groupe domestiqueauté de. Un groupe domestique se caractérise par la commun résidence, de production et de consommation. Il inclut unefamille nucléaire ou étendue et des dépendants de statuts divers (libres ou non -libres), sous l’autorité du chef de lafamille.
• Héritage. Transmission (le plus souvent d’une génération à la suivante), conformément à certaines règles, des biens matériel s et symboliques d’un défunt. • Hypergamie ethypogamie. Il y a hypergamie lorsqu’un individu prend un con joint de statut social supérieur au sien : l’hypergamie f éminine signifie que l’époux est de rang supérieur à celui de la femme. Il y a hypogami e lorsque l’individu prend au contraire un conjoint socialement inférieur à lui : en hypogamie féminine, l’épouse est de statut inférieur à celui de l’homme.
• Inceste. Relation sexuelle prohibée entre deux personnes l iées par lafiliation, la collatéralité ou l’affinité, dont une société considère qu’il ne peut y avoir entre elles mariage ou relation sexuelle en raison même d e leur parenté. La définition de la relation créant la prohibition matrimoniale et s exuelle varie selon les sociétés et les époques. • Lignage. Ensemble des individus descendants, enfiliation unilinéaire, d’un ancêtre commun, et pouvant retracer leur généalogie par rapport à celui-ci. • Mariage. Lien reconnu et réglementé par la société entre u n homme et une femme, impliquantrésidencexuelles, production et consommation communes, relations se parfois exclusivement limitées aux époux, légitimit é de la postérité issue de leur union. Unmariage primaire est la première union conjugale d’un individu, un mariage secondaire(ou remariage) une union conjugale nouvelle rendue possible par le décès du premier conjoint ou un divorce. • Matrilinéaire. Voir :filiation.
• Matronyme. Élément de la formule onomastique d’un individu, masculin ou féminin, mentionnant sa filiation par rapport à sa mère (X, fils / fille de Y féminin). Il peut être employé seul ou associé à unpatronyme.
• Monogamie. Règle selon laquelle un individu ne peut avoir qu ’un seul conjoint légal.
• Parentée société, fondé sur. Principe de classement des individus au sein d’un l’existence, réelle ou fictive mais reconnue, entre certains d’entre eux de liens de filiation, decollatéralitéou d’affinité.
• Parentèle. Cercle desconsanguins et desaffins d’Ego.groupe théorique et Ce abstrait peut ne s’actualiser que dans des circonst ances précises (succession, manifestation occasionnelle de solidarité : vengean ce, donation, témoignage judiciaire, etc.) et n’a donc pas la consistance ni la visibilité d’ungroupe de filiation. La parentèle ne survivant que brièvement àEgo(elle peut encore jouer un rôle dans sasuccession), elle n’a donc pas non plus la pérennité d’ungroupe
constitué. • Patrilinéaire. Voir :filiation. • Patronyme. Élément de la formule onomastique d’un individu, masculin ou féminin, mentionnant sa filiation par rapport à son père (X, fils / fille de Y masculin). • Polygamie. Règle selon laquelle un individu peut avoir plusi eurs conjoints légaux, soit simultanément (polygamie simultanée), soit successivement, p. ex. après veuvage ou divorce (polygamie successive).
• Résidencet où il demeure avec sa. Le lieu où s’établit un nouveau couple conjugal e descendance et éventuellement desconsanguinsgénéralement prescrit par est des règles coutumières. La résidence estpatrilocalequand les époux s’établissent auprès du père du mari,néolocalequand ils adoptent une résidence indépendante de celles de leurs ascendants. En plus des liens deconsanguinité, larésidence commune est un des traits définissant lafamille.
• Succession. Transmission, conformément à certaines règles, le plus souvent d’une génération à la suivante des biens matériels (c’est l’héritage) et symboliques (statut social, prestige, pouvoir politique, fonction cultu elle) d’un défunt.
• Unilinéaire. Voir :filiation.
BIBLIOGRAPHIE
• Aghassian M., Grandin N., Marie A., « Initiation au vocabulaire de la parenté », dans Augé M. (dir.),Les Domaines de la parenté. Filiation, alliance, ré sidence, Paris, 1975, p. 11-56
• Barry L.et al., « Glossaire de la parenté »,L’Homme, 154-155, 2000, p. 721-732
• Dreyfus S., « Vocabulaire et concepts de la paren té », dans Fox R.,Anthropologie de la parenté. Une analyse de la consanguinité et d e l’alliance, Paris, 1972, p. 263-292.