L'éducation en Inde

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1) L'éducation de l'Inde d'Antan
2) Les débuts de l'éducation coloniale
3) L'éducation selon Sri Aurobindo et la mère
4) Le système éducatif actuel en Inde
5) L'éducation indienne mise au défi
6) ONG et témoignages

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Date de parution 01 septembre 2017
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EAN13 9782336796963
Langue Français

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New Delhi – Écolières en visite, chahutant leur pose
Bénares (Uttar Pradesh) – Promenade sur le Gange, à l’aube
L’ÉDUCATIONENINDE
Bénares (Uttar Pradesh)ProMenaDe sur le Gange à l’aube
ÉDITORIAL
On DiT que l’âMe D’un pays se reflèTe Dans la qualiTé De l’éDucaTion qu’il offre à ses enfanTs. Chaque naTion se préoccupe ainsi D’enseigner les jeunes généraTions en les renDanT fiers De leur hisToire eT De leur culTure : leurs guerriers, leurs poèTes, leurs hoMMes D’ÉTaT, leurs granDs écrivains… Ainsi en France, nous savons TouT De CharleMagne, De RiMbauD, De VicTor Hugo, De Jeanne D’Arc, ou De RonsarD eT nous granDissons fiers D’êTre français, MêMe si souvenT nous n’ignorons rien De nos Tares. ’InDe posséDaiT Dans l’ancien TeMps une reMarquable éDucaTion qui, coMMe l’explique le granD poèTe eT naTionalisTe Sri AurobinDo, Dans son livreLes fondations de la culture indienne, « avaiT un souci consTanT à Travers les âges, Dans son arT, sa science, son yoga, Dans TouTes les acTiviTés De la vie, De culTiver la richesse inTérieure De l’êTre huMain ». alheureuseMenT l’InDe, De par sa richesse incroyable, fuT la proie De noMbreuses invasions, cerTaines parTiculièreMenT sanglanTes. S’il esT vrai que les BriTanniques, furenT les plus jusTes Des colonisaTeurs, ils iMposèrenT cepenDanT un sysTèMe D’éDucaTion à l’anglaise, qui effaça coMplèTeMenT TouTe Trace D’« inDianiTé ». À l’inDépenDance, le preMier leaDer inDien, Jawaharlal Nehru, repriT TouT le sysTèMe D’éDucaTion laissé Derrière eux par les Anglais, sans se préoccuper De l’aDapTer à la psyché inDienne. Ses hisToriens passèrenT sous silence De noMbreux pans De l’hisToire inDienne, pour une raison ou pour une auTre. es écoliers inDiens D’aujourD’hui ne savenT Donc rien Des MaThéMaTiques véDiques, qui éTaienT pourTanT en e avance sur leur TeMps, ou De l’asTronoMie inDienne, qui savaiT Déjà que la Terre éTaiT ronDe, De KaliDasa granD poèTe sanskriT Du VII siècle, que l’on a coMparé à HoMère, ou bien encore De Shivaji aharaj, qui TinT TêTe, avec quelques cenTaines D’hoMMes à la plus puissanTe arMée Du MonDe, celle De l’eMpereur Moghol Aurangzeb. ’InDe a Donc besoin D’une éDucaTion nouvelle qui, coMMe le préconisaiT Sri AurobinDo, « prenDraiT D’aborD appui sur le passé eT uTiliseraiT pleineMenT le présenT, pour consTruire une granDe naTion. Quiconque veuT couper la naTion De son passé esT hosTile à sa croissance. Quiconque ne saiT pas Tirer parTi Du présenT perD pour nous la baTaille De la vie ». Ce nuMéro spécial jeTTe Donc un regarD sur l’éDucaTion en InDe, passée, présenTe eT fuTure, en DonnanT la parole à Tous. Bonne lecTure ! Écrivain, journaliste et photographe, François Gautier a été durant huit ans le correspondant du Figaroen Inde et en Asie. Il est l’auteur d’une douzaine de livres sur l’Inde, dont : a caravane inTérieure(Les Belles Lettres, 2005) es Français en InDe(France Loisirs, 2008) QuanD l’InDe s’éveille, la France esT enDorMie (Éditions du Rocher, 2012) ApprenDre à souffler (Hachette-Marabout, 2016)
Gwalior (Madhya Pradesh) – Le fort de Gwalior, datant du VIIIe siècle
Couverture e 4 de couverture Titre
Éditorial
L’ÉDUCATION DE L’INDE D’ANTAN KIRAN VYAS: L’éducation en Inde - passée, présente et future ANONYME: L’éducation aux temps védiques SRI AUROBINDO: L’éducation dans l’Inde antique R.H.I.S. RANASINGHE: L’université de Nalanda - mémoires des savants chinois
LES DÉBUTS DE L’ÉDUCATION COLONIALE LOÏC REDER: L’éducation indienne en période coloniale - l’émergence des Bhadralok LOÏC REDER: Chronologie de l’éducation indienne - période coloniale LOÏC REDER: Le Sanskrit College LOÏC REDER: Vidyasagar : la réforme du Sanskrit College LOÏC REDER: L’affaire Henry Derozio
L’ÉDUCATION SELON SRI AUROBINDO ET LA MÈRE ANTONELLA VERDIANI: L’éducation intégrale selon Sri Aurobindo PROFESSEURS: La Mère de Pondichéry – à propos de l’éducation des enfants CRISTOF ALWARD PITOEF: L’école du Libre Progrès COLOMBE BARON: Une rentrée à l’école de l’ashram
LE SYSTÈME ÉDUCATIF ACTUEL EN INDE PADMA SARANGAPANI: L’éducation en Inde : savoirs, curricula et pédagogies LNRI: Nature du système scolaire CATHERINE CAPDEVILLE-ZENG: Modes d’éducation passés et contemporains É. PONCEAUD-GOREAU: Les enjeux de la préscolarisation - l’exemple du Tamil Nadu... COLOMBE BARON: Le charme désuet d’une école de village LNRI: Système universitaire en Inde et mobilité étudiante SURYESH CHATWANI: Étudier en France - le point de vue d’un Indien
L’ÉDUCATION INDIENNE MISE AU DÉFI MICHEL DANINO: Réflexions sur l’éducation indienne P. SARANGAPANI: Dilemne autour des langues d’enseignement - le multilinguisme A. BUSSON & S. JARRE: Enseignement en Inde – usage des technologies MANOJ CYRIAC: L’université - combiner besoins des entreprises et développement S. COUMARANE: La formation aux métiers techniques - passer d’employé à employeur ELSA MATHEWS: L’éducation des filles et des femmes en Inde
ONG ET TÉMOIGNAGES COLOMBE BARON: Le Volontariat - une ONG historique à Pondichéry VANDANA SHAH: Coordinatrice dans une ONG de parrainage COLOMBE BARON: À l’écoute des enfants des rues INDIRA SWAMINATHAN: Atteindre les jeunes déclassés
L’ÉDUCATION RELIGIEUSE SATYA NARAYAN DAS: Le gurukula - mode traditionnel de l’éducation hindoue NAMRATA JOSHI: Les madrasas – l’éducation musulmane en Inde SELFSTUDYHISTORY.COM: La contribution des missionnaires chrétiens
MODÈLES ALTERNATIFS D’ÉDUCATION RADHIKA SRINIVASAN: Une éducation alternative en Inde JEAN-YVES LUNG: L’éducation perpétuelle à Auroville MENAKA DEORAH: « Finding Memo » ou « Trouver son capitaine » - ... SADHGURU: Initiatives éducatives de la fondation Isha
CONCLUSION YAMOUNA DAVID: Éducation et bonheur
Table des illustrations
Adresse
SOMMAIRE
Peinture sur soieRama visitant le sage Agastya dans sa retraite
© Photo : internet
L’éducation de l’Inde d’antan
par Kiran Vyas
L’ÉDUCATION ENINDE PASSÉE, PRÉSENTE ET FUTURE
Kiran Vyas (né en Inde en 1944) est directeur et fondateur des centres Tapovan, et l’un des pionniers de l’ayurvéda en France. Pendant près de dix ans, Kiran Vyas a travaillé à l’UNESCO comme représentant permanent et membre du Conseil Mondial de l’INSEA (Société Internationale pour l’Éducation par l’Artorganisation non gouvernementale).
’Inde est un pays immense : c’est l’Inde des hindous ui s’est répandue d’ouest en est, de l’Afghanistan jusu’en Indonésie, et du sud L au nord, du Sri Lanka jusu’au Tibet. Les deux grands poèmes épiues de l’Inde antiue, leMahabharataet leRâmâyana, ainsi ue les témoignages de différents chercheurs nous parlent de cette Inde éternelle : l’Inde culturelle, riche en arts (danse, musiue, peinture, sculpture), l’Inde philosophiue, littéraire et métaphysiue ue l’on retrouve dans la richesse de ses textes, tels ue lesVédas, lesUpanishads, lesPuranasou dans les grands poèmes de Kālidāsa, Vālmīki, Vyasa et, plus récemment, de Tulsîdâs, ui n’en sont ue les exemples les plus proéminents. L’éducation, dans ces temps anciens, était contenue dans cet art et cette science ui permettaient de comprendre la profondeur et les hauteurs de la culture et de la civilisation de l’Inde éternelle. Elle se reflétait principalement dans l’atmosphère de ses temples, dans ses prières, ses dévotions, ses cérémonies duYagnaou d’Ārtī(adoration du feu) ou encore avec la pratiue detrisandhya(méditations,pujaset prières trois fois par jour : au lever du soleil, au soleil du zénith, et au coucher du soleil. En parallèle, toutes les différentes couches de la société avaient une compréhension innée de cette grandeur de la culture et de la spiritualité indienne. Une certaine atmosphère spirituelle imprégnait tout, aussi bien l’œuvre du plus humble artisan, du sculpteur, menuisier, forgeron, paysan, ou agriculteur, ue celle du poète ou du savant. Dans le système des uatreashramas(stades, périodes de la vie) ui avait cours à l’époue, la première partie de la vie,brahmacharya ashram, était principalement consacrée à l’apprentissage, l’étude et l’acuisition des connaissances. Venait ensuitegrahastha ashram, la
période où l’individu se consacrait et se concentrait surArthaetKâma.Artha: la prospérité, prendre la responsabilité de soi-même et de sa famille, etKâma: le désir et la sexualité pour fonder une famille et élever ses enfants. Pendant cette période, on continuait d’apprendre et, en même temps, on commençait à enseigner, soit à ses enfants, soit aux autres. Dans l’ancienne tradition indienne on dit ue c’est surtout lorsu’on enseigne ue l’on apprend véritablement. C’est aussi là ue l’on comprend ue la simple connaissance intellectuelle ne suffit pas, u’il faut avoir la capacité et la volonté de vivre intégralement ce ue l’on veut transmettre, et ue l’exemple reste le meilleur des enseignements. Durant la troisième période de son existence,vanaprashta ashram, on se retirait progressivement de la vie uotidienne, en douceur, pour se plonger dans la recherche spirituelle. C’est à ce moment-là ue l’on commençait à comprendre pleinement l’objectif dedharma, la loi éternelle, et demoksha, la libération, ui sont les fondements mêmes de la civilisation indienne. Lorsue les premiers colons arrivèrent, en particulier les Anglais, ils tentèrent d’imposer leur propre système d’éducation, ui ne correspondait pas à cette ancienne tradition degurukula. Par ailleurs, on trouve uelues écoles expérimentales novatrices et idéalistes comme celle de Tagore. En 1901, Rabindranath Tagore a fondé Shantiniketan, ui signifie « havre de paix ». Cette école était constituée de huttes sous les arbres, et l’éducation y était entièrement consacrée à l’art, à la poésie, au théâtre, à la peinture, etc. Tagore n’avait jamais aimé les écoles où les élèves étaient enfermés toute la journée entre uatre murs, comme des prisonniers. Il disait même ue « les intellectuels considèrent u’un enfant est né avec une maladie congénitale appelée l’ignorance et pour eux, l’école n’est rien d’autre u’un endroit ui peut les guérir de cette maladie ». Cette école, avec la présence majestueuse de Tagore, a eu beaucoup d’influence sur l’Inde entière. Au cours des années 1905-1910 et de celles ui ont suivi, sont aussi nées des écoles dites nationalistes ayant pour objectif de préparer l’indépendance de l’Inde. Sri Aurobindo fut l’un des pionniers de ce mouvement. C’étaient des écoles où la culture et la civilisation indienne devaient prédominer, où l’être humain tout entier était appelé à progresser non seulement au niveau de son corps physiue, de son énergie vitale, de ses capacités mentales et intellectuelles, mais aussi au niveau de son être psychiue et spirituel : un progrès intégra nourri par un système d’éducation intégral. À partir des années 1920, après une période de régression due en grande partie à la politiue de répression coloniale, l’Inde sembla se réveiller et se rapprocher des grandes idées émises par Sri Aurobindo en matière d’éducation. On en retrouve certaines dans le mouvement animé par Gandhi, mais sous une forme plus morale ue spirituelle. Sri Aurobindo avait cherché à remettre l’Inde sur sa vraie voie, et l’éducation lui semblait un moyen important (mais certainement pas le seul, à moins de donner au mot éducation son sens le plus large : l’évocation de l’homme vrai, de l’âme en chacun être) de rendre les Indiens conscients de leur héritage, et de leur force pour bâtir l’avenir. Pour être libre, l’Inde devait se libérer de ses carcans, u’ils soient sociaux, culturels, éthiues, voire spirituels, et retrouver les secrets de l’harmonie entre le corps et le mental, la matière et l’esprit. Mais après l’indépendance en 1947, les nouveaux dirigeants du pays, au lieu de s’inspirer des préceptes de l’Inde antiue, ont emprunté aux curriculums des grandes universités comme Oxford, Cambridge, Harvard ou d’autres grandes écoles étrangères, et le système d’éducation indien a continué à suivre de plus en plus le système occidental, comme avant l’indépendance de l’Inde. Celle-ci étant acuise, les écoles dites gandhiennes ont peu à peu perdu leur enthousiasme pour les travaux de filage et de tissage et sont finalement devenues des écoles ordinaires, dépendantes des subventions de l’État. Les enseignants n’avaient plus la même ferveur u’autrefois et le niveau d’éducation a commencé à baisser. Le gouvernement indien souhaitait accorder d’avantage d’importance à l’éducation supérieure. Ainsi progressivement les universités se sont multipliées, et l’éducation des filles a commencé à se répandre en masse. Tant et si bien ue l’Inde d’aujourd’hui est devenue un exemple vivant : des centaines, des milliers de jeunes filles et de jeunes femmes sont aujourd’hui éduuées et diplômées. C’est aussi le moment où l’Inde a commencé à développer ses propres écoles polytechniues comme l’I.I.T. (Indian Institute of Technology) dont sont issus nombre de scientifiues et ingénieurs de haut niveau. De grandes écoles de commerce, d’informatiue, d’ingénieur, d’architecture ou d’ayurvéda, ont été fondées grâce à des initiatives privées. Elles ont ainsi contribué au développement et à la modernité de l’Inde en lui offrant, entre autres, des centaines de milliers d’experts scientifiues ou d’informaticiens. L’Inde a produit de nombreux médecins et ingénieurs, à tel point u’il y a eu et u’il y a toujours des vagues de fuite des cerveaux. Ainsi, des milliers de jeunes diplômés indiens sont partis et partent toujours aux États-Unis ou dans les pays occidentaux pour mieux gagner leur vie. L’Inde contemporaine est redevenue consciente de l’importance de son ancien système d’éducation. L’Inde est d’ailleurs un des seuls pays ui considère ue le chemin intérieur, le chemin spirituel est l’objectif principal de la vie et ue l’évolution de l’individu doit primer. C’est pouruoi son futur système éducatif sera directement ou indirectement influencé par cette vision. Et, aujourd’hui, l’école du Libre Progrès de l’ashram de Sri Aurobindo, ou les différentes écoles d’Auroville, sont des exemples vivants ui se répandent de plus en plus à travers l’Inde, préparant le futur de l’humanité.
Auroville (Tamil Nadu)une classe d’ATB (Awareness Through the Body)
Anonyme
L’ÉDUCATION AUX TEMPS VÉDIQUES
LesVédas, textes fondateurs de l’hindouisme, sont en Inde une source de connaissance et regorgent d’outils éducatifs. Cet article nous explique pourquoi.
’ancien système indien d’éducation trouve à sa source la philosophie védique. Elle considère la vie comme un chemin de L développement personnel via l’effort et le progrès.Védasignifie connaissance et l’éducation était considérée principalement comme un moyen de s’accomplir en développant pleinement sa nature. Selon l’historien et archéologue A.S. Altekar, l’ancienne éducation indienne possédait plusieurs objectifs. D’abord l’inculcation d’un esprit de piété et de rectitude. L’étudiant ou l’étudiante était invité à accomplir ses devoirs avec attention, voire dévotion. L’atmosphère des lieux d’éducation était elle-même surchargée de ces éléments. On mêlait de façon équilibrée l’éducation pratique et la référence aux possibilités d’accomplissement spirituel qui était présenté comme le but ultime de toute vie. La préservation et la diffusion de la culture ancienne étaient une autre mission importante de l’éducation, comme un héritage précieux qui ne devait pas se perdre. On payait sa dette aux anciens sages, aux ancêtres, en perpétuant ce que l’on avait reçu d’eux. Un autre but était le développement de la personnalité sur les plans physique, moral et intellectuel. Le jeune disciple demeurait chez le maître et le servait. Il était ainsi en contact quotidien avec la façon dont son maître vivait ses valeurs et sa connaissance. La formation du caractère y jouait un rôle prépondérant. Dans lesgurukulasancienne hindoue), les disciples vivaient en (école brahmachari, une vie de célibat entièrement consacrée à l’étude. La vie y était rigoureuse et tous devaient obéir aux injonctions, suivre la routine quotidienne, sans aucun élément de luxe, de confort, ou de plaisir. La nourriture était simple, les comportements respectueux et ils étaient constamment mis en présence d’idéaux moraux élevés. On incluait naturellement les devoirs sociaux ou civiques, car une fois cette période de leur vie achevée, les disciples allaient se marier et rejoindre la vie sociale. Il était donc important d’acquérir les valeurs et les normes qui régentaient la société, de savoir servir ses aînés et sa communauté. La formation professionnelle n’était pas oubliée, car les étudiants devaient par la suite pouvoir gagner leur vie en travaillant. Elle se transmettait aussi de maître à disciple. Aux premiers temps, l’éducation était laissée à l’initiative d’individus qui se consacraient à la transmission de savoirs dans leur lieu de retraite ou de vie, généralement dans l’atmosphère sereine des collines et des forêts. En général, c’étaient les brahmanes qui héritaient de la connaissance et la transmettaient aux générations suivantes, mais on trouve aussi des sages issus de l’ordre des guerriers qui assumaient cette fonction. La priorité était la conservation et la transmission d’une connaissance sacrée. Avec le temps, les deux autres ordres de la société, les kshatriyas(guerriers) et lesvaïshyas(commerçants) furent progressivement inclus pour une formation propre à leurs activités. Le système rigide des castes ne s’était pas encore cristallisé, bien que lesshudrasne fussent pas autorisés à étudier les (serviteurs) écritures sacrées. Peu à peu, la nécessité de proposer une formation à chacun selon ses besoins et ceux de la société s’imposa davantage, et les brahmanes restèrent les dispensateurs de la connaissance. Certains se consacraient à l’apprentissage et la transmission desVédas, d’autres à l’étude de disciplines variées. Ils vivaient une vie simple dépourvue de luxe. Le début de l’éducation pour un enfant commençait par la cérémonie d’upanayana, qui se déroulait à des âges différents selon les castes. Il était de huit ans, onze ans et douze ans respectivement pour les brahmanes, leskshatriyaset lesvaïshyas, et l’éducation s’étalait sur douze années. Plusieurs domaines de connaissance étaient incorporés au programme, dont la philosophie, la grammaire, l’astrologie et la logique. Dans le domaine des langues, on mettait l’accent sur une prononciation correcte du sanskrit et sur sa grammaire. La formation n’était pas seulement théorique, mais portait aussi sur les réalités de la vie. Mais tout était toujours mis en relation avec les idéaux qui devaient mouler la société, avec une référence toujours présente à l’idéal ultime d’un accomplissement spirituel.
Peinture sur soiereprésentation d’une classe aux temps védiques Les disciples vivaient chez leur maître, collectaient le bois et l’eau, s’acquittaient des tâches domestiques, prenaient soin des bêtes et des plantes dans un esprit de consécration et de service. Il arrivait qu’ils aillent quémander leur nourriture et celle de leur maître auprès de la population comme une leçon d’humilité. Les disciples prenaient place aux pieds de leur maître, le plus souvent dans un environnement naturel. Ils écoutaient, questionnaient,