Les 100 mots de la formation

Les 100 mots de la formation

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72 pages
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Se former, former aussi les autres, est un enjeu majeur de nos sociétés. En France, la formation professionnelle tout au long de la vie constitue une obligation légale. Derrière cette nécessité, des techniques, des méthodes, des filières, des conceptions... une réalité complexe que cet ouvrage permet ainsi d'appréhender. Il présente les repères essentiels dans ce domaine et révèle combien celle-ci est créatrice de valeur, autant sur le plan économique que sur le plan personnel.


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Ajouté le 19 novembre 2007
Nombre de lectures 51
EAN13 9782130615736
Langue Français
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Les 100 mots de la formation
JEAN WEMAERE
978-2-13-061573-6
Dépôt légal — 1re édition : 2007, novembre
© Presses Universitaires de France, 2007 6, avenue Reille, 75014 Paris
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Sommaire
Avant-propos
Trouver 100 mots qui soient à la fois les plus significatifs et les plus structurants dans un secteur aussi riche que celui de la formation n’a pas été une tâche facile. L’équipe qui m’a aidé dans ce travail (Myriam Vandamme, Jean-Pierre Willems, Jocelyne Lotrian, Alain-Fréderic Fernandez et Frédérique Tamagne) se souviendra des soirées de discussions interminables entre pédagogues toujours heureux de s’exprimer. Je les remercie d’avoir accepté de m’accompagner dans cette aventure. Une mention spéciale à Myriam Vandamme qui, en relisant, a su veiller avec moi à la cohérence du style, à la pertinence des propos et aux choix définitifs. 100 mots, c’est peu pour présenter une activité si nouvelle dans notre histoire, si présente dans notre quotidien. De nos jours, l’individu se construit, se situe, gère sa vie sociale, affective et professionnelle dans une relation permanente aux savoirs : ses parents lui apprennent le langage ; l’école, l’écriture et les savoirs fondamentaux ; l’Université, une spécialisation particulière ; l’entreprise maintient son employabilité grâce à la formation professionnelle et, en retraite, il peut participer aux cours des universités du troisième âge afin de ne pas perdre pied ou de combler des désirs de connaissance inassouvis. La vie tout entière n’est qu’un apprentissage permanent. Les découvertes scientifiques et technologiques, les innovations qui les poursuivent connaissent une accélération sans précédent. L’individu, pour la première fois de son histoire, est confronté à des changements continus induits par des savoirs nouveaux sans avoir le temps, ou la capacité, de les comprendre ou de les assimiler. Et ce flot de connaissances nouvelles génère sa propre croissance. Le stock de savoirs disponible et partageable aujourd’hui (accessible dans les bibliothèques ou dans les disques durs des mémoires des ordinateurs) assure par l’innovation qu’il suscite et l’intelligence collective qu’il entraîne son doublement tout les cinq ans. Les incidences en sont multiples. Parmi celles-ci, dans les pays développés, la fracture sociale qui relève maintenant plus de l’indigence intellectuelle que matérielle. Cela devient une des externalités de notre métier que de la réduire. Les enjeux de la formation sont aussi sociaux et politiques. Mais comment la formation procède-t-elle ? Quels en sont les acteurs et les process ? Gérant les interfaces entre le monde des savoirs et les individus en situation professionnelle, elle facilite la découverte des savoirs et des savoir-faire, en permet la compréhension et en assure leur assimilation. L’analyse de ces mécanismes interpelle depuis toujours les philosophes et les scientifiques, de Socrate à Jean Piaget, sans oublier Jean-Jacques Rousseau. Sous la double impulsion de l’accroissement des savoirs rendus accessibles par les nouvelles technologies et du développement des sciences cognitives, la formation professionnelle affine son territoire au sein du vaste champ des sciences humaines. Le cerveau n’est plus simplement une boîte noire qui, touchée par un stimulus externe, produit une réponse de type comportemental. Son décryptage actuel fait apparaître, comme l’avait pressenti Rousseau, que c’est l’homme qui est au cœur du processus d’apprentissage. Il apprend quand il sait maîtriser le conflit cognitif qui s’opère dans son cerveau entre les éléments de savoirs nouveaux et sa capacité à les accueillir et à les intégrer. Comme le rappelle si judicieusement Philippe Carré, « l’individu apprend toujours seul mais jamais sans les autres ». Il y a une interaction permanente entre l’environnement et l’individu, médiatisée par tous les acteurs qui assurent la formation. Ces acteurs sont tous ceux qui, de près ou de loin, participent au processus individuel d’apprentissage. Ils ont aujourd’hui, pour noms : formateurs, concepteurs d’outils pédagogiques, professeurs, évaluateurs, didacticiens, consultants, experts, mais aussi logisticiens, ingénieurs en dispositifs, animateurs, producteur, de systèmes e-learning, etc. Tous contribuent à structurer une activité qui occupe, face aux enjeux individuels, économiques et sociaux qu’elle développe, une place primordiale dans notre société.
La formation n’en est qu’au début de son histoire et les concepts qui l’organisent sont récents et encore très dépendants des cultures, des dispositifs, des pratiques et de l’environnement sociopolitique. La manière d’apprendre varie d’un pays à un autre. Laissant toujours l’individu acteur de son apprentissage, les pays latins accordent une place importante à l’animateur, alors que les pays anglo-saxons privilégient un déroulement pédagogique maîtrisé. Pour les premiers, le transfert du savoir est véhiculé par le formateur qui adapte le contenu de la formation en fonction du public ou de sa propre histoire, alors que, pour les seconds, l’appropriation est largement le fait des outils et supports, privilégiant ainsi uniformité et cohérence. De même en matière d’évaluation (dispositifs, formateurs ou acquis de compétences nouvelles), la France demeure frileuse. Ses habitudes ne la prédisposent pas à juger ceux qui contribuent au process éducatif. Dans le même temps, la diffusion du savoir devient transfrontalière, les pratiques se confrontent et s’enrichissent mutuellement. Les concepts s’universalisent, les cursus de formation se standardisent, et les diplômes ou validations s’harmonisent. Dans les entreprises internationales, les référentiels d’emplois et de compétences s’homogénéisent et les mêmes process de formation se déploient partout dans le monde. L’activité construit sa propre logique, gère son développement et se libère de plus en plus des cultures et des réglementations spécifiques. La formation devient une activité « globale », dont les savoir-faire se normalisent. Les enjeux stratégiques apparaissent considérables pour les individus, les entreprises et les pays. C’est ce nouveau métier que nous avons tenté de présenter au travers des concepts clés qui le structurent et le définissent. 100 mots pour résumer une activité qui fait circuler entre les disques durs et les cerveaux des hommes des milliards de milliards de mots organisés dans des phrases et des métalangages, nourrissant un océan des savoirs et facilitant l’acquisition des compétences individuelles et collectives, elles-mêmes sources de richesses. 100 mots pour comprendre cette alchimie qui offre aux individus la chance de mieux se situer dans leur existence et d’acquérir suffisamment de discernement pour assumer leur liberté. 100 mots qui permettent de faire monter en compétences les populations actives et de maintenir leur employabilité, génératrice de croissance et garante de paix sociale.
ACTEUR La notion d’acteur enformationsouvent d’abord à la personne qui endosse, renvoie commeadulte, le rôle d’apprenantet le joue pleinement. C’est l’apprenant actif qui agit sur sa vie, (co-) produit ou participe activement à sa formation et qui, en principe, la choisit librement dans le cadre d’unprojet plus ou moins élaboré (personnel, professionnel). En fait, il peut être même un bénéficiaire (filière du plan de formation de l’entreprise, congé-formation, contrat d’apprentissage, actuellement deprofessionnalisation,DIF). D’ailleurs, le Code du travail reconnaît à tout travailleur un « droit à laqualificationprofessionnelle » et, depuis la réforme de 2003-2004, les salariés sont reconnus comme les acteurs de leur formation tout au long de la vie et, on le sait, co-responsables de leuremployabilité. L’apprenant-acteur est unacteursocial mais aussi unacteursujet qui a aussi une trajectoire, desémotionsde la et motivation. Tout comme leformateur qui est aussi un acteur. Il anime et concourt activement à la réalisation de l’action de formation. Il a lui-même son projet et ses attentesvis-à-vis de l’apprenant. Il y a, enfin, lesacteur institutionnels. En France, l’organisation et le financement de la formation continue relèvent de quatre acteurs : les pouvoirs publics (État et régions), les partenaires sociaux, l’entreprise et les dispensateurs de formation. En formation, et d’ailleurs ce n’est pas le seul champ d’application, nous sommes dansunsystèmed’action concret,comme le dirait M. Crozier, c’est-à-dire composé d’acteurs en interaction, voire en confrontation, disposant chacun de marges de manœuvre, de zones decompétence et d’autonomie dans des rapports de pouvoir et de contraintes plus ou moins fortes. ACTION (DE FORMATION) La notion d’action de formation est apparue pour la première fois dans une circulaire du ministère du Travail du 14 mars 1986. Jusqu’à cette date, laformation professionnelle continue n’était envisagée que sous la forme du stage, soumis à l’unité de lieu, de temps et d’action. La seule formule pédagogique directement visée par la réglementation était donc le face-à-facepédagogique. À compter de 1986, la notion d’action de formation a permis d’inclure dans le champ de la formation professionnelle continue des actions aux modalités pédagogiques différenciées :actions de formation en situation de travail,actions de formation se réalisant en partie à distance, enseignement assisté par ordinateur (EAO), etc. Le Code du travail définit l’action de formation comme une action réalisée en fonction d’unprogrammequi, en fonction d’objectifs déterminés, précise les moyens préétabli pédagogiques, techniques et d’encadrement mis en œuvre ainsi que les moyens permettant de suivre son exécution et d’en apprécier les résultats (C. trav., art. L. 920-1). Cinq éléments caractérisent l’action de formation professionnelle continue : unobjectif qui peut être ramené à l’acquisition de compétences (entendues comme des connaissances, capacités ou comportements), un programme qui permet d’identifier les acquisitions nécessaires, des moyens pédagogiques et d’encadrement – lequel programme est nécessairement réalisé par unformateurqui exclut de la définition toute (ce actions d’autoformation) –, un dispositif de suivi qui permet d’établir la réalité de l’action et un dispositif d’évaluationpermet de prouver sa validité en tant qu’action de formation. qui Sans ces cinq éléments, l’actionsque soit son intérêt par ailleurs, ne peut être quel considérée comme uneaction de formation. ADULTE