Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de

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Description

Les auteurs de ce livre sont soucieux d'apporter des réponses aux préoccupations réelles ainsi qu'aux difficultés de toute nature auxquelles sont confrontes ceux qui ont à faire un travail d'étude et de recherche, un mémoire ou une thèse. Cet ouvrage permet de résoudre les problèmes intellectuels, conceptuels, méthodologiques et formels qui se posent concrètement dans la réalisation d'un travail de thèse ou de mémoire.

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Publié par
Date de parution 01 juin 2007
Nombre de visites sur la page 2 488
EAN13 9782336282923
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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MÉTHODOLOGIE ET GUIDE PRATIQUE
DU MÉMOIRE DE RECHERCHE
ET DE LA THÈSE DE DOCTORAT

© L'HARMATTAN,2007
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-03276-7
EAN : 9782296032767

Pierre S’DA

MÉTHODOLOGIE ET GUIDE PRATIQUE
DU MÉMOIRE DE RECHERCHE
ET DE LA THÈSE DE DOCTORAT
en Lettres, Arts, Sciences humaines et Sociales :
Informations, normes et recommandations universitaires,
techniques et pratiques actuelles

L’Harmattan

Aux étudiants,
aux jeunes chercheurs,
aux enseignants,
…pour des thèses et des mémoires de qualité!

SOMMAIRE

ITTRODUCTIOT………………………......................................................................…………

PREMIÈRE PARTIE :

ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE
USIVERSITAIRE...........................................................

Pages

11

17

Chapitre 1:LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE : UNE RECHERCHE
IENTIFIQUE.................................................................................................
SC21
Chapitre 2: LE SUJET DE RECHERCHE/LE PROJET DE RECHERCHE/
LE PROJET DE THÈSE27
...............................................................................
Chapitre 3: PHASES ET ÉTAPES DE RÉALISATION D'UNE THÈSE
OU D'UN MEMOIRE....................................................................................37
RCHE...........
Chapitre 4: LA MAITRISE ET LE MEMOIRE DE RECHE51
e
Chapitre 5: LA PREMIÈRE ANNEE DES ÉTUDES DE3CYCLE :
LE DESS/LE DEA/LE MASTER........................................................61
Chapitre 6: LE DOCTORAT...............................................................................................
73
Chapitre 7: LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE..............................................95
Chapitre 8: CONSTRUCTION DE BASE DE L'ETUDE : LES7PILIERS
FONDAMENTAUX........................................................................................103

DEUXIÈME PARTIE: RÉDACTIOS ET PRÉSESTATIOS
FORMELLE DES RUBRIQUES DE LA THÈSE
OU DU MEMOIRE..................119
......................................

Chapitre 1: LES ÉLÉMENTS PARATEXTUELS : COUVERTURES
ET PAGES LIMINAIRES……………………………………………….123
Chapitre 2: LE CORPS DE L'ÉTUDE OU DE LA THÈSE..............................139
Chapitre 3: OUTILS ET ÉLÉMENTS D'INFORMATION ET DE
RÉFÉRENCE..................................................................................................................147
Chapitre 4: LA PRÉSENTATION DES RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES.............................................................................................................................153

9

TROISIÈME

PARTIE

:

LA SOUTESASCE DE THÈSE
OU DE MEMOIRE............................ .177
. ....................

Chapitre 1:INFORMATIONS DIVERSES SUR LA SOUTENANCE........181
Chapitre 2: L'ORGANISATION DE LA SOUTENANCE................................
189

COTCLUSIOT.................................................................................................................................199
ATTEXES TECHTIQUES........................................................................................................201
BIBLIOGRAPHIE..........................................................................................................................233
TABLE DES MATIÈRES............................................................................................................237

10

ISTRODUCTIOS

Aujourd’hui, leslivresde méthodologie de la recherche etlesguidesde
rédaction etde présentation d’untravail d’étude etde recherche comme le
mémoire oulathèse de doctoratne manquentpasdanslesmilieux
universitaires. Ils sontnombreuxet variés ;ilsontbeaucoup de mérite et
1
rendent service à beaucoup d’étudiantsetchercheurs.
Mais, dansl’intérêtmême de la recherche etdeson évolution, il faut
encore d’autreslivresavec desapprochesnouvellespour compléter et
enrichir ceuxqui existentdéjà;il en fautpeut-être mêmeselon les
domainesetlesexigencesdisciplinairesmalgré lesouci d’uniformisation et
leseffortsd’harmonisation desrèglesetnormes universitaires.
Danslesystèmeuniversitaire français, jusque-là, il n’yavaitpas
d’enseignements spécifiques, ni de diplômesde méthodologie de la
recherche, ni non plusdetitre ougrade de docteur dansce domaine. La
plupartdesauteursdeslivrespubliésen la matièresontdesenseignants
courageuxetdévoués, qui ontmisà la disposition de la communauté
universitaire de nombreusesannéesd’expériencespédagogiquesacquises,
pour ainsi dire,sur letas, en animantdes séminairesde recherche ouen
assurant un enseignementde méthodologie conçupar eux-mêmes.
Bonspédagogiques, ils sontdevenusdes‘‘spécialistes’’ de méthodologie de
la recherche par la force deschosesen donnantdescours, en dirigeantles
travauxde mémoire etdethèse, en cherchantdes voiesetmoyenspour
répondre aux sollicitationsdesétudiantsetauxpréoccupationsdesjeunes
chercheurs.
Si, dansl’ensemble, cesouvragesde méthodologie de la recherche, ces
livres sur l’artetlesméthodesdumémoire etde lathèse, cesguidesde

1.Cf. la bibliographie, pp.233-2336

11

rédaction et de présentation d’un travail d’étude et de recherche
universitaire sont bien faits et fort utiles pour beaucoup d’étudiants de
toutes les disciplines, il reste qu’ils ne répondent pas toujours aux besoins
réels et aux situations particulières des uns et des autres, selon les domaines.
Ils s’avèrent parfois peu pratiques à l’usage et souvent trop théoriques en
réalité.Ony trouve en effetdesavantsexposés sur la recherchescientifique
oul’esprit scientifique, desdescriptionsdesméthodeset techniquesde
recherche, desconsidérationsd’ordre méthodologique, desdéveloppements
sur le cadrage du sujet,sur la construction d’une problématique, des
modèlesd’analyse, desméthodesde collecte etd’analyse desdonnées, des
méthodescritiquespour l’analyse littéraire, etc.
Cesbrillantsexposésetlesmisesaupointmagistraux sontintéressants
et sansdoute nécessaires, maisn’apportentpas toujoursde réponses
satisfaisantes, desolutionsconcrètesauxproblèmesimmédiatsdesjeunes
chercheursde LettresetScienceshumaines, par exemple.
Ceux-ci,semblet-il, ontbeaucoup plusbesoin d’informationspratiques, d’orientations
méthodologiquesclaires, de directivesprécises, de prescriptions techniques
de rédaction, bref d’un guide méthodologique efficacesur lequels’appuyer
pour faire leur recherche etpour écrire leur mémoire ouleurthèse.
On l’oublie biensouvent, ilya des universitésetdesgrandesécoles
(surtouten Afrique) oùlesétudiants, lesjeuneschercheursoulesdoctorants
n’appartiennentpasàune équipe de recherche ouàune école doctorale et
ne bénéficientpasd’un enseignementd’initiation à la recherche, ni d’un
séminaire de recherche, ni d’unvéritable cours sur lesméthodesde
recherche,sur lesapprochesoulesméthodescritiquesd’analyse des textes,
ni mêmesur la rédaction d’un mémoire oud’unethèse. Bref, il n’existe pas
d’enseignements théoriquesetméthodologiquesentantquetels, etles
étudiants, livrésà eux-mêmes,se contententdesquelquesconseilsde leurs
maîtresoudesraresmanuelsde méthodologie, qui, par bonheur, leur
tombent sousla main.
Dansces universitésetgrandesécoles, malgré leseffortsremarquables
etle courage étonnantdesétudiants, la qualité des travaux scientifiques
souffre parfoisde l’insuffisance de la formation à la recherche, dumanque
d’enseignementméthodologique approprié, dumanque de formation
spécifique à l’élaboration, à la rédaction etla présentation d’un mémoire ou
d’unethèse,toutesformations susceptiblesde lesaider aumieuxetde
guider leurspas sur ce chemintortueux, laborieux, harassantetdésespérant
par moments, qui lesconduitdepuislespremiersélansardentsjusqu’à
l’achèvementdu travail etàsasoutenance.

12

De plus, lesjeuneschercheursnesontpasaidésdansleurtravail avec les
nuances, lesdivergencesetparfoismême lesdifférencesd’uneuniversité à
l’autre, d’une UFR/Faculté à l’autre,voire à l’intérieur d’une même UFR,
auplan de la nature etde la conception même du travail de recherche, de
son organisation, desa rédaction etdesa réalisation.
Ainsi, en Lettres, Littératures, ArtsetScienceshumaines, lesdisciplines
oulesmatières sontdiversesetmême différentesles unesdesautres, les
modèlesd’analyse, lesméthodescritiquesd’approche oud’analyse des
textes sont variéesetdifférentes ;de même lesmodèlesetlesguidesde
rédaction etde présentation des travauxeffectués varient selon les
disciplines, lesdépartementsoufilières,selon la nature de la recherche, le
niveauetlesexigencesde l’étude etmêmeselon aussi lesencadreursou
directeursde recherche.
De fait, lesdirecteursde recherchesonteux-mêmesconfrontésaussi à
descontraintesadministrativeset scientifiquesou s’entiennent souventaux
pratiquesde leuruniversité oude leur Faculté/UFR ouencore aux traditions
disciplinairesétablies. C’estpourquoi il estdifficilevoire impossible
d’avoirun livreunique de méthodologie,valable pourtouslesdomaineset
pourtouteslesdisciplines.
C’estpourquoi aussi il esthorsde proposde remettre en question les
particularismes, lespréférences, des usagesrespectablesexistants ;mais,
entoutétatde cause etmalgré
lescontradictionsoulesdivergences(etpeutêtre à cause de cela), certainesexigencesdoivent s’imposer àtousetles
règlesinstitutionnellesainsi que lesnormesacadémiquesconcernant
l’organisation, la confection, la rédaction etla présentation d’un T.E.R.
doiventêtre appliquéesautantque possible. Cesprescriptionsouces
dispositionsréglementaires sontde différentesnatures: administratives,
intellectuelles, méthodologiques, formelles. Leur connaissance permetaux
étudiantsde mener à bien leurs travauxdepuisla conception jusqu’à la
soutenance.
C’esten pensantaux soucisetauxquestionsdesjeuneschercheurs, aux
difficultésdetoutes sortesqu’ilsrencontrentdansla pratique, aux
problèmeseffectifsde méthodologie quise posentà euxetauxquelsils sont
confrontésdansla préparation, la conception, la rédaction, la présentation
etlasoutenance de leursmémoiresoude leurs thèses ;c’esteuégard aussi
auxdéfautsrelevés, auxreprochesetcritiquesfaitspar lesmembresde jury
lorsdes soutenancesque j’ai conçuetécritce livre. Cetautre livre de
méthodologie dumémoire etde lathèse qui, espérons-le, répondra aux
préoccupationsetauxattentesdes unsetdesautres.

13

Assurant, depuisde nombreusesannées, le coursde méthodologie de la
recherche en Maîtrise de Lettresmodernes, puisen DEA auniveaudetoute
l’UFR de Langues, LittératuresetCivilisations, responsable duDEA etde
la formation doctorale, directeur de mémoiresetdethèses, présidentde
jurysdesoutenance, j’ai acquis,sansfausse modestie,une certaine
expérience en la matière, dontjevoudraisfaire profiter lesétudiants, les
jeuneschercheursetaussi descollèguesenseignants.
C’estd’abord auxétudiants, auxjeuneschercheurs,souventdémunis,
désemparés, laissésà eux-mêmes, que ce livre estdestiné. Ils y trouveront
desinformationsgénérales,utilesetpratiquesetdesréponsesconcrètesà
leurspréoccupationsetbesoins.
Ce livre d’adresse ensuite auxcollèguesenseignantsetàtousceuxqui,
d’une façon oud’une autre, dirigentdes travauxde mémoire etdethèse ou
participentà desjurysdesoutenance. Il estbon d’avoir desrepères
communs, lesmêmesrèglesetnormes universitairesde référence, d’avoir
desprescriptionsconsensuellesde rédaction etde présentation des travaux
d’étude etde recherche pour parlersinon le même langage dumoins traduire,
avec desmotsdifférentseten dépitdespréférencesde chacun, lesmêmes
principesetlesmêmesexigencespouruntravail de rechercheuniversitaire
comme le mémoire oulathèse de doctorat.
C’estde façon délibérée que mon livre nes’attarde pasauxméthodeset
techniquesde recherche, quisont sensiblement variables voire différentes
d’une discipline à l’autre, etqui, par ailleurs sont souventbien exposésdans

2
desmanuelsdisponibles.
L’intérêtde ce livre estavant toutd’apporter desréponsesoudeséléments
de réponse auxbesoinsconcretsetimmédiatsdesjeuneschercheurs, de
traiter detouslesaspectsdesproblèmesméthodologiquesauxquelsils sont
souventconfrontésetqui bloquentparfoisleur progression. L’objectif est
donc clair;il estpar-dessus toutdidactique etpragmatiquinformer,e :
expliquer, exposer, aufur età mesure età l’occasion, lesdispositions
réglementaires, lesnormes, lesprescriptionsetles techniquesactuelles
d’élaboration, de réalisation d’un mémoire oud’unethèse.

2.Cf. par exemple :1-Marie-Fabienne FORTIN, 1996, Le processus de la recherche. De la conception à la
réalisation.Québec, Décarie Editeur.
2-Russel A. JONES, 1996, Méthodes de recherche en Sciences humaines(2e éd.),
Bruxelles, De Boeck.
3-R. QUIVY, L. VAN CAMPENHOUDT,2001, Manuel de recherche en sciences
sociales(2e éd.), Paris, Dunod.

14

Si ce livre n’a pas la prétention de proposer ici un cadre normatif qui
s’impose à tous les chercheurs et a priori aux étudiants deMaîtrise etaux
doctorants, il a l’ambition d’êtreun guide,une référence indispensable pour
touteslesquestionsrelativesàuntravail d’étude etde recherche
universitaire.
Danscette perspective, la première partie fournit touteslesindicationset
lesinformations sur la recherche elle-même,sur lescoursetles séminaires
de Maîtrise, de DEA/Master, de doctorat,sur les travauxde recherche
universitaire dontle mémoire etlathèse.
La deuxième partie, pluspratique, estconsacrée à la conception, à la
rédaction etla réalisation concrète d’un mémoire oud’unethèse.
Latroisième partie abordetouslesproblèmesrelatifsà lasoutenance.

Ce livrese présente commeun outil pédagogique,un guide pratique pour
desjeuneschercheurset unvademecum ou un ouvrage de référence pour
lesenseignants. J’espère que chacuny trouverason compte !Ceseraitma
joie etla récompense detoute la peine que je mesuisdonnée pour l’écrire!

15

PREMIÈRE PARTIE :

ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE
USIVERSITAIRE

Dansl’enseignement supérieur etplusparticulièrementdanslesgrandes
écoles, beaucoup de formations seterminentet s’évaluentparun mémoire
ditmémoire de fin d’étudesoude fin de cycle.
Dansles universitésetnotammentdanslesFacultésouUFR de Lettres
etScienceshumaines, il existe généralement trois typesdetravaux
académiquesde recherche: le mémoire de Maîtrise quisanctionne la fin du
2cycle, le mémoire de DEA oude Master quisanctionne la 1année du
e ère
e
3cycle oudesétudesdoctorales, etenfin lathèse de doctoratqui couronne
toute la formation doctorale qui dure3à 4 ans.
La rédaction de ces travaux universitairesde recherche nonseulement
répond à desnormesetà desdispositionsréglementairesmais supposeun
grand effortde réflexion, d’analyse,une activité effective de recherche;
bref, ils’agitd’untravailscientifique qui estl’aboutissementheureuxd’une
investigation minutieuse etméthodique, d’une étudesystématique et
approfondie.
La première partie de ce livre aborde, àtraverslesdifférentschapitres,
lesprincipauxaspectsde la recherche ainsi que lesétudesetles travaux
universitaires.

19

CHAPITRE 1

LA RECHERCHE USIVERSITAIRE,
USE RECHERCHE SCIESTIFIQUE

Puisque lesmémoiresde Maîtrise, de DEA oude Master, comme lathèse
de doctorat,sontdes travauxde rechercheuniversitaire, desétudesà caractère
scientifique, il importe de définir ce qu’estprécisémentla recherchescientifique.
Pour comprendre cette notion derecherche scientifiqueetmieux
appréciersavaleur heuristique, il convientde rappeler lesautres sources,
moyensouméthodesd’acquisition desconnaissancesquesontpar exemple
l’intuition, l’expérience personnelle, latradition, la déduction oule
raisonnementlogique.
L’intuition naturelleest une forme de connaissancespontanée, de
certitude immédiatesansrecoursauraisonnement, à l’expérimentation ouà
desréférencespréalables. Si la pensée intuitive aide beaucoup, notamment
dansla créativité etdanslesœuvresartistiquesetlittéraires, elle demeure
un moyen peu satisfaisantpour la rechercheuniversitaire parce que non
toujoursfiable, parce que parfois sujette à illusion etdonc à caution.
L’expérience personnelle, avecsesobservationset ses tâtonnements,
sesessaiset seserreurs, estaussiun autre moyen de connaissance. Maisces
expériencespersonnelles, parce que nonsystématiques, parce quesujettesà
erreurs, ne peuventêtre considéréesen elles-mêmescommeune méthode
sûre, efficace d’acquisition desconnaissances, mêmesi elles sont utilesà la
recherchescientifique.
De même,les traditions séculairesreposant sur desobservations
empiriques, desfaitsrépétés, peuventavoirune certainevaleur entantque
source de connaissance, maisne peuventêtreutiliséescommeune méthode
scientifique indéniable d’acquisition de la connaissance.

21

La déductionoule raisonnement logiquequi combine à la fois
l’observation, l’expérience, des connaissances assimilées, des facultés
intellectuelles et le processus de pensée, est également un bon moyen
d’acquisition.
Ainsi, par descalculs savantsetméthodiques, on a puobtenir certains
résultats, on a pumontrer par exemple l’existence detel ou tel astre lointain
etinvisible à l’œil nu. Maisni le raisonnementinductif ni le raisonnement
déductif ne peuventconstituerune basesolide etirréfutable de
connaissancescientifique comme la recherchescientifique.
Detouteslesméthodesd’acquisition desconnaissancespasséesen revue
ici, aucune ne permetde mener effectivementà bienuntravail d’étude etde
rechercheuniversitaire de l’envergure d’un mémoire oud’unethèse de
doctoratetd’aboutir à desrésultatsprobantsetincontestables. En effet, ce
type de recherchesupposeune démarche heuristiquesystématique et
rigoureuse, rationnelle etminutieuse, brefune recherchescientifique.
Celleci estpar-dessus tout un processusméticuleux, cohérent, méthodique,
comportant un ensemble d’activitésintellectuellesetexpérimentales, des
effortsd’investigation fouillée pour découvrir ce qui estcaché, pour
comprendre etexpliquerun faitou un phénomène constaté.
La recherche scientifique, en d’autres termes, consiste enuntravail de
recherche patiente, de prospection laborieuse, d’analysesystématique et
perspicace desdonnéesobservableset vérifiablespour apporterune réponse
oudesélémentsde réponse àun problème donné, àune question quise pose.
Cesontlà, il fautlesouligner encore, lescaractéristiques spécifiquesde
la recherchescientifique. C’esten cela qu’ellese distingue desautres
moyens,sourcesouméthodesd’acquisition desconnaissancesetles
surpassetoutes.
Ainsi conçue, la recherchescientifique,selon Paul N’DA« a pour
finalité de découvrir l’inconnu, de traquer la vérité cachée afin de faire
3
sortir quelques évidences». Eneffet« lesparcelles de vérité se
dissimulent sous les objets, les faits, les comportements et attitudes, les
évènements, les phénomènes, les pratiques sociales, etc.»
4
Par conséquent, le processusde recherche oula démarchescientifique
permetnormalementd’avoir desdonnées sûres, desanalysesfondées sur
desbases scientifiques solides, d’obtenir desrésultatsfiables,vérifiableset

3.Paul N'DA,2006, Méthodologie de la recherche. De la problématique à la discussion des résultats,Abidjan.
Editions universitairesde Côte d'Ivoire (EDUCI), p.16.
4. Ibidem,p.16.

22

indéniables ; elle permet aussi de générer et d’acquérir de nouvelles
connaissances et de faire progresser la science grâce aux apports nouveaux
et à des contributions originales.
Dansla recherchescientifique, on distingue généralementdeux typesde
recherche :la recherche fondamentale etla recherche appliquée.
La recherche appliquéeestcelle qui estfaite dans un butdéterminé et
pratique,visantdesrésultatsconcrets,utilisablesdanslasociété etpar la
communauté, oupour résoudre desproblèmesquise posent, ouencore pour
améliorer lesconditionsdevie. C’estle caspar exemple desrecherches sur
l’huile de palme,sur le riz, desrecherches sur le paludisme,sur lesida, des
recherches sur leslaserschirurgicaux, desrecherchesdanslesdomaines
technologiques telsque lesNTIC oulesTIC (comme on ditaujourd’hui) ou
lespucesà ADN, etc.
La recherche fondamentaleaucontraire est, pour ainsi dire, faite pour
elle-même,sansbutpratiquespécifique etintéressé. Selon Alain Guénoche
« C’estl’activité intellectuelle qui est développée pour comprendre.
Comprendre le fonctionnement de la cellule, de l’organisme, de l’individu,
de l’espèce, de la société, de l’environnement, du vivant, de l’univers, sans
oublier les domaines qui nerelèvent pas de l’observable comme les
mathématiques ou la philosophie».Il précise que« la recherche
5
fondamentale, c’est celle qui essaie de répondre aux questions naturelles,
le fonctionnement de l’univers, la stabilité du système solaire, la
composition de la matière, l’origine de la vie, l’évolution des espèces,
l’influence de l’homme sur l’environnement, le fonctionnement de la
6
mémoire, la perception sensorielle etc.»
Ensomme, la recherche fondamentale, c’estla recherche de
connaissancesnouvellesetde champsd’investigation nouveaux sans visée
utilitaire, économique ou sociale. La recherche par exemple de planètes
dansl’universn’a, pourrait-on dire, aucuneutilité immédiate réelle, mais
permetaumoins— etc’estcelasa finalité — de comprendre commentles
planètes se formentetdisparaissent. De mêmeune recherche
mathématique,une recherchethéologiquesur la Trinité oul’eschatologie
toutcommeune recherchesur la métaphysique chezPlaton ou sur
l’esthétique dans une œuvre d’artoude littératuresontdesrecherches
fondamentalesimportantesmêmesi ellesne paraissentpasd’utilité
pratique.

5.Alain GUENOCHE,responsable de l'équipe de Méthodesmathématiquespour le Génomique de l'Institut
de Mathématique duLuminyà Marseille. Source :www.recherche-endurger apine.org
6. Ibidem.

23

Il faut donc admettre que la recherche fondamentale, en tant que
préoccupation ou désir de l’homme de savoir et de connaître, de
comprendre l’homme et la société, l’univers qui l’environne, se confond de
plus en plus avec la recherche appliquée, finalisée. En effet, il arrive qu’une
recherche fondamentale aboutisse un jour à une découverte concrète et soit
utilisée au quotidien pour le bien de l’homme et au bénéfice de la société.
C’estle casde la découverte de la pénicilline par Fleming pourtraiter les
maladiescontagieuses. Onse rappelle aussitoutl’intérêtdes travauxde
recherche de LouisPasteur etle grand progrèsmédical réalisé avec la
microbiologie qu’il avaitcréée.
On doitdoncse garder de dissocier etd’opposer mécaniquementla
recherche fondamentale etla recherche appliquée, lesdeuxallantplutôtde
pair. Ainsi, à côté de la recherche concrète,utilisable, doit se développer
aussi la recherche fondamentale qui alimente etféconde la première. Il faut
lesavoir, il ne peut yavoir de recherche appliquéevalablesansrecherche
fondamentale ! Il n’yauraitpasde laserschirurgicaux si l’on avaitpas
essayé de comprendre la nature de la lumière;de même il n’yauraitpasde
pucesà l’ADNsansle décryptage des séquencesbiologiques.
Entoutétatde cause, la recherche, qui est une démarche rationnelle et
systématique d’acquisition de connaissance, conduità desdécouvertesetau
progrèsde l’humanité. C’estlà l’objectif etla raison essentielle des
recherchesà l’université. Il n’ya pasd’enseignement supérieurvalablesans
recherche de qualitLa recherche comme l’ené !seignement sontlesdeux
mamellesde la formationuniversitaire; sourcesfécondesetfertilisantes,
touslesdeux s’avèrentindispensablesetnécessairementcomplémentaires.
Cesontdesinvestissementscoûteux, qui,toutcompte fait, nesontjamais
perdus: leur rentabilitése mesure nonseulementaunombre mais surtoutà
la qualité deshommesformés.
Danscetravail de recherchescientifique, il convientde dire clairement
que ce qui importe le plusetavant tout, ce n’estpasd’abord lesrésultats
obtenus, maislesquestionspertinentespourse donner lesmoyensetles
meilleureschancesde parvenir aubut, c’est-à-diretrouver oudécouvrir ce
qu’on cherche. A ce propos, le grandsavantEinstein disait, nonsans
humour, que lascience estbien moinsdansla réponse que dansles
questionsque l’onse pose. Deson côté, etdansle même ordre d’idée,
Gaston Bachelard a ditque «quand on nesaitpasce que l’on cherche, on
nesaitpasce que l’ontrouve ».C’estdiretoute l’importance de la question
de recherche oudesproblèmesauxquelsl’étude cherche à apporterune
réponsesatisfaisante.

24