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Mise en œuvre de la professionnalisation dans l’enseignement supérieur (Alternance – e-learning – parcours)

De

Souvent perçue comme une injonction sociale, notamment dans l’enseignement supérieur, la professionnalisation soulève de nombreuses questions vives, à la fois en tant qu’objet social, mais aussi en tant qu’objet scientifique. Cet ouvrage entend ainsi contribuer à la réflexion menée sur la professionnalisation dans le champ de l’éducation et de la formation en posant un nouveau regard à travers l’analyse des diverses formes de mise en œuvre de la professionnalisation. La plupart des recherches consacrées aujourd’hui au thème de la professionnalisation dans l’enseignement supérieur tentent d’appréhender les apports et les limites des restructurations que subissent les formations en vue de répondre à des politiques prônant avec vigueur un rapprochement entre les systèmes éducatif et productif. Pour répondre à cette demande de professionnalisation, de nombreux dispositifs ont été mis en place, à travers trois modalités de formation – l’alternance, le e-learning et les parcours –, et ce avec le risque de créer une technicisation des formations qui laisse peu de place aux savoirs. L’objet de cette contribution est d’interroger ces formes de mise en œuvre visant la professionnalisation en termes d’apprentissage et surtout de voir à quelles conditions ces modalités peuvent constituer des leviers pour un développement professionnel qui s’appuie sur des savoirs. Pour développer notre réflexion, cet ouvrage s’appuie sur des terrains variés de l’enseignement supérieur (écoles professionnelles, grandes écoles, universités) qui se rapportent à différents champs professionnels : soins, formation des adultes, enseignement, gestion, conseil et recherche. Les recherches dont il est question ici couvrent trois pays différents : le Canada, l’Espagne et la France.


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Mise en œuvre de la professionnalisation dans l’enseignement supérieur (Alternance – e-learning – parcours) Coordonné par Lucie Roger
Sommaire Mise en œuvre de la professionnalisation dans l’ens eignement supérieur (Alternance – e-learning – parcours) Sommaire Introduction Lucie Roger Première partie Quelles modalités de l’alternance favoriser dans le s formations professionnalisantes? Chapitre 1-Approche par les compétences et dispositifs en alternance : l’étude comparée de formations infirmières en France et en Espagne Mehdi Boudjaoui, Université de Lille 1 Chapitre 2 Contribution bachelardienne à la conception d’une alternance des savoirs et des temps de formation pour l’apprentissage profess ionnel des enseignants Lucie Roger, Université du Québec à Montréal Chapitre 3 L’alternance dans les grandes écoles françaises. Qu el modèle spécifique? Quelles conditions de réussite aujourd’hui? Corinne Hahn, ESCP Europe Point de synthèse L’alternance comme moyen de mettre en œuvre la professionnalisation dans l’enseignement supérieur ? Jordi Coiduras, Université de Lleida Deuxième partie Quand le e-learning favorise la professionnalisation des acteurs Chapitre 4 Le déploiement des ENT dans l’enseignement supérieur en France : Quel e-learning pour quelle professionnalisation? Pascal Marquet, Université de Strasbourg Chapitre 5 Usage des TICE pour soutenir les enjeux de la professionnalisation des enseignants à l’université. Pierre-André Caron, Laboratoire Cirel, Université de Lille1 Chapitre 6 La formation à distance de formateurs d’adultes. Des défis de conception de la formation aux défis d’accompagnement des formateurs en apprentissage.
Carine Villemagne, Université de Sherbrooke Point de synthèse Le e-learning comme moyen de mettre en œuvre la professionnalisation dans l’enseignement supérieur ? Jacques Wallet, Université de Rouen Troisième partie Des parcours de professionnalisation pour favoriser l’apprentissage Chapitre 7 Formation à l'interdisciplinarité en contexte doctoral et constitution de la discipline gérontologique 3 Yves Couturier , Louise Belzile, François Aubry et Dominique Lorra in, Université de Sherbrooke Chapitre 8 Dispositif de formation expérimental : double enjeu de professionnalisation Analyse du sentiment d’efficacité professionnelle et du sentiment de réussite des acteurs Lucie Aussel, ENFA de Toulouse Chapitre 9 Le coaching exécutif pour des directions d’établiss ement d’enseignement en insertion professionnelle : identification de situations de pratique professionnelle Lise Corriveau, Marc Garneau et Nancy Lauzon, Unive rsité de Sherbrooke Point de synthèse Les parcours comme moyen de mettre en œuvre la professionnalisation dans l’enseignement supérieur ? Thierry Piot, Université de Caen Basse-Normandie
Introduction Lucie Roger Souvent perçue comme une injonction sociale, notamm ent dans l’enseignement supérieur, la professionnalisation s oulève de nombreuses questions vives, à la fois en tant qu’objet social, mais aussi en tant qu’objet scientifique. Cet ouvrage entend ainsi contribuer à la réflexion menée sur la professionnalisation dans le champ de l’éducation et de la formation en posant un nouveau regard à travers l’analyse des diverses for mes de mise en œuvre de la professionnalisation. La plupart des recherches consacrées aujourd’hui au thème de la professionnalisation dans l’enseignement supé rieur tentent d’appréhender les apports et les limites des restructurations que subissent les formations en vue de répondre à des politiques prônant avec vigueur u n rapprochement entre les systèmes éducatif et productif. Pour répondre à cet te demande de professionnalisation, de nombreux dispositifs ont é té mis en place, à travers trois modalités de formation – l’alternance, le e-learning et les parcours –, et ce avec le risque de créer une technicisation des formations q ui laisse peu de place aux savoirs. L’objet de cette contribution est d’interr oger ces formes de mise en œuvre visant la professionnalisation en termes d’ap prentissage et surtout de voir à quelles conditions ces modalités peuvent constitu er des leviers pour un développement professionnel qui s’appuie sur des sa voirs. Pour développer notre réflexion, cet ouvrage s’appuie sur des terra ins variés de l’enseignement supérieur (écoles professionnelles, grandes écoles, universités) qui se rapportent à différents champs professionnels : soi ns, formation des adultes, enseignement, gestion, conseil et recherche. Les re cherches dont il est question ici couvrent trois pays différents : le Canada, l’Espagne et la France. L’ouvrage est divisé en trois sections qui correspo ndent aux trois formes de mise en œuvre de la professionnalisation. À la fin de chacune des sections, une synthèse cherchera à répondre à la question posée e n titre de section. La première partie de cet ouvrage présente l’altern ance comme modèle de mise en œuvre de la professionnalisation. Nous prop osons de chercher à identifier quelles sont les modalités de l’alternance à favoriser dans les formations professionnalisantes? Au premier chapitre, Mehdi Boudjaoui expose les effets de l’alternance sur les dynamiques professionnelles et identitaires des infirmiers (ères) en formation. Au deuxième chapitre, Lucie Roger propose une contribu tion bachelardienne à la conception d’une alternance des savoirs et des temp s de formation pour l’apprentissage professionnel des enseignants (e) s . Au troisième chapitre, Corinne Hahn présente le modèle d’alternance/appren tissage dans les grandes
écoles françaises : entre professionnalisation et académisation des formations. La deuxième partie de l’ouvrage propose le e-learning comme mode de mise en œuvre de la professionnalisation. Cette section cherchera à identifier les conditions nécessaires pour que le e-learning favorise la professionnalisation des acteurs. Dans le quatrième chapitre, Pascal Marquet fait le point sur le déploiement des ENT dans l’enseignement supérieur e n France et met en tension les modèles de e-learning et de professionn alisation. Dans le cinquième chapitre, Pierre-André Caron propose l’usage des TICE pour soutenir les enjeux de la professionnalisation des étudiants et des ens eignants à l’université. Au sixième chapitre, Carine Villemagne s’intéresse à l a formation à distance de formateurs d’adultes, depuis les des défis de conce ption de la formation jusqu’aux défis d’encadrement des apprenants. La troisième partie de cet ouvrage s’intéresse aux parcours de professionnalisation pour favoriser l’apprentissage . Dans le septième chapitre, Yves Couturier, Louise Belzile et Dominique Lorrainle Parcours exposent doctoral interdisciplinaire, interprofessionnel et interfacultaire, comme constitutif d’une construction disciplinaire de la gérontologie . Au huitième chapitre, Lucie Aussel présente un dispositif de formation expérimental ayant un double enjeu de professionnalisation et analyse le sentiment d’effi cacité professionnelle et le sentiment de réussite des acteurs. Lise Corriveau, Nancy Lauzon et Marc Garneau proposent au neuvième chapitre une analyse des situations professionnelles et un transfert des apprentissages dans le cas des formations coaching pour des directeurs d’établissement scolaire. Ces trois formes différentes de mise en œuvre de la professionnalisation dans l’enseignement supérieur sont présentées dans cet o uvrage par la présentation d’expériences formatives d’institutions françaises et canadiennes dans des champs de formations variés. Chacune des synthèses cherche à identifier des questions vives et qui semblent rassembler les poin ts importants de chacun des chapitres. La conclusion de cet ouvrage appartient au lecteur, à ses propres interrogations sur la mise en œuvre de professionna lisation dans l’enseignement supérieur. Chercher à mettre en œuvre la profession nalisation impose de s’intéresser au développement des acteurs et à leur s apprentissages. Or quelles sont les conditions à une mise en œuvre réussie ? C ’est à cette question que les auteurs sollicités pour cet ouvrage ont tenté de répondre.
Première partie
Quelles modalités de l’alternance favoriser dans les formations professionnalisantes?
Chapitre 1-Approche par les compétences et
dispositifs en alternance : l’étude
comparée de formations infirmières en France et en Espagne Mehdi Boudjaoui, Université de Lille 1
Introduction
Dans le cadre de la création d’un espace européen d e l’enseignement supérieur, les formations infirmières nationales ont dû mettre en place plusieurs réformes ces dernières années : harmonisation des g rades de diplômes et généralisation de l’approche par les compétences (APC). Au-delà de ces transformations macroscopiques, notre volonté est de comprendre leurs effets au niveau mésoscopique. Dans une perspective comparatiste, nous avons analysé deux dispositifs : un français et un espagnol. Nous nous sommes intéressés à la manière dont les acteurs éducatifs ont construit la formation au regard de l’alternance études travail. Notre approche peut être qualifiée de « dispositive », car elle se base sur une théorie qui dépasse l’approche de Michel Foucault et qui part de l’idée qu’un dispositif peut également être un cadre organisateur pour des usages autonomes, parfois décalés par rapport aux intentions des concepteurs. Dans cette direction, nous partons du postulat que la conception d’un dispositif de formation potentialise des fonctions éducatives, mais s’actualise à travers des usages. Chaque dispositif de formation a une valeur éducative d’usage qui peut alimenter son évaluation et réorienter son ingénier ie. Pourquoi étendre ces principes généraux à la formation en alternance? À l’instar de Barbier (2007), nous considérons les formations en alternance comme des dispositifs ensembliers où différentes formes d’interventions éducatives cohabitent et se complètent. Aussi, ils sont plus à même de générer des usages singuliers, car ils impliquent plusieurs parties prenantes. Selon nous, c’est à partir de ces usages concrets que l’on pourra émettre des hypothèses sur son potentiel de développement professionnel des étudiants. Dans cet article nous allons préciser dans un premier temps, ce que nous entendons par analyse dispositive d’une formation en alternance. Dans un second, temps nous allons donner quelques éléments de contexte sur la formation
infirmière en France et en Espagne. Dans un troisiè me temps, nous allons proposer une analyse comparée de ces deux dispositifs.
L’analyse dispositive de la formation en alternance : repères théoriques
Du dispositif disciplinaire au dispositif coopératif Dispositif vient du latindisponere qui voulait dire « mettre en ordre, arranger ». C’est dans ce sens que Michel Foucault attribue aux dispositifs une fonction de mise en ordre de la société à travers les institutions. Néanmoins, c’est souvent leurs effets négatifs que l’on retient dans l’œuvre de Foucault (1975), c’est-à-dire leurs dimensions disciplinaire, inquis itrice et aliénante. Agamben (2007) propose plutôt une filiation avec le concept grec d’oikonomiaqui voulait dire l’administration de la maison, l’oikos, et dont la traduction latine des théologiens de l’époque étaitdispositio. Selon Agamben (2007), les dispositifs foucaldien seraient liés à cette idée : un ensemble des moyens qui perm et la réalisation d’une gouvernance. En effet, la définition qu’il proposera plus tard donne une portée plus générale à la notion : Ce que j’essaie de repérer sous ce nom, c’est, premièrement, un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques, bref : du dit, aussi bien que du non-dit, voilà les éléments du dispositif. Le dispositif lui-même, c’est le réseau qu’on peut établir entre ces éléments (Foucault 1977/1994, p. 299). Le dispositif va se mettre en place d’abord pour répondre à une intention politique, c’est-à-dire pour remplir « une fonction stratégique dominante », souvent pour « répondre à une urgence » (Foucault, 1977/1994, p. 299). Il va survivre à l’intentionnalité et aux visions qui ont présidé à sa mise en place par un double processus de « surdétermination fonctionnelle » et de « perpétuel remplissement stratégique ». Ici Foucault met en exergue une prop riété fondamentale des dispositifs; ils peuvent générer des effets non intentionnels, mais ils ont pour caractéristique fondamentale de les réutiliser à des fins politiques, et à remplir ainsi {1} un vide stratégique. Au tournant des années 1990, les technologies numériques vont permettre d’entrevoir les dispositifs d’une fa çon moins panoptique, plus pragmatique et interactive (Peeters & Charlier, 1999). À ce titre, les dispositifs disciplinaires foucaldiens peuvent être considérés comme étant des cas limites dont les effets aliénants ne seraient qu’une dérive .A contrario, avec les technologies numériques, la rationalité instrumentale va se déplacer vers une intégration optimale de l’autonomie du sujet jusqu’à l’expérimentation de dispositifs supposés ouverts, coopératifs et collaboratifs. D’ailleurs, même, une idéologie « dispositive » semble se préfigurer avec pour norme une récursivité forte entre