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Spécificités n°5. Pratiques et usages

De

« Projets : pratiques et usages », interroge les pratiques professionnelles : la notion et son évolution, l’usage mais aussi les dérives, le projet individuel comme le projet institutionnel.
> Les significations et les usages attribués dans des domaines différents allant de la formation professionnelle à celui, plus particulier, de la pratique du projet individualisé.
> Les participations et les déviances, où les participations des usagers sont requises, constituant un préalable à l’action publique. Pour autant, ne faut-il pas expliciter ce qu’elles recouvrent et s’interroger sur les formes d’instrumentalisation dont elles sont l’objet ?
> Les incompréhensions et les perspectives, dernière partie du dossier où la recension d’une production règlementaire abondante dans le domaine scolaire montre, néanmoins, le chemin qu’il reste à parcourir en vue de rendre explicite la pédagogie de projet au sein des communautés éducatives.


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5- SpécifiCITéS-
La revue des Terrains Sensibles
 

Projets:pratiquesetusages

DossiercoordonnéparH.Cellier

Décembre2012
 

CHAMPSOCIALÉDITIONS

Présentation du numéro : « Projets : pratiques et usages », interroge les pratiques professionnelles : la notion et son évolution, l’usage mais aussi les dérives, le projet individuel comme le projet institutionnel.

> Les significations et les usages attribués dans des domaines différents allant de la formation professionnelle à celui, plus particulier, de la pratique du projet individualisé.

> Les participations et les déviances, où les participations des usagers sont requises, constituant un préalable à l’action publique. Pour autant, ne faut-il pas expliciter ce qu’elles recouvrent et s’interroger sur les formes d’instrumentalisation dont elles sont l’objet ?

> Les incompréhensions et les perspectives, dernière partie du dossier où la recension d’une production règlementaire abondante dans le domaine scolaire montre, néanmoins, le chemin qu’il reste à parcourir en vue de rendre explicite la pédagogie de projet au sein des communautés éducatives.

Présentation de la revue Spécificités : Les recherches de l’équipe portent d'une part, sur les institutions et dispositifs d'intervention sociale, éducative, scolaire et pédagogique en « terrains sensibles », sur les phénomènes de crise et en particulier de violence qui s'y jouent ; d'autre part, sur les essais de résolution de ces crises par les innovations et les expérimentations que conduisent les acteurs vivant et travaillant dans ces terrains.

Elles s'intéressent aux recompositions actuelles qui interrogent les clivages institués entre éducation formelle et informelle, entre scolaire et éducatif, entre centre et périphérie, entre urbain et social. Elles étudient également les différents territoires et usages de la pédagogie dans la ville, dans l'école et dans la classe.

 

Éditorial

HervéCellier

Leconceptdeprojetestdevenu l’organisateurdelaction publique. Depuisunequarantainedannées,peuàpeu,ilaaccompaglaremise enquestiondespratiquesprofessionnelles,lesinscrivant,leplussouvent dansuneréflexiondynamiqueetcollaborativedestinéeàlamélioration de laqualitéduservicerendu aux usagers.

EnintitulantleN°5deSpécifiCITéS«Projets:pratiquesetusages», nousavonsrésolumentvouluinterrogerlespratiquesprofessionnelles:la notionet sonévolution,lebonusagemaisaussilesrives, leprojet individuelcomme leprojetinstitutionnel.

Ladimensionprédictiveet innovante, inhérenteà lamarchedeprojet peutserévélermiseàmallorsquelledevientuneformedestérilisation delactionpublique.Aucontraire,elleestsourcede créationlorsquelle emprunte à dautres espaces institutionnels novateurs. Après tout, bien avantquenesoientinstituéslesprojets décoles etdétablissementsdes années90, ne parlait-onpasde projetséducatifsetpédagogiquesdans les colosetcentresde vacances sansbergement?

Lescontributions sontdisposéesentroisparties. Lessignificationsetlesusagesattribués dans desdomainesdifférents allantde la formation professionnelle à celui, plus particulier, de la pratiquedu projetindividualisé.

Lesparticipationsetlesdéviances,lesparticipationsdesusagers sont requises,constituantunpréalable àlactionpublique.Pourautant,ne faut-ilpasexplicitercequelles recouvrentetsinterrogersur les formes d’instrumentalisation dontellessontlobjet?

Lesincompréhensionsetlesperspectives,dernièrepartiedudossier avec la recension duneproduction règlementaireabondantedansle domainescolaire montre,néanmoins,lecheminquil reste àparcourir en vuederendreexplicitelapédagogiedeprojetauseindescommunautés éducatives.Sansdoutesont-celàleseffets,enFrance,duneapprocheleprojetdécoleseraitunesortedautonomie«autorisée»commele souligneunecontributrice,cristallisantdumêmecouplesentimentdune pédagogieimpossibleprécisémentlaméthodologiedemiseenœuvre demeure insuffisante.

Commeilestdésormaisdusage,lescontributeurssontdediversstatuts: professionnels,étudiants, enseignants-chercheurs. Pourbeaucoup, ilssont lun etl’autre.

Onnoteraenfin,dans larubriqueVaria,laprésence dedeuxarticlesde cadres et cadres supérieurs de santé, résultat dune collaboration fructueuseavec l’InstitutdeformationdescadresdesantéetduPôle formationdel’hôpitalSainte-Anne.

Ils illustrent en cela le champ particulier des terrains sensibles: des espacessensiblesau sens médicaldu termedu faitdescrisesquis’y déroulentceuxladifficultéquotidienneamène lesacteursàfaire preuveàlafoisdesensibilitéetdinnovationrelevantdedomainesvariés social, pédagogique, sanitaire, politique,culturel,esthétique…

Première partie : significationset usages

Lafigureduprojetcommeformehybridedecréativité

Jean-PierreBoutinet

Al paradigma actual del proyecto se le adjunta el concepto de hibridación cada vez más empleado, con el cual el proyecto mantiene estrechos lazos de parentezco. En este contexto puede ser sugestivo clarificar las similitudes existentes entre el enfoque del proyecto y la forma de hibridación. Mirar las conductas del proyecto bajo el ángulo de la hibridación permite identificar lo mejor como lo peor que ésta puede conferir al proyecto. La hibridación, muy inestable, puede dar al proyecto el vigor de la heterosis ; pero también, variants de desmedida o de bastardía, que son su inversa. Hablar del proyecto como forma de hibridación significa solicitar la vigilancia de los autores y actores implicados para que ellos privilegien lo mejor y se protejan de lo peor.

Palabras claves : batardía, desmedida, heterosis, hibridación, proyecto.

In our postmodern area the paradigm of the project is increasingly meeting the emerging concept of hybridization. The former paradigm and the latter concept are closely linked. It is necessary to clarify the relation and the similarities existing between the project paradigm and hybridization. Examining the project paradigm in terms of hybridization enables us understand that hybridization, which is very unstable by nature, can generate the best by when it is subjected to a heterotic effect, but also generate the worst when it is translated into the opposite effect of bastardization. Examining the project in terms of f hybridization therefore urges authors and actors to alertness so they can favor the best and prevent the worst.

Keywords: project, hybridization, heterosis, bastardization, excess.

L’actualité du paradigme de projet dans les espaces postmodernes actuels rejoint celle du concept d’hybridation de plus en plus sollicité aujourd’hui et avec lequel le projet, à y regarder de près, entretient des liens de parenté étroits ; aussi peut-il être suggestif de clarifier dans ce contexte les similitudes existantes entre démarche de projet et forme d’hybridation. Appréhender les conduites à projet sous l’angle de leur hybridation permet d’identifier ce que cette dernière, très instable, peut générer de meilleur en conférant au projet la vigueur de l’hétérosis ou de pire matérialisé par l’une ou l’autre variante de démesure ou de bâtardise, son inverse. Évoquer le projet comme forme d’hybridation, c’est donc solliciter la vigilance des auteurs et acteurs impliqués pour qu’ils privilégient le meilleur et se protègent du pire.

Mots clés : Bâtardise, démesure, hétérosis, hybridation, projet.

La figuredu projetestdevenue l’un desparadigmesdominantsdenos sociétésdedébutduXXIesiècle.Elleprésenteuncaractèrecontrastéfait àlafoisdanticipationréflexiveetderéalisationactive,cequipourrait nousinciterpouren saisir ladynamiqueà l’associeràuneforme dhybridation,maisau risquedelavaloriser.En effetcettefigure,dans lanoblessedes idéaux auxquelselle se sentordonnée,ne saurait se laisser facilement assimiler àlavulgaritédunmélange,lepropredunhybride. Pourtantprojetethybridationrelèventdeprocessussimilairesàtravers un travailde transformation que l’un et lautre opèrenten vue de la créationdunnouvelexistant.Deplusilssemontrentpourlemoment, chacun, dune grande actualité: ainsi sur les fréquents usages et mésusagesactuelsdu projet, inutiledinsister, la littératureabonde. Quant àl’hybridation,elleestbienunecaractéristiquedestempsprésentsaux prisesaveclesrencontres interculturelles,lavoitureàmoteurhybride,le métissagedespopulations, lesfamillesrecomposées, lebrouillagedes repèresstructurantsoulapluralitédenosappartenances.Parailleurssans établirdeparenté spontanéeentreprojetethybridation,onpressent néanmoins dautres liens à identifier: l’hybridation nest pas donnée demblée, sinon assez rarement, comme relevant dun phénomène naturel;elleestlaplupartdutempsaucontrairegouvernéeensous-main par une intention humaine originelle quila met en œuvre. Quantau projet, il est évident quil est constitutif, bon an, mal an, dune déterminationintentionnellequilefonde.Ceque,enrevanche,onne prendpassoindobserver, cestqueceprojetdanssonélaboration,sa réalisation et son évaluationestassimilable àunprocessushybride.Le situercommeteletlappréhendersous l’angledelhybridation peutêtre suggestifpoursoulignerl’originalitémaisaussilesambigüitésquilui sontattaces. Telest largumentquenous souhaitonsdiscuterdans le proposquiva suivrepourapporteràlappréhension desconduitesàprojet un pointdevue susceptibledemieux saisirlanatureduprocessuscréatif auquelelles sontordonnées.

Lhybridation, uneactivitécentejàtrèsancienne

Lhybridation relèvedepratiqueshumainestrèsanciennesdecroisement devégétauxoudanimauxdanslebutdevaloriserchez l’organisme engendré,les qualités appartenant aux variétés originelles,en vue de l’améliorationdel’espèce.Sil’onveutbienfaireparlerladoubleorigine étymologiquelatineetgrecque delhybride,nousretiendronsavecPline l’anciendulatinhybridaquelhybridationrenvoieausangmêléàtravers cetteexpérienceinsolitedécriteparPlineducroisementdunetruieavec un sanglier, deux variantes de l’esce porcine; cest ce croisement génétique qui reste toujours présent dans la sémantique actuelle dhybridation, un croisement ordonné à la création dun organisme nouveau aux propriétés inédites en bousculant quelque peu lordre naturel,celuiimposéparlétatdeschoses.C’estuntelcroisementque l’on rencontredailleursdans l’usagemétaphoriquedelexpressionmot hybridepour signifierquece motestconstituéde deux composants appartenantoriginellementàdeuxlanguesdifférentes:ainsilhybride automobileassocielautosgrecau mobilislatin. Maisquelestdonc lintérêtdeproduireunhybride ?Ilrésidedanslesoucidengendrerun organismenouveau plusvigoureux, plusperformantparrapportà ses lignées originelles et danslecas dumothybride,degénérerune sémantique plus consistante, plus suggestive; cette vigueur exceptionnelleapportéepar l’hybridation seraalorsnomméeheterosis. Maislétymologielatine estelle-mêmetributaire duneorigineplus ancienne, plusobscurequinousancredans laculturegrecqueetvéhicule, si laphilologie leconfirme,unesignification àlafoiscaléeet complémentaire fort instructive.Hybridanousviendraiten effetdu grec hubris,cedernierévoque l’exs,lafougue,laviolence,l’imtuosité l’exacerbationdu désirhumain,enunmot ladémesure(Mattei,2009). La filiationgrecqueseraitainsilàpournoussignifier quelelienentre hybridation ethétérosis nestpas automatiqueetselonlescirconstances l’hybridationpeutconduireà lamesure.

Sonarcologielinguistiquerévèle doncquelhybridationsedonne commeactionhumaineprocessuelle soucieusede fusionnerdeux espèces voisinesdans les domaines végétal et animalet parextension métaphoriquedansledomainehumaindenospratiquessociales,envue deconstituerunorganisme,uneorganisation,unproduitplusroboratif. Néanmoinsde faitcettehybridation, malgré son intentionnalitéoriginelle, sembleévoluerversdeux formesopposéesdemixité,defusion,lune génératricedunproduitnouveauplusvigoureux quesescomposants, l’autre engendrantdansce quelle agrège une forme de dérèglement, dexcès,dedéchaînement:sansdoutelhybridationnousrévèle-t-elleà sa fon lambivalence de laction de l’homme à travers ses effets, destinéeàoscillerentrelavigueuretlamesure. Mais, autreissue possible,lhybridesefaitparfoisbâtardetàcesdeuxformesdemixité quenousvenonsdévoquer,ilfaudraitdoncenrajouterunetroisième, celledunemixitéquinetientpassespromesses,qui selaissegénérer ou pour reprendre cette fois-ci le vocabulaire du latin médiévalbastardus doriginegermaniquequi nousadonnécetermedetardàcaractère péjoratif,quiestgénéré parunensembledéprécié,sansqualités distinctives.Ainsihétérosis,mesureetbâtardise représenteraient les trois issuespossiblesde toutprocessusdhybridation. Cest surce cadre heuristiquequenousnous appuierons.Cettehybridationcommeintention humainedemanipuler le croisementdedeuxvariétés dunemêmeesce végétaleou animalenedatedoncpasdhieretpourtantellenajamaisété aussiprésentequaujourdhui;elleapourlemoinsleméritedenous permettredebien distinguerculturellementethistoriquementlépoque postmoderne actuellede sa devancière,lépoquemoderne,encoreproche denouset,quantàelle trèspeuhybride,allergiqueàtouteforme dhybridation,aumoinsdanssesintentionsclarées. Àl’opposédela culture moderne épurée et rationnelle,les tempspostmodernes sontau contraire des temps éminemment hybrides, comme nous l’avaient annoncé des travaux précurseurs de la modernité tardive des années 1970-1980,scialement, ceuxdelarchitecteR. Venturi (1966)etdu philosopheJ-F. Lyotard(1979).Venturi annonçaitl’avènementdune architecture delambiguïté destinéeàpoursuivreplusieurs finset àse substitueraustyleinternationaldépouilléàcaractèrerationnel,incarné parlesréalisationsinspiréesdeLeCorbusier.

Prolongeantcetteintuition anticipatrice,Lyotardàlafindesannées1970 voitdans lanouvelleconditionpostmodernequi senvient la findes grands récitsstructurantsetlaprolifération desparticuleslangagières.

Des temps historiques encore proches très peu soucieux dhybridation

Pourmieuxsituerlaspécificitéhybridedestempspostmodernesqui,à bien deségards,constituent l’enversde lamodernité,revenonsàcette dernière. Ainsi la modernité de la Renaissance, comme celle des Lumières,toutcommelamodernitéindustriellequis’enestsuivifurent des périodes peu propices à l’hybridation: le contraste souvent conflictuel quont voulu introduire les penseurs et artistes de la Renaissance au regard de ceux du Moyen-âge est celui du modèle intelligible,daborddansl’expressionartistique,quientendsesubstituer àlasyntsehasardeuseenprivilégiantenartl’imitationdelanature prisepourmodèle;lesLumièresdeleurcôtéopposentcatégoriquement laforcedelaraisonporteusedeprogrèsàlobscurantismedel’autorité sacrale,quellesoitdorigineroyaleoureligieuse;quantàlamodernité industrielle, elle voitle triomphe de l’organisation scientifique du travail surunartisanatsouventramenéàuneformede bricolage.Avecla modernité tardivedes années1960-1970,celle delasociété postindustrielleet encore plusavec lapostmodernitédesannées2000, lialdeclartémodernesestquelquepeuobscurci;leprogrèsordonné parlaraisondesLumièresnestpluslavaleurpharedelasociété ;son substitutactuel,lacroissance,nereprésentequunpis-allerprovisoire; s’impose désormaisl’èredu brouillage, du sangmêlé: brouillage ou pluralitédesrepères, desidentités, des savoirs, desappartenances...

Parexemplecomprendre les tempsactuelsà traversleur forme d’intelligibilité dominante dénommée confusémentpostmodernité nous renvoiebienàunequestiondhybridationquinesaurait selaisserdéfinir parun ou deux concepts-cléscarelleestconstituéedensembles compositesintégrantsimultanémentdeséléments souventopposés dhyper-modernité,decontremodernité, danti-modernitéetdau-delà de la modernité{1}.Si l’hyper-modernité nous fait évoquer l’ubris grecque, celledelexcèscultivéparlestemporalitésde l’immédiatetéoude l’urgence,paraussi lespratiquesdinnovationincrémentaleordinaire (Alter, 2000),parencore lezérodéfautattribuéauproduitfabriqué revendiquantunequalité totale, la contre-modernité, beaucoupplus modesteserépandàbasbruitetdélaisse lesconquêtesbruyantespour valoriserdifférents modes expressifs de mémoires, gages de repli surdes formesdupasséà conserveretà revivifiermaisquien revanche sontpeu soucieusesdhistoricitéausensmoderneduterme:récitdevie,récit biographique, commémorationsinscriraientdavantagedansune logique delhybridaquidoitcommelesuggèreP.Ricoeur(1983) tirerdu récit mémoriell’inventiondune intriguequi soitœuvrede syntse.Quantà l’anti-modernité,briméeàlèreindustrielle,elles’installedans lerefuset s’opposeauxformeshybridesprécédentesdhyperet decontremodernité pour promouvoir le retour à des formes historiques antérieures traditionnelles, consirées dans la pureté de leur authenticité(Compagnon,2005).Cesformesdenouveauchoyéessont délestéesde toute trace dhybridité, celles revendiquantune religion authentiquequitteàle faire sousdes formesdevenuessuètes, celles dune nation dautochtones débarrassée dajouts interculturels, celles dunefamille re-nucléarierepliéesursonpré-carré, cellesduretourà une séparation des sexes prônée parcertaines institutions ou encore celles duculte de lautorité tutélaire.C’estdansun telcontextequeseprofile aujourdhuiunenouvelleorientation difficileàdénommer, tellementnous sommesmomentanémentdépourvusdoutilslinguistiquespourle faire, confrontés à lidit; aussi ce contexte nous lappellerons provisoirement, danslattenteduneconceptualisationplusappropriée, un au-delàdelamodernitécomposite,esquissantdifférentesmodestantôt de compromis, tantôt dintransigeance, tantôt dexcès entre lanti, le contreet l’hyperavec commesoubassement les technologiesde linformationetde la communicationquicherchentàtâtonsdans leurs usages à travers la multiplicité et le brouillage des repères quelles édictent, àtracerun nouveau chemin dengendrement.

Entrehybridationetprojet,unequestion demétonymieplusquede métaphore

Extrapolerleconceptdhybridationau-delàdesonespaceinstitué,celui du croisement de deux variétés différentes appartenant à une même escedanslevégétaloul’animaletlefaireendirectiondelhumain, cestquitterl’usagedescriptifpouremprunterlavoiemétaphoriqueen consirant que les productions humaines peuvent ellesaussi relever pour certaines dentre elles, dans leurcaractère contrasté ou composite, de la figuredu sang mêléetdoncs’apparenterà lamétaphorede l’hybridation ; parcerecoursàune telleimagesuggestivedesang mêléonparleraalors dactivités hybrides, de produits ou de dispositifs hybrides, nous en avons donnédesexemples dans lespagesprédentes,de la famillerecomposée auxappartenances plurielles.Sans doutedans lhumain,onpréfèrera souventutiliserletermedemétissagepourévoquerenson seinle croisementdevariantesgénétiques, icidesraces,delamêmeespèce humaineoulecroisementdactivitéshumainesdiversifiées;enfaitle métissagequiévoque lamixité, lemélange etdonc le sang mêléestbien synonyme dhybridation car tout métissage se ramène in fine à une variantedhybridation, termequenouspréfèreronsici, compte tenu desa richessedévocation sémantique. Danslecasdelafiguredu projet,érigée aujourdhuiaurang devéritableparadigme,onpeut sedemandersi sa relationavec lemétissage etdonclhybridationpour décrirelesactivités humainesquelleentend promouvoir,relèvefinalementdune simple métaphorec'est-à-diredunecomparaisonimagéeouimpliquedavantage. Enfaitcestunevéritablerelationdimplicationquilnousfautposer, plusquederelationsimagéesassociantprojetethybridationcartout projetimpliqueuneformedhybridation quileconstitue.

Ainsi nous devonsconsidérerleprojetcommeunevariante,unsous- ensembledelhybridation etdoncentretenantaveccettedernièreune relationmétonymique.DéjàlebiologisteJ.Monodnousavaitalertédès les années 1970 sur la signification à conférer au projet alors quà l’époquecelui-cinétaitquunconceptpériphériqueéloigdeson accès au rang de paradigme. Dans son célèbre ouvrage Le hasard et la nécessité, Monod définissait lesorganismesvivantscommedes organismesàprojet;appréhendantainsileprojetparsadimensionvitale. Parlàilentendaitsignifier queleprojetpourunorganismevivantétait cette capacité inhérente à tout végétal ou animal de développer des formesde créativitéetdinventivité aptesà trouverdessolutionsau problèmequ’ilrencontrait,celuidêtrevivant,derestervivant,cest-à- dire de persévérer dans lexistence en luttant contre la répétition mortifère,cequàsafaçontentelhybridation.Silalégitimitépremière delhybridationestlhétérosispourentretenirledynamismevital,voire le revivifier, onmesurebienlaparentéétroiteentrehybridation etprojet, ce derniernétantalors consiré que comme unsous-ensemble de l’hybridation,dans lafaçonparlaquelle,cedynamismevitalquiluiest inhérent, il lecultiveprincipalementpar sacapacitécréativelamenantà engendrerunidit.