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Vers une professionnalisation du bénévolat ?

De
170 pages
Alors que les centres sociaux inscrivent leurs actions dans les valeurs de l'éducation populaire, favorisant la transmission des savoirs et des expériences dans un objectif de construction partagée, quelle place occupent les pratiques de formation des bénévoles dans leurs projets institutionnels ? Quel en est l'impact sur les parcours individuels d'engagement ? L'auteur propose ici une analyse des dispositifs qui se développent dans les centres sociaux dans un contexte de renforcement des procédures visant la qualité et l'évaluation des activités.
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VERS UNE PROFESSIONNALISATION
DU BÉNÉVOLAT ?
Florence TARDIF BOURGOINAlors que les centres sociaux inscrivent leurs actions dans les
valeurs de l’éducation populaire, favorisant la transmission des
savoirs et des expériences dans un objectif de construction partagée,
quelle place occupent les pratiques de formation des bénévoles dans
leurs projets institutionnels ? Quel en est l’impact sur les parcours VERS UNE PROFESSIONNALISATION individuels d’engagement ? L’auteur propose ici une analyse des
dispositifs (formation, accompagnement...) qui se développent dans DU BÉNÉVOLAT ?
les centres sociaux dans un contexte de renforcement des procédures
visant la qualité et l’évaluation des activités (en particulier l’accueil
Un exemple dans le champ en centre social). En s’appuyant sur un cadre conceptuel emprunté
à la fois à la formation des adultes (professionnalisation) et à la de l’éducation populaire
sociologie, les pratiques de formation/professionnalisation sont
interrogées au regard des nouveaux modes de coopération qui
viennent « bousculer » la référence traditionnelle aux valeurs
d’éducation populaire.
Le travail d’enquête qui est restitué ici offre au lecteur la possibilité
de découvrir une dimension méconnue de la professionnalisation,
dont le terme même peut contrevenir à l’esprit du bénévolat.
Les réfexions initiées par cet ouvrage s’inscrivent dans un
contexte de renouvellement des pratiques associatives qui implique
notamment de (re)considérer les formes de gouvernance et la
gestion des ressources humaines.
De formation Assistante de service social, Florence Tardif Bourgoin a
complété son parcours en sciences de l’éducation (René Descartes) et
« métiers du développement » (Sciences Po). Assistante socio-éducative
puis chargée de mission associative, elle est aujourd’hui formatrice Préface : Christophe Vandernotte
à l’IRTS de Paris. Dans la continuité d’un Master 2 au Cestes (Centre Postface : Pr Richard Wittorski
d’économie sociale), elle poursuit un doctorat en Formation des adultes
au laboratoire CRF du CNAM de Paris.
Collection « Le travail du social »
Dirigée par Alain VILBROD Le travail du social
ISBN : 978-2-343-04718-8
16,50 €
Florence
« Le travail VERS UNE PROFESSIONNALISATION
du social » TARDIF BOURGOIN DU BÉNÉVOLAT ? Vers une professionnalisation
du bénévolat ?
Un exemple dans le champ de l’éducation populaire
Illustration page de couverture : Margot Bourgoin
© L'Harmattan, 2014
5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04718-8
EAN : 9782343047188
Florence Tardif Bourgoin
Vers une professionnalisation
du bénévolat ?
Un exemple dans le champ de l’éducation populaire
Préface de Christophe Vandernotte
Postface du Pr Richard Wittorski
L’Harmattan Travail du Social
Collection dirigée par Alain Vilbrod
La collection s’adresse aux différents professionnels de l’action
sociale mais aussi aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants
souhaitant disposer d’analyses pluralistes approfondies à l’heure où
les interventions se démultiplient, où les pratiques se diversifient en
écho aux recompositions du travail social.
Qu’ils émanent de chercheurs ou de travailleurs sociaux relevant le
défi de l’écriture, les ouvrages retenus sont rigoureux sans être
abscons et bien informés sur les pratiques sans être jargonnants.
Tous prennent clairement appui sur les sciences sociales et,
dépassant les clivages entre les disciplines, se veulent être de précieux
outils de réflexion pour une approche renouvelée de la question
sociale et, corrélativement, pour des pratiques mieux adaptées aux
enjeux contemporains.
Dernières parutions
Edith LAPERT, Une éducatrice raconte, 2014.
Marc CHEVALIER, Les disciplines artistiques au service de la
formation des adultes. 33 années d’expériences pratiques
(19621995), 2012.
Bernadette ANGLERAUD, Lyon et ses pauvres, 2011.
David Saint-Marc, La formation des médecins, 2011.
Dominique ALUNNI, Témoignages de pionniers visionnaires de la
formation tout au long de la vie, 2011.
Jean-Frédéric DUMONT, Les moniteurs éducateurs en formation, Le
partage professionnel des émotions, 2011.
Catherine DEROUTTE, Aux côtés des personnes polyhandicapées.
Guide pratique, 2011
Christian MAUREL, Education populaire et puissance d'agir, 2010,
Alain VILBROD, Le métier d'éducateur spécialisé à la croisée des
chemins, 2010.
Josette MAGNE, Quelle place pour les filles en prévention
spécialisée ? Etude auprès de deux équipes de prévention spécialisée
en Seine-Saint-Denis, 2010.
Michel CHAUVIERE, Enfance inadaptée : l’héritage de Vichy, 2009.
Alain ROQUEJOFFRE, Une « communauté » asiatique en France. Le
rôle des travailleurs sociaux dans l’acculturation, 2008.
Jacques QUEUDET, Educateur spécialisé : un métier entre ambition
et repli, 2008.































3UpIDFH
Comment la question des compétences bénévoles se pose-t-elle
pour les associations intervenant dans le champ du social alors
qu’elles sont confrontées à des réglementations de plus en plus
contraignantes ? Quelles modalités de professionnalisation mettre
en place pour des acteurs bénévoles considérés au départ comme
des personnes de « bonne volonté » alors même qu’ils sont
détenteurs de compétences et d’une expérience, professionnelle et
sociale, significative ? Comment se transmettent les valeurs de
l’Education populaire dans un contexte de « technicisation » des
interventions ? Et en quoi ces enjeux interrogent-ils plus
globalement le mode de gouvernance des associations ?
Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage, qui est le fruit
d’une recherche-action menée dans le cadre du Centre d’Economie
sociale (Cestes) du CNAM Paris, apporte des éclairages
déterminants. Ce travail, qu’il m’a été donné d’accompagner,
constitue la première partie d’une thèse en cours de réalisation.
Tout d’abord, quelques chiffres : en 2013, la France comptait
20 900 000 bénévoles et, parmi eux, 12 700 000 appartenant à une
1association . Autant dire que le bénévolat constitue une ressource
majeure dans les dispositifs d’action sociale au moment où les aides
de toutes natures se raréfient et où la crise économique plonge dans
la précarité un nombre croissant de jeunes, d’étudiants, d’actifs et
de personnes âgées. Ajoutons que la première motivation exprimée
par les personnes interrogées est « le souhait d’être utile à la
société ».
Dans le même temps, les structures et les professionnels doivent,
pour prétendre aux financements publics, faire face à des exigences
croissantes en termes de cadre réglementaire, de démarche qualité,
de contrôle et d’évaluation. Parmi ces exigences figurent le niveau
de qualification des acteurs et les compétences attendues
formalisées dans des référentiels d’activité.

1 Enquête IFOP – France Bénévolat : la situation du bénévolat en France en 2013.
7
Comment alors, dans cette perspective, concevoir des démarches de
professionnalisation appliquées aux bénévoles qui s’engagent
auprès de professionnels dans l’accueil des usagers ? Pour étayer
son propos, Florence Tardif Bourgoin présente la recherche-action
qu’elle a menée au sein de trois centres sociaux en allant à la
rencontre des différents acteurs, qu’ils soient responsables de
structure, bénévoles impliqués dans l’accueil des usagers ou
référents d’activité.
Ayant choisi de se centrer sur l’activité « accueil » de ces centres,
elle relève notamment la mise en tension qui s’opère entre deux
pôles : le pôle « activité » où la recherche de compétences
spécifiques chez les bénévoles amène les associations à mettre en
œuvre des procédures de recrutement et de contractualisation
formels, et le pôle « valeurs » où, dans une visée d’Education
populaire, l’ouverture à la diversité des profils et les processus
d’éducabilité sont privilégiés. Face à ces paradoxes, l’auteure
montre que le terme professionnalisation appliqué à la gestion des
bénévoles suscite des réactions mitigées : la professionnalisation
des activités est revendiquée mais le bénévole, même s’il met en
œuvre des compétences attendues, reste quelqu’un qui n’est pas
« professionnel ».
Il ressort de ce travail qu’être bénévole aujourd’hui ne consiste plus
seulement à donner de son temps et de son énergie pour aider et se
rendre utile. Les injonctions d’efficacité et de rentabilité, les
contraintes réglementaires et gestionnaires, en particulier dans le
champ du social, amènent les acteurs à s’inscrire dans un paysage
où l’activité nécessite la mise en œuvre de compétences évolutives
qui ancrent le bénévolat dans des parcours de développement où,
comme l’a bien montré R. Wittorski, s’opère la professionnalisation
2conjointe des institutions, des activités et des acteurs .
Si l’Education populaire est « appelée à la rescousse », c’est, d’une
part parce qu’elle constitue la culture d’origine des centres sociaux,
et d’autre part, parce que se pose en filigrane la question de savoir
si le secteur associatif, en intégrant progressivement les procédures
imposées par l’économie de marché, est à même d’offrir un espace

2 R. Wittorski, Professionnalisation et développement professionnel, L’Harmattan,
2007.
8 de rencontre et de création spécifique en sachant qu’« il n’y a
réellement processus d’Education populaire que s’il y a
véritablement confrontation, socialisation et extension des savoirs
3et des représentations ». A cette question majeure, Florence
répond positivement : oui, de manière explicite ou implicite, il
apparaît que les pratiques de formation et de professionnalisation,
qu’elles soient formelles ou informelles, s’inscrivent dans les
logiques de l’Education populaire selon des modalités qui mettent
en avant tantôt le projet collectif, tantôt l’activité auprès du public
ou bien la promotion sociale des bénévoles.
L’ouvrage propose par ailleurs une typologie particulièrement
opératoire (inspirée des travaux de R. Wittorski) pour comprendre
les démarches de professionnalisation en lien avec les différentes
cultures de la formation.
Comment permettre à des bénévoles de s’impliquer dans un projet à
travers une démarche qui serait en même temps formatrice et
émancipatrice ? Quels dispositifs permettraient d’y répondre ?
Comment formaliser un accompagnement des parcours bénévoles
qui favoriserait une plus grande implication des acteurs dans la
gouvernance associative ainsi qu’une reconnaissance accrue de
l’engagement bénévole ?
Bien d’autres apports mériteraient d’être soulignés mais place aux
lecteurs qui les découvriront par eux-mêmes ! Il reste que ce travail
montre tous les enjeux individuels et collectifs que pose la question
du bénévolat. A l’heure où le bénévolat direct (de proximité et
informel) progresse considérablement et concerne près de dix
millions de français, les associations se trouvent confrontées à un
grand « chantier » visant à élaborer de nouvelles modalités
d’engagement adaptées au mode de vie et au contexte sociétal
actuels.
Dans cette perspective, ce travail de recherche-action rigoureux et
étayé par de nombreuses références théoriques offre au lecteur,
qu’il soit militant, bénévole, formateur, étudiant, responsable
d’association ou professionnel du social, des éléments de réflexion

3 C. Maurel, Education populaire et puissance d’agir, L’Harmattan, 2010, p. 109.
9 et de clarification indispensables pour nourrir et enrichir sa propre
démarche.
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G? U XW &R V HW ULV3D 1$ WLRQ HFK HU HFK ODL’accompagnement à la professionnalisation des futurs travailleurs
4sociaux m’a permis de constater la place importante que les
étudiants accordent à leurs expériences associatives pour se
préparer à un exercice professionnel au-delà de la certification. A
partir de ces échanges développés dans un contexte de formation,
j’ai construit un intérêt pour les questions associées à la
‘professionnalisation’ du bénévolat. Cette préoccupation s’est
concrétisée dans le cadre d’une recherche en lien avec des
structures historiquement positionnées dans le champ de l’action
sociale : les centres sociaux dont le fonctionnement relève à la fois
d’une logique articulée aux politiques sociales et d’une pratique
militante de défense des valeurs de participation et de citoyenneté.
5La recherche-action qui en a résulté a été accompagnée au Cestes
6 7de janvier 2011 à septembre 2012 par Christophe Vandernotte ;
c’est ensuite auprès de Richard Wittorski (2013) que j’ai eu la
chance de poursuivre mon travail de recherche.
Pour organiser les résultats présentés, j’ai choisi de livrer
l'hypothèse dans sa formulation initiale alors même que l'emploi de
certains termes reste à nuancer (ils seront repris en conclusion pour
amorcer une réflexion plus générale sur les enjeux sociaux qui en
découlent). Par ailleurs, si l’organisation du présent ouvrage repose
sur les deux principales étapes qui ont guidé ma démarche
(l'analyse des dispositifs de professionnalisation et leurs effets sur
les engagements bénévoles), les données recueillies auprès des
bénévoles (deuxième phase d'enquête) ne seront appréhendées, en
l'absence d'un cadre théorique suffisamment étayé, que dans la
continuité des références mobilisées en première phase d'enquête,

4 Formatrice dans un Institut Régional de Travail social (Assistants de service social).
5 Centre d’économie sociale du CNAM de Paris, diplôme de ‘Manager des organismes à
vocation sociale et culturelle’. J.F. Draperi y mobilise (dans l’esprit de Desroche) une
démarche de recherche-action fondée sur une étape d’autobiographie raisonnée (menée en
binôme parmi les auditeurs) permettant de repérer le fil conducteur de la ‘notice
biographique’ sur lequel va s’appuyer le projet de recherche. Il est l’auteur de Parcourir sa
vie : se former à l’autobiographie raisonnée.
6
Tardif Bourgoin F., « De la place de l'autobiographie raisonnée dans la construction d'un
parcours doctoral : retour sur un accompagnement en recherche-action » in Vandernotte C.,
Pour une intelligence de l’agir Tome 3. A paraître.
7 Voir notamment La démarche autobiographique une voie d'accomplissement.
11

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