Histoire de la Commune de 1871

Histoire de la Commune de 1871

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Français
422 pages

Description

Le personnel révolutionnaire qui, dans les derniers temps de l’Empire était rentré à Paris, ne revenait point avec l’idéal d’une république modérée, c’est-à-dire d’un gouvernement constitutionnel libéral dont le Pouvoir exécutif est électif et temporaire ; car ce gouvernement lui paraissait plus odieux que l’Empire.

Il rentrait avec l’espoir d’organiser par la dictature une révolution socialiste.

L’Empire lui ouvrit les clubs et il usa et abusa si bien de la parole qu’il serait mort du ridicule dont il se couvrit, si l’Empire lui-même, ruiné et abêti n’était allé à l’abîme.

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Informations

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Date de parution 08 décembre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346131426
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Arthème Fayard
Histoire de la Commune de 1871
HISTOIRE DE LA COMMUNE de 1871 PAR DE LA BRUGÈRE
Origines du Comité central
Le personnel révolutionnaire qui, dans les derniers temps de l’Empire était rentré à Paris, ne revenait point avec l’idéal d’une républi que modérée, c’est-à-dire d’un gouvernement constitutionnel libéral dont le Pouvoi r exécutif est électif et temporaire ; car ce gouvernement lui paraissait plus odieux que l’Empire. Il rentrait avec l’espoir d’organiser par la dictature une révolution socialiste. L’Empire lui ouvrit les clubs et il usa et abusa si bien de la parole qu’il serait mort du ridicule dont il se couvrit, si l’Empire lui-même, ruiné et abêti n’était allé à l’abîme. Le 4 septembre, au cri général à Paris de « Vive la République ! » le parti socialiste n’osa reparaître. Il sentit que Paris n’était pas a vec lui. Au 31 octobre, les fautes accumulées du gouvernemen t de la défense, et l’exaspération causée tant par la reddition de Metz que par le silence gardé par Favre et Trochu sur cette sinistre nouvelle, lui donnèren t à croire que son heure était sonnée. Il se trompait encore. Le gouvernement de la défense avait perdu la confia nce des parisiens. Le peuple commençait à crier à la trahison et la population é clairée était édifiée sur le compte des membres du gouvernement, sur l’incurie des uns et l ’incapacité des autres, mais les souffrances et le pressentiment d’une catastrophe n e pouvaient l’aveugler au point d’appeler au pouvoir les empiriques de Belleville. Les révolutionnaires du 31 octobre retombèrent dans le mépris, et l’on espéra que le gouvernement profiterait de l’échauffourée comme d’ un avertissement. Malheureusement, on le sait, ce dernier était trop au-dessous de la mission qu’il s’était donnée. Lorsque le pain Magnin et les retraites de nos géné raux furent accompagnés d’un bombardement, l’exaspération devint du désespoir et chacun pressentit que le siége serait suivi d’une insurrection formidable.. La garde nationale ne vivait que de sa solde ; elle s’était bien battue et elle avait cruellement souffert. Elle devait ressentir les ang oisses d’une famine affreuse à la pensée d’un désarmement qui la priverait de son uni que moyen d’existence ; et la victoire seule eut pu la désarmer. Chacun se disait cela. Le gouvernement ne l’ignorait point. Mais imprévoyant, jusqu’à la dernière heure, il n’o sa faire du désarmement de la garde nationale une des conditions de ce qu’il appe lait l’armistice et, la place rendue, il eut, le 15 février, l’imprudence de prendre des mes ures qui annonçaient son intention de retirer de suite à un grand nombre et prochainem ent à tous l’unique ressource contre la plus affreuse misère. C’était prévoquer l’explosion de la guerre civile. Déjà dans les bataillons, on s’était sondé et compté les uns les autres ; — les meneurs n e se firent pas attendre. Ces meneurs qui étaient-ils ? Les gens des clubs de 1869 et du 31 octobre ? Non. Quelques-uns étaient en prison, d’autres demeuraien t campés dans la presse et reconquéraient des lecteurs et des partisans, mais presque tous étaient restés meurtris de leur chûte récente.
Ces meneurs étaient des inconnus du public parisien . C’étaient des révolutionnaires, « en chambre » affiliés de fait ou de sympathie et de dévouement à la grande société de l’Internationale. Plusieurs étaient étrangers. La société ayant des sections partout et sa direction à Londres. La fédération internationale avait à Paris unconseil fédéraldes sections parisiennes, ces sections ou comités, étaient au nombre de quatre : L’alliance républicaine, L’union républicaine, Les défenseurs de la république, L’association internationale des travailleurs. Le conseil fédéral comptait parmi ses membres : MM. Charles BESLAY ancien représentant du peuple. e B. MALON, adjoint du XVII arrondissement. PYNDY, relieur. Lors des élections, l’Internationale,ses comités, s’était prononcée pour une dans intervention dans le domaine politique ; quelques m embres du conseil MM. Beslay et Pyndy, entre autres, s’y étaient opposés ; mais ass ez timidement. L’Internationalete.en France est essentiellement politique et militan Ses comités organisèrent des réunions électorales e t formèrent uncomité central. A la date du 6 février.Le comitéavait son siége rue Saint-Marc, 8. Il s’occupa tout d’abord de la fédération des batai llons, tandis que les autres comités s’occupaient des corporations ouvrières. Le classement des documents qui suivent, par ordre chronologique, montre l’activité déployée par la société à la formation de la grande armée insurrectionnelle : Le 14 février leComité centraln adresse par la voie de ses journaux la proclamatio suivante : Aux chefs de bataillons et commandants de compagnie s de la garde nationale. Citoyens, Nous vous avons déjà fait un appel auquel beaucoup d’entre vous ont répondu avec un empressement tout patriotique. Près de 500 délégués ont assisté, le 6 du mois cour ant, au Cirque national, à une séance dans laquelle les questions les plus graves et les plus pratiques ont été discutées,et qui faute de temps, n’ont pas de résultats aussi fructueux que nous l’avions espéré. A l’occasion du second tour de scrutin nous venons vous demander de faire désigner de nouveau un délégué par chaque compagnie de votre bataillon, afin de constituer une nouvelle assemblée générale de la garde nationa le qui se tiendra dans la salle de Tivoli-Wauxhall, 16, rue de la Douane, le mercredi 15 courant, à 9 heures du matin ; il est essentiel que la garde nationale prenne en comm un une part active au mouvement électoral, puisqu’elle est le cadre naturel de l’or ganisation politique de la cité ; et c’est dans cette pensée, qu’au nom de tous les camarades, nous nous adressons à vous en dehors detous partis pris et de toute coterîe d’intérêt individuels. Nous comptons donc sur votre concours et nous vous donnons le salut fraternel.
e MM. Mayer, commandant du 229 . e Vaillant, capitaine au 88 . Courty, sergent-major au 88”. e Pinard, garde au 96 .
e Pontier, André, garde au 57 .. Gayeau, Théodore, garde au 193. Weill, capitaine d’ordonnance e au 253 . (Mot d’Ordre,) 14 février.
Nous trouvons également dans le journal de RochefortLe Mot d’Ordre :
CONVOCATION
Le comité électoral socialiste révolutionnaire cons titué par l’association internationale des travailleurs, la chambre fédérale des sociétés ouvrières, et la délégation des vingt arrondissements de Paris invite les clubs et les ré unions publiques de chaque arrondissement à se faire représenter par deux délé gués à la séance extraordinaire électorale qui aura lieu le 14 courant, à une heure de l’après-midi, place de la Corderie, 6, dans le but d’arrêter la liste définitive pour l aquelle devra voter en masse la démocratie révolutionnaire socialiste au scrutin de ballotage.
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AVIS DE RÉUNIONS
Le comité d’administration fait savoir à tous les t ailleurs et tailleuses de Paris qu’une réunion générale aura lieu le jeudi 16 février, au palais de la Bourse, à une heure précise. Ordre dujour : Exposé sommaire de la situation. Projet d’une association générale de toute la corpo ration. Discussion générale des statuts. Propositions diverses. Pour le comité d’administration : Le secrétaire, GALANT.
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Réunions électorales tous les soirs à 8 heures, cou r des Miracles. —Candidatures ouvrières.
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ASSOCIATION INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS. — Réunion d’urgence des membres de la section de l’Est, le mardi 14 février, à deux heures, cour des Miracles. Le secrétaire, A. FUZIER.
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e Le comité des travailleurs du 12 arrondissement invite les travailleurs de tous les arrondissements de Paris à se former en comité, s’i ls ne le sont déjà, et à envoyer
deux délégués de chaque arrondissement à une réunio n, qui aura lieu mardi, 14 courant, à deux heures de l’après-midi, tue des Terres-Fortes, 2, près la Bastille. Le but de cette réunion est de former le comité central et l’entente des vingt arrondissements sur les candidatures ouvrières à soutenir dans le v ote de ballotage.
LA GUERRE CIVILE. — Pendant la guerre, composition de Léonce Tobb.
J. FRUNEAUcharpentier.
Cela suffit à donner une idée du mouvement. Les numéros duMot d’Ordre des 15 16, 17, 18 et 19 février, contiennent des a vis semblables.
LA GUERRE CIVILE. — Après la guerre, composition de Léonce Tobb.
Nous croyons intéressant le procès-verbal de la réu nion tenue le 16, salle Ragache e (XV arrondissement). e XVarrondissement.Salle Ragache. Séance du 16 février 1871. Président : Solair. Assesseurs : Chauvière et Alphonse. Secrétaire : Léon Angevin. e Le citoyen Masson, délégué provisoire pour le 15 arrondissement, explique le but de la réunion. Il s’agit de réunir dans un immense faisceau la grande famille qui s’appelle la garde nationale de Paris, jusqu’à ce jour malheureusement divisée. Il lit une ébauche des statuts : l’idée républicain e domine dans chacun des articles, si incomplets qu’ils soient encore. En voici le sens : La garde nationale ne reconnaît pas d’autre forme d e gouvernement que la République. La garde nationale doit être dans l’ave nir la seule armée de la France. Elle nomme à l’élection ses chefs depuis le caporal jusq u’au général en chef. Le citoyen Chauvière, déclare qu’il adhère totaleme nt à l’idée émise par la commission d’initiative. Plusieurs communications sont faites à l’assemblée. Un citoyen demande qu’on
adresse des remercîments à la population de Londres . Le secrétaire formule ainsi l’adresse de remercîmen ts que la réunion vote à l’unanimité et aux cris de : « Vive la République u niverselle » : e « Douze cents délégués de tous les bataillons de la garde nationale du 15 arrondissement, réunis le 16 février, salle Ragache , adressent à la population de Londres, qui à si fraternellement envoyé des vivres à celle de Paris, ses remerciments sincères, et forment des vœux pour la fondation de la République universelle qui seule permettra aux travailleurs de toutes nations de viv res unis. Salut fraternel, et vive la République ! » e Demain, chaque compagnie du 15 arrondissement nommera deux délégués chargés de le représenter au comité définitif central de la garde nationale. A la date du 22 nous rencontrons pour la première f ois une convocation duComité central de la garde nationaleadressé aux délégués de tous les bataillons. Le 23 nous lisons le compte-rendu de la réunion : q ui à eu lieu le 21. « L’assemblée générale des délégués de la garde nat ionale réunis au Tivoli-Wauxhalle, le 24 février, s’est constituée en comité central. Elle décide que les statuts seront imprimés à un gr and nombre d’exemplaires, pour être vendus dans Paris et portés ainsi à la connais sance et à la discussion de toutes les compagnies. A la suite de ces résolutions, les propositions sui vantes sont, après délibération, votées à l’unanimité : 1° La garde nationale proteste, par l’organe de son Comité central, contre toute tentative de désarmement et déclare qu’elle y résis tera au besoin par les armes. 2° Les délégués de compagnies soumettront à leurs c ercles respectifs de compagnie, la résolution suivante : Au premier signal de l’entrée des Prussiens à Paris , tous les gardes s’engagent à se rendre immédiatement,en armes, à leur lieu ordinaire de réunion, pour se porter ensuite contre l’ennemi envahisseur. 3 Dans la situation actuelle la garde nationale ne reconnaît plus d’autres chefs que ceux qu’elle se donnera. En cas de l’entrée des Prussiens dans Paris, les co mpagnies, réunies en vertu de la décision ci-dessus, désigneront un chef pour le cas où le leur ne marcherait pas avec elle. Il en sera de même des bataillons. Les délégués du comité central se rendront de suite à leur lieu de réunion pour y former un centre d’action. La séance a été levée à six heures, et le comité ce ntral composé d’environ deux mille délégués, se rend à la Bastille pour rendre h ommage aux martyrs de 1830 et 1848. » Ce compte-rendu est suivi de la constitution du com ité. Ce document est d’une importance historique qui n’échappera à aucun de no s lecteurs. Nous le reproduisons in-extenso.
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ASSOCIATION DES DÉFENSEURS DE LA RÉPUBLIQUE
La capitulation de Paris, et la signification monar chique d’un scrutin surveillé par les baïonnettes allemandes, ont mis en péril l’existenc e même de la République. En présence d’un tel danger, et dans le but d’y par er, l’Association des Défenseurs
de la Républiquele moment venu pour tous les républicains de se grouper et de croit s’unir entre eux. A tous ceux qui sont pénétrés de cette vérité que l a République est au-dessus du suffrage universel, et qu’il n’y a pas de droit con tre le droit, à tous ceux-là, l’Association fait la déclaration suivante :
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DÉCLARATION Une seule question doit se poser aujourd’hui parmi les Républicains : Etre ou ne pas être. Toutes les nuances, toutes les écoles doivent s’unir pour le salut commun. Deux camps seulement doivent actuellement se trouve r en présence. D’un côté, les monarchistes avec le cortége des charges et des ins titutions que traîne après elle la servitude ; de l’autre côté, les Républicains, avec leur programme de justice et de solidarité, où doit découler l’immortelle trilogie : Liberté, Egalité, Fraternité. C’est dans ce but que le Comité central déjà exista nt fait connaître l’organisation et l’extension suivantes, qu’il se propose de donner à l’association des défenseurs de la République, avec l’approbation de tous les adhérents actuels.
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ORGANISATION I L’Association des défenseurs de la République a pou r but : 1° De défendre l’existence de la République envers et contre tous ; 2° De propager les principes de justice, qui sont l a base même des institutions républicaines. II L’Association, qui embrasse la France et l’Algérie, est divisée en groupe. Chaque arrondissement de Paris forme un groupe chaq ue département en forme un autre III Les groupes sont divisés en sections : ceux de Pari s, à raison d’une section par quartier ; ceux des. départements, à raison d’une s ection par arrondissement. IV Chaque groupe se recrutera et s’administrera par lu i-même, à la condition toutefois que, lors de sa formation, il soumettra à l’approba tion du Comité central la liste de ses cinquante premiers adhérents. Le Comité central prélèvera sur chaque groupe une c otisation mensuelle d’autant de fois vingt-cinq centimes que le groupe comptera de membres.. COMITÉ CENTRAL. I Le Comité central de l’Association des Défenseurs d e la République réside à Paris. Il est composé de tous les délégués librement élus des groupes de Paris et des départements. II