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Histoire des pensionnats indiens catholiques au Québec

De
222 pages
Une énigme : pourquoi les pensionnats indiens du Québec étaient-ils si peu nombreux – six en tout – comparativement à ceux de l’Ontario et de l’Ouest canadien ? Pourquoi ont-ils ouvert si tardivement – au début des années 1950 – a lors qu’ailleurs i ls sont implantés dès la fin du 19e siècle ? Autre énigme : comme la majorité des pensionnats catholiques canadiens étaient administrés par des pères oblats – 39 sur 45 – et que ceux-ci missionnaient dans la plupart des communautés autochtones au Québec depuis le milieu du 19e siècle, pourquoi ont-ils attendu si longtemps avant d’ouvrir des pensionnats au Québec ?
Fondé sur les archives des pères oblats, très peu exploitées à ce jour, ce premier livre sur les pensionnats autochtones au Québec relate l’histoire de chaque établissement. L’auteur y fait ressortir les pressions politiques exercées par la communauté religieuse sur les autorités fédérales au moment même où le gouvernement libéral de Louis St-Laurent projetait de fermer ces institutions au Canada anglais. Il met aussi en lumière l’idéologie des oblats en matière d’éducation des enfants autochtones : contrairement à ce que prônait la politique d’intégration dans les écoles publiques du département des Affaires indiennes dans les années 1950, ils cherchaient plutôt à maintenir vivante la culture de leurs pensionnaires. Écrit dans le contexte tendu de la Commission de vérité et réconciliation, ce livre ouvre la voie à une interprétation différente de la responsabilité première de ces institutions au Québec.
Henri Goulet a été chargé de cours en histoire et en études québécoises à l’Université de Montréal. Il a publié, entre autres ouvrages, avec Jacques Rouillard Solidarité et détermination. Histoire de la Fraternité des policiers et policières de la Communauté urbaine de Montréal (Boréal, 1999), ainsi que L’enseignement médical : une profession. Histoire de l’AMCEM, 1968-2008 (PUM, 2008).
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HISTOIRE DES PENSIONNATS INDIENS C ATHOLIQUES AU QUÉBEC
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Henri Goulet
5
HISTOIRE DES PENSIONNATS INDIENS C ATHOLIQUES AU QUÉBEC
Le rôle déterminant des pères oblats
Les Presses de l’Université de Montréal
6                
Merci à l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) pour l’aide apportée à cette publication.
Catalogage avant publication de Bibliotèque et Arcives nationales du Québec et Bibliotèque et Arcives Canada
Goulet, Henri, - Histoire des pensionnats indiens catoliques au Québec : le rôle déterminant des pères oblats  (PUM)  Comprend des références bibliograpiques.   ----  . Internats pour Indiens d’Amérique - Québec (Province) - Histoire - e siècle. . Indiens e d’Amérique - Éducation - Québec (Province) - Histoire -  siècle. I. Titre. II. Collection : PUM. ..  .’ --
Mise en pages : Folio infograpie
 (papier) : ----  (PDF) : ----  (ePub) : ----
e Dépôt légal :  trimestre  Bibliotèque et Arcives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
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Remerciements
Je tiens à remercier tout particulièrement Marie-Pierre Bousquet, profes-seure au Département d’antropologie de l’Université de Montréal, de m’avoir encouragé à poursuivre cette recerce et de m’avoir si aimable-ment invité à partager mes premières réflexions dans le cadre du colloque organisé en avril , intitulé « Pensionnats autoctones au Québec : éritage pour la recerce ». Elle a également été à l’origine de ma partici-pation au colloque « Indigénéité et Canada français » à l’Université de Londres en mai . Ces deux événements m’ont vraiment stimulé dans la poursuite de mes recerces. L’Association internationale des études québécoises (AIEQ) a assumé les coûts de transport et d’ébergement pour ma participation à ce colloque. Sans ce soutien financier, je n’aurais pas été en mesure d’y faire ma présentation. Merci de cette contribution. Je veux aussi remercier les personnes suivantes pour leurs précieux commentaires sur le premier capitre de cette étude : Jacques Rouillard, professeur au Département d’istoire de l’Université de Montréal,Paul-Étienne Rainville, doctorant en istoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Brian Titley, de l’Université de Letbridge, ainsi que Jon A. Dickinson, professeur d’istoire à la retraite de l’Université de Montréal. Sincères remerciements également à mon ami, Robert Boucer, et à ma conjointe, Louise Blain, pour les eures consacrées à la correction de mon texte. Enfin, impossible de passer sous silence le soutien indéfectible et l’accueil toujours caleureux des deux responsables des arcives oblates à la maison Ricelieu, le père André Dubois et le frère Gérard Landreville.
8                 
Tout istorien reconnaît que l’accessibilité aux sources, à toutes les sources, est l’élément déterminant de la production istorique. Les oblats pos-sèdent des arcives impressionnantes pour qui s’intéresse à la réalité autoctone au Canada. Ils ont décidé de les rendre accessibles aux cer-ceurs, sans restrictions. Pour eux, il s’agit d’un devoir de mémoire et ils le respectent à la lettre. Je les remercie d’avoir mis à ma disposition non seulement les documents de première main, mais surtout leur connais-sance intime de cet immense fonds d’arcives. Mes plus sincères remerciements vont également aux Presses de l’Université de Montréal, qui ont accepté de publier cette étude. J’ai gran-dement profité des commentaires des deux évaluateurs externes, évalua-tions exigées par la maison d’édition. Les précieuses suggestions formulées m’ont permis de bonifier le texte final.
Introduction
C’est en tant qu’istorien et cargé de cours en études québécoises et en istoire à l’Université de Montréal que j’ai été amené à m’intéresser à l’istoire des peuples autoctones du Québec. Dans mon cours sur l’is-toire du Québec contemporain, j’ai tenté de faire ressortir le caractère 1 spécifique de l’istoire du Québec en Amérique du Nord . Tandis que je cercais à mettre en lumière ce qui distingue l’évolution de la société québécoise dans ce vaste ensemble nord-américain, sur les plans tant démograpique, économique, politique que culturel, j’ai rapidement pris conscience d’une différence tout aussi importante dans la réalité des peuples autoctones au Québec, surtout en ce qui a trait au traitement qui leur a été réservé par les gouvernements fédéral et provincial. Ce traite-ment « différencié » est istorique et prend ses racines, entre autres, au e  siècle sous le régime britannique, alors que l’administration coloniale est aux prises avec la gestion de ce qui va rapidement devenir le « problème 2 indien » dans les colonies . Un premier modèle de gestion de ces popula-tions devenues « encombrantes » sera implanté dans le Haut-Canada dès
. Ce texte d’introduction ainsi que celui du premier capitre ont fait l’objet d’une présentation au colloque organisé en avril  par l’Université de Montréal et l’Université Concordia, intitulé «Les pensionnats autoctones au Québec: éritage pour la recerce». Ma contribution devrait être publiée au cours de l’année  dans un ouvrage consacré au même sujet. La présente version a toutefois été revue, complétée et comprend des ajouts importants. . Pour un istorique détaillé des différentes pases d’implantation du système d’éducation auprès des communautés autoctones ainsi que l’idéologie sous-jacente à cacune de ces pases, voir : Micel Lavoie, « Politique des représentations. Les représen-tations sociales bureaucratiques et la politique de l’éducation indienne au Canada, -o  »,Recerces amérindiennes au Québec, , vol. , n , p. - et (deuxième o partie)Recerces amérindiennes au Québec, , vol. , n , p. -.
1 0                
le milieu du siècle avec la signature des premiers traités visant à libérer les territoires pour faire place aux nouveaux colons, surtout avec l’arrivée massive des loyalistes dans ce qui va devenir l’Ontario d’aujourd’ui. Ce modèle sera ensuite fidèlement appliqué dans les Territoires du Nord-Ouest jusqu’aux frontières de la Colombie-Britannique. Il n’a toutefois pas été implanté au Québec. Ainsi, l’istoire des peuples autoctones du Québec pose toutes sortes de questions fascinantes pour l’istorien. Les 3 études récentes permettent d’en saisir toute la complexité . Plus près de nous, deux circonstances ont contribué à relancer l’in-térêt pour l’étude de l’istoire des Premières Nations au Canada et au Québec. La première résulte directement de l’écec de l’Accord du lac Meec et de la crise d’Oka en . À la suite de ces deux événements, une vaste enquête est lancée (encore une, diront ironiquement certains), la Commission royale sur les peuples autoctones, plus communément appelée la Commission Erasmus-Dussault. Les commissaires déposent leur rapport en . Il comporte  pages en  volumes et propose une multitude de recommandations pour corriger les profondes injustices imposées aux Autoctones du Canada et pour réduire les inégalités qui caractérisent les communautés. Fait à noter, le capitre dix de la deuxième partie porte spécifiquement sur le dossier des pensionnats indiens. Il se termine par la proposition de faire une analyse approfondie de cette réalité des pensionnats. Cette recommandation se concrétisera finalement en  avec la création de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui reçoit le mandat de faire toute la lumière sur la triste réalité des pensionnats indiens. Cette commission a surtout offert la possibilité aux ex-pensionnaires de témoigner publiquement de leur expérience. De larges audiences, partout au Canada, ont ainsi fait connaître à toute la population canadienne l’expérience douloureuse vécue par les élèves de ces établissements. Dorénavant, il n’est plus possible de dire : « A ! Je ne savais pas… » Surtout pour ce qui est des istoriens. Une précision s’impose en ce qui concerne l’intérêt de ces derniers pour les pensionnats indiens. Au Canada anglais, des études sur cette
. Une contribution majeure à la compréension de ce spécifique québécois est parue en . Voir : Alain Beaulieu, Stépane Gervais et Martin Papillon (dir.),Les Autoctones et le Québec. Des premiers contacts au Plan Nord, Montréal, PUM,  p. Cet ouvrage collectif est, depuis, devenu un incontournable pour qui s’intéresse à l’istoire des Autoctones au Québec.