Je suis enfin une femme

Je suis enfin une femme

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Description

Né garçon dans un petit village du Vaucluse, il grandira dans un département voisin.
A quatre ans il se révélera être un enfant perturbé.
Un événement banal va révéler sa véritable nature : Dès sept ans il découvre sa féminité. Il va s'habiller en fille pour la première fois et y prendra plaisir. Au file des ans il avance dans son plaisir d'être « elle » . Ses parents ne prennent pas l'affaire au sérieux et même s'oppose à son choix.
A sa majorité il troque son prénom masculin à celui de Natacha.
Ce n'est pas qu'une formalité car elle sait que le grand combat de sa vie va commencer : Rejet de la famille, mariage raté, moqueries de ses collègues de travail, discrimination puis licenciement.
Natacha ne sombre pas, accrochée à sa seule raison de vivre : entamer le lent et difficile processus de transition elle ira jusqu'au changement de sexe et de son changement d'état civil qui l'amènera enfin a devenir « une femme »

Informations

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Date de parution 26 juillet 2017
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EAN13 9791022732574
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Natacha Jambon
Je suis enfin une Femme !
Ce livre a été publié surwww.bookelis.com ISBN : 979-10-227-3257-4 © Natacha Jambon Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre.
En mémoire de ma tendre maman, et de mon cher frère que j’ai tant aimés.
UNE VIE DE FAMILLE
Mon père est né en Meurthe-et-Moselle. Ma mère est née en Italie. Mon père a connu ma mère par un ami qui lui avait parlé d’elle . Il est donc descendu en Italie faire sa connaissance ainsi que les parents, frères et sœ urs. Ils se sont plu, ont flirté, sont revenus en France. Là est né leur premier enfant, u n garçon, en 1957. Plus tard, ils ont déménagé car mon père allait où il y avait du travail puisqu’il était dans les travaux publics. Deux ans plus tard, naiss aient des jumeaux. En 1960, naissait une fille. Mes parents habitaient un petit village qui se nomm e Cadenet dans le Vaucluse. Ils étaient déjà parents de trois garçons et une fille. Je suis né garçon à 4 heures du matin dans une clin ique du département 84. Dès ma naissance, j’ai fait des convulsions et du r achitisme, je ne mangeais pas. Une maigreur dont mon sternum ne s’est pas remis, j ’avais un énorme trou et mes côtes se voyaient aussi. J’étais souvent chez le docteur pour savoir où en é tait ma santé. Je prenais des gouttes et des médicaments, c’était assez pénible p our moi car leur goût était infect, je faisais la grimace à chaque fois mais cela était po ur mon bien… je ne le comprenais pas. J’étais un enfant très perturbé, je courais dans to us les sens. Ma maman a dû acheter un harnais avec une laisse pour ne pas avoi r à courir derrière moi. Cela m’a été dit bien plus tard, à l’âge de raison, car mon premier vrai souvenir date de l’époque où mes parents vivaient à Manosque, lorsque j’ai eu mes 4 ans. Nous vivions en immeuble au deuxième étage dans un type 4. Je me souviens de mes frères et ma sœur, autour de la table avec les parents, le dimanche c’était poulet lentilles. C’est mon père qui donnait le début du r epas, il disait de manger et de se taire : la télé était en marche, une salle à manger avec des meubles en formica. Mon papa travaillait pour un patron, ma maman était femme au foyer. Le salaire était juste pour une famille de 7. Ma maman dans sa jeune sse avait appris le métier de couturière ce qui fait que c’était elle qui nous fa isait nos vêtements. Elle était aussi bonne cuisinière, elle nous préparait des plats de son pays qu’elle avait appris auprès de sa maman quand elle était encore une adolescente .
Mon école maternelle était en face de notre immeubl e avec juste une route de quartier peu fréquentée à traverser. Tous les jours, un monsieur criait et soufflait dan s une corne dans la rue avec un charreton en bois. Il vendait des pains au chocolat , des croissants, des fougasses au sucre, des gâteaux. Ma scolarisation en maternelle fut pour moi un mal-être, je ne supportais pas le fait d’être loin de ma maman. À c haque fois qu’elle me menait jusque dans la cour, c’étaient des pleurs et des cris. Elle était jolie avec ses escarpins noir et blanc, avec son chemisier et sa jupe droite et blanche. Nos occupations en classe mixte étaient des coloria ges, soit par crayons de couleurs, soit avec de la peinture, de la pâte à mo deler. En lecture, j’avais des lacunes, j’avais beaucoup de mal à lire, j’avais ho nte de lire à cause des moqueries des autres. Parfois je tenais la journée sans bronc her. Mais la plupart du temps, lorsque c’était la récréation, je me dirigeais vers le portail, j’essayais de l’ouvrir pour fuir. Bien entendu, il était fermé à clé, cela ne m e décourageait pas, je grimpais par-dessus pour aller rejoindre ma maman. Parfois je vo yais mon frère aîné avec un copain à lui, je restais avec eux. Je m’étais fait une amie, Lolita, qui habitait le même immeuble que moi, une entrée plus loin. Le soir apr ès les devoirs, j’allais la voir chez
elle, nous allions dans sa chambre jouer à la poupé e, à la dînette, les premiers bisous sur les lèvres.
Avec les copains, le jeu, c’était de prendre les po ubelles laissées en bordure de route après le passage du camion. On les roulait po ur les jeter dans un ruisseau. On allait dans les champs de pommiers ou cerisiers pou r monter aux arbres. Mon père, ayant le permis voiture, nous promenait tous les we ek-ends, nous allions faire des pique-niques dans de jolis coins assez touristiques . Nous allions souvent à Sainte-Tulle à une quinzaine de kilomètres, un grand espac e de pelouse avec des tables pour manger et une piscine publique. Nous y passions la journée mais j’avais une peur bleue de l’eau, j’allais plutôt dans le bassin des bébés, l’eau m’arrivait aux genoux, je ne me risquais pas à une noyade. Ma maman nous emmenait, mes frères ma sœur et moi, au jardin public. J’adorais ce jardin, j’y étais bien, je faisais de la balanço ire avec ma sœur, du toboggan. Il y avait un bassin rempli de poissons rouges, je passa is beaucoup de temps à les regarder nager, en me disant : « Oh, c’est bien, vo s mamans et papas vous ont appris à nager, moi, j’ai peur de l’eau. » Le soir, je partageais la chambre avec mes frères. Mon lit était encore à barreaux pour ne pas que je le quitte, sinon je faisais des bêtises. À l’approche de Noël, le sapin était dressé dans la salle à manger avec des boules et des guirlandes de toutes les couleurs, dont une clignotante qui illuminait la pièce. Une crèche à son pied avec l’âne, un mouton, un ber ger, et à la naissance du petit Jésus, ma maman rajoutait l’enfant. J’avais hâte qu ’arrive l’heure d’aller dormir pour me réveiller le lendemain et avoir droit aux jouets que le père Noël allait m’apporter. Une année, j’ai eu une trottinette de couleur rouge . J’étais très heureux de la découvrir dans son papier d’emballage.
Mes parents avaient plusieurs amis qui avaient auss i des enfants, on se fréquentait tous, nous passions de bons moments ensemble. Nous allions chez eux ou ils venaient à la maison. Parfois, nous sortions sur un e journée soit à Volx, ou Ganagobie, faire des pique-niques, parcourir des se ntiers, voir des ruines et tout ce que la nature nous offre en beauté naturelle.
L’hiver suivant, nous avions eu la visite de mon pa rrain, il venait d’Italie pour passer Noël avec nous. Nous le voyions donc très rarement, le frère à ma maman, avec un grand sourire, heureux de nous voir. Il nous ramena it des produits que nous n’avions pas en France. Le soir de Noël arrivé, le repas fut servi, tous, autour de la table, nous mangions avec la joie de ce partage. Moi, je pensai s déjà au lendemain pour avoir mon cadeau. Le matin au lever, je me suis précipité sur le sapin pour découvrir ce que le père Noël avait apporté, ma maman me montra lequ el m’était destiné, j’avais eu la voiture de police téléguidée. J’ai appris que mon p arrain devait repartir pour son pays revoir les siens le soir même, j’étais un peu triste que cela soit passé aussi vite.
Quelques mois passent, et j’apprends que mon papa, a trouvé un nouveau poste, qu’il faudra donc envisager un départ dans quelques mois ; ce fut le premier départ de ma vie. Ce n’est pas simple de quitter un lieu, j’y avais des amis, des habitudes de jeux. Je ne comprenais pas trop ce départ. Je ne sa vais pas où on allait. J’ai quitté mon amie Lolita avec des pleurs. Je m’amusais bien avec elle, nous étions souvent en semble. Son papa était routier, il rentrait chez lui pour les week-ends avec un gro s camion et une longue remorque. Nous profitions de ces moments difficiles de quitte r un lieu, pour dire au revoir à des amis qui, eux, restaient là !
Toute la famille dans la voiture familiale et en ro ute pour une nouvelle ville.
Nous voilà arrivés avec le camion de déménagement. Toujours pour un type 4 au quatrième étage. Un énorme balcon de 7 m de long, u n très grand appartement. Les meubles prenaient place petit à petit. La chambre d es parents, une autre chambre que je partageais avec les trois autres frères, et ma s œur dans le salon. Je prenais mes marques petit à petit. Le nouveau quartier était immense, les routes très encombrées de voitures. En bas du bâtiment, des magasins sous une galerie : une co op, une rôtisserie-boucherie, un magasin de télé. J’ai fait mes premiers pas autour de l’immeuble, pour repérer un immense parking avec une épave, une quatre-chevaux, un autre parking plus petit à l’arrière avec une autre épave de Simca Chambord. Q uelques jours passent, puis des enfants de mon entrée ainsi que des entrées voisine s se sont approchés de moi en me disant : — Tiens, on t’a jamais vu ici ! — Oui, je viens d’emménager cette semaine. Et c’est comme ça que j’ai connu mes premiers copai ns de quartier. Ensuite, j’ai fait la connaissance des filles, elle s m’ont été présentées, certaines étaient dans mon entrée d’immeuble, d’autres d’aill eurs. Je suis un enfant assez timide, je parle peu. Nos jeux avec les filles : le saut à la corde seul ou à plusieurs, à sauter au centre, la marelle, les jeux d’élastique où il faut faire des figures, à papa et maman, au docteur, et des tas d’autres jeux. De l’une d’elles, Odile, j’étais plus proche qu’ave c les autres, ses parents tenaient la rôtisserie-boucherie, je passais mon temps avec ell e, elle avait une poupée en chiffon qui s’appelait « Choucroute ».
Étant donné que je n’avais pas très bien suivi ma s colarité depuis le départ, il a fallu me trouver une école spécialisée. C’étaient deux cl asses en préfabriqué, en campagne, avec un mauvais chemin pour y accéder, un mauvais grillage. La classe que j’occupais était chauffée par un poêl e à bois, où je me souviens, parfois, la maîtresse nous donnait la responsabilité de le rallumer s’il s’était éteint. Mon papa avait dit : « Pas question de t’accompagne r à l’école, on te montrera le chemin une ou deux fois ; après, à toi de te débrou iller. C’est comme ça que l’on devient un homme ! » De la maison à l’école, il y avait bien 2 km, je de vais passer par un quartier peu fréquentable. À mi-chemin, il n’y avait plus d’écla irage, le soir en rentrant, j’aurais pu me faire agresser. Je pense que le père n’a pas bie n réfléchi, j’aurais pu être victime de pervers ou de pédophiles, vu ma timidité, je n’a urais rien dit à mes parents. Puis me dire :c’est comme ça que l’on devient un homme… J’ai seulement 6 ans, moi. Ce qui fut le cas d’ailleurs avec des garçons plus âgés que moi. Je les craignais car ils vivaient dans un quartier difficile. J’ai reçu de leur part des coups de pied, ils sautaient sur mon dos en me disant « hue dada », ou me tiraient le pull, une fois la manche de ma chemise y est passée. J’en avais assez d’être agressé mais je devais supp orter et ne dévoiler à mon père sinon il allait me dire : « T’es pas un homme, il faut lui rendre ce qu’il te fait ! » Dans cette école aussi, j’avais fait un état des li eux du grillage car je ne m’y sentais pas à ma place, encore et toujours perturbé. J’aper çus un trou assez grand pour y fuir à la première occasion. Chaque fois que je pouvais m’en aller de la classe, j’allais en centre-ville ou voir un copain qui, lui, faisait pa reil, nous allions ensemble faire des bêtises. Mes frères et ma sœur étant plus âgés ne s’occupaie nt pas de moi, ils travaillaient bien, ma sœur aussi, j’étais le seul avec autant de difficultés scolaires, à fuguer de l’école dès que je pouvais. Les copains et copines avaient les jouets qu’ils souhaitaient, moi je ne les avais pas car le salair e de mon père suffisait tout juste à faire vivre la famille. Bien souvent, c’était l’ami e de ma sœur qui me donnait les jouets
dont elle ne se servait plus, un train électrique, un mini-vélo pliant. Mais je n’étais pas très méticuleux, ce qui fait que je cassais tout. Notre premier Noël arriva dans ce nouveau quartier, et bien d’autres, par la suite. J’ai longtemps cru au père Noël jusqu’au jour où mo n grand frère m’a dit : « Ton papa Noël, c’est papa et maman, il n’existe pas, le père Noël ! » J’avais une dizaine d’années lors de cette terrible révélation. — Tu mens, il existe, le père Noël ! — Ben, t’as qu’à aller voir dans la chambre des parents, tu les verras sur l’armoire. Ce que je fis discrètement. J’allai dans la chambre , regardai et en effet y avait des cartons entourés de papier de Noël. Je ne dis rien, j’attendis jusqu’à ce que les cadea ux soient au pied du sapin le 25 au matin, mais je n’y croyais pas trop, je pensais que ce n’étaient pas les mêmes paquets. Et à ma grande déception, c’étaient bien les mêmes paquets, j’ai été très déçu car j’y croyais vraiment au père Noël. À partir de ce jour-là, j’en voulus à mes parents d e ne pas avoir les jouets que je souhaitais. Je décidai donc de voir si des gens jetaient les an ciens jouets de leurs enfants. Je faisais les poubelles. Je trouvai une ferme avec to us les animaux, un château fort, un circuit de voitures, un circuit de train incomplet. J’ai eu deux vélos, le premier était un solex sans son moteur, beaucoup trop lourd pour mon poids et ma petite taille, j’ai dû m’en séparer. Mon deuxième vélo, monté par moi-même avec de vieux vélos que je trouvai, assez défectueux, rien ne correspondait, l es roues pas de même taille, pas de freins. Lorsque je rentrais de classe le soir, étant donné que je n’arrivais pas à suivre les cours puisque je fuyais l’école, c’était ma sœur qu i m’aidait à faire mes devoirs, mais comme je n’avais aucune volonté, voire que j’étais nul en toutes matières, elle me laissa me débrouiller seul. Mes frères et ma sœur, par rapport à moi, avaient c e qu’ils voulaient, je ne comprenais pas. Ils travaillaient bien à l’école. D ans la chambre, j’avais toujours ce lit à barreaux. Pourtant, à presque 7 ans, être dans un lit comme ça, j’avais honte, je voulais un lit comme mes frères. Mon souci, c’était que je faisais pipi dans mon lit, je m’oubliais parfois, je pleurais et ma maman venait changer mes draps. C’est à cet âge-là que j’ai eu des difficultés de v ue. Ma maman me mena chez un ophtalmologiste en centre-ville. Je me souviens des lettres à lire, de la cage et du lion et quand le lion était dans la cage, c’était OK. Ça m’amusait. Ensuite, on alla chez un opticien choisir les lunet tes. Lorsqu’elles furent prêtes, j’eus du mal à m’y faire, pas qu’elles n’étaient pas joli es, mais lorsque j’étais énervé, je les prenais et je rayais les verres contre un mur pour ne plus à avoir à les porter. Je me souviens de toutes les fois que j’y retournai et ch aque fois la même opération. J’avais la visite tous les trois mois chez un psych iatre. On me prescrivait toujours les mêmes médicaments que durant ma petite enfance. Un jour, mon papa décide de se promener, et je suis avec lui, je lui tiens la main. Nous marchons sur une longue avenue puis sans raiso n particulière, je me retourne car quelque chose m’interpelle… des voitures sont à l’arrêt au feu rouge. Je regarde, je fixe une des voitures et je me dis : celle-ci, e lle va avoir un accident, elle va heurter le troisième poteau d’éclairage public dans le vira ge. Je continue mon chemin avec mon papa sans plus penser à ce que j’avais prédit. Et on entend un grand bruit, comme un accident derrière nous, on se retourne et qu’est-ce que je vois ? La voiture, qui m’interpella deux minutes avant, s’était encast rée sur le troisième poteau dans le virage. Mon papa s’est vite précipité vers la voitu re, un couple de personnes âgées. À cette époque, les téléphones portables n’existent p as ! Il a fallu que des gens aillent vite à la station-service à 200 mètres appeler les secours.