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Aimé Césaire : "Non à l'humiliation"

De
98 pages
L'engagement littéraire et politique du poète martiniquais Aimé Césaire. Père de la négritude, combattant de l'anticolonialisme et de l'acculturation, il reste une des figures marquantes dans les combats pour la dignité et l'égalité entre les hommes.
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Illustration de couverture : François Roca
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www.actessudjunior.fr www.ceuxquiontditnon.fr
NIMROD
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Mon nom : offensé ; mon prénom : humilié ; mon état : révolté ; mon âge : l’âge de pierre. Ma race : la race humaine. Ma religion : la fraternité. Et les chiens se taisaient.
L’heure de nousmêmes a sonné. Lettre à Maurice Thorez.
1
Mon premier jour de rentrée au lycée fut le plus laid de ma vie. Audessus de ma tête, le ciel, une toile cirée. Les nuages bougeaient à peine. Leur quiétude tenait à un fil. Octobre annonçait la sai son des cyclones. Je ne percevais pas l’angoisse des gens. La rentrée occupait mes pensées. Maman, toujours à distance, veillait. Denise, ma grande sœur, voulait m’habiller comme un joli garçon. J’avais douze ans. – Mais je suis calme, que me veuton, à la fin ? me suisje agacé. Personne n’a moufté, chacun retenait son souffle. J’ai presque oublié la laideur de FortdeFrance. Nous venions d’y emménager.
9
– Quelle belle ville ! a dit papa en souriant. Ce n’était pas vrai, il me provoquait. Ce matinlà, j’ai poussé le portail du lycée Victor Schoelcher sans penser à rien. Je n’ai pas remarqué le regard des autres élèves. Mes yeux découvraient un lieu nouveau, lequel ne me plaisait guère. Je l’avais rêvé plus majestueux. Ma tête était bourrée d’images pillées à mes lectures. Aussi le premier lycée de Martinique m’atil si peu impressionné. Lorsque papa s’y était rendu pour m’inscrire, je l’avais sommairement visité en sa compagnie. Les couloirs étaient vides d’élèves, le personnel administratif était en partie absent. J’ai trouvé quelconque l’établissement dont papa m’avait tant vanté les mérites. Ils ne se voyaient sans doute pas, ces mérites. C’était l’œuvre des profs ;je ne perdais rien à attendre pour juger. C’est alors que la sonnerie a retenti. On s’est mis en rang. Mes camarades riaient, ils me bousculaient. Je n’aime pas le chahut, mais
0