Ainsi parle le Saigneur

Ainsi parle le Saigneur

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127 pages
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Le Saigneur. Un fanatique religieux qui assassine ceux qui ne vivent pas selon les préceptes de la Bible. Fou de Dieu ou fou tout court ?
À Chesterville, P.Q., ce tueur en série fera ses premières victimes : deux adolescents meurent tragiquement dans leur voiture incendiée en faisant l'amour. Dans ses messages au journal local, le Saigneur implore : « Arrêtez-moi, avant que je recommence ! »
L'enquêteur Roméo Dubuc, lui, croyait que tout s'arrêterait là. Mais il n'avait rien vu. Et surtout, il ne pouvait pas deviner que la dernière victime du Saigneur subirait le sacrifice ultime.
Que Dieu lui vienne en aide.

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Ajouté le 13 avril 2010
Nombre de lectures 6
EAN13 9782895971368
Langue Français
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Ainsi parle le Saigneur
DU MÊME AUTEUR
R.I.P. Histoires mourantes(nouvelles), Ottawa, Éditions David, 2009, coll. « Voix narratives ». Ainsi parle le SaigneurOttawa, Éditions David, 2006, coll. « Voi x (polar), narratives et oniriques ». Finaliste du Prix Trillium 2007. Le cri du chat(polar), Montréal, Triptyque, 1999. Le perroquet qui fumait la pipe(nouvelles), Ottawa, Le Nordir, 1998. Littérature pour la jeunesse On fait quoi avec le cadavre?, Ottawa, Éditions David, 2009, Coll. « 14/18 ». Ainsi parle le Saigneur(polar), Ottawa, Éditions David, 2007, Coll. « 14/18 ». Prix des lecteurs 15-18 ans Radio-Canada et Centre Fora 2008. Ouvrage traduit In the Claws of the Cation deToronto, Guernica Editions, 2006. Traduct  (polar), Le cri du chat.
Claude Forand
Ainsi parle le Saigneur
POLAR
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Forand, Claude, 1954-Ainsi parle le Saigneur : polar / Claude Forand. (Collection 14/18) ISBN 978-2-89597-080-4 I. Titre. II. Collection. PS8561.O6335A74 2007 C843'.54 C2007-905250- 9 ISBN 978-2-89597-136-8 (EPUB) Les Éditions David remercient le Conseil des Arts d u Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l'Ontario, la Ville d'Ottawa et le gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 613-830-3336 / Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com www.editionsdavid.com Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 4 trimestre 2007
À Mariette et Richard
Merci à Diane, à Denys, à Gisèle et à Line pour leurs commentaires et leurs suggestions
POLAR
CHAPITRE 1
La Chevrolet Cavalier rouge roula lentement sur la rue Principale de e Chesterville, puis bifurua uelues kilomètres plu s loin dans le 9 Rang. L’obscurité était totale. Vanessa Ramsay-Turgeon je ta nerveusement un coup d’œil à sa montre ui maruait 22 h 43. — C’est jeudi, Hugo. J’ai promis à ma mère de rentrer avant minuit, ok ? L’adolescent hocha la tête. Vanessa éteignit les phares de la voiture, ui cont inua d’avancer dans l’étroit chemin de l’érablière. Elle arrêta la Cavalier derrière la cabane à sucre, coupa le contact mais laissa jouer la musiue en sourdine, c e ui plut à Hugo Blanchette. — Cool ! Personne peut nous voir de la route ! Il se tourna vers l’adolescente, l’attira vers lui et l’embrassa longuement. Après uelues instants, il sortit de sa poche un p auet de cigarettes et ouvrit deux canettes deRed Bull. — Baisse un peu ta vitre, Hugo, pour faire sortir l’odeur. Ma mère a le nez fin. Ils inclinèrent leurs sièges et restèrent une uinz aine de minutes à fumer et à boire en regardant le plafond. Hugo s’approcha de V anessa et la caressa lentement. Elle plaça les bras autour de son cou et répondit à ses avances. Ils s’installèrent sur la banuette arrière de la Caval ier deux portes, puis basculèrent les deux sièges avant pour avoir plus d ’espace. La jeune fille rejeta la tête en arrière et ses longs cheveux châtains re tombaient en cascade derrière elle. Leur respiration s’accéléra. Quelues instants plus tard, Vanessa sursauta. — T’as entendu Hugo ? Les idées embrouillées, l’adolescent ne répondit pa s. — On dirait un bruit dehors ! Comme si uelu’un crevait les pneus. Vanessa poussa soudain un cri. — Regarde ! Dans le pare-brise embué par l’humidité de cette fi n de soirée de juin, les deux adolescents virent la forme d’un visage humain collé sur la vitre. Quelu’un ui souriait en les regardant s’embrasser ! Vanessa et Hugo étaient paniués. Ils regardaient b éatement cette scène irréelle comme si c’était un film au cinéma. Hugo fut le premier à réagir. Il cria : — Attends ue je sorte, mon cochon ! T’es pas mieux ue mort ! L’adolescent allongea le bras pour tenter d’ouvrir la porte avant. Il sentit u’elle était blouée à l’extérieur. Vanessa tremblait de tout son corps. — C’est ui dehors, Hugo ? Tu le connais ? Elle était effrayée et regardait dans toutes les di rections. La buée sur les vitres ui les empêchait de voir à l’extérieur rend ait la situation intenable. Elle cria à nouveau en apercevant une tête humaine, coll ée cette fois sur la vitre arrière de la Cavalier. Elle enfouit son visage dans ses mains et se mit à pleurer. Le visiteur nocturne marchait maintenant autour du véhicule avec un bidon
d’essence à la main. Un mur de flammes s’éleva soudain dans la nuit, enc erclant la voiture et ses deux occupants. La fumée et les vapeurs d’essence p énétraient rapidement par les deux vitres laissées entrouvertes. Incommodés par la fumée dense et prisonniers sur le siège arrière, Hugo et Vanessa hurlaient en martelant les vitres arrière d e la voiture. Avant de perdre conscience, ils entendirent chantonner : Feu, feu, joli feu, ton ardeur nous éblouit, Feu, feu, joli feu, danse dans la nuit, la nuit…
* * *
Roméo Dubuc ouvrit les yeux. Son regard était voilé . Ses yeux balayèrent un instant les murs verdâtres de l’Hôpital général de Chesterville. Après uelues secondes, il distingua penchée sur lui la silhouett e en sarrau blanc du docteur Arthur Viger. — Bonne nouvelle, mon ami. Vous sortez ce matin ! Le policier grommela en se redressant dans son lit. — C’est pas trop tôt, sac à farine ! — Allons, ne faites pas cette tête d’enterrement. Dans votre cas… — Quoi, dans mon cas ? Le médecin s’assit sur le bord du lit. — On va se parler franchement, Roméo. Surmenage pro fessionnel, fatigue accumulée, appelez ça comme vous voulez, mais vous avez la patate à terre, mon pauvre ami. Vous avez vécu la mort tragiue de votre fils André il y a 1 uatre ans , celle de votre femme Gilberte il y a deux ans, sa ns parler de la fusion du service de police municipale à la Sûreté du Québec de Chesterville. Tout cela vous a épuisé comme un vieux cheval de fe rme, c’est évident ! Et pendant ce temps-là, votre cholestérol grimpe en fl èche. Alors on va vous mettre au régime et vite, mon ami. C’est fini les œufs et le bacon à tous les matins. — Mais docteur, ça fait trente-cin ans ue… Le médecin hocha la tête d’un air de reproche. — Justement. Raison de plus pour vous mettre à la d iète. J’ai l’intention de vous faire perdre une bonne uinzaine de kilos. Vou s savez u’on creuse sa tombe avec ses dents ! — Mais je raffole des chocolats Laura Secord ! — C’est non. — Les beignes à l’érable Tim Hortons ? — Non plus. Le policier s’indigna. — Laissez-moi au moins les cretons sur mes toasts l e matin ! — Roméo… — Mais docteur ! Me prenez-vous pour Gandhi ? C’est pas mon fort, moi, les soupes à l’eau de vaisselle ! Le médecin leva la main pour mettre fin aux lamenta tions de son patient. — Alors faites à votre guise, Roméo. Si vous aimez jouer à la roulette russe…