Bras de fer pour un ballon

Bras de fer pour un ballon

-

Livres
67 pages
Lire
Cet ouvrage est disponible dans votre offre d'abonnement

Description

Salif est bon élève, mais fan de foot. Son père trouve qu’il passe trop de temps à jouer dans la rue avec des « voyous ». En peu de temps la passion tourne à l’obsession. Le père ne cède rien. D’espoir en déception, de fugue en déprime, comment va se terminer ce bras de fer autour d’un ballon ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 juin 2018
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 978-2-35045-0
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Augustin MANSARÉ
Bras de fer pour un ballon
Dans le cadre des valeurs de la compagnie UNICON, l'hôtel Palm Camayenne développe un partenariat avec des associations ou des entreprises guinéennes dans une perspective de développement durable. Nous nous associons aux éditions Ganndal pour soutenir leur effort en direction de la jeunesse. La jeunesse représente plus de 50 % de la population, c’est le capital du pays. Mais une jeunesse respon-sable, sur laquelle la société pourra appuyer son développement, doit être instruite. La lecture est l'une des clefs du savoir. C'est pourquoi il a semblé tout naturel à la Compagnie UNICON de soutenir la collectionGos&Garsdestinée aux lycéens. Leonardo Vaquero Directeur du Palm Camayenne
 ©Éditions Ganndal  ISBN : 978-2-35045-086-5  B.P : 542, Conakry - GUINÉE  Tél. : (224) 622 54 48 26 / 622 39 65 88  Courriel : ganndal.editions@gmail.com  Blog : http ://editionsganndal.blogspot.com  Dépôt légal : Avril 2018
 Tous droits réservés.
– Maman, j’ai terminé mes devoirs ! annonça Salif en rejoignant toute la famille au salon. – O.K., répondit sa mère, d’une voix distraite, trop occupée à écouter ce que lui disait son mari. Comme Salif avait fait son travail, il pouvait se détendre quelques minutes dans sa chambre. Son père, M. Diop, y avait installé une télévi-sion, comme dans chacune des autres pièces de la maison. Salif adorait les matches de foot. Il ne les ratait presque jamais à la télé. Cette soirée promettait d’être exceptionnelle. Et pour cause, Real et Barcelone devaient jouer la finale de la ligue des champions. Salif, suppor-teur du « grand Barça » comme l’appellent ses fans, ne voulait être dérangé par qui ou quoi que ce soit. Depuis le début du match, il observait attentivement les mouvements des attaquants qui l’intéressaient tout particulièrement. Il rêvait de devenir comme eux. Quinzième minute de jeu. Salif suivait le match avec entrain. Il poussa un cri à l’occasion du
3
but marqué par son idole, Lionel Messi. Ce qui provoqua aussitôt la réaction de son père : – Salif, lança ce dernier, si tu cries une fois de plus, je retire la télé de ta chambre. – Excuse-moi Papa ! Quelques minutes plus tard, Iniesta renforça le score à l’occasion d’un pénalty. Salif estimait que son équipe était maintenant hors de danger. Quand l’arbitre siffla la fin de la première mi-temps, salif était serein et optimiste : Rien ne peut nous empêcher de gagner. Demain à l’école, je me moquerai des supporters de Chelsea et des aigris du Barça. Ouf ! se dit-il, tout joyeux. Contre toute attente, à la deuxième mi-temps, le Barça perdit le contrôle du match, l’adver-saire égalisa et le tint en échec. Salif n’arrivait pas à y croire. Une grande tristesse s’empara de lui :Comment est-ce possible ? Nous étions sur le point de remporter le match. Il n’arrivait pas à admettre l’échec de son équipe. C’est alors que sa sœur Mariam frappa à la porte de sa chambre : – Saliou, viens on va manger. – Merci ! je n’ai pas faim, répondit-il, d’un ton maussade.
4
Après l’échec de son équipe, il n’avait envie de rien faire, y compris manger. Il se coucha et s’endormit.
Salif était un garçon de quinze ans de bonne taille. Ses yeux innocents, son éternel sourire faisaient de lui un garçon charmant. Sa démarche, semblable à celle de sa mère, lui donnait une allure légèrement féminine. En regardant son visage, on imaginait son père jeune, redevenu adolescent. La ressemblance était telle qu'elle ne pouvait passer inaperçue. Aîné de quatre enfants, Salif vivait avec sa famille dans une banlieue de Conakry. Sonfonia, leur quartier, n’était pas encore densément peuplé. Situé à quelque 30 kilomè-tres du centre-ville, les routes y étaient imprati-cables et l’habitat, comme dans toute la ville, y avait été construit en faisant fi des règles d’urbanisme les plus élémentaires. La conces-sion familiale était proche de la voie ferrée. Le bruit des trains était assourdissant.
Le quartier n’était pas à l’abri de l’insécurité qui régnait sur Conakry. Pas un seul jour sans une victime. M. Diop en bon père de famille avait pris ses responsabilités. Une fois la nuit tombée, le portail était cadenassé. Cette dispo-sition constituait une véritable pomme de dis-corde au sein de la famille. En effet, les neveux
5
de M. Diop, un peu plus âgés que Salif, avaient du mal à se plier à cette exigence. Toutefois, ils n’avaient pas le choix, M. Diop n’admettait que quelques rares exceptions. Était-ce en raison de son jeune âge ? Salif n’ar-rêtait pas de rêver. Mais malgré sa passion pour le foot, il était plutôt bon élève. Salif était élevé entre sensibilité maternelle et rigueur paternelle. Sa mère, dont le prénom Aïssatou avait presque disparu au profit de Mme Diop, cédait à la plupart de ses désirs. On aurait pu dire qu'elle le gâtait. Par contre, son père M. Diop était plutôt exigeant. Il voulait que son fils étudie à tout prix.
6