La fiancée du robot

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La fiancée du robot est la suite du Robot de Gaspar. Hector était un petit robot bien triste depuis que son créateur, Gaspar, avait disparu. Il n’était plus utile à personne et s’ennuyait ferme. Son maître n’avait jamais accédé à sa demande de lui fabriquer une fiancée. Pourtant il l’en avait supplié pendant des mois et des années puis avait fini par renoncer.

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Date de parution 11 mai 2015
Nombre de lectures 221
Langue Français

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CHAPITRE 1
Hector était un petit robot bien triste depuis que son créateur, Gaspar, avait disparu. Il n’était plus utile à personne et s’ennuyait ferme. Son maître n’avait jamais accédé à sa demande de lui fabriquer une fiancée. Pourtant il l’en avait supplié pendant des mois et des années puis avait fini par renoncer.
Il faut que je vous précise qu’Hector était doué de raison et éprouvait des sentiments, comme les humains ou presque. Gaspar l’avait créé alors qu’il n’avait que dix ans, aidé toutefois par la Muse de l’Invention, Rebecca. Le petit garçon l’avait fabriqué pour qu’il aide sa mère dans ses tâches ménagères mais aussi son père qui adorait bricoler. Tel père, tel fils, dit-on. Dans ce cas précis, c’était particulièrement vrai.
Malgré des débuts difficiles, Hector était parvenu à se faire aimer de tous et il était resté fidèle à son inventeur jusqu’au bout. Mais maintenant qu’il était tout seul, il souffrait de la solitude et voulait retrouver un maître et surtout une fille robot avec laquelle finir ses jours. Mais comment faire ? Une seule personne était en mesure de l’aider, enfin on ne pouvait pas vraiment parler d’une personne puisqu’il s’agissait de la Muse des Inventeurs.
Il l’appela maintes et maintes fois mais elle faisait la sourde oreille. Elle n’allait tout de même pas obéir à un robot qui lui avait donné du fil à retordre jadis. Elle avait déjà fort à faire avec tous les inventeurs dont elle s’occupait. Mais Hector était un robot têtu. Il ne renonçait jamais quand il s’était mis quelque chose en tête. Il finit donc par avoir gain de cause.
- Que me veux-tu ? lui demanda-t-elle excédée.
- Je veux que tu me trouves un nouveau maître qui me fabriquera une fiancée.
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- Tu veux…Tu veux…Crois-tu qu’il suffit de vouloir pour avoir ? Tu n’es qu’un robot après tout ! Tu n’as rien à exiger.
- Cependant, c’est de ta faute si j’existe ! Tu dois me donner une fiancée. Je m’ennuie trop tout seul et je ne sers plus à rien. Un robot doit être tile. C’est son rôle.
- D’accord, tu as gagné, soupira la Muse. Je vais voir ce que je peux faire. Mais arrête de m’appeler, tu me casses les oreilles. Sois patient. Cela risque de me prendre un peu de temps.
- Bon, mais je n’attendrai pas des siècles, je ne veux pas rouiller sur place.
- Dans ce cas, évite de te mouiller, répondit Rebecca en éclatant de rire.
- Très drôle ! Je voudrais t’y voir ! Je me morfonds dans une cave tout humide.
- C’est bon. Je vais te tirer de là.
La Muse réfléchit. Elle s’était peut-être un peu trop avancée. A qui allait-elle bien pouvoir confier ce satané robot ? Elle passa en revue tous les inventeurs susceptibles de s’intéresser à ce genre d’invention. Mais elle n’arrivait pas à trouver le bon profil.
- Voyons ! Voyons ! Ce n’est vraiment pas facile. A moins que… Non. Décidément, ce robot me pose une colle. Il va devoir attendre encore un peu. Je n’ai personne sous la main pour l’instant.
Mais Hector était à bout de patience et il commençait vraiment à se désespérer.
Un matin il entendit du bruit dans la maison qui était fermée depuis plusieurs mois. Que se passait-il ? Il entendit des cris d’enfants et des pas dans toutes les pièces. Est-ce que par hasard la maison aurait enfin été vendue ? En tout cas il n’avait pas entendu autant de bruit depuis longtemps. Son impatience se transforma en anxiété. Et si ces intrus allaient le jeter ou pire le détruire ? Ses jambes faisaient un bruit de vieille ferraille en s’entrechoquant. Jamais il n’avait eu aussi peur de sa vie.
Tout à coup il entendit une voix de fille dans le couloir qui se trouvait juste au-dessus de la cave-atelier où Gaspar l’avait déposé lorsqu’il était tombé malade. Il ne l’avait plus jamais revu après. On l’avait emmené à l’hôpital et il n’en était jamais revenu. La porte avait été fermée à clé et il n’était jamais ressorti de là.
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Puis la porte s’ouvrit et une petite fille blonde aux cheveux courts, habillée comme un garçon déboula l’escalier et alluma la lumière.
- Super ! Un atelier ! Cet endroit est fait pour moi. Je vais me régaler.
- De quoi parle-t-elle ?se demanda le robot. Ce n’est qu’une fille. Les filles ne bricolent pas. Muse, viens à mon secours !
- Tiens ! Qu’est-ce que c’est que ça ? s’exclama la fillette en le voyant. C’est plutôt rigolo comme jouet. Je n’en ai jamais vu de pareil. Un peu ringard ! Mais on doit pouvoir en faire quelque chose.
- C’est de moi qu’elle parle ? Quel culot ! Pour qui se prend-elle ? Elle ne croit tout de même pas que je vais me laisser faire.
Prudemment il n’avait pas parlé à voix haute et essayait de contenir sa rage. La fillette commença à le manipuler et à le tourner dans tous les sens. Au bout d’un moment il n’y tint plus.
- Ca suffit comme ça ! Je ne suis pas un jouet ! Fichez-moi la paix !
- Et il parle, en plus. Comment t’appelles-tu ?
- Hector !
- Ce n’est pas un nom de robot !
- Je ne suis pas un robot comme les autres. Je suis unique.
- Je vois ça. Tu es susceptible. Tout comme moi. Nous sommes faits pour nous entendre. Ne t’inquiète pas. Je ne parlerai de toi à personne. Ce sera notre secret.
- Lili, où es-tu ?
- C’est mon père. Il vaut mieux que je te laisse. A plus tard.
La petite fille remonta l’escalier quatre à quatre et referma soigneusement la porte. Elle emporta la clé pour plus de précautions.
- Me voilà bien ! pensa Hector. Ce n’est pas exactement ce que j’attendais. Mais pas de panique. Après tout on va voir de quoi elle est capable. Elle n’a pas eu l’air étonnée de m’entendre parler. Laissons- lui une chance.
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Le calme revint dans la maison jusqu’au lendemain. Puis de nouveau ce fut l’invasion. Manifestement les nouveaux habitants emménageaient et ils semblaient nombreux. Hector commençait à regretter sa solitude et sa tranquillité. Mais il était intrigué et mourait d’envie de monter faire un tour là-haut, pour voir ce qui s’y passait. Le ménage n’avait pas été fait depuis longtemps et la maison devait être pleine de poussière.
Après le départ de son maître, Hector avait continué pendant quelques jours à accomplir les tâches ménagères pour lesquelles il avait été conçu à l’origine, espérant le retour de Gaspar. Puis on avait coupé l’eau et l’électricité, et Hector s’était retrouvé tout bête. Il avait donc peu à peu cessé toute activité pour économiser ses batteries. En quelque sorte la petite Lily était venue le réveiller d’une longue léthargie.
Et si c’était elle, l’inventeur que Rebecca lui envoyait ! Hector avait du mal à y croire. Les filles ne bricolent pas, se répétait-il sans cesse comme pour s’en convaincre. Mais au fond, il ne connaissait pas de fille. Son inventeur n’avait pas de sœur et ne s’était jamais marié. Il n’avait connu que Madame Lacoste qui détestait tout ce qui se rapportait au bricolage. Et il en avait tiré la conclusion que les femmes étaient incapables de bricoler.
Lily n’allait pas tarder à lui prouver le contraire. Il la vit réapparaître deux heures plus tard, un ordinateur portable sous un bras et une boîte à outils dans l’autre main. Hector la regarda, sceptique. Gaspar n’aimait pas beaucoup les ordinateurs. Il n’avait pas eu besoin d’eux pour l’imaginer et le fabriquer. Il est vrai qu’il avait la Muse Rebecca pour l’inspirer !
- Comment vas-tu, Hector ? Moi, je vais très bien. Je t’ai manqué ? Je suis sûre que nous allons bien nous entendre et nous serons de bons amis. Si tu me montrais ce que tu sais faire ?
- Je suis programmé pour faire le ménage, ranger, réparer ce qui tombe en panne. Mais pour l’instant je ne suis plus vraiment opérationnel car mes batteries sont presque à plat.
- Je vais m’en occuper. Tu vas retrouver très vite ton autonomie. Ensuite j’évaluerai tes capacités.
- Je ne voudrais pas être impoli. Mais êtes-vous sûre d’en être capable ?
- Bien sûr que j’en suis capable ! répondit Lily un peu vexée.
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- Bon, bon, c’était juste une question.
Hector ne connaissait pas assez Lily pour lui parler de son désir secret : avoir une compagne. Pourtant c’était bien la raison qui l’avait poussé à faire appel à la Muse des Inventeurs.
Lily se mit immédiatement au travail avec une précision et une dextérité qui réjouit Hector. Il avait l’impression de retrouver son cher Gaspar, version fille. C’était déroutant mais touchant et des larmes coulèrent sur ses joues de métal.
- Ah, ça par exemple ! Mais tu pleures ! Je n’en crois pas mes yeux. Ton inventeur était vraiment un génie. Mais je suis sûre de pouvoir faire aussi bien, si ce n’est mieux.
Des cris d’enfants retentirent alors à l’étage.
- Combien as-tu de frères et sœurs ? demanda le robot.
- J’ai quatre frères et trois sœurs.
Hector roulait des yeux ronds.
- Tant que ça ! Ils doivent mettre la pagaille partout. Ce doit être horrible !
- Encore plus que tu ne crois ! Un robot n’y suffirait pas…
Devant le regard horrifié d’Hector, Lily éclata de rire.
- Je plaisante. Ce n’est pas si terrible que ça ! Mais tu commences à vieillir. Un peu d’aide ne serait pas de trop. Que dirais-tu d’un robot fille pour t’aider dans ta tâche ? Ton inventeur t’a fait à son image. Mon robot me ressemblera comme deux gouttes d’eau. Foi de Lily !
Hector avait dressé l’oreille. Un robot fille. C’était exactement ce qu’il voulait, sans avoir eu à le lui demander. Il y avait décidément du Rebecca là-dessous. Hector voulut en avoir le cœur net.
- Connais-tu Rebecca ? lui demanda-t-il.
Lily le regarda étrangement et répondit sur un ton faussement ingénu :
- Rebecca ! Connais pas !
Puis elle changea vite de sujet de conversation.
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