La loi de Lynch

La loi de Lynch

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377 pages

Description

Extrait :
Vers les trois heures du soir un cavalier revêtu du costume mexicain, suivait au galop les bords d'une rivière perdue, affluent du Rio Gila, dont les capricieux méandres lui faisaient faire des détours sans nombre. Cet homme, tout en ayant constamment la main sur ses armes et l'œil au guet afin d'être prêt à tout événement, excitait son cheval du geste et de la voix, comme s'il eût eu hâte d'atteindre le but de son voyage.

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Date de parution 06 avril 2017
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Langue Français

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EdmondGustave
ACHARDAimardLa loi de Ly nch Chapitr e I I
Ellen se jeta résolument entr e le squater et son fils.
— Ar rêtez ! s’é cria-t-elle , ar rêtez, au nom du ciel ! Eh quoi, Nathan,
v ous osez menacer v otr e pèr e ! et v ous, v ous ne craignez p as de frapp er
v otr e fils pr emier-né ?
— Qe le diable torde le cou à mon pèr e ! rép ondit Nathan ; me pr
endil donc p our un enfant ? ou bien cr oit-il que je sois d’humeur à supp orter
ses injur es ? V rai dieu ! nous sommes des bandits, nous autr es ; notr e seul
dr oit est la for ce , nous n’ en r e connaissons p as d’autr e ; que le pèr e me
fasse des e x cuses, et je v er rai si je dois lui p ardonner !
— D es e x cuses à v ous, chien ! s’é cria le squater ; et, b ondissant comme
un tigr e , p ar un mouv ement plus rapide que la p ensé e , il sauta sur le jeune
homme , le saisit à la g or g e et le r env er sa sous lui.
— Ah ! ah ! continua-t-il en lui appuyant le g enou sur la p oitrine ,
le vieux lion est b on encor e ; ta vie est entr e ses mains. Q’ en dis-tu ?
joueras-tu encor e av e c moi ?
Nathan r ugissait en se tordant comme un ser p ent p our é chapp er à
l’étr einte qui le maîtrisait.
Enfin il r e connut son impuissance et s’av oua vaincu.
— C’ est b on, dit-il, v ous êtes plus fort que moi, v ous p ouv ez me tuer .
— Non, dit Ellen, cela ne sera p as ; le v ez-v ous, pèr e , laissez Nathan
libr e ; et v ous, frèr e , donnez-moi v otr e coute au ; une lute p ar eille
doitelle e xister entr e un pèr e et son fils ?
Elle se baissa et ramassa l’ar me que le jeune homme avait laissé é
chapp er . Le Cèdr e-Roug e se r e dr essa.
— Qe cela te ser v e de le çon, dit-il, et t’appr enne à êtr e plus pr udent
à l’av enir .
Le jeune homme , fr oissé et honteux de sa chute , se rassit sans pr
ononcer une p ar ole .
Le squater se tour na v er s sa fille , et lui offrant une se conde fois le
bijou :
— En v oulez-v ous ? lui demanda-t-il.
— Non, rép ondit-elle résolument.
— C’ est bien.
Sans colèr e app ar ente , il laissa tomb er la montr e , et, appuyant le talon
dessus, il l’é crasa et la ré duisit en p oussièr e .
13La loi de Ly nch Chapitr e I I
Le r este du r ep as se p assa sans incident.
Les tr ois hommes mang e aient avidement sans é chang er une p ar ole ,
ser vis p ar Ellen.
Qand les pip es fur ent allumé es, la jeune fille v oulut se r etir er dans
le comp artiment qui lui ser vait de chambr e à coucher .
— Ar rêtez, enfant ! lui dit le Cèdr e-Roug e ; j’ai à causer av e c v ous.
Ellen alla s’asse oir dans un coin du jacal et atendit.
Les tr ois hommes fumèr ent assez longtemps sans p arler .
A u dehor s, l’ orag e continuait toujour s.
Enfin les jeunes g ens se couèr ent la cendr e de leur s pip es et se le vèr ent.
— Ainsi, dit Nathan, c’ est conv enu !
— C’ est conv enu, rép ondit le Cèdr e-Roug e .
— À quelle heur e viendr ont-ils nous pr endr e ? demanda Suter .
— Une heur e avant le le v er du soleil.
— C’ est b on.
Les deux frèr es s’étendir ent sur le sol, se r oulèr ent dans leur s
fourr ur es et ne tardèr ent p as à s’ endor mir .
Le Cèdr e-Roug e demeura encor e p endant quelques instants plong é
dans ses réfle xions. Ellen était toujour s immobile .
Enfin il r ele va la tête .
— Appr o chez, enfant, lui dit-il. Elle s’avança et se tint de vant lui.
— Asse y ez-v ous auprès de moi.
— À quoi b on ? Parlez, mon pèr e , je v ous é coute , rép ondit-elle .
Le squater était visiblement embar rassé , il ne savait comment
entamer la conv er sation ; enfin, après quelques se condes d’hésitation :
— V ous souffr ez, Ellen, lui dit-il.
La jeune fille sourit tristement.
— N’ est-ce que depuis aujourd’hui que v ous v ous en êtes ap er çu, mon
pèr e ? rép ondit-elle .
— Non, ma fille ; v otr e tristesse a déjà depuis longtemps été r emar qué e
p ar moi. V ous n’êtes p as faite p our la vie du désert.
— C’ est v rai, rép ondit-elle seulement.
— Nous allons quiter la prairie , r eprit le Cèdr e-Roug e .
Ellen tr essaillit imp er ceptiblement.
— Bientôt ? demanda-t-elle .
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