Le roi Midas (mythologie jeunesse)

Le roi Midas (mythologie jeunesse)

-

Livres

Description

Le roi Midas et 11 autres métamorphoses

raconté par Odile de Montalembert et Sophie Vandamme

Illustrations de Malchev

Chez les Grecs de l’Antiquité, les dieux sont très occupés. Quand les humains et leurs bêtises leur laissent un peu de temps, ils aiment se chamailler, mais aussi se séduire. Pour punir, c’est facile, on transforme les méchants en rochers, arbres ou vilains animaux. Pour séduire, on a beau être un dieu, ce n’est pas toujours facile, on doit parfois se déguiser.

Les dieux s'inspirent d'Homère, d'Ovide... pour raconter leurs aventures aux enfants (à partir de 9 ans) et aux plus grands. Ce texte est une initiation au monde de la mythologie grecque.

Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 juin 2012
Nombre de lectures 126
EAN13 9782363073600
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

couv_Culture_Commune_A4_Midas.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le roi Midas

et 11 autres métamorphoses

 

adaptées par Odile de Montalembert

et Sophie Vandamme,

illustrations de Malchev

 

 

 

 

 

À quoi jouent les dieux....

 

 

 

À cette époque, il y a des milliers d'années, l'univers était dominé et dirigé par des dieux.

En tout cas chez les Grecs, c'était comme ça !

Ils habitaient, pour la plupart d'entre eux, sur la plus haute montagne de Grèce, l'Olympe, auprès de leur maître absolu, le grand, le beau, le puissant Jupiter.

Les autres vivaient un peu partout, dans l'air, le ciel, la mer, mais aussi sur la terre.

Jupiter était donc le roi des dieux.

Juste, autoritaire et… souvent amoureux, il avait réparti les hautes responsabilités de l'univers entre ses frères, sœurs, femmes et enfants, suivant leurs talents et attribué les pouvoirs et privilèges moins importants aux divinités inférieures comme les nymphes, les montagnes, les fleuves, les arbres, etc.

Chaque dieu, qu'il soit petit ou grand, régnait sur son propre territoire. Il gérait consciencieusement son domaine, s'acquittait avec soin de sa tâche, mais ne faisait pas que cela non plus ! Loin de là !

En effet, les dieux adoraient s'amuser ! Aussi se réunissaient-ils très souvent autour de joyeux banquets, sous n'importe quel prétexte, pour discuter des problèmes du monde et des hommes qu'ils avaient créés à leur image.

Ainsi les hommes leur ressemblaient. Enfin pas tout à fait...

Les dieux, eux, étaient immortels et avaient tous les droits et tous les pouvoirs : celui d'aimer, de haïr, de punir, de sauver mais surtout, surtout, ils avaient un pouvoir dont ils aimaient user et abuser, celui… de la métamorphose.

 

 

 

 

 

Les lauriers d’Apollon

 

 

stock-vector-apollo-the-god-of-the-sun-apollo-playing-a-lyre-no-transparency-and-gradients-used-64532824.png

Apollon, dieu de la beauté et des arts.

 

Les mains dans le dos, Apollon, le fils de Jupiter, se promène tranquillement dans la campagne grecque. Le dieu de la beauté et des arts est venu se détendre après avoir libéré la ville de Delphes. Il a tué un python colossal qui terrorisait ses habitants depuis fort longtemps. De milliers de flèches, il a transpercé le monstre, dévoreur d’hommes et d’animaux.

Apollon avance en chantonnant quand il voit, un peu plus loin, assis sur un petit mur en pierre, le très jeune dieu de l’amour, Cupidon. L’enfant semble très occupé à réparer ou à bricoler quelque chose…

— Que fait-il donc encore, ce gamin ? se demande Apollon.

En s’approchant de lui, il comprend que le fils de Vénus tente de nouer avec une corde les deux extrémités d’un arc beaucoup trop grand pour lui. Et pour cause : c’est le sien !

— Non mais quel toupet ! dit Apollon en pressant le pas.

Cupidon, concentré, coince une des extrémités de l’arc entre ses cuisses et s’arc-boute tant bien que mal pour le faire plier. Puis, grimaçant, le jeune dieu tire de toutes ses forces sur la corde, mais… sans résultat. Rien n’a bougé. Apollon, le dieu des arts, éclate de rire devant la mine déconfite du jeune Cupidon qui relève alors la tête. Le petit dieu de l’Amour est de toute évidence vexé. Très vexé ! Les joues rouges et les cheveux en bataille, il fronce les sourcils en voyant le dieu Apollon s’approcher.

— Tu sais, Cupidon, lui dit Apollon, le tir à l’arc est un art qui demande adresse, expérience et force. C’est une arme de grande personne. Alors, pour ne pas te blesser, va plutôt t’amuser avec tes petites flèches à des jeux de ton âge.

Cupidon pince les lèvres, furieux. Il est en colère, très en colère car ce n’est pas la première fois qu’Apollon se moque impunément de lui. Piqué au vif, il lui rétorque sur un ton sec :

— Et moi, je te conseille de faire attention ! Car si ton arc de vaniteux atteint toujours ses buts, figure-toi que mes petites flèches, comme tu dis, n’ont jamais manqué leur cible non plus ! D’ailleurs, tu ne vas pas tarder à en avoir la preuve…

Sur ce, Cupidon ramasse rageusement ses flèches, son carquois et son arc, se relève, déplie ses ailes, les secoue et sans un mot quitte le muret d’un coup d’aile pour s’envoler dans les airs. Apollon lève les yeux au ciel.

— Quel gamin ! Et susceptible en plus…

Tandis que le fils de Jupiter récupère son arc, Cupidon profite d’un courant d’air pour prendre de la vitesse. Quelques instants plus tard, il se pose au pied du mont Olympe. Le petit dieu de l’amour scrute l’horizon et ses yeux repèrent immédiatement une ravissante nymphe. Fille du fleuve Pénée. La belle Daphné marche dans la forêt.

« Voilà exactement ce que je cherche », se dit-il.

Satisfait, il tire de son étui une flèche émoussée dont la pointe en plomb distille un fluide qui repousse l’amour. Il ajuste, vise la nymphe et… la flèche se plante droit dans son cœur. Ensuite il se tourne vers Apollon qui pénètre dans la forêt, prend une seconde flèche dont la pointe en or insuffle et déchaîne la passion, vise, et… la flèche atteint de plein fouet le dieu de la beauté et des arts. Et c’est à ce moment-là qu’Apollon entrevoit entre les arbres Daphné et qu’il en tombe éperdument amoureux…

Cupidon se frotte les ailes en voyant le dieu s’approcher de la nymphe. Daphné se retourne, surprise. Elle est d’une grande beauté, mais dans son regard, Apollon voit de la peur. Beaucoup de peur.

— Ne crains rien, lui murmure-t-il pour la rassurer. Je ne suis pas ton ennemi. Je suis Apollon, fils de Jupiter, le dieu des dieux. Je peux prédire l’avenir, je connais la médecine qui soulage et je peux guérir les maux. Et puis, je connais aussi parfaitement la musique qui enchante les âmes et la poésie qui envoûte le cœur. Tu vois, tu peux me faire confiance.

Malgré toutes ses paroles, Daphné recule encore et encore sans pouvoir parler et soudain elle se met à courir.

— Je t’en supplie, arrête toi ! Pourquoi me fuis-tu ainsi ? Je te parle d’amour et tu ne veux rien entendre. Que t’ai je donc fait pour mériter un tel rejet ?

Il tente encore une fois de la raisonner mais la nymphe se bouche les oreilles et refuse farouchement de s’arrêter. Alors le fils de Jupiter cesse son discours. Il n’essaye plus de la convaincre et se met à la poursuivre. Cupidon assis sur son petit nuage et les arbres de la forêt assistent alors à une course effrénée entre un dieu mû par le désir et une nymphe mue par la peur. Le fils de Vénus le sait bien : l’Amour donne des ailes, et Apollon la rattrape rapidement. Maintenant, il peut presque la toucher tant il est près d’elle. Il sent le parfum de ses cheveux, imagine la douceur de sa peau. Le dieu s’embrase… tend la main et attrape le voile de la robe de la nymphe. Daphné, livide et à bout de force, sait qu’elle est perdue. Alors, les bras levés vers le ciel, elle implore le seul qui puisse la secourir, son père, le dieu du fleuve Pénée :

— Père, je vous en supplie, faites quelque chose pour moi, sauvez moi…

À peine vient-elle de prononcer ces mots qu’elle sent comme une torpeur envahir ses jambes et s’élever lentement dans tout son corps. Alors qu’Apollon a déjà entouré sa taille pour la retenir, elle s’immobilise, ne cherchant plus à fuir ni à lutter et sa peur s’évanouit comme par enchantement. De ses pieds sortent des racines qui plongent aussitôt dans les profondeurs de la terre tandis que sa peau, au contact du sol, se marbre et se durcit en montant le long de ses jambes. Au moment où Apollon la prend enfin dans ses bras, la taille et les épaules de la jeune fille se couvrent au même instant d’une écorce fine et rugueuse. De ses bras tendus vers le ciel poussent des branches et de ses doigts naissent de gracieux rameaux. Le dieu la sert contre lui et la couvre de baisers. Il sait qu’il ne peut pas empêcher la métamorphose.

Cupidon tient là, sa revanche ! Il peut ranger ses petites affaires et lisser tranquillement les plumes de ses ailes.

Alors, le dieu des arts et de la musique cache son visage dans la chevelure feuillue de la nymphe, mais il est trop tard : Pénée a transformé sa fille en un magnifique Laurier. Apollon pose sa main contre le tronc de l’arbre et sent à travers l’écorce le cœur de Daphné qui bat.

Il lui dit tristement :

— Tu n’as pas voulu de mon amour, Daphné, alors je ferai de toi mon arbre sacré. Mes cheveux, ma lyre et mon carquois seront toujours ornés de tes fleurs et de tes feuilles. Je veux que tu incarnes la Victoire et que tu gardes ton feuillage en toute saison.

Apollon voit la cime du Laurier remuer… en signe de consentement pendant que Cupidon, vengé, s’envole vers d’autres destins amoureux…

 

 

 

 

 

Le supplice de Io

 

 

stock-vector-argus-all-seeing-the-hundred-eyed-giant-argus-all-seeing-standing-guard-over-the-cow-io-god-64536202.png

 

Argus aux cent yeux est chargé de garder la belle génisse que Jupiter à offert à sa femme Junon.

 

Ce matin, le fleuve Inachus pleure.

Il pleure tant que son cours grossit et s’échappe de son lit.

Retiré sous sa grotte, il sanglote toutes les larmes de son corps, car sa fille chérie, Io, a disparu.

La belle nymphe se promenait tranquillement sur les bords de ses rives, quand soudain, plus personne… envolée, évaporée, un vrai mystère !

Et pourtant Io n’est pas très loin. Ce n’est pas Jupiter, le roi des dieux, qui dira le contraire… puisque c’est lui qui l’a enlevée.

Quelques heures auparavant, du haut de l’Olympe, Jupiter, la crinière en désordre et l’œil vif, surveillait les allées et venues des mortels et aussi… celles des jolies nymphes.

Il faut dire que le dieu des dieux est un grand séducteur et qu’avec son regard perçant et très entraîné, aucune beauté ne lui échappe.

Ainsi donc, penché sur son trône, il a repéré la belle et insouciante Io sur les rives de l’Inachus et son cœur s’est mis à battre la chamade.

Le roi des dieux traverse alors le ciel comme la foudre et se retrouve tout feu tout flamme, aux côtés de la nymphe effrayée.

— Bonjour belle jeune fille…N’aie crainte, je ne te veux aucun mal, je désire seulement faire quelques pas avec toi !… Pourquoi me regardes tu ainsi voyons ? Je suis Jupiter, le roi des dieux, le plus grand des Immortels, le roi de…

— Oui, oui, je sais parfaitement qui vous êtes et c’est bien cela qui me fait peur ! Tout le monde connaît votre réputation et je devine ce que vous voulez...

— Ce que je veux ? mais je te l’ai dit, belle Io, juste une petite promenade avec toi dans les bois, c’est tout !dit-il, mielleux.

Jupiter se veut rassurant. Mais il a beau lisser sa chevelure hirsute, contrôler ses gestes et rester tout sourire, Io voit bien le feu de la passion envahir son regard fiévreux.

C’est vrai que le roi du monde la dévore littéralement des yeux. Et la nymphe sait qu’elle ne pourra lui résister. De toute façon, rien ni personne ne résiste à Jupiter.

Alors, pour arriver...