Les trappeurs de l

Les trappeurs de l'Arkansas

-

Livres
305 pages

Description

Extrait :
Hélas ! que sont devenues aujourd'hui ces glorieuses conquêtes enviées par l'Europe entière, où le sang des bourreaux s'est confondu avec le sang des victimes au profit de cette autre nation si fière alors de ses vaillants capitaines, de son territoire fertile et de son commerce qui embrassait le monde entier ; le temps a marché et l'Amérique méridionale expie à l'heure qu'il est les crimes qu'elle a fait commettre. Déchirée par des factions qui se disputent un pouvoir éphémère, opprimée par des oligarchies ruineuses, désertée par les étrangers qui se sont engraissés de sa substance, elle s'affaisse lentement sous le poids de son inertie sans avoir la force de soulever le linceul de plomb qui l'étouffe, pour ne se réveiller qu'au jour où une race nouvelle, pure d'homicide et se gouvernant d'après les lois de Dieu, lui apportera le travail et la liberté qui sont la vie des peuples.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 avril 2017
Nombre de visites sur la page 1
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

L
E
S
S

R

S
T
'
R
A
A

P
E
P
L
E
A
U
K
R
N
S
A
D

EdmondGustave
ACHARDAimardCHAP I T RE I I
L’hacienda del milagr o
   ’H sont de véritables déserts.
Le chemin qui conduit de cete ville à l’ hacienda del Milagro –L fer me du Miracle – est des plus tristes et des plus arides.
L’ on ne v oit, à de rar es inter valles, que des arbr es à b ois de fer , des
g ommier s, des arbr es du Pér ou aux grapp es r oug es et pimenté es, des
nop als et des cactus, seuls arbr es qui p euv ent cr oîtr e dans un ter rain calciné
p ar les ray ons incandescents d’un soleil p er p endiculair e .
D e loin en loin app araissent comme une amèr e dérision les longues
p er ches des citer nes ayant un se au de cuir tordu et racor ni à une e xtrémité
et à l’autr e des pier r es ataché es p ar des lanièr es ; mais les citer nes sont
taries et le fond n’ est plus qu’une cr oûte noir e et vaseuse dans laquelle
une my riade d’animaux immondes pr ennent leur s ébats ; des tourbillons
d’une p oussièr e fine et imp alp able soule vés p ar le moindr e souffle d’air
saisissent à la g or g e le v o yag eur haletant, et sous chaque brin d’herb e
dessé ché les cig ales app ellent av e c fur eur la r osé e bienfaisante de la nuit.
13Les trapp eur s de l’ Ark ansas Chapitr e I I
Cep endant lor sque av e c des p eines e xtrêmes on a fait six lieues dans
ces solitudes embrasé es, l’ o eil se r ep ose av e c délice sur une splendide
o asis qui semble tout à coup sur gir du sein des sables.
Cet é den est l’hacienda del Milagr o . A u moment où se p asse notr e
histoir e , cete hacienda, l’une des plus riches et des plus vastes de la pr o vince ,
se comp osait d’un cor ps de logis éle vé de deux étag es, bâti en tapia et en
adoves av e c un toit en ter rasse , fait en r ose aux r e couv erts de ter r e batue .
On ar rivait à l’hacienda p ar une immense cour dont l’ entré e en for me
de p ortique v oûté était g ar nie de fortes p ortes batantes av e c une p oter ne
d’un côté . Qatr e chambr es complétaient la façade , les cr oisé es avaient
des grilles de fer doré es et dans l’intérieur des v olets ; elles étaient vitré es,
lux e inouï dans ce p ay s à cete ép o que ; sur chaque côté de la cour ou
patio, se tr ouvaient les communs p our les peones, les enfants, etc.
Le r ez-de-chaussé e du cor ps de logis princip al se comp osait de tr ois
piè ces, une espè ce de grand v estibule meublé de fauteuils antiques et de
canap és r e couv erts en cuir g aufré de Cordoue , d’une grande table de
nop al et de quelques tab our ets ; sur les mur s étaient accr o chés dans des
cadr es dorés plusieur s vieux p ortraits de grandeur natur e r eprésentant
des membr es de la famille ; les char p entes du plafond, laissé es en r elief,
étaient dé coré es d’une pr ofusion de sculptur es.
D eux p ortes batantes s’ ouvraient dans le salon ; le côté qui était en
face du p atio s’éle vait d’un pie d envir on au-dessus du r este du plancher , il
était couv ert d’un tapis av e c un rang de tab our ets bas, sculptés
curieusement, g ar nis de v elour s cramoisi av e c des coussins p our metr e les pie ds ;
il y avait aussi une p etite table car ré e de dix-huit p ouces de haut
servant de table à ouv rag e . Cete p ortion du salon est réser vé e aux dames
qui s’y assoient les jamb es cr oisé es à la maur esque ; de l’autr e côté du
salon se tr ouvaient des chaises r e couv ertes av e c la même étoffe que les
tab our ets et les coussins ; en face de l’ entré e du salon s’ ouv rait la
princip ale chambr e à coucher av e c une alcô v e à l’ e xtrémité d’une estrade sur
laquelle était placé un lit de p arade , or né d’une infinité de dor ur es et de
ride aux de br o cart av e c des g alons et des frang es d’ or et d’ar g ent. Les
draps et les taies d’ or eiller étaient de la plus b elle toile et b ordés d’une
lar g e dentelle .
D er rièr e le princip al cor ps de logis se tr ouvait un se cond patio, où
14