//img.uscri.be/pth/31532a23f0714582c4b3f562650760b9aedc083a
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Un monde fabuleux

De
125 pages
Maël, petit garçon de la campagne d'une dizaine d'années, part une nouvelle fois en voyage avec ses parents. Ils vont presque sans bagages s'aventurer dans un road-trip à bord de bus dans une grande partie du Québec et dans quelques autres « places » d'Amérique du Nord. Maël nous raconte ses rêves, ses rencontres, ses lieux de passage, ses odeurs, ses couleurs, ses sensations, ses idées sur le Monde et les Hommes.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

2 Titre
UN MONDE
FABULEUX

3

Titre
Gaëlle PECHOT
UN MONDE
FABULEUX
Itinéraire d’un enfant au Québec
Jeunesse




5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7510-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748175103 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7511-5 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748175110 (livre numérique)

6





. .
8 UN MONDE FABULEUX







Tout commence dans l’avion, dans l’aéroport
plutôt. On part de France pour aller au Québec,
en Amérique du Nord, et apparemment, on est
parti pour huit d’heures dans l’avion. Ça doit
être long huit heures, assis, qu’est-ce qu’on va
faire ?
Il faut dire au revoir à mamy et à papy qui
sont venus nous accompagner dans l’aéroport.
Je vois bien qu’ils ont un peu peur, car ils
n’arrêtent pas de dire à ma maman d’appeler au
moindre problème, qu’il ne faut pas hésiter, et
ils finissent quand même par nous souhaiter de
bonnes vacances, la larme à l’œil.
Personnellement, je suis content de partir en
vacances pour deux mois dans ce pays que je ne
connais pas. Je leur fais donc une grosse bise à
chacun et on se dirige dans la salle d’attente,
enfin là où on attend d’être appelé pour monter
dans l’avion. Papa et maman vérifient une
dixième fois qu’ils n’ont rien oublié : passeport,
billets d’avions etc.
En fait, je sais qu’ils n’ont rien oublié, ils ont
l’habitude de voyager. Ils m’ont dit que quand
9 Un monde fabuleux
ils étaient jeunes, dès qu’ils avaient plusieurs
semaines de congés, ils se débrouillaient pour
faire un grand voyage, loin de tout, pour
découvrir le monde. Là c’est vrai que c’est loin,
mais le projet me plaît bien. On va faire le tour
du Québec en autobus pendant deux mois. On
peut dire qu’on a de la chance. Mes copains me
demandent tout le temps de raconter mon
dernier voyage, ils savent qu’il nous arrive à
coup sûr des histoires sordides. La dernière fois,
on a voyagé sans nos bagages en Irlande, on n’a
jamais retrouvé nos sacs à l’aéroport…
Ça y est, on nous appelle, on donne nos
billets à l’hôtesse, et on emprunte le long
couloir froid et tout mou qui nous mène jusqu’à
l’avion. Un monsieur nous indique nos places,
on s’installe confortablement, on sort les livres
et les magazines, histoire d’être occupé. On
attend, j’ai l’impression que ça dure des heures.
Et tout à coup, il se passe le truc que j’adore : la
démonstration de l’hôtesse pour échapper à la
mort s’il y a un problème dans l’avion. J’ai pas
trop compris quels genres de problèmes, mais je
pense que si ça arrive, on sera prévenu. C’est un
peu comme si la dame était faite pour ce boulot,
elle est l’image même qu’on a dans la tête quand
on dit « hôtesse de l’air ». Elle est grande,
mince, avec une chevelure bien trop propre et
bien trop blonde. Ses cheveux sont tout lisses,
comme si c’était des cheveux de Barbie.
10 Un monde fabuleux
Comme c’est une hôtesse, elle est habillée avec
un tailleur, une jupe bien droite, bien serrée, et
une veste très stricte aussi. Ce qui me fait rire,
c’est les épaulettes, ces mini coussins ou
traversins mis sur les épaules, pour lui donner
un air carré, de femme énergique. Elle fait les
gestes pendant qu’un monsieur parle dans un
micro. Elle se met de profil, avec les
instruments : bouée, entonnoir fermé pour se
mettre sur la bouche etc. Enfin bref, on dirait
une marionnette. Maman coupe court à mon
fou rire en me disant que cette dame est peut
être obligée de faire ce travail, que ça ne lui plaît
pas forcément. Moi, dans ma tête, je me dis que
si, elle est faite pour faire ce métier, elle est née
pour faire ça, vu son physique.

D’un coup, les réacteurs se mettent en
marche, l’avion avance sur la piste, de plus en
plus vite, et hop, il décolle. Ça me soulève le
cœur, j’ai l’impression qu’il veut sortir de mon
thorax. C’est une sensation bizarre, mais j’aime
bien parce que ça signifie qu’on est parti, qu’on
va découvrir le monde.

Je feuillette un magazine, mais il me lasse
rapidement. En fait, dès que j’ai du temps libre,
je pense, je rêve et je réfléchis. Tout le monde
croit que je m’ennuie ou que je suis triste, mais
en fait, je m’imagine plein de trucs, je fais plein
11 Un monde fabuleux
de projets. Et cette fois-ci, je me vois beaucoup
plus âgé, la trentaine, avec une femme et des
enfants. Ma femme, j’aimerais qu’elle soit un
peu comme maman, brune avec des cheveux
bouclés. J’aimerais qu’elle ait la même douceur
sur son visage, qu’on voit un ange à travers sa
peau mate. Bon, maman avec l’âge, c’est sûr
qu’elle a pris quelques kilos. Ma femme, je la
vois plutôt fine, mais portant des habits amples,
style gros jean et grosses baskets ; mais enfin,
elle fera comme elle veut après tout. Et mes
enfants, je veux qu’ils soient fiers de leurs deux
parents, comme moi je suis fier des miens. Je
veux moi aussi leur raconter nos voyages (avec
ma femme), nos aventures et périples
extraordinaires. D’ailleurs, ce voyage au
Québec, je sens que ça va être un des plus fous.
Il faut dire que c’est la première fois que papa et
maman m’emmènent aussi loin, et c’est
certainement un des premiers voyages dont je
vais bien me souvenir. Il faut que j’en profite à
fond, pour pouvoir le raconter à ma femme,
quand je la rencontrerai, et à nos enfants plus
tard, quand on en aura.
Au fil de mes errances imaginaires, j’ai une
idée de fille : écrire un carnet secret. Je trouve
que ça le fait quand on le lit plus tard. Pour que
ça fasse plus viril, je vais inventer un nouveau
concept : le carnet non secret, le genre j’ai rien à
cacher. En fait, je crois que ça existe déjà sous
12