Un Noël pas comme les autres et autres contes de Noël illustrés

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Nadia se réveilla en criant comme chaque nuit depuis six mois dans sa petite chambre mansardée. Une fois de plus elle avait rêvé qu’elle ne marcherait plus jamais.

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Date de parution 23 novembre 2015
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Langue Français

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UN NOËL PAS COMME LES AUTRES
Nadia se réveilla en criant comme chaque nuit depuis six mois dans sa petite chambre mansardée. Une fois de plus elle avait rêvé qu’elle ne marcherait plus jamais.
Tout s’était écroulé pour elle ce jour de juin qui aurait dû être si heureux. Elle fêtait ses treize ans ; sa famille et ses amis étaient tous réunis pour cet événement. Il faisait chaud et quelqu’un avait proposé de piquer une tête dans la piscine pour se rafraîchir. Nadia avait été la première à enfiler son maillot de bain, celui que lui avait offert sa tante une heure plus tôt. Elle n’était pas une grande nageuse comme sa sœur Armelle qui faisait des compétitions depuis deux ans, mais elle se débrouillait bien.
La petite bande s’amusait depuis un quart d’heure sous les regards complices des adultes restés sagement dans les fauteuils, abrités du soleil par des parasols.
Soudain ce fut le drame. Pierre et Hervé plongèrent en bombe sur Nadia qui se trouva propulsée au fond de la piscine et perdit connaissance. Il fallut quelques secondes pour qu’on se rende compte que Nadia n’était pas remontée. Alors ce fut l’affolement. Les garçons plongèrent, la sortirent de la piscine et on tenta de la ranimer pendant que son père appelait les secours.
Nadia se réveilla à l’hôpital quelques heures plus tard. Ses jambes ne remuaient plus. On ne savait pas si elle remarcherait un jour. Les médecins refusaient de se prononcer. Selon eux patience et volonté seraient nécessaires. Il fallait espérer.
La maman de Nadia, Edith, se précipita comme chaque nuit pour rassurer sa fille, l’apaiser pour qu’elle puisse se rendormir. Edith savait trouver les mots. Sa voix douce calmait Nadia, lui redonnait espoir...jusqu’au prochain cauchemar. Elle avait engagé ce
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combat de chaque instant avec courage et obstination, sans jamais faillir jusqu'à présent. Mais il lui arrivait de se demander combien de temps elle tiendrait. Le père de Nadia était très pris par son travail et elle assumait quasiment seule cette lourde charge. Bien sûr Armelle faisait de son mieux pour l’épauler mais elle n’était encore qu’une enfant. Edith était forte pour tous et ce n’était pas toujours aussi facile qu’elle voulait le laisser paraître.
Nadia se rendormit et sa mère resta un long moment près d’elle à la regarder. Elle était si jolie, sa petite Nadia ! Edith ne pouvait se résoudre à l’imaginer dans un fauteuil roulant pour le reste de sa vie. Elle savait qu’elle ne trouverait plus le sommeil cette nuit-là. Trop de questions l’assaillaient pour lesquelles elle n’avait aucune réponse. Si seulement elle avait cru en Dieu, elle aurait pu prier. Mais cette consolation ne lui était pas permise. Elle ne pouvait espérer que dans sa force et celle de sa fille.
Le lendemain Nadia eut la visite de l’un de ses camarades de classe, comme chaque jour depuis son retour à la maison. Ils se relayaient pour l’encourager, lui remonter le moral. Pierre et Hervé étaient les plus assidus. Eux aussi dormaient mal depuis l’accident. Ils se sentaient responsables et avaient dû subir une psychothérapie pour les aider à surmonter ce sentiment de culpabilité. Heureusement Nadia ne paraissait pas leur en vouloir. Elle n’avait jamais manifesté aucune rancœur à leur égard.
Nadia avait toujours le sourire devant les autres, elle ne se laissait aller aux pleurs que lorsqu’elle était seule. Mais cet effort pour donner le change l’épuisait et lui était de plus en plus dur au fil des semaines et des mois car elle ne faisait plus guère de progrès.
- La prof de Français nous a donné une rédaction à faire pour la semaine prochaine, dit Hervé. Voici le sujet et les consignes. Cela devrait te plaire, c’est sur les animaux. Tu pourrais parler des chevaux.
Nadia pâlit. Pourrait-elle un jour monter à nouveau sur son cheval préféré, Punck ? C’était une des choses qui lui manquaient le plus depuis qu’elle était clouée dans son lit.
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Hervé comprit qu’il avait touché un point sensible et regretta son commentaire. Il enchaîna alors sur les derniers potins du collège.
- Éric a eu une indigestion, il s’était gavé de Mars et de gâteaux. Il a dû sortir pendant le cours d’histoire. Si tu avais vu sa tête...
Nadia tenta de sourire mais le cœur n’y était pas. Elle n’était plus aussi portée à se moquer de la gourmandise de son camarade depuis son accident. Elle se disait que les kilos qu’Éric avait en trop devaient le rendre malheureux. Elle n’en avait pas vraiment conscience avant. Sa paralysie la rendait plus sensible aux malheurs des autres.
Mais Hervé continua son récit sans s’être rendu compte de rien. En fait il était mal à l’aise, comme chaque fois qu’il venait voir Nadia, et il parlait à tort et à travers pour cacher son trouble.
Après avoir indiqué à son amie les devoirs et les leçons donnés par les professeurs, il proposa une partie de cartes. Mais Nadia déclina la proposition. Elle demanda à Hervé de l’aider à faire ses exercices de maths. Elle ne voulait pas prendre trop de retard par rapport à la classe. Elle avait toujours été une bonne élève et l’école lui manquait. Sa mère la faisait travailler dans la journée mais il n’y avait pas l’aspect compétition avec les autres. Elle ne se sentait pas assez stimulée.
Les vacances de Noël approchaient et, contrairement aux années précédentes, Nadia ne les attendait pas avec impatience mais plutôt avec une certaine appréhension. Elle n’osait pas demander à sa mère de l’emmener voir les chevaux du centre hippique qu’elle fréquentait depuis plusieurs années car elle n’était pas sûre de ce qu’elle éprouverait en les retrouvant. Supporterait-elle la frustration de ne pas pouvoir les monter ? Et puis, il y avait ce cheval que son père avait promis de lui offrir pour ses quinze ans. Un vieux rêve qui peut-être ne se réaliserait jamais ! C’était ce qui la rendait
le plus triste et en même temps lui donnait la volonté de guérir.
Les séances avec le kiné, Denis, étaient éprouvantes mais Nadia les attendait avec impatience. Denis partageait sa passion pour les chevaux et vous pouvez deviner quel était leur sujet de conversation favori.
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