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Bird

De
250 pages

Jewel, 12 ans, vit dans l’Iowa avec ses parents et son grand-père. Grandpa ne parle plus et paraît toujours en colère, et les parents de l'adolescente, malgré tous ses efforts, ne semblent pas lui accorder la moindre importance.
Un jour, Jewel fait une rencontre qui va tout bouleverser... 


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Aux arbres, à l’eau, à la terre et au ciel, dont le don d’eux-mêmes permet que je partage mon histoire. © hélium / Actes Sud, 2014 o Loi n 49 956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse helium-editions.fr o N d’édition : FI 171 ISBN : 978-2-330-10232-6 Dépôt légal : premier semestre 2014 Pour l’édition originale parue sous le titreBird © Crystal Chan, 2014 Atheneum Books for Young Readers An imprint of Simon & Schuster Children’s Publishing Division Cette édition a été publiée avec l’accord de Folio Literary Management, LLC. Illustration de couverture : Olivier Charpentier Mise en page de la couverture : Marie Sourd,AAAAA-Atelier.org
Crystal Chan
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Marmiesse
CHAPITRE 1
Grandpa a arrêté de parler le jour où il a tué mon frère. Mon frère s’appelait John, puis Grandpa a dit qu’il ressemblait plus à un oiseau, a vec sa manie de sauter du haut de n’importe quoi, et le nom, Bird, lui a collé à la peau. John avait d’épais cheveux noirs et hérissés dans tous les sens, semblables aux grandes plumes des merles de chez nous, disait Grandpa, et il pariait qu’un jour Bird s’env olerait comme eux. Grandpa a continué à parler comme ça, mais personne n’y a prêté grande attention, jusqu’au jour où Bird a sauté de la falaise, au bout de la prairie d’herbes hautes, qui plonge sur plus de soixante mètres jusqu’au lit de la rivière asséchée. La petite serviette de bain bleue de Bird a été retrouvée, accrochée à un buisson, pas loin du corps ; la serviette qui avait été ses ailes. Depuis, Grandpa n’a plus dit un mot. Plus un. Le jour où Bird a tenté de s’envoler, toutes les grandes personnes étaient dehors à le chercher – sauf Ma et Grandma. Parce que ce jour-là je suis née. Et personne ne m’a jamais appelée autrement que Jewel, même si, parfoi s, je le souhaiterais. Ma et Pa répètent toujours que c’est mon nom parce que je suis précieuse, mais je me dis des fois que c’est parce qu’il commence par J, comme John, et qu’il leur manque, et qu’ils ne voulaient pas me donner un nom ordinaire, Jenny ou Jackie. Parce que John avait eu un nom ordinaire, et maintenant il est mort. J’ai douze ans aujourd’hui et tout le monde devrait être heureux. Mais c’est dur d’être heureux avec Grandpa enfermé tout seul dans sa chambre, comme à chacun de mes anniversaires. Ma et Pa m’ont fait un gâteau avec un glaçage à la vanille et des pépites de sucre, aussi offert un cadeau – des chaussettes du magasin à un dollar, mais jolies et tout –, puis nous sommes allés tous les trois au cimetière voir Bird et Grandma. J’aime toujours ces films où les enfants ont de grandes fêtes d’anniversaire, avec de la musique, de drôles de chapeaux et d’énormes cadeaux, même des poneys, et je me dis que ce serait rudement bien, un anniversaire comme ça. Surtout pour les poneys. Rien qu’une fois. À la place, je dois partager chacun de mes anniversaires avec le silence. Le silence derrière la porte fermée de Grandpa, au cimetière et, incrusté, si lourd et pesant, entre les mots de Pa et Ma. Ma et Pa ont lavé les plats du gâteau et sont allés au lit, mais je ne pouvais pas dormir ce soir, comme à tous mes anniversaires, par ce que je me demandais à quoi ressemblait Bird, quel genre de frère il aurait été et à quoi pense un gamin de cinq ans qui se jette d’une falaise. Alors, j’ai fait comme souvent quand je n’arrive pa s à dormir. Je me suis changée pour enfiler mon jeans et une chemise à manches lon gues, vaporisée de lotion anti-moustiques et glissée hors de la maison dans la nui t pleine d’étoiles. Il y a un énorme
chêne, tout au bord de la route, dans le champ de M. McLaren. J’y grimpe souvent, le plus haut possible, m’allonger sur le dos contre son gros tronc chaud. De là, je regarde la lune tracer son arc dans le ciel et j’écoute : les grillons qui stridulent, le froissement des feuilles ou les ululements sinistres du hibou. Un instant, j’ai pensé aller à la falaise d’où mon frère s’est envolé. Mais je ne suis pas bête au point d’y aller la nuit. Comprenez bien, dans ma petite ville de Caledonia, Iowa, nous avons une épicerie avec une caissière nommée Susie, trois églises, un maire à mi-temps, dans l’hôtel de ville qui sert aussi de bureau de poste, deux resta urants avec les mêmes plats du jour, mais pas les mêmes jours, et quatorze autres commer ces. Ici, l’existence est aussi solide que le sol sous nos pieds, et je crois que les gens aiment ça. Personne ne m’a jamais dit que d’aller à la falaise devait être cac hé comme un secret, mais c’est comme ça avec les adultes : plus ils jugent une règle importante, moins ils vous le disent, et plus ils vous crient dessus si vous l’enfreignez. De toute façon, je ne dirais pas que je vais à la f alaise, parce que les grandes personnes n’écoutent pas les enfants. Pas comme il faut. Sinon, quand je parle, ils me regarderaient pour de bon, jusqu’au fin fond de moi, l’esprit ouvert à ce qui sortirait de ma bouche, quoi que ce soit. Mais aucun adulte ne m’a jamais regardée comme ça, même pas mes parents. Alors, tout ce que je vois et qui compte, toutes les expériences qui valent la peine, comme la falaise, je les garde pour moi seule. Ce ne sont pas les affaires de ma famille, dans l’état actuel des choses. Qu’importe, ce soir, je marchais le long de la route qui marque la limite du comté. Elle exhalait encore la chaleur du jour et le gravier sa lissait mes chaussures de tennis. Soudain, j’ai eu la sensation que quelque chose clochait, qu’il y avait un truc pas normal. Un frisson m’a parcourue, je me suis arrêtée et j’a i observé mon chêne. La lune croissante dévoilait peu à peu son disque laiteux e t l’arbre était à la fois luisant et sombre, ses branches écartées vers le ciel comme les bras d’un prêtre. À l’instant où je plissais les yeux pour mieux voir dans la lumière a rgentée, mon estomac s’est noué et j’ai compris ce que c’était : il y avait quelqu’un dans mon arbre. — Ho hé, a dit une voix – de garçon. Mon corps s’est tendu d’un coup. Il n’y avait jamais personne dehors à cette heure de la nuit, adulte ou enfant. C’était peut-être unduppy, un de ces esprits fantômes de la Jamaïque que Pa craint tant. Les pouvoirs desduppiessont jamais aussi grands ne que la nuit, dit Pa, et ils vivent souvent dans les arbres. Ceux qui les abritent se reconnaissent, parce que leurs feuilles s’agitent c omme des folles sans un brin de vent, ou qu’une branche se brise, comme ça, pour rien. Si un truc de ce genre se produit, alors, aucun doute, un duppy habite dans l’arbre. Mais les duppies sont aussi rusés et, parfois, apparaissent sans crier gare. Par exemple dans votre arbre, où il n’y en avait jamais eu avant. Mais la voix du garçon s’étirait solitaire dans la nuit et je n’imaginais pas ainsi celle d’un duppy. En plus, toutes les feuilles de l’arbre étaient d’une absolue immobilité, comme gelées dans le clair de lune. Une nuit ordinaire, je n’aurais peut-être pas pris le risque, j’aurais simplement fait demi-tour et couru à la maison, mais c’était mon
anniversaire, mon jour à moi, et aucun duppy ne me le gâcherait. Alors, au lieu de m’enfuir, j’ai répondu « Hé ho » et j’ai marché sur les pousses de maïs, à travers la terre sèche et dure du champ de M. McLaren. Le garçon éta it juché à califourchon sur une des trois plus grosses branches – celle où je comptais m’asseoir – et ses jambes, que je voyais mal dans la pénombre, se balançaient d’avant en arrière, comme un pendule. Il était dans mon arbre et je me sentais un peu stupide, sans savoir que faire. — Tu fais quoi dehors, ici, au milieu de la nuit ? a-t-il demandé. J’ai levé les yeux, sans pouvoir distinguer son vis age. J’ai tenté de prendre un air désinvolte et haussé les épaules. — Des fois, quand je ne peux pas dormir, je monte dans mon arbre. — Vraiment ? a-t-il demandé avec surprise. Mais comme s’il n’attendait pas de réponse, alors je n’ai rien dit. — Mais ce n’est plus ton arbre maintenant, pas vrai ? — Ce n’est pas le tien non plus. J’ai entendu la branche craquer, comme s’il se penc hait pour m’observer. Je me suis tortillée dans la lumière de la lune. — Si, c’est le mien. Je suis John. C’est la ferme de mon oncle, donc c’est mon arbre. J’y grimpe quand je veux. Je suis sûre qu’il a parlé davantage, mais mon cerv eau est tombé en panne dès qu’il a ditJe suis John. Je me suis sentie stupide et j’en ai eu l’air, je c rois, parce que sa voix s’est faite plus gentille. — Tu sais, les enfants, dans ce coin, ça ne court pas les rues. Et ça grimpe encore moins aux arbres au milieu de la nuit. Il m’a demandé de monter m’asseoir près de lui et, sans réfléchir, j’ai saisi la corde que je laissais attachée à l’arbre et je me suis mise à grimper, en me contorsionnant le long de son écorce tiède et rugueuse, main après main, poussant vers le haut avec mes jambes. Bientôt, je me suis retrouvée installée sur la branche sous la sienne, mais j’ai eu beau tendre le cou dans l’obscurité fraîche, je n’ai toujours pas pu distinguer son visage des ombres. Moi, au contraire, j’étais assise dans une flaque de clair de lune et il m’a observée avec attention. — Hé, a-t-il dit, qu’est-ce que tu es, sans rire ? (Ses mots étaient curieux, sans méchanceté.) Tu n’es pas d’ici. Un petitquelque chosenoué en moi, comme toujours à cette question , mais s’est j’avais l’habitude, plus ou moins. J’ai répondu : — Je suis à moitié jamaïcaine, un quart blanche et un quart mexicaine. — Ouah. Je ne savais pas que c’était possible. — Et je suis d’ici, ai-je dit assez fort pour couvrir la voix des grillons. Je suis née dans la maison plus bas sur la route. — C’est bon, ne t’inquiète pas. Je ne veux pas te blesser, ou quoi. C’est juste que je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme toi.
J’ai enroulé une épaisse mèche de cheveux crépus autour de mon doigt, puis je l’ai laissée se dénouer. L’expérience m’a appris à me dé barrasser au plus vite de ce sujet pour passer aux choses sérieuses. — Eh bien, maintenant, c’est fait, lui ai-je dit. Et je m’appelle Jewel. Il a hoché la tête, comme s’il le savait déjà. — Jewel. (Sa voix s’est attardée sur le mot.) C’est un nom qui me plaît. — Pas à moi. — Rencontrer une Jewel, ça ne s’oublie pas. Avec John, c’est tout le contraire. Il y en a tant qu’ils ne valent pas un clou. — Ce n’est pas vrai. Les mots sont sortis trop vite, trop durs, pleins d ’une douleur que j’avais oublié de cacher. John a hésité, dans l’ombre, sur sa branche. — D’accord, peut-être un clou ou deux. (Il s’était mis à parler avec précaution.) Mais Jewel, je trouve ça quand même joli. Nous sommes restés assis dans l’arbre au milieu de la nuit, sous la lune croissante. Soudain, il a dit : — Tu sais, les étoiles sont pareilles à des joyaux. Mais elles ne scintillent pas comme tu penses. Ce que ton œil prend pour un scintillement, ce sont les ondes lumineuses qui se réfractent à travers les couches de l’atmosphère. Il parlait comme un maître d’école. Mais un bon. C’est peut-être pourquoi, pas comme à l’école, je lui ai posé une question : — Se réfractent ? — La lumière se courbe. À des angles différents selon les couches de l’atmosphère. Et cette lumière réfractée change notre perception de la position et de la taille d’une étoile. (Sa voix planait dans l’air au-dessus de ma tête.) Il n’y a qu’une façon de voir les étoiles comme elles sont vraiment, c’est d’aller au -dessus de l’atmosphère. Dans l’espace. Il n’y avait aucune brise, rien qu’une fine couche d’air moite et stagnante, qui nous enveloppait et retenait son souffle, comme si la terre entière était à l’écoute. — Je n’ai jamais pensé aux étoiles comme ça. John a ri, d’un rire bref et agréable. — Attends juste l’arrivée des Perséides. — Les quoi ? — Les Perséides. Un déluge de météores, au mois d’août. Je n’avais jamais rien vu, ni même entendu dire, des Perséides, et je le lui ai dit. — Ce n’est pas grave, a-t-il répondu. La plupart de s gens sont incapables de voir ce qu’ils ont sous les yeux tant qu’ils ne savent pas ce qu’ils cherchent. Mais une fois que tu sais ce que tu cherches, tu te demandes comment tu aspule rater avant. Attends un peu : quand tu auras vu les Perséides une fois, tu les verras tous les ans, juré. J’ai demandé bêtement : — Comment tu en sais tant sur les étoiles ? J’ai entendu un sourire dans sa voix.
— Quand je serai grand, je serai astronaute. John était si différent des autres enfants de Caledonia. La plupart, ici, veulent être mécaniciens ou infirmières, ou reprendre l’affaire de leurs parents. J’ai failli dire que quand je serais grande je serais géologue, mais je me suis ravisée à temps. Si vous offrez trop de vous-même, trop vite, à quelqu’un, i l risque de s’en emparer sans autre forme de procès et de partir avec. Et si vous êtes, comme moi, pas grand-chose au départ, vous avez intérêt à prendre soin du peu que vous avez. Je ne sais combien de temps nous sommes restés assi s là, mais pour moi c’était différent des autres fois dans l’arbre. Je devenais peut-être trop grande. Ou c’était juste bizarre d’y être avec quelqu’un. Finalement, je suis redescendue et lui aussi, tout de suite après. Pour la première fois, je l’ai bien vu dans le clair de lune. Alors, j’ai compris pourquoi je le distinguais si mal avant : sa peau était aussi noire que le ciel de la nuit. — Tu es le neveu de McLaren ? ai-je lâché, trop vite pour les politesses. Il n’y avait pas plus blanc que M. McLaren. John a souri et ses dents ont brillé comme deux petites rangées de lunes. — Bien sûr. Les Blancs m’ont adopté et élevé. Ce n’est pas si terrible. Je ne savais pas s’il voulait dire être adopté ou é levé par les Blancs, mais j’ai acquiescé, comme si je comprenais. Quand il m’a tendu la main, je l’ai prise et secouée, à la façon de l’adulte que je devenais. La force de sa poigne m’a surprise, comme si elle nous engageait à conquérir le monde ensemble. Ce fut la meilleure poignée de main de ma vie, mais poignée de main ou pas, alors que mes semelles faisaient craquer le gravier sur la route vers la maison, je me suis demandé comment j’avais pu rencontrer un John cette nuit. Comme dit Pa, il n’y a pas de coïncidence dans la vie. C’est une manière de grande personne de dire que quand une chose doit arriver, peu importe qu’elle soit my stérieuse, folle ou impossible, elle arrivera. Et, à mon avis, Pa a raison.
CHAPITRE2
Tôt le lendemain matin, quand le ciel ressemblait encore à un vitrail, je suis allée à la falaise. Pour la rejoindre, vous descendez la route de limite du comté, puis tournez à gauche, sur la piste en terre sans panneau, qui contourne la fondrière où finissent les eaux de pluie. Il y a un sentier à peu près cent mè tres plus loin et si vous y allez tôt le matin, comme moi, la rosée qui dégouline des hautes herbes vous trempera. Un énorme bloc de granit est posé au bord de la falaise ; fort, grand et fier, il surveille du regard les champs, les maisons et les collines au loin. Puis, juste après, apparaît le précipice. Je n’ai pas dit à mes parents que j’avais rencontré un garçon nommé John, encore moins que j’avais fait sa connaissance dans un arbre. Il y a belle lurette que je ne leur parle plus de ce qui est vraiment important pour mo i, parce que, en général, ils s’en moquent. Un jour, j’avais trouvé une superbe pointe de flèche dans la cour derrière chez nous ; je suis entrée en courant la leur montrer, mais, au lieu de demander de quand elle datait, quelle tribu l’avait fabriquée ou si je rêv ais de devenir archéologue, Ma m’a regardée avec sévérité et dit : « Tu n’as rien de mieux à faire qu’entrer ici avec tes chaussures sales ? Jette ça dehors. » Ça arrive sans arrêt. Quelque chose de trop beau se produit et ils ne veulent pas en entendre parler. C’est comme si Bird avait été la s eule chose extraordinaire qui puisse jamais exister, et que depuis qu’il est parti plus rien ne peut être merveilleux, incroyable ou mystérieux. J’ai ralenti en vue du rocher. L’air était humide et figé. À part moi, rien ne bougeait. Je me suis dit qu’aujourd’hui j’allais ajouter une autre pierre et ma poitrine s’est gonflée de fierté. J’ai cherché alentour dans les herbes jusqu’à en trouver une qui ne demandait qu’à sortir de terre. Je l’ai remuée dans tous les sens, j’ai creusé tout autour et, au bout du compte, je l’ai tenue dans mes bras. Elle était plus grosse que les autres, ça aussi m’a rendue heureuse. Je devenais plus forte. Au bord de la falaise, derrière le bloc de granit massif, il y a un cercle de onze pierres. Ce sont de grandes pierres, de la taille d’une miche de pain, et le cercle est assez vaste pour que j’y fasse la roue. Je suis allée dire à me s pierres qu’une nouvelle arrivait, qu’il fallait lui faire une place et que tout se passe bi en, puis je les ai arrangées à leur convenance. Douze. Tout comme moi. Même si ce n’est pas bien d’avoir des préférés, j’a i un faible pour la pierre des mes sept ans. Je l’ai trouvée par accident, en cognant mon orteil dedans le premier été, quand j’étais encore assez idiote pour porter des s andalettes. J’ai voulu la ramasser pour la mettre là où elle ne risquerait pas d’être blessée, mais je me suis aperçue que je