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Comment un ovni a failli me faire rater mon bac...

De
194 pages

« Je m'appelle Aurélien, j'ai 18 ans. Nous sommes en mai 2009, soit un mois avant les premières épreuves du bac.

Alors que je suis en train de me préparer des tartines au chocolat dans la cuisine, je découvre une terrible vérité. Une vérité à laquelle je n'avais jamais pensé, mais qui allait faire s'écrouler ma vision du monde, de l'univers, du réel et de l'irréel.

Au loin, j'entends comme une voix au ton grave, sévère. Cette voix m'envoûte, me pousse à m'approcher, à la suivre, à l'écouter surtout. Puis des lumières, des flashs, des formes géométriques dans le ciel, des milliers de témoins, des militaires : et cet ovni dans le ciel. Il allait m'enlever et me faire rater mon bac. C'était sûr. »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-81156-1

 

© Edilivre, 2015

Introduction

 

 

Nous sommes en Mai 2009. Aujourd’hui, c’est une journée comme les autres qui s’annonce, c’est-à-dire, marquée par les révisions de mon baccalauréat qui approche à grand pas. A vrai dire, il ne me reste précisément trente jours avant la première épreuve fatidique qui ouvrira le bal de mon premier véritable examen.

En ce samedi que j’ai donc logiquement décidé de dédier au programme d’économie de Terminale, qu’il me faudra savoir sur le bout des doigts, (seulement si je veux optimiser mes chances d’obtenir mon diplôme !) je ne me doute pas encore de la suite des évènements qui marqueront ce jour au feutre indélébile comme « LE » jour où j’ai découvert l’impossible, l’improbable vérité sur le Monde, la Vie. Mais pour le moment, en cette après midi du mois de mai 2009, je ne me doute encore de rien, et c’est bien mieux comme ça. Insouciant, je continue à parcourir mon livre « d’éco », allongé sur le lit de ma chambre.

Sur les murs de celle-ci, de nombreux posters me rappellent que je ne suis encore qu’un post adolescent, un gamin entre l’âge de l’immaturité et celui de l’accomplissement personnel. Bref, l’âge ingrat auquel les jeunes comme moi passent leur bac, et où on se doit de décider de son orientation professionnelle. D’ailleurs, il serait grand temps que je m’en préoccupe de cette fameuse orientation. En effet, la fin de l’année approche, et je ne sais toujours pas vers quelle filière d’étude universitaire j’aimerais me diriger. Je suis tellement indécis concernant la voie à choisir que j’en éprouve une honte dérangeante. Au final, je crois que la seule solution à venir sera de choisir la fac de droit, ou d’économie, ou bien de langues, pourquoi pas ? (il parait qu’il y a plein de filles là-bas !) Après tout, je n’ai jamais eu de véritable vocation, et je ne vois pas pourquoi je devrais donc faire semblant d’en avoir une maintenant. C’est d’ailleurs la même chose pour nombre de mes camarades de classe qui hésitent sur la suite à donner à leurs études.

« L’économie de marché. »

Il faut que j’apprenne ce cours par cœur, et c’est presque chose faite, bien qu’à force de lire et relire les pages de mon livre de cours, j’ai l’impression de ne rien savoir. Mais peu importe. De toute façon, ce cours m’ennui. J’ai envie de faire une pause, ce que je suis en train de faire sans même le savoir, car cela fait déjà plusieurs minutes que je suis allongé sur mon lit, et que je ne fais rien d’autre que rêvasser et penser à ce Bac qui arrive beaucoup trop vite. Quant à mon livre d’économie, il vient de glisser du lit pour aller s’écraser au sol, mais c’est à peine si je m’en suis rendu compte.

Allez ! Ce n’est pas la peine de faire semblant. Autant me lever et aller picorer quelques friandises dans la cuisine. De toute manière, c’est ma manière de faire en période de révision : Je travaille vingt, vingt-cinq minutes, puis je m’accorde une pause bien méritée pendant laquelle je flâne ou bien mange… voire les deux. Puis je recommence le cycle. C’est comme ça que je fonctionne. Je ne peux pas faire autrement, car il m’est difficile de rester concentré plus d’une demi-heure sur des pages de cours ennuyeuses et compliquées qui ne parlent de ces « trucs » qui intéressent les jeunes. En effet, quel jeune peut se targuer de surveiller les taux d’intérêts en vigueur dans l’Unio Européenne ? Pas moi, en tout cas. Je préfère de loin m’intéresser aux filles ou encore au football. Fort de cette conviction qui me dédouane de ma flemmardise, je décide donc de descendre dans la cuisine. Par la suite, j’apprendrai à mes dépends que réviser mon baccalauréat allait devenir une tâche bien plus difficile qu’elle n’en avait l’air, et périlleuse aussi. Mais pour le moment, je n’en suis pas encore là.

Pour l’instant, j’ai simplement faim. (et c’est déjà bien pour un ado !)

Chapitre 1 :
Des tartines au chocolat

J-30 avant le Bac

La vie est parfois étrange, à tel point, qu’il y a des moments où on dirait que tout est programmer pour se jouer à la seconde près, où les évènements paraissent se coordonner de manière précise, à un rythme défini à l’avance qui ne laisse aucune chance au hasard. C’est ça la vie, ou au moins une partie de sa définition. J’allais l’apprendre bientôt. Seulement, à ce moment précis de mon existence, je ne me doute pas qu’une simple action comme celle d’aller chercher à manger dans un réfrigérateur pouvait engendrer de tels bouleversements. En effet, comment expliquer le timing parfait entre le moment où je décide de me lever de mon lit pour descendre vers la cuisine, et celui où le hasard, la vie, allait décider de me montrer que le quotidien le plus banal pouvait se transformer en évènement inoubliable ?

C’est impossible.

On ne peut pas l’expliquer. Du haut de mes 18 ans, (et toutes mes dents…) je ne peux pas analyser et comprendre véritablement ce qui s’apprête à se dérouler, et qui sonnera bientôt comme l’évènement le plus marquant de ma courte existence. Je ne peux pas non plus comprendre pourquoi la vie à décider de me dévoiler aujourd’hui l’un des mystères les plus fascinants de l’humanité. Oui, pourquoi à moi ? C’est une très bonne question. Après tout, je suis encore naïf, jeune, incrédule, mal coiffé, boutonneux. Bref, jeune, quoi.

Je m’appelle Aurélien. J’ai 18 ans, et dans exactement trente jours, je m’apprête à passer mon baccalauréat que j’espère véritablement obtenir.

Mais pour le moment, j’ai simplement envie d’un sandwich au chocolat.

Depuis la cuisine, on peut facilement entendre ce qui se passe dans le reste de la maison. En effet, c’est une cuisine à l’américaine, ouverte sur le salon et la salle à manger, délimitée par un bar qui vient agréablement séparer ces deux espaces aux fonctions totalement différentes. Ainsi, tandis que je tartine mes tranches de pain de mie d’une pâte de chocolat gluante mais appétissante, je peux rester à l’écoute de mon programme télé, ou bien continuer à discuter avec mon frère de douze ans, Gaétan, qui comme d’habitude, reste étalé de tout son long sur le canapé noir du salon.

Seulement, aujourd’hui, je ne parle avec personne, ni ne suit aucun programme télé en particulier. Certes, la télévision est allumée, et par sa voix, celle-ci dispense dans la maison une rumeur grave, laconique, mais je n’y prête pourtant pas attention. En effet, il est bientôt 15 h 30, et j’ai terriblement faim. Je préfère donc rester concentré sur la préparation de mes tartines au chocolat, tout en gardant en tête une partie de mon cours d’économie, de manière à vérifier si oui ou non, j’ai bien réussi à retenir une partie au moins de ce cours sur lequel je planche depuis le début de l’après-midi.

C’est alors que tout change en moi.

Sans savoir pourquoi, ni comment, mon oreille se tend alors, et saisie au passage un bruit familier, qu’au départ, j’analyse pourtant comme inidentifiable. Au cours des quelques secondes qui suivent, ce bruit s’étend alors dans l’atmosphère, et devient de plus en plus précis. Il s’engouffre dans la maison, dans la cuisine, puis semble se diriger vers moi comme une invitation à le suivre, à faire attention à lui. Je baisse alors les yeux en direction de mes quatre tartines au chocolat, disposées sur le plan de travail de la cuisine, là, juste devant moi. Elles sont prêtes, croustillantes, alléchantes. Qu’attends-je donc pour les consommer en deux temps trois mouvements ? Pourquoi n’ont-elles déjà pas fait les frais de ma voracité légendaire ? Celle-là même dont se moque mes parents et que je justifie sans cesse par mon corps en pleine croissance. Je n’en sais rien. Ou plutôt, je crois simplement que cette sonorité étrange, qui murmure doucement à mes oreilles, a pris possession de mon corps. Oui, je suis à elle maintenant. J’ai compris d’où elle vient, ce qu’elle veut de moi.

Je décide donc de la suivre.

Sans perdre pour autant ma lucidité, j’emporte donc au vol mes quatre tartines que je dépose machinalement dans une assiette, puis, je quitte lentement la cuisine en direction de cette voix étrange. Tandis que j’avance dans la salle à manger, cette sonorité que j’analyse enfin comme étant en réalité une voix grave, se fait de plus en plus précise, et déjà, des mots se détachent, et se font mieux comprendre.

Oui, voilà, j’y suis : Me voilà dans le salon, mon assiette à la main. A ma droite, allongé sur le canapé, mon petit frère de douze ans s’est endormi comme une pierre, affalé un bras derrière la tête, l’autre pendant presque littéralement dans le vide. Son visage mime une face rassasiée, en même temps qu’harassée. Tout en le regardant, sans m’en rendre compte, je me dis intérieurement :

« – C’est tout à fait ça un ado. »

Mais je change vite de centre d’intérêt, car comme intérêt justement, il y a mieux que mon frère. Il y a cette voix, grave, que je viens justement de localiser. Elle est là, à côté de moi, et vient d’avoir raison de mon frère en l’enfermant dans une torpeur chronique. Cette voix, est toute proche.

Cette voix, c’est la télé, et ce qu’elle tente de me dévoiler me mets soudainement la chair de poule, lorsque je découvre, ébahi, qu’elle tente de m’informer sur un phénomène que je ne soupçonnais même pas.

Je désirais seulement un sandwich au chocolat, rien d’autre. Problème, je crois bien que ma faim s’éclipse petit à petit au fur et à mesure que je regarde les images défiler sur l’écran télé. Des images ahurissantes : Des petits points lumineux, qui s’allument les uns après les autres au dessus d’une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants, aux Etats-Unis, et ceci en pleine nuit. J’entends toujours cette voix, celle du narrateur, et ce qu’elle raconte me fait peur.

Elle parle d’une masse noire, énorme, venue de nulle part, et qui ridiculise la plus grande puissance militaire de la planète. De plus, par-dessus cette description hallucinante qui n’a aucun sens, pas plus que ces images d’ailleurs, j’entends cette voix raconter qu’il ne s’agit pas d’un film, mais d’un documentaire, et que ses images sont donc vraies.

Je n’ai plus faim. Je ne comprends pas ce que je vois. C’est trop bizarre tellement cela n’a pas de sens. Que sont ces lumières ? D’où viennent-elles ? Que veulent-elles ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que de longues minutes se passent, sans que je ne bouge de ma position, assis sur le canapé du salon, mon assiette posée devant moi, sur la table basse.

En plus, mes tartines sont toujours intactes, et ça, quand on me connaît, ce n’est pas normal !!

Je constate donc qu’à cause de cette voix, j’en ai oublié cette faim qui m’avait pourtant poussé à sortir de ma chambre et à aller grappiller dans la cuisine. Comment est-ce possible ? C’est simple : Mon esprit (pourtant pas branché documentaire, à l’époque !) est accaparé par ce que je découvre à la télévision. Je n’entends qu’elle, ne voit plus qu’elle. Je suis tellement concentré sur ce que je vois, que j’entends à peine mes propres questions fuser dans ma tête, ces interrogations que je me pose à moi-même afin de tenter de revenir à la réalité :

« – Qu’est-ce que c’est que ça ? – Est-ce vrai ? – Pourquoi n’en ai-je jamais entendu parlé avant ? »

C’est alors que mon frère se réveille, (chose rare !), ce qui a au moins le mérite de me faire revenir à la réalité le temps d’une seconde. Pourtant, je veux comprendre, savoir ce que me montre cette télévision d’habitude si inintéressante. Oui, que s’est-il passé là-bas, au dessus de cette ville qui fait l’objet de ce documentaire, et pourquoi n’ai-je jamais été mis au courant avant, ni même mes proches, mes amis, ma famille ? Est-ce que cela est un mensonge ? Est-ce totalement faux, inventé ? Je n’en sais rien, car je ne comprends pas ce que je viens de voir et qui me procure ces frissons tout le long de mon corps.

Le documentaire continue. Il montre désormais des dizaines de personnes qui s’interrogent sur la nature de ce phénomène lumineux apparu au dessus du territoire de la première puissance mondiale, et que celle-ci ne parviens même pas à expliquer, à comprendre, pire, à repousser. Mon frère est maintenant totalement réveillé. Au bout de trente secondes qui lui suffiront pour reprendre ses esprits, il me demande, tout en se frottant les yeux comme le font si bien ceux qui viennent de se réveiller d’une bonne sieste réparatrice :

« – Qu’est-ce que t’as ? Tu regardes quoi ? »

Sans même tourner la tête dans sa direction, je réponds à sa question tout en haïssant intérieurement le fait qu’à dix huit ans, on puisse encore être surpris par ce que l’on voit à la télé, un samedi après midi. Je lui réponds tout de même :

« – Chut ! Je crois que je viens de voir un OVNI. »

Première Partie :

Que croire ?

Chapitre 1 :
Ne pas paniquer

J-30 avant le Bac

J’aime bien le dîner. C’est un moment de la journée que j’apprécie particulièrement. En effet, c’est là que la famille entière se réunie pour discuter du quotidien supplémentaire qui vient de s’achever. Chacun autour de notre assiette, nous mangeons avec en tête les moments forts vécus aujourd’hui, nos erreurs, nos doutes, no regrets. C’est sûr, chaque jour a son lot d’évènements plus ou moins banal auquel on repense lorsque notre nez se retrouve au dessus de la table. Car quand on mange, on ne fait pas qu’engloutir plusieurs centaines de grammes de nourriture. On en profite aussi pour être en proie avec nos propres pensées, ennemies ou amies, et ce n’est pas toujours facile. Ainsi, quelqu’un pour qui la journée ne se serait pas bien passée n’aura pas forcément un grand appétit. Timoré, retenu, celui-là jouera peut-être plus avec ce qui se trouve au fond de son assiette, qu’il ne le mangera. A l’inverse, lorsque le cœur est ouvert, et que des pensées positives nous emplissent, l’appétit est généralement présent, et on mange alors avec plaisir. Sauf peut-être quand il s’agit de petits poids.

Pour ma part, je ne suis pas très difficile, au contraire même, je mange de tout, ou presque. Nos parents nous ont toujours appris à manger varié, et à ne pas dédaigner la nourriture qui nous ai donné par « Dieu », comme mon père a l’habitude de dire. Dieu, justement, je me demande ce qu’il fait là lorsque l’on parle de nourriture. En effet, je ne l’ai jamais vu me porter une panière de fruit directement issue du marché du samedi matin. J’imagine alors la scène, ma mère me disant :

« – Chéri, on a sonné ! Vas ouvrir, ça doit être Dieu qui nous amène encore des radis ! »

A cette pensée, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Ma mère, justement, me surprend alors, et me le renvoie d’un air complice. Personnellement, je ne suis pas convaincu de l’existence de Dieu, mais à contrario, je ne suis pas non plus certain de son absence. En effet, imaginer que Dieu ne correspondrait qu’à la seule invention de l’esprit humain me fait froid dans le dos, d’un coté, car dans ce cas, d’où tirerions nous l’« espoir », chose irremplaçable pour l’homme dans les moments difficiles ? Nulle part. Nous serions contraint de ne compter que sur nous-mêmes, et sur personne d’autre. Pour ma part, mes parents nous ayant inculqué un minimum de foi, je ne me vois pas faire comme si Dieu n’était qu’une vague idée de la vie après la mort. Dans les moments un peu ardus, je me tourne donc généralement vers lui, en dernier recours. J’essaie de l’invoquer, de le prier, mais je ne sais pas dans quelle mesure cette démarche de prière est une démarche volontaire. Il m’arrive ainsi de me demander si parfois, cette démarche ne serait pas l’atavisme automatique des familles catholiques, et qui voudrait que certains ne prieraient donc pas de manière spontanée et réfléchie, mais plutôt comme un réflexe inculqué par des années d’éducation religieuse.

Mon père me sort alors de mes pensées en me donnant un petit coup de coude dans le bras. Assis à ma gauche, il me signifie par là qu’il me faut me redresser, et finir mon assiette. Son œil n’a en effet pas pu ne pas apercevoir que cette dernière est un peu plus remplie qu’à l’accoutumée. Il a raison, et ce manque d’appétit vient sûrement de ce qui m’est arrivé deux heures plus tôt. Oui, ce documentaire me traîne encore en tête. Pire, je ne parviens pas à l’éclipser plus de trente secondes sans que ces images reviennent encore et encore. Ces boules de lumières au dessus de la ville de Phoenix, en Arizona. A quoi correspondaient-elles ? Que voulaient-elles nous signifier ? Était-ce un phénomène naturel ? Une hallucination ? Non, puisque la caméra les avait filmées. Les caméras n’hallucinent pas, sinon, cela se saurait. Ce qu’il y a, j’éprouve un certain malaise à cause de ce que j’ai pu voir à travers ce documentaire dont j’ignore d’ailleurs l’origine. A l’intérieur de moi, quelque chose a fait « Tilt », et je n’aime pas ça, si bien, que j’ai envie d’en parler, là, maintenant, à table. De plus, cette discussion aurait le mérite de casser le silence qui règne dans cette cuisine, car mise à part la télévision qui diffuse les informations auxquelles mon père prête beaucoup d’attention, personne ne prend la peine de discuter l’un avec l’autre. Ma mère aussi fait mine d’écouter les « infos », mais je sais qu’elle ne le fait que d’une oreille tant elle n’est pas passionnée par l’actualité. Quant à mon petit frère, Gaétan, il essaye tant bien que mal de finir sa salade, mais il n’y parvient pas. Je lui lance alors un regard, un demi sourire. Il me le renvoie aussitôt d’un air qui veut dire :

« – On pourrait aller jouer mais je n’ai pas fini mon assiette. »

Problème, je ne vais pas la finir à sa place. Je vais faire mieux. Je vais lancer une question au hasard, et je verrai bien ce qui se passera. Allez, je suis prêt. Voyons voir ce que ça donne. Je prends mon courage à deux mains, et demande :

« – Quelqu’un ici a déjà vu quelque chose d’inhabituel, de bizarre ? »

Bingo ! Ça a marché ! Mon père et ma mère me regardent soudain. Mon frère aussi, bien qu’il ne semble pas savoir à quoi je fais vraiment illusion. Je regarde alors vers mon père, qui me demande aussitôt d’un air presque imperturbable :

« – De quoi tu parles ? Sois plus précis. Est-ce que la voisine toute nue, ça compte ? »

Ma mère s’empresse de lever les yeux vers le ciel, puis me lance un regard qui veut dire que je ferais mieux d’être plus clair, si je veux éviter d’autres blagues du genre. Mon père, lui, est tout content d’avoir provoqué l’hilarité de mon petit frère Gaétan. Je décide d’aller plus loin :

« – Non, mais je sais pas moi. Je veux dire, des trucs dans le ciel, des lumières, tout ça. »

Mon frère déclare alors, tout heureux de sa trouvaille :

« – Aurélien, lui, il croit aux Ovnis !

C’est faux ! Je n’ai jamais dit ça ! »

Évidemment, j’aurais dû m’en douter. Mon frère n’allait pas laisser passer l’occasion de me tourner en dérision. Je tente alors de rattraper le coup car je sens que mes parents ne sont pas convaincus pas mes propos. Je leur raconte donc, dans les grandes lignes, le documentaire de cet après midi, et ces lueurs dans le ciel américain, mais je n’entre pas plus dans les détails. S’en suit alors deux répliques très différentes émanant de mes parents. D’un côté, ma mère me répond que :

« – Si les Ovnis existaient, pourquoi « ils » n’en parlent pas à la télé ?? »

Cette réponse ne me convient pas vraiment, mais je savais d’avance que ma mère allait s’empresser de sauter sur le premier aspect friable et peu crédible de la chose. En même temps, il est vrai qu’elle a en fait raison, car les Ovnis et leurs apparitions sont loin de faire la une des journaux. D’un autre, elle se trompe aussi, puisque j’avais justement visionné ce documentaire à la télévision. Preuve que les médias en parlent un peu. Par cette réplique, je pense que ma mère a surtout voulu savoir « pourquoi les médias n’en parlaient pas « plus », et non « pas du tout ».

De son côté, mon père me propose une réponse plus digne, plus ouverte aussi. Une fausse réponse, en quelque sorte :

« – De toute manière, nous ne sommes sûrement pas les seuls dans l’Univers. »

Sa réponse est une réponse que j’aime, mais qui en même temps, est peut-être un peu facile. En effet, ce n’est pas parce que l’Univers est vaste qu’il est forcément peuplée d’espèces vivantes. De toute manière, toute ma vie, on m’a dit qu’il n’y avait qu’une chance sur un milliard pour que l’Homme rencontre un jour une autre espèce que lui. Alors, ce ne sont pas ces quelques loupiottes flottant au dessus de la ville de Phoenix qui vont me persuader du contraire. Il m’en faut plus. Pourtant, le moins que le puisse dire, c’est que ces lumières ne m’ont pas laissé insensible. Loin de là, même.

Le repas se termine sur un vague débat
autour de la vie auquel je ne prends pas part.

Plus tard, j’ai envie de prendre l’air, et décide donc de sortir sur la terrasse.

Le ciel est magnifique. Cela fait presque deux heures que je contemple ce dernier depuis la terrasse. Il fait déjà nuit, et les étoiles sont clairement visibles car le ciel est quasiment sans nuages. J’observe justement cet amas d’astres brillante en plein milieu de la voûte céleste, et reliés entre eux par cette matière blanchâtre qui n’est autre que la traînée lumineuse générée par les étoiles elles mêmes. Des questions me viennent à l’esprit. Des questions sur la petitesse de l’homme vis-à-vis de l’immensité de l’univers. Que savons-nous de lui, de ses dimensions réelles, de sa composition ? Pas grand-chose. A cette pensée, je m’arrête soudain, car je me rends compte à quel point je suis en train de fantasmer sur le Monde, l’Espace, l’Univers, alors que d’un autre coté, je suis censé passer mon Bac dans moins d’un mois. D’ailleurs, depuis le visionnage de ce documentaire, cet après midi, je ne me suis même pas remis au travail. Au contraire, je suis complètement sorti de la piste des révisions sur laquelle je...