D'est en ouest - légends et contes canadiens

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85 pages
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D’Est en Ouest convie le lecteur à un véritable pèlerinage au coeur de 24 des plus fabuleuses légendes du folklore canadien. Pédagogue de renom, Pierre Mathieu transpose dans une langue simple et accessible l’univers enchanteur qui a fait la renommée de chaque province et territoire du Canada. En perpétuant par l’écriture les hauts faits de nos héros, l’auteur réussit à redonner au mot « légende » son sens étymologique premier : « les choses qui doivent être lues ».

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Date de parution 04 octobre 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782896113392
Langue Français

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DU MÊME AUTEUR AUX ÉDITIONS DES PLAINES
ABÉCÉDAIRES POÉTIQUES
e ABC poétique,1987 (3 tirage) e Le zoo enchanté,1987 (3 tirage) e Sur la pointe des mots,1992 (2 tirage) Les dinosaures en fête,1989 (épuisé) Les oiseaux en liberté,1989 (épuisé) e Le boulier magique,1996 (2 édition) ABC écologique,1991 Les insectes en parade,1992
ALBUMS JEUNESSE
Mes Noëls pour toi,1991 Allô ! Allô ! Halloween,1992 La Saint-Valentin,1995
THÉÂTRE
Dix minutes sur scène,1997
POÉSIE
Les ruses de l'espoir,2005
Illustrations : Michel Leblanc et Réal Bérarp ConcePtion pe la couverture : Relish Design Stupio Mise en Page : Lucien ChaPut ImPrimerie : Hignell Book rinting Ltp.
e 2 épition revue et augmentée
Catalogage avant Publication pe Bibliothèque et Arc hives Canapa
D'Est en Ouest : légenpes et contes canapiens / [ra PPortés Par] ierre Mathieu ; [illustrations, Michel LeBlanc et Réal Bérarp].
our les jeunes. ISBN 978-2-89611-039-1
1. Contes--Canapa. 2. Légenpes--Canapa. I. Mathieu, ierre, 1933- II. LeBlanc, Michel, 1953- III. Bérarp, Réal, 1935-
GR113.D4 2008 398.20971 C2007-907002-7
©ierre Mathieu, Épitions pes laines, 1992, 2008 382, rue Deschambault Saint-Boniface (Manitoba) R2H 0J8 www.Plaines.mb.ca
DéPôt légal : Bibliothèque nationale pu Canapa, Bibliothèque Provinciale pu Manitoba et Bibliothèque nationale pu Québec. e 1 trimestre 2008
Les Épitions pes laines remercient le Conseil pes Arts pu Canapa et le Conseil pes Arts pu Manitoba pu soutien accorpé pans le capre pes su bventions globales aux épiteurs et reconnaissent l’aipe financière pu ministère pu atrimoine canapien (ADIÉ) et pu ministère pe la Culture, atrimoine et Tourisme pu Manitoba, Pour ses activités p’épition.
à Patricia à Christopher
vous êtes mes deux légendes vivantes
Grand'pa
Terre-Neuve-et-Labrador
La petite jument malheureuse
PAR UN BEAU JOUR D’AUTOMNE, MON AMI Tom décida de prendre la route pour aller gagner sa vie sous d’autres cieux. Le minuscule garçon, en réalité trop délicat pour oser s’aventurer de cette façon loin de chez-lui, devait à tout prix quitter la maison pour renouveler ses provisions. Dans la forêt, il se trouva soudainement en présence d’un caribou. Il s’agissait là d’une bête hors du commun, car elle lui adressa la parole en ces termes : — Pourquoi, gentil garçonnet, oses-tu traverser une forêt si dangereuse? — Mourir de faim chez-moi ou me faire dévorer dans ces bois, quelle est la différence? lui répondit Tom. Le caribou, le trouvant fort courageux, voulut bien lui venir en aide. — Voici un poil de ma moustache, lui dit-il en le lui tendant. Grâce à celui-ci, un jour, tu deviendras riche. Tom accepta gracieusement le poil et remercia la gentille bête. Il reprit alors la route et ne s’arrêta que vers le milieu de la nuit, quand il aboutit à l’enseigne de « La lumière qui luit ». Après avoir heurté le marteau de la porte d’entrée à quelques reprises, une vieille dame vint lui ouvrir toute grande la porte. En guise d’invitation, elle lui dit tout simplement : — Entre vite, petit, tu sembles bien fatigué. Viens, je vais te préparer un bon souper. Après ce souper, que Tom a vite fait de dévorer, il demanda à son hôtesse de lui montrer sa chambre, car il tombait de sommeil. En l’y conduisant, la vieille dame lui offrit ce conseil : — Tu ne devras sortir de ton lit en aucun cas, petit. Tom le lui promit volontiers, mais, à peine la porte refermée, grande fut sa surprise de voir sa chambre tout à coup s’illuminer. Dans un coin, tout près de la porte, une jolie dame fit soudainement son apparition et l’invita à se lever : — Tom, Tom, mon chéri, viens ici, sors de ton lit. Tom se boucha prestement les oreilles, car il se souvenait de la promesse faite à la vieille dame de ne pas sortir de son lit, et il entendait bien tenir sa parole. Non, il ne bougerait pas. Mais la dame se fit insistante et sa voix devint de plus en plus cajoleuse : — Tom, Tom, tu ne vas pas le regretter. Lève-toi. Viens vers moi. Mais Tom ne lui répondit pas et ne bougea pas d’un poil. Ainsi, grâce à la promesse de ne pas quitter son lit, la jolie dame ne captura pas Tom. Heureusement, parce qu’il s’agissait bel et bien d’une sorcière déguisée qui en voulait à sa vie.
* * *
Le lendemain matin, pour le récompenser de son obéissance, la vieille dame lui apporta son petit déjeuner au lit. — Tom, mange à ta faim, car tu auras besoin de toutes tes forces aujourd’hui. Je t’envoie chez le roi lui porter une lettre. Ne t’attarde pas en route, tu es attendu au palais à midi. — Je ne pourrai jamais y arriver, lui répondit Tom alarmé. J’avance à la vitesse d’une limace... — Non, non, lui dit la vieille dame, tu verras, tu y arriveras. Et si tu aperçois les gardes du château épauler leur fusil, tu n’auras qu’à lever la main pour les empêcher de tirer.
* * *
Tom se mit donc en route, le torse bombé. Il couru tout le long du trajet et arriva au palais à midi tapant. Trônant au milieu d’une immense salle où on le conduisit, un roi triste et grognon depuis la disparition de sa fille bien-aimée le reçoit. — Que me veux-tu? lui dit le roi, d’un ton bourru.
— Je vous apporte une lettre très importante, rétorqua Tom. Pour tout remerciement, je vous saurais gré de m’accorder la permission de visiter votre château et vos étables. D’un ton sec, le roi ordonna alors : — Troubadour, le tour du propriétaire, à l’instant!
* * *
Tom revint de sa visite, l’air inquiet. Il fixa le roi droit dans les yeux et lui déclara ainsi : — Sa Majesté, on me cache quelque chose ! Votre troubadour a refusé de me laisser visiter l’étable au toit doré. — Ce bâtiment ne peut l’intéresser, de répondre le troubadour, l’air plutôt embarrassé. D’ailleurs, quel intérêt y aurait-il à visiter une misérable petite jument grise? Pendant que le troubadour expliquait l’inutilité de cette demande au roi, Tom en profita pour disparaître et se faufiler à l’étable… Malheur lui en fut! Aussitôt entré, la porte se referma sur lui. Sans trop s’en soucier à cet instant même, Tom s’empressa de se rendre auprès de la malheureuse petite jument grise. — Toi aussi, tu es maintenant prisonnier, lui annonça d’emblée celle-ci. Et ce n’est pas tout. À onze heures exactement, une sorcière viendra et tentera par tous les moyens possibles de te tuer. La petite jument ne s’était pas trompée, car à onze heures précises, une sorcière en colère s’amena à l’étable en traînant son nez si long, qu’il en traînait par terre.
* * *
— Vite, s’écria la jument en l’apercevant au loin. Entre dans ma gueule, Tom. J’ai une dent qui bouge; arrache-la et insère-toi à sa place. Tom, apeuré, ne perdit pas un instant et s’exécuta promptement. La sorcière s’approcha de la petite jument grise et lui cria à l’oreille : — Où est ton petit ami? — Si tu crois que j’ai un ami, va le chercher toi-même et montre-le-moi, lui répondit la jument d’un air moqueur. La colère s’empara alors de la vieille femme qui n’était pas la bienvenue. Elle se mit aussitôt à fureter dans tous les coins de l’étable, mais elle n’arriva pas à dénicher Tom. Pour se venger, elle décida de s’acharner sur la pauvre petite jument. Elle la fouetta si fort que la brave bête s’écrasa au sol. Satisfaite de l’impact de sa méchanceté, la sorcière se retira dès lors en vociférant : — Mort aux chiendents! Mais à peine eut-elle quitté les lieux que la malheureuse petite jument ouvrit la gueule pour laisser Tom s’en échapper. Très faible, elle réussit à articuler : — La sorcière va revenir demain soir. Il faut te préparer, Tom. Tom est peiné de ne pouvoir se porter au secours de la petite jument mourante. Que faire ? Devra-t-il passer toute la journée près d’elle? Quelqu’un viendra-t-il lui ouvrir la porte de l’étable avant que ne revienne la vilaine créature?
* * *
— La voilà! La voilà! s’écria soudainement la jument d’une voix tremblante. — Ah! que faire? se lamenta Tom. — Vite, cache-toi dans un des trous de mon fer à cheval, lui répondit la jument, car il y manque un clou. La sorcière enragée ne pourra jamais te trouver! Tom se jeta donc sur le sol sans perdre une seconde et se faufila dans le minuscule trou. La sorcière rabougrie ne vit rien. Elle se mit alors à crier de plus belle : — Où est ton petit ami? — Si tu crois que j’ai un petit ami de caché quelque part, à toi de le trouver, lui répliqua avec ironie la brave jument. La sorcière lui fit alors l’inspection des oreilles, de la gueule et des narines; enfin elle chercha partout mais ne trouva rien, rien du tout. Enragée, elle se mit à ruer de coups la petite jument dont les blessures de la veille n’étaient pas encore tout à fait guéries. Puis, elle s’éloigna en vitupérant :