Le grand livre des héros
196 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Le grand livre des héros

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
196 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Un livre qui fait comprendre qu'il faut vraiment de tout pour faire un monde! Le grand livre des héros raconte l’aventure des hommes et des femmes qui ont changé le cours de l’Histoire et fait avancer l’humanité. Inventeurs révolutionnaires, explorateurs intrépides, artistes visionnaires, humanistes extraordinaires : 100 héros aux vies passionnantes comme des romans.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 décembre 2013
Nombre de lectures 168
EAN13 9782215121572
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le grand livre des héros
Le destin fabuleux de 100 personnages qui ont fait avancer l’humanité
P asteur et son vaccin contre la rage, Christophe Colomb et sa découverte de l’Amérique, Léonard de Vinci et sa Joconde, Martin Luther King et son combat contre le racisme, Mère Teresa qui a mis toute sa vie au service des pauvres… Des années, parfois des siècles après leur mort, on se souvient encore de leur nom ou de leur invention. Tous sont des héros qui ont fait grandir l’humanité.
Qui aurait dit, à leur naissance, qu’ils deviendraient des inventeurs révolutionnaires, des explorateurs intrépides, des artistes visionnaires, des humanistes extraordinaires ?
Alors, pourquoi pas toi, pourquoi pas tes amis ? Maintenant, c’est à vous, filles et garçons du XXIe siècle, de continuer la grande histoire des héros de l’humanité.

Le premier chef-d’œuvre de l’humanité


D ordogne, 12 septembre 1940.
« Va chercher, Max ! Allez, mon chien ! » Marcel, campé sur la rive de la Vézère, lance son bâton en direction de la colline. Le chien part comme une flèche… puis disparaît.
« Max, où es-tu ? »
Un aboiement plaintif lui répond. Marcel court en direction du cri… et s’arrête net devant un trou. Il se penche, écarquille les yeux. Les jappements du chien lui parviennent de loin. Derrière Marcel, trois autres garçons ont accouru. Tous tendent le cou au-dessus du trou.
« Ce doit être l’entrée d’une grotte, déclare Marcel. Il y a de l’écho.
– S’il y avait une grotte ici, on la connaîtrait.
– Mais non, regarde. Le trou était bouché par ce pin. La foudre a dû le faire tomber. C’est une grotte inconnue !
– Je vais chercher Max, décide Marcel. Tu as ta lampe de poche et ta corde ? »
Dans cette région calcaire, tous les adolescents sont équipés de matériel pour explorer les grottes des collines. Marcel entame alors sa péril- leuse descente. Les minutes passent.
« Marcel, ça va ? » s’inquiète Simon.
Pas de réponse.
« Marcel ? »
Et puis soudain, un cri, répercuté par les parois : « Les amis, venez vite ! C’est fantastique ! »
À 30 mètres sous terre, la lampe de Marcel vient d’éclairer un étonnant bestiaire : des chevaux, des aurochs, des cerfs, des panthères et même un ours et un rhinocéros, incroyables peintures aux couleurs fauves…
Le soir même, les quatre garçons préviennent leur instituteur, qui fait appel au préhistorien Henri Breuil. Après plusieurs mois de recherche, celui-ci date les peintures de la grotte : elles remontent au paléolithique, bien avant l’invention de l’écriture.
Il y a 19 000 ans, des hommes ont gravé et peint près de 2 000 représentations de bêtes sauvages, des motifs géométriques et une figure humaine… Pour couvrir les murs et les plafonds de cette grotte de 7 mètres, ils ont construit des échafaudages. Baptisée « chapelle Sixtine de l’art pariétal », la grotte de Lascaux est le premier chef-d’œuvre de l’humanité. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, elle témoigne du génie et du talent méconnus de ces hommes « préhistoriques » qui accomplissaient des merveilles…

La première pyramide


M emphis, vers 2610 av. J.-C. Sur la rive gauche du Nil, le chantier bat son plein. Des centaines d’hommes s’activent, torse nu, maillet à la main, sous le soleil brûlant du désert égyptien. Derrière les nuages de poussière, une immense construction de pierre, en forme de rectangle, surgit peu à peu du sable. Debout, un peu à l’écart du chantier, le roi Djeser, grand pharaon d’Égypte, observe l’avancée des travaux. À côté de lui se tient un vieillard au regard vif et perçant : c’est Imhotep, son fidèle vizir, prêtre, médecin et architecte.
« Imhotep, je te félicite ! déclare le pharaon. Ce mastaba est parfaitement réussi. Je pense qu’aucun pharaon n’a jamais eu droit à plus beau tombeau !
– Je l’espère, Altesse, répond Imhotep. En tout cas, ce sera le plus solide car nous n’avons pas utilisé de la terre cuite comme d’habitude, mais de la pierre…
– Oui, c’est la première fois que je vois un monument en pierre ! C’est magnifique !
– Magnifique… je ne sais pas.
– Comment cela ?
– Si je peux me permettre, Altesse, je trouve que ce bâtiment manque un peu… d’élégance.
– D’élégance ? Mais c’est un tombeau. Un mastaba a toujours eu cette forme de rectangle un peu trapu. Comment l’imaginer autrement ?
– Pharaon, j’ai eu une idée. J’ai toujours trouvé que les mastabas manquaient de hauteur. Pourquoi ne pas ajouter, au-dessus de ce premier mastaba, un autre, plus petit ? Puis un autre par-dessus, encore plus petit, et ainsi de suite… Cela formerait comme un escalier gigantesque qui monte vers le ciel. Ce serait nettement plus beau, plus majestueux… à votre image.
– Tu as vraiment des idées bizarres ! Es-tu sûr que ce soit réalisable ?
– Oui. J’ai fait des calculs. C’est tout à fait possible…
– J’ai confiance en toi, Imhotep. Réalise pour moi le tombeau que tu as en tête. »
C’est ainsi que la première pyramide de l’histoire apparut au-dessus des sables de Memphis. Le chef-d’œuvre d’Imhotep, aujourd’hui connu sous le nom de complexe de Saqqarah, est toujours debout, bravant le temps et défiant l’avenir. Il reste, à ce jour, le plus vieux monument en pierre connu de l’humanité.
Le père des croyants


L e vieil Abraham chemine depuis trois jours sous un soleil brûlant. Derrière lui trotte son jeune fils, Isaac. Quelle différence d’âge entre les deux marcheurs ! Abraham et sa femme, Sarah, ont cru toute leur vie qu’ils ne pourraient pas avoir d’enfant ; pourtant, dans sa vieillesse, Sarah est devenue mère.
Aujourd’hui, une vraie tempête agite le cœur d’Abraham. Il a reçu un ordre de Dieu : il doit offrir Isaac en sacrifice ! Abraham ne comprend plus rien. Ce fils, c’est Dieu qui le lui a donné comme une heureuse surprise, alors qu’il ne l’attendait plus. Et Dieu veut maintenant qu’Abraham le tue ?
Le vieil homme songe à la promesse que Dieu lui a faite :
« Tu auras une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. »
Quelle étrange promesse, puisqu’Il lui réclame maintenant la vie de son fils unique !
Pourtant, Abraham a confiance en Dieu, comme toujours. À soixante-quinze ans, il a quitté sa ville natale d’Ur, en Chaldée, l’actuel Irak, pour répondre à l’appel de Dieu. Il a voyagé à travers les montagnes et le désert, franchi le fleuve Euphrate et atteint le pays de Canaan, terre fertile promise par Dieu. Et c’est là qu’il vit désormais.
Mais le voilà arrivé avec Isaac sur la montagne où doit avoir lieu le sacrifice. L’enfant aide son père à dresser le bûcher… Puis le vieil Abraham ligote son fils sur les branchages, saisit son couteau et s’apprête à tuer l’enfant. C’est alors que Dieu interrompt son geste. Abraham et Isaac aperçoivent un bélier dont les cornes se sont prises dans un buisson. Voilà la victime du sacrifice. Abraham comprend que cet ordre était une mise à l’épreuve. Dieu lui indique ainsi qu’Il refuse les sacrifices humains auxquels se livrent les contemporains d’Abraham, qui honorent leurs dieux par des pratiques cruelles.
Ces mises à mort sont désormais interdites chez tous ceux qui s’inspirent du modèle d’Abraham. Et ces croyants sont infiniment nombreux, aussi nombreux que les étoiles du ciel ! Les trois grandes religions monothéistes d’aujourd’hui, qui croient en l’existence d’un Dieu unique (judaïsme, christianisme, islam), reconnaissent en Abraham leur père. C’est pourquoi l’on appelle ce vieil homme à la foi inébranlable le « père des croyants ».
Un roi juste et humain


U n soleil de plomb écrase le palais de Babylone. Le vieux roi Hammourabi a revêtu son costume d’apparat, coiffé sa tiare et saisi son sceptre. Dans cette tenue, la chaleur est difficile à supporter, et des gouttes de sueur coulent le long de sa barbe royale… Mais il n’est pas question pour Hammourabi de se dérober à son devoir ! Aujourd’hui, il a consacré sa journée à rendre des jugements, sous les auspices de Shamash, dieu du Soleil et de la Justice qu’adorent les habitants du royaume de Babylone.
Un homme vêtu d’un pagne d’esclave s’avance jusqu’au roi et se prosterne à ses pieds. Il explique son cas en pleurant. Son maître a pris une décision : il veut vendre sa femme et ses enfants, le séparant ainsi de sa famille à jamais !
Hammourabi fait s’avancer le maître de l’esclave pour qu’il parle à son tour, comme la justice l’exige. Pour ce riche propriétaire, l’affaire est claire : les esclaves ne sont pas des hommes, on peut les traiter comme du bétail, les vendre ou les échanger sans se soucier de leurs sentiments !
Le grand roi Hammourabi tend son sceptre vers les deux plaignants et rend son jugement : aucun maître, dans son royaume, n’aura plus jamais le droit de séparer des familles d’esclaves. Un homme est un homme, quelle que soit sa condition ! L’esclave éclate en remerciements. Les décisions d’Hammourabi sont justes et humaines. Le roi aimerait que ses successeurs aient le même souci de justice. Alors, à la fin de sa vie, il fait graver ses jugements les plus importants sur plusieurs stèles réparties dans tout son royaume. Au total, 282 décisions ont ainsi été inscrites sur la pierre ! En haut de la liste, Hammourabi est représenté en costume royal, recevant son pouvoir du dieu Shamash. C’est un code de sagesse et d’équité qu’il lègue aux rois qui viendront après lui.
Pendant mille ans, des scribes ont recopié ce code et des juges se sont inspirés de ces sentences. Redécouverte en 1901, l’une de ces stèles est aujourd’hui conservée au musée du Louvre. C’est grâce à elle que l’on connaît les qualités d’Hammourabi, ce souverain qui, le premier, a affirmé qu’un suspect est innocent tant qu’on n’a pas prouvé sa culpabilité.
Dix commandements pour un peuple


P arvenu au sommet du mont Sinaï, Moïse contemple le paysage aride qui s’étend à ses pieds. Seules traces de vie humaine dans cette immensité de sable, de rochers et de montagnes, les tentes des Hébreux sont dressées au pied du Sinaï. Comme elles semblent minuscules et dérisoires, perdues dans ce désert hostile ! Pourtant, Moïse est convaincu que son peuple est protégé par Dieu, qui l’a fait sortir d’une longue captivité chez le pharaon d’Égypte. Lui, son chef, son guide, ne craint donc pas d’affronter l’adversité du désert.
Mais la marche est longue. La faim et la soif font regretter aux Hébreux les champs fertiles d’Égypte. Ils oublient vite les travaux pénibles, les corvées, l’humiliation, l’esclavage qu’ils subissaient là-bas. Ils se mettent à récriminer contre Dieu et contre Moïse. Mais Dieu a annoncé à Moïse qu’aujourd’hui, il allait s’adresser à lui en haut du Sinaï, devant tout son peuple, pour que les Hébreux cessent de douter. Sur son ordre, Moïse a rassemblé tout le peuple au bas de la montagne, puis il est monté, seul, à la rencontre de son Dieu. Au sommet du Sinaï, le tonnerre et la tempête se mettent à gronder. Le peuple, en bas, voit la fumée et les éclairs. Moïse, lui, a confiance. Il se tient devant Dieu et l’écoute.
Quand il redescend de la montagne, plus tard dans la journée, il convoque un rassemblement.
Prenant la parole d’une voix forte, il annonce que Dieu lui a donné dix commandements, dix lois fondamentales pour son peuple. « Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne seras pas jaloux de tes frères… » Dix lois à respecter toujours pour devenir un peuple bon et équitable. Dix lois pour honorer Dieu. Dix lois pour gouverner ces hommes perdus dans le désert à la recherche d’un pays promis par leur Dieu. Dix lois pour bannir des cœurs toute querelle et toute convoitise.
Ces commandements sont gravés sur de grandes dalles de pierre qui deviennent les « Tables de la Loi », et on les place au centre du campement nomade. Plus tard, les Hébreux les installent au cœur du Temple de Jérusalem, dans le « Saint des Saints ». Si les Tables de la Loi ont disparu aujourd’hui, les Dix commandements, eux, sont toujours le fondement de la religion juive et ils ont aussi toute leur importance dans les autres religions monothéistes.
« Heureux qui, comme Ulysse… »


S ur la place d’un village quelque part en Grèce, par une nuit étoilée, un feu de sarments flambe doucement. Autour, des hommes, des femmes, des enfants sont assis en cercle, silencieux. Ils sont venus écouter le chant de l’aède. C’est un poète qui voyage à travers la Grèce, sa lyre à la main, en contant des histoires merveilleuses, pleines de dieux, de héros, de combats, de naufrages… Ces poèmes, dit-on, ont été composés par un vieil aveugle, un certain Homère, mais nul ne sait s’il a vraiment existé… Dans la nuit, les cigales se sont tues. Le poète récite :
« Chante, Déesse, la colère d’Achille, fils de Pélée / Détestable colère qui de maux infinis accabla les Achéens… »
Le récit est long et plein de rebondissements. Il se prolonge plusieurs nuits. Tous les soirs, les habitants reviennent pour écouter. Ils sont captivés. Ils voient la belle Hélène avec ses parures et ses bijoux. Ils voient les navires de guerre et les murs de Troie, la ville réputée invincible. C’est le siège  ! Les épées des héros s’entrechoquent, les flèches pleuvent. Ils tremblent pour Achille, beau comme un dieu, fort comme un lion, ils pleurent la mort de Patrocle et celle d’Hector. Et puis ils rient quand Ulysse apparaît. Ulysse, « l’homme aux mille ruses », qui donne aux Grecs la victoire, voyage à travers la Méditerranée et déjoue tous les pièges : le chant maudit des sirènes, la colère du Cyclope, la magie de Circé, la sorcière. Quelle épopée ! Pendant ce temps, sa fidèle épouse Pénélope l’attend, défaisant chaque nuit la tapisserie qu’elle a tissée le jour, pour décourager les prétendants qui veulent l’épouser. Ulysse rentrera-t-il de son long voyage vivre dans les bras de sa femme le reste de sa vie ?
Son récit terminé, l’aède poursuit son voyage. D’autres poètes itinérants le suivent, reprenant les mêmes paroles. Pendant deux siècles, le récit d’Homère se transmet ainsi, de bouche à oreille. Tous les enfants de Grèce le connaissent par cœur ; c’est pourquoi Homère est surnommé « le maître d’école de la Grèce ». Enfin, au VIe siècle av. J.-C., Pisistrate, le chef de la cité d’Athènes, crée la première bibliothèque publique de l’histoire et ordonne que l’on consigne par écrit ces deux récits, l’Iliade et l’Odyssée.
Ces textes, recopiés et traduits, sont parvenus jusqu’à nous et ont fondé la littérature occidentale.
Une nouvelle voie vers la sagesse


K alipavastu, vers 553 av. J.-C. Ce matin, dans le jardin du palais royal, le prince Siddhârta se promène. Il a 29 ans et tout pour être heureux : le pouvoir, la richesse, la beauté et l’amour. Pourtant, il se sent profondément triste, sans savoir pourquoi… Arrivé au fond du jardin, Siddhârta contemple le mur d’enceinte qui le sépare de la ville.
« J’aimerais tant sortir et rencontrer d’autres personnes ! » se dit-il. Son père le lui a toujours défendu, car un prince ne doit pas se mêler à la foule. Mais aujourd’hui, il en a assez et décide de braver l’interdit. Il se glisse dehors par une petite porte puis s’enfonce incognito dans les ruelles. Quelle agitation ! Quelle saleté ! Ces rues boueuses, ces gens en haillons, l’air affamé… Siddhârta n’en croit pas ses yeux. Rasant les murs, le prince se retrouve nez à nez avec un vieillard boiteux qui lui demande l’aumône. Il se détourne et tombe sur un pestiféré qui lui tend la main. Affolé, Siddhârta se met à courir, mais une procession funéraire l’empêche de passer : une famille en pleurs conduit un cadavre vers le bûcher. Le prince, horrifié, rentre au palais. En chemin, il croise un moine mendiant au visage radieux… Ce moine aurait-il trouvé le secret du bonheur ?
La nuit suivante, Siddhârta enchaîne les cauchemars : il voit la maladie, la vieillesse, la souffrance et la mort partout. Tout à coup, il comprend ce qui l’empêche d’être heureux : sa vie luxueuse et oisive. C’est cette souffrance, aux portes de son palais, tout ce qu’on lui cachait ou qu’il ne voulait pas voir qui le lui a fait comprendre. Siddhârta se lève, fait seller son cheval et part en pleine nuit, pour toujours. Arrivé dans un bois, il échange ses habits de soie contre ceux d’un chasseur. Pendant six ans, il se prive de nourriture et de tout plaisir. Puis, un jour, il comprend que ce n’est pas en se privant de tout qu’il parviendra à être heureux.
Il s’assied au pied d’un arbre et se concentre, immobile, pour alléger son esprit de toute cette souffrance. À force de méditer, il atteint l’Éveil en se détachant de tout désir. Il accepte alors d’enseigner pour permettre à d’autres d’atteindre aussi cette libération. De son vivant, il est appelé le Bouddha (« l’Éveillé »). Aujourd’hui encore, de nombreux bouddhistes à travers le monde suivent sa voie, la voie de l’éveil.
La sagesse de la Chine


L e vent chante dans la forêt de bambous. Les oiseaux sifflent à tue-tête, l’herbe est couverte de fleurs, les ruisseaux coulent dans un murmure. C’est le printemps : la nature est en fête.
Un panda, occupé à mâcher quelques feuilles, dresse soudain l’oreille et s’enfuit prudemment. Des éclats de voix se rapprochent : il y a des hommes non loin d’ici.
« Maître, regardez ! Un panda ! »
Les jeunes gens qui entourent le vieux maître Fu Zi sont fascinés par cette promenade. Comme la forêt est belle dans cette région de Chine !
Maître Fu Zi hoche la tête en souriant. Sa belle barbe noire brille au soleil. Il écoute les remarques enthousiastes de ses jeunes élèves, puis les interroge. « Aimeriez-vous passer du temps dans cette forêt ? Vivre parmi les oiseaux et les bêtes sauvages ? »
De question en question, il amène les jeunes gens à cette conclusion : la nature est magnifique, mais les hommes sont indispensables les uns aux autres. Ils ont besoin de vivre en personnes civilisées, rassemblées par une culture commune.
Or, à l’époque où vit Confucius – c’est le nom que les Occidentaux ont donné à Maître Kong Fu Zi –, la Chine est déchirée par des guerres. Chaque région lutte contre ses voisines. Aussi Confucius a-t-il décidé de vivre comme un sage et de prodiguer ses conseils politiques aux princes de son pays. Pendant de longues années, il a cherché des seigneurs qui voudraient bien l’écouter. Après plusieurs échecs, il a choisi de se consacrer à l’enseignement. Depuis, il invite ses élèves à vivre en harmonie avec leurs semblables, à cultiver l’honnêteté et l’attention aux autres. Les jeunes gens doivent honorer les personnes âgées, les élèves doivent respecter leurs maîtres, et les peuples leurs princes. Et les princes ne doivent pas se désintéresser du sort de leurs sujets. « Si toute la société accepte de suivre cet ordre, enseigne Confucius, les hommes vivront en paix. »
Confucius rêvait de former des esprits sincères et cultivés, capables de conseiller les princes. Ses enseignements ont été transmis à tout l’Extrême-Orient. Ils ont marqué les mentalités, en Chine et dans tous les pays voisins.
La splendeur d’Athènes


N ous sommes en 438 av. J.-C. Sur la Pnyx, la colline où les citoyens d’Athènes se réunissent pour voter, une ovation s’élève : « Vive Périclès ! »
Pour la cinquième année, Périclès vient d’être réélu au poste de stratège, la plus haute fonction politique d’Athènes ! Sous les acclamations, il remercie ses électeurs d’une voix chaleureuse. En descendant de la colline, il est interpellé par son meilleur ami, le sculpteur Phidias :
« Viens avec moi. J’ai une surprise… »
Les deux amis filent vers la colline de l’Acropole, dont la forteresse a été détruite par les Perses trente ans auparavant. Un gigantesque chantier s’y élève. Périclès a décidé d’y construire un temple pour Athéna, déesse de la cité : le Parthénon. De hautes colonnes jaillissent déjà de terre. Des milliers d’ouvriers y travaillent sans relâche depuis neuf ans, sous la direction attentive de Phidias. Mais le sculpteur vient d’achever son œuvre principale, et c’est « Elle » qu’il veut dévoiler à son ami…
Quand ils arrivent sur la colline, Périclès ne peut retenir un cri d’admiration. Il a sous les yeux une extraordinaire statue d’Athéna, haute de 12 mètres, en bois recouvert d’or et d’ivoire.
« La surprise est de taille, en effet ! » murmure Périclès d’une voix étouffée par l’émotion.
Phidias rit, fier de cette statue qu’il considère comme l’œuvre de sa vie. Périclès complimente chaleureusement son ami. Puis, pendant un long moment, tous deux observent, sans rien dire, l’imposante déesse en armes. Rompant le silence, Phidias apostrophe le stratège :
« Dis-moi, Périclès, étais-tu vraiment sérieux lorsque tu as menacé de faire construire le Parthénon en puisant dans ta fortune si les citoyens d’Athènes refusaient de voter son financement ?
– Bien sûr… répond Périclès. Si notre cité reste célèbre à travers les siècles, j’aimerais que ce soit pour ces travaux que nous avons voulus, toi et moi. L’art n’a pas de prix. Il n’embellit pas seulement le paysage, mais aussi le cœur de l’homme. »
Le vœu de Périclès a été exaucé au-delà de ses attentes, même si Phidias a réalisé par la suite à Olympie une œuvre plus somptueuse encore : une statue de Zeus, également d’or et d’ivoire sur bois.
Et même si ces statues ont aujourd’hui disparu, la culture grecque, dont le Parthénon d’Athènes est le symbole le plus célèbre, nourrit depuis 2 500 ans l’art, la littérature et la philosophie du monde occidental.
Les pères de la philosophie


D ans les rues d’Athènes, en 407 av. J.-C., un vieil homme marche, le sourire aux lèvres. À chaque carrefour, il s’arrête, interpelle les passants, leur parle. Tout le monde le connaît : c’est Socrate, le sage.
Contrairement aux autres savants de l’époque, les sophistes, il ne fait payer personne pour écouter son enseignement. Il offre ses cours à tous ceux qui veulent l’écouter – et ils sont nombreux, les disciples qui le suivent et recueillent ses paroles comme du miel. Parmi eux, un jeune homme de 20 ans, appelé Platon.
À tous, Socrate pose des questions. À l’amoureux qui chante les louanges de sa belle, il demande : « Qu’est-ce que l’amour ? » Au marchand qui se frotte les mains en comptant son argent, il dit : « Qu’est-ce que la richesse ? Quel est le sens de ta vie ? » À l’ambitieux qui brigue un poste politique, il lance : « Pour quelle liberté te bats-tu ? La tienne ou celle des autres ? Et d’abord qu’est-ce que la liberté ? » Toutes ces polémiques finissent par agacer les autorités. Quel est ce troublion auquel personne ne sait répondre ? Comble de l’insolence, quand on interroge Socrate sur son savoir, il répond : « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. »
Vraiment, c’en est trop ! Socrate est arrêté et jeté en prison. On l’accuse d’avoir une mauvaise influence sur le peuple et d’être un danger pour la société à une époque où les affaires d’Athènes vont mal dans la guerre contre Sparte. À l’issue d’un procès, il est condamné à mort : il doit boire une coupe de ciguë, un poison mortel. Socrate passe ses dernières heures dans sa cellule à dialoguer avec ses disciples, refusant de s’évader comme certains le lui proposent. Platon est présent. Avant de mourir, Socrate lui livre une ultime réflexion : « Connais-toi toi-même. » Après sa mort, Platon écrit des livres pour transmettre la pensée de son maître. Comme dans une pièce de théâtre, ils mettent en scène des personnages qui parlent, qui se disputent, qui cherchent à comprendre le sens de la vie. Les écrits de Platon présentent une nouvelle façon de réfléchir, qu’on appelle la philosophie. Tous les philosophes sont les héritiers de Socrate et de Platon : ils nous aident à mieux comprendre qui nous sommes.